‹ Les archives de Venise Histoire de la chancellerie secrèteChapitre 132 sur 199 · DES PRINCES FRANÇAIS REÇUS A VENISE · texte numérisé non relu

DES PRINCES FRANÇAIS REÇUS A VENISE

portent et exposent, la politique paraît avoir moins à faire encore que dans les cérémonies particulières aux fonctions des ambassadeurs. Ainsi nous voilà bien loin, pour un moment, de l'histoire proprement dite. Nous sommes dans la chronique et ses détails. Parler de la réception de chacun des princes et seigneurs français serait chose vaine, aussi n'indiquerons-nous que les noms de ceux que nous avons relevés sur les registres du Cérémonial, laissant ainsi ce soin de rassembler les détails et de les produire, aux chercheurs que l'intérêt de leurs études ou l'agrément de leur curiosité porterait vers ces documents officiels. La réception d'un ambassadeur, celle d'un prince, d'une princesse, étaient du reste complètement dilférentes. Pour le premier, un cérémonial invariable présidait à son accueil, tandis que pour les Princes les cérémonies devenaient des fêtes publiques dont l'éclat, le brillant et la variété étaient mesurés à la puissance et au renom des héros qui en étaient l'objet. Les textes officiels sont silencieux sur les fêtes données en l'honneur de Charlotte de Bourbon, qui vint de France à Venise en 1311 pour y rencontrer le ltoi de Chypre, son fiancé; mais pour Anne de Caudales y parente d'Anne de Bretagne et de Louis XII, accompagnée du sieur de la Guierche , ambassadeur du Roi, et qui fut de passage à Venise, pour se rendre en Hongrie, où l'attendait la couronne de reine, aucun détail ne manque. Marin Sanudo, de son côté, a consacré de nombreuses pages aux fêtes qui furent données à cette princesse française, et en trois mots il a fait d'elle ce portrait aimable, bella, piccola, dolce nel parlar. Elle

arriva le 31 juillet de l'année 1502, fut reçue avec le Bucentaure et logée au palais du marquis de Ferrure. Son séjour à Venise dura vingt et un jours, elle sut dire au Doge un compliment charmant, à savoir, qu'elle ne s'était en vérité point connue Reine avant d'être entrée sur les terres vénitiennes. De 1502 à 1574, nul prince de France ne vint à Venise; mais au mois de juillet de l'an 1574 fut reçu avec la plus grande pompe le Roi de France en personne, ce Henri de Valois qui revenait de Pologne pour aller occuper le trône que la mort inopinée de Charles IX venait de laisser vacant. Jamais la splendeur vénitienne n'a été depuis dépassée, et toute l'histoire du séjour de ce prince dans la ville des Vénitiens est la plus brillante et la plus intéressante qui se puisse connaître. Arrivé le 2 juillet, Henri III, roi de France et de Pologne, quitta Venise le 12 du même mois. Anne de Joyeuse, beau-frère du Roi , pair et amiral de France, fut reçu le 26 juillet de l'année 1583, et pour ses dignités non moins que pour l'amitié si particulière que lui portait Sa Majesté, la République de Venise le reçut avec des honneurs presque égaux à ceux qu'elle eût décrétés pour une tête couronnée. Les autres personnages reçus en cérémonie pendant le reste de ce siècle furent Charles de Lorraine, le 21 juin 1584; le Cardinal de Joyeuse, le 25 juin 1585; le Cardinal de Gondi, le 12 août 1588; le Duc de Nevers, le 15 février 1593; le Duc de Luxembourg , le 20 juin 1598 ; le Duc d'Aumale, le 26 novembre 1598. Mais aucune fête publique n'a signalé la présence de ces princes à Venise. Au dixseptième siècle, sous le règne de Henri IV, le Duc et la

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