AMBASSADEURS DE HENRI IV
1598-1601 ; de Fresnes-Canaye\ 1601-1607, et M. de Champigny' , I 607-1 61 I. Les Extraordinaires furent François de Luxembourg \ Duc de Piney, le Marquis de Pisani^, le Duc de iXevers "^ , ^[. d'Ossat^, l'Évéque de Rennes, 1598, et le Cardinal de Joyeuse ~' .
La diplomatie française à Venise pendant les dixsept premières années du règne, c'est-à-dire depuis 1590 jusqu'à 1607, lut dans la plus grande activité et mise aux mains d'hommes du mérite le ])Ius élevé. Les dépêches de M. de Maisse , diplomate consommé, sont animées, vivaces, pleines de faits heureusement exposés. Il eut à soutenir une lutte vigoureuse, glorieuse et toute nationale devant les Vénitiens pour entretenir leur fer-
bre, et arrive à Pariu le 19 iio\emI)re 1601. Voyez ses Dépêches, Bini.io- THÈQiE IMPÉRIALE, Manuscrits, n^s 10740, 18039 et 18040.
' Présenté à la Sei{jnenrie le 16 ocrobrc. Ses dépèches ont été ini|iriinées. Dans les Esposizioni Principi, Registre n° III, audiences trèsnombreuses. Prend congé le 27 août 1607.
- Présenté bî .30 octobre 1607. Va an Collefjio avec M. d'IIalincourt, Ambassadeur à Ronu;, le 9 juillet 1608, et le 18 juin 1611 avec M. de Sancv, Ambassadeur à Gonstantinoplc; prend congé le 13 août 1611.
•* An(;iiiVES de Vemse, Esposizioni Principi, Registro II, 28 novembre 1589, page 36. Audience , 5 décembre, p. 41, 10 décembre, p. 46, et 1590, 13 et 18 novembre, pages 102 et 103. Bibliotiiéqde impérule, Manuscr., 18000, 5157, et fonds Dupuy, 212.
'' AnciiivKS DE Venise, Esposiz. Principi, Registro n° II, 11 mai 1593, 26 mai. BiBL. IMP., fonds Brieune, 354; Serilly, 243.
•'• Jd., ihid. Esposiz. Principi, 1594, 3, 11, 14 janvier, 7, 11 et 19 février, pages 125-138.
fi Id., ihid. Espos. Principi, Reg. HT, 1598, 20 juillet. Première audience, 21 juillet; sei onde audience le 24, pages 32 et 37. Ses dépèclies oui éié imprimées. Lettres du Cardinal d'Ossat, avec notes historiques et p<>liti(pics de M. Ameiot de la HoiLssaye, 5 vol., Amsterdam,
' Aiii;iiivE.s de Vemse, Esposizioni Ronia , mars et avril 1607.
meté si honorable et maintenir la résolution courageuse où ils étaient de reconnaître, au mépris du Pape et de la volonté de Philippe II , le vrai roi de France dans la personne de Henri IV, que le Nonce et l'Envoyé d'Espagne prétendaient bien n'appeler encore que le Béarnais. L'épisode ne dura pas moins de cinq ou six ans '. C'est une matière d'élite pour une étude des affaires de France à cette époque, conduites, traitées et négociées à l'étranger. Antoine Séguier, sieur de Villiers, successeur de M. de Maisse, est tout homme du Parlement de Paris , esprit bien nourri des bonnes lettres , aimant les anciens, recherchant les livres, bon et calme observateur, ayant, en ses lettres au Roi, des saillies piquantes qui ont un parfum de bonne école. Son rôle à Venise fut de bien dépeindre les Vénitiens , de les entretenir en l'affection et l'admiration qu'ils avaient vouée au Roi, et de savoir pénétrer bien à fond quelle serait leur conduite au cas où la politique turbulente de Monsieur de Savoie, que soutenait alors l'Espagnol, porterait le Roi de France jusqu'à l'envahissement de son duché. « Ces seigneurs, dit-il quelque part, m ont traicte honorablement et à l'accoustumee , je ne puis rien désirer d'eulx, et le Roy ne les recherchant cjue de la bonne intelligence qui a tousiours esté entre ces deux Estatz, nous ne sommes pas pour nous lasser les uns des autres. » Ses dépèches ont un charme de style tout particulier. Elles n'ont pas le mouvement (pii se remarque dans celles de son prédéces-
1 Jioiis donnons les plus intcres.sant.s dciails sur tonte cette période de la politique fran(;c)-vénitienne dans notre second volume de la Diplomatie vénitienne , Ht.Mii IV et les Vénitiens, présentement sous presse.