‹ Les archives de Venise Histoire de la chancellerie secrèteChapitre 140 sur 199 · ORIGINES DU CONSEIL DES DIX · texte numérisé non relu

ORIGINES DU CONSEIL DES DIX

ratifie, du pouvoir exceptionnel de librement dépenser, ordonner et agir selon qu'il leur paraîtra opportun, et que tout ce qu'ils auront décidé et exécuté à cet égard ait à être approuvé comme si le Grand Conseil même en eût ainsi ordonné »

C'était reconnaître trop de pouvoir à quelques-uns qui en avaient déjà beaucoup. Le vote rut contraire à l'adoption de cette proposition.

On voulut une magistrature nouvelle, réglée, temporairement établie, il est vrai, mais facile à rétablir selon les circonstances et les nécessités politiques.

Il fut proposé d'élire dix patriciens dans le Grand Conseil, dont un seul d'une même famille, et ne devant demeurer en charge que jusqu'au 29 septembre, jour de Saint-Michel. Des pouvoirs particuliers leur seraient délégués, etc..

Le vote sanctionna cette seconde proposition.

Quand vint le jour de Saint-Michel, date assignée à l'expiration do ce nouveau pouvoir, le Doge se rendit au Grand Conseil; il représenta avec éloquence que les dangers de l'Etat n'étaient pas à leur fin, il signala les vues secrètes de ce Tiepolo et de ses complices encore aux frontières, il révéla des menées ourdies dans les Marches et en

I 1310, 10 LUCLIO.

• Cuin poneretur quod omnia ist.i negotia istarum novitatiim et omnia quae ad ipsa quoeumque modo spectarent vel po&tcnt «pectare, committan Lu r Gonsilio de XV cum capitîbus de quadraginta pro quibu* omnibus et occasion iptorum et corum qua; spectarent ad ca , poasint expendere et omnia alia providere, ordinarc et facere qua? eis videbuntur, et omnia qua? in predîtis facta erunt per ipsos, sint tirma sicut facta essent per inajus Consilium. (Capta de non.) ■ Registre Pbksbiter.

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Lombardie, il combla d'éloges la vigilance des Dix, et demanda le vote pour la continuation de leur pouvoir à deux mois.

Le vœu fut approuvé à la majorité des voix.

Même exposé du Doge et même vote après les deux mois. Ainsi fut-il jusqu'en 1311.

La continuation s'étendit ensuite à cinq ans, puis à dix ans. Ce Conseil s'était rendu utile, de nouveaux événements le rendirent indispensable.

En 1355, le 20 juillet, peu de temps après que la République eut connu que son propre Chef l'avait voulu trahir, le vote fut pour la perpétuité du Conseil , et l'assemblée législative des Vénitiens lui détermina des règlements à observer qui sont très-curieux à connaître. Il eut son capitulaire.

Ce conseil, déclaré nécessaire à perpétuité, fut le Conseil des Dix.

Eut-il des pouvoirs illimités? Oui , si vous appelez illimitée la faculté reconnue par la majorité des suffrages de rappeler à son devoir le Chef même de l'État s'il vient à y manquer, et ce Chef non moins que ses Ministres. Ses jugements pouvaient-ils être arbitraires? Non, si vous considérez quelle était son organisation , quels ses règlements, quelle la mise aux voix de toutes ses délibérations.

Il est, dans l'histoire, de ces préjugés et de cescroyances si universellement répandus, accrédités, vulgarisés, que ce n'est que par des fatigues extraordinaires et une production continuelle de preuves manifestes que

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