LES INQUISITEURS ET L'INDUSTRIE
ouvriers qui fussent en Europe. Il voulait l'eftlorcseence de l' industrie , la supériorité des marques de fabrique. Il ne fut efforts qu'il ne fît pour arriver à ce but. Il n'y eut ordres qu'il ne donnât aux Ambassadeurs à l'étranger pour le seconder en ses vues. Instructions, mémoires, plans, projets, devis de tous genres, occupaient fiévreusement la plume des secrétaires de son cabinet1. Le succès de l'industrie vénitienne, en général, était l'objet de sa glorieuse envie. Il lui voulut prendre la fleur de ses arts et métiers. Justement motivé fut donc ce cri d'alarme et de regret jeté par l'Ambassadeur de Venise à Paris, qui, dans sa dépêche du 17 avril 1680, disait aux Inquisiteurs : « Je répète à Vos Excel-
1 Voyez comme preuves et pièces à l'appui l'admirable publication de M. Pierre Clément : Lettres , Instructions et Mémoires de Colbert, d'après les ordres de l'Empereur et la proposition de M. Magne, Ministre Secrétaire d'État des Finances : tome II (deuxième partie), industrie et Commerce; tome V, Sciences, Lettres, Beaux-arts, Bâtiments. (Paris, Imprimerie impériale, 1803 et 1868.) Et la Correspondance administrative sous te règne de Louis XIV entre te Cabinet du Boi , les Secrétaires d'État, te Chancelier de France, etc., recueillie par G. R. Depping. (Paris, 1851.)
Dans le tome III indiqué plus haut, nous voyons : — 16 août 1669. ai Président de Saint-André , Ambassadeur a Venise. Etudier secrètement l'état des manufactures de glaces et de dentelles, p. 484. — 15 août 1669, idem, Surveiller la concurrence que les glaces et dentelles de Venise font à celles de France, p. 498. — 13 juin 1670, idem. Les ouvriers en glaces se sont montres indisciplinables, d'ailleurs on n'en a plus besoin. — 17 octobre 1670, idem. Surveiller le commerce des dentelles suspendu par le deuil de Madame, p. 570. — 29 juillet 1672, AU Comte n'A vaux, Ambassadeur a Venise. Privilège demandé pour la fabrication des grandes glaces et pour une nouvelle machine à polir, p. 660. — 6 janvier 1673, idem. Les glaces de Venise ne craignent plus la concurrence. Privilège demandé pour une fabrique de glaces. Dentelles introduites en fraude, p. 672. Voyez aussi la belle Introduction au Journal d'Ormesson, par M. Coéruel, II, cxviii.
lences que j'ai les yeux mouillés de larmes à voir comment se sont transportées ici, soutenues par la méchanceté impunie de quelques-uns de nos citoyens, ces manufactures que, par un privilège admirable, la Providence, la Nature et l'Industrie nous avaient si particulièrement réparties... » Le fait des premières tentatives de Colbert pour arracher leurs secrets aux fabriques de verreries et de miroirs de Murano remonte aux années 1664 et 1665 L'œuvre souterrainement entreprise fut longue à réussir. On s'en peut rendre compte par l'examen des papiers des Inquisiteurs séparément recueillis en des liasses qui sont désignées dans leurs Archives sous le vocable de Artie manufatture. Dès l'année 1666, cependant, Paris voyait arriver quelques-uns des maîtres verriers de Murano, dirigés en cette grave entreprise de l'abandon de leur patrie et de l'exportation de leur glorieux métier, par un maitre Antonio de Rivetta. A cette époque donc, les papiers des Inquisiteurs relatifs à la vigilance de leur Tribunal sur la conservation de l'industrie de la République et aux informations sur la personne et sur les ouvrages de ceux qui l'auraient portée au dehors, raéri-
1 Dans un fort intéressant travail de M. AucrsTix Cocin* (de l'Institut), publié par le Correspondant (livraison du 25 nov. 18C5) sous ce titre : Etudes industrielles : La fabrication des glaces depuis Colbert, manufacture des glaces de Saint-Gobain de 1665 à 1865, on lit : . Mais la négociation n'était pas facile, elle coûta à ce ministre infatigable des correspondances avec les ambassadeurs pendant dix ans , et l'Évêque de Béziers ( alors ambassadeur à Venise), le 8 novembre 1664, commence par lui répondre que « pour lui envoyer des ouvriers, il court le risque d'être jeté à la mer • . Il ajoute que Venise vend à la France des miroirs pour cent mille écus au moins par an, et des dentelles pour trois ou quatre fois autant au moins.
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tent une particulière attention 1 . L'histoire en quelque sorte intime du premier établissement de glaces et de verreries artistiques qui fut fondé en France avec succès, se retrouve là, avec des détails que des incidents presque dramatiques et émouvants rendent si intéressants. Le « Tribunal terrible » était instruit journellement des faits et gestes des ouvriers que comblaient et la faveur du Roi* et la protection du Ministre à mesure
1 Le dossier que nous avons formé relativement à la seule affaire des maîtres ouvriers verriers de Murano, d'après nos recherches dans les papiers des Inquisiteurs, est assez considérable. La Compagnie était formée d'Antonio Cimegotto dit Dalla Rivetta, Gicronimo Barbin, Zuane Bombarda dit Polo, Pietro Bortolussi, • Maertri che lavora i rjuari da specchio ■ , puis de La Motta, Pietro Rigo et Zuane Dandolo, « Questi lie sono maestri da gotti di cristallo. » Un beau-frère de l'Anzola, femme d'Antonio délia Rivetta, restée à Venise, du nom de Bigonzetto, avait un (ils prêtre qui recevait toutes les lettres adressées par Antonio à sa femme. Cette indication, fournie par l'Ambassadeur à Paris dans sa dépêche du 30 avril 1666, avait été fort utile aux Inquisiteurs.
2 Le Roi les alla visiter dans leur fabrique au faubourg Saint-Antoine, à l'enseigne vénitienne de ■ Murano » , le 29 avril 1666. Sa Majesté, en compagnie de Monsieur et d'un grand nombre de courtisans, fut introduite par Colbcrt, et laissa cent cinquante doublons de 6uo/ia manda aux ouvriers. Elle avait du reste reconnu un brevet de pension au maître principal, dès le 21 octobre 1665, dont nous retrouvons le texte dans les papiers des Inquisiteurs :
• Aujourdhuy vingt uniesme jour d'octobre mil six cent soixante cinq, le Roy estant à Paris, voulant gratiner et favorablement traiter le Sr Autonio de la Rivetta, Vénitien, ouvrier en glaces et miroirs, venu par ordre de S. M. pour establir en un ou plusieurs endroits de son royaume des manufactures des dites glaces et miroirs. Sa Majesté a accordé et fait don au dit Antonio de la Rivetta de la somme de douze cents livres de pension par chacun an, laquelle luy sera payée par le Trésorier général des Bastimens, Arts et Manufactures de France, sur les ordres du Surintendant d'iceux. Pour tesmoignage de quoy elle a ordonné le présent Brevet luy estre expédié. Signé de sa main et contre-signé par moy son Conseiller Secrétaire d'Estat et des Commandemens de Sa Majesté.
» Lot is. De Lionne. »
que les efforts des Inquisiteurs se manifestaient par l'entremise de l'Ambassadeur vénitien à Paris pour les décider à un prompt retour dans leur patrie, en leur assurant la clémence et le pardon de leurs juges naturels.
Vers la fin du dix-huitième siècle, les Inquisiteurs d'État furent investis d'une charge nouvelle. Le soin leur fut donné de veiller à la conservation et à la préservation des œuvres d'art publiques. Le Conseil des Dix décréta en effet qu'à la suite de considérations trèslouables que venait de présenter le conservateur de la Bibliothèque de Saint-Marc, Antonio-Maria Zanetti l, auteur de l'ouvrage célèbre qui a pour titre : « Histoire de la Peinture Vénitienne, » il appartiendrait au Tribunal des Inquisiteurs de porter toute sa vigilance non-seulement sur les palais et les autres propriétés de l'État qui renfermaient tant d'ouvrages admirables de peinture, mais encore sur les églises, sur les monastères et tous édifices religieux, qui n'en contenaient pas un moins grand nombre de très-goûtés et de très-célèbres*. De
* Antonio-Marin Zanelti, né à Venise le l«r janvier 1706, nommé conservateur de la Bibliothèque de Saint-Mare par un décret du Sénat, le 5 décembre 1736. Auteur d'un ouvrage somptueux : Délie antiche statue Grechc e Romane delC Antisala delta Libreria di San Marco; dessinateur et graveur des planches d'un livre charmant et rare, • Varie Pâture a fresco dei principali maestri Veneziani auteur de l'ouvrage si utile : Delta Pittura veneziana e Délie opère pubbliche de Veneziani maestri. Libri V. (Venise, 1771, imprimerie de Jean-Baptiste Albrizxi.) Mort le 3 novembre 1778.
2 Le mémoire présenté dans le mois d'avril 1773 par le Zanelti aux Inquisiteurs commence en ces termes : • Umiliandomi a questo venerato supremo Tribunale, io Antonio Maria Zanetti, custode délia Puhblica Libreria di San Marco, incoraggito dal zelo dei pubblico decoro
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grands abus avaient été signalés. Des tableaux précieux avaient été détournés de certains couvents, au préjudice de l'honneur national, et cédés pour des prix relativement vils à des étrangers '. L'incurie des prieurs de
cornu suddito rcspettoso e fedelc, credo essere dehito mio il i assegnare ai sapienti rifletti délie Eccellcnze Vostre un abuso, che se non m'inj>anno, puo dcgnamenlc impegnare la mano délia eccclsa autorité.. . » Mais le passage principal et digne de l'attention publique est celui-ci : ■ La «-opiosa e pregiabilissima unione délie pubhlichr pi t turc è forse la più rara suppelleltile che adorna questa Dominante, e che attrae l'ammira- /ione de forestieri fpianto ogu'altra singularité. Alla custodia c cotiservazione délie Pitlure de" Palazzi pubblici di San Marco c di Rialto si è provedutto dall' Kxcellentissimo Senato, e si sono assegnati con più deereti stipendiai! inspettori. Reslano le Pittnre délie ehiese, scuole, degli uratorii e d'altri luughi. che sono in continuo pericolo o di perirc o di rsser vendute, non essendovi autorità pubblica che lo impedisca, o inspezione che invigili. Ardirei di rasssegnare umilmente, che si comandasse un esatto Vatalogo o Inventario délie Pitlure scelle, esistenti ne' «itpradetti ltioghi, degne singolannente ilella pubblica tutela, a norma del quale intiniato che fosse a rispettivi soprainlendenti o dircttori de* luoghi istessi, in forma di consegna, restasse impedito ogni qualunque arbitrario asporto o vendita di esse Pitture, et per i necessarii rislauri, «• urgen/e di rifabbriche et altro che potesscro occorrere, si dovesse dimandare e impetrar le licenze, previa l'inspezione e la rela/ionc di approvato conoscitore. •
Voir à cet égard les textes des décrets et arrêtés du Conseil des Dix et des Inquisiteurs : AticillVKS iik Vk.msk. Papiers des Dix. (Parti secrète fil/a 74.) 20 avril et 12 juillet 1773. Le décret du 12 juillet a pour objet de soumettre à l'inspection du délégué de l'État les ouvrages de peinture possédés par les Eglises et les Monastères qui sont du ju*patronato du Doge. Puis le texte des instructions polir l'inspecteur, les ordre» donnés aux recteurs de Rrescia, Padoue, Crème, Rergame, Salo, Vérone, Viccncc, Rovigo, Udine, Trévise, Feltre, Rellune, Cividal de Frioul, Conegliano, Chioggia, etc.
1 Ainsi trois tableaux de l'autel et les panneaux de l'orgue de San-Giacomo à Murano, œuvres précieuses du Veronèse, vendues à l'Envoyé d'Angleterre, en 1772, pour quelques sequins. Peu de temps auparavant, une négociation avait été secrètement entamée pour l'acquisition du tableau fameux du Hassan, « l'Arche de AV », conservé dans l'église
quelques monastères ou des grandes confréries avait laissé se détériorer des ouvrages qu'il était du devoir des possesseurs de rendre autant que possible impérissables. Le Tribunal, autorisé par un décret aussi solennel qu'éloquent du Conseil des Dix, prit aussitôt les mesures nécessaires et rigoureuses pour obvier à de semblables dangers. Il donna commission à l'auteur des Considérations générales sur tétat des peintures publiques de préparer et former un catalogue général de toutes les œuvres d'art qui se trouvaient réparties dans les innombrables couvents de Venise. Les podestats et préfets des provinces reçurent l'ordre de faire dresser de semblables inventaires pour les faire ensuite parvenir au Tribunal des Inquisiteurs.
Les Pères supérieurs, gardiens et directeurs d'établissements religieux furent avertis que, sous peine de l'indignation publique et de châtiments déterminés, aucune œuvre d'art consignée dans les catalogues, et dont ils étaient regardés comme les dépositaires, ne pourrait être aliénée sans le consentement du Tribunal. Enfin, les Inquisiteurs furent autorisés par le Conseil des Dix à désigner d'office un inspecteur expert, régulièrement choisi parmi les peintres célèbres de l'État, pour examiner, en temps voulu, les ouvrages inventoriés, et présenter tous les six mois à Leurs Excellences un rapport circonstancié sur la mission qui leur était con-
tlc Santa Maria Maggiore. Empêchée par les soins des Inquisiteurs, ils avaient fait aussitôt apposer sur le cadre l'effigie nationale et significative du Lion de Saint-Marc. Mais en 1781, le ik septembre, ce tableau fut enlevé par des mains inconnues, et il s'ensuivit une instruction des plu« curieuses dont les pièce* existent dans les papiers des Inquisiteurs.
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fiée. Trois de ces inspecteurs furent successivement élus depuis 1773 jusqu'en 1797, Àntonio-Maria Zanetti (1773-1778), fut le premier, Giovanni-Battista Mingardi (1779-1796) le second, et Francesco Maggiotto (1796- 1797) le dernier. Leurs rapports de semestre sont conservés aux Archives, et ces documents nombreux méritent d'être consultés par ceux qu'intéresse l'histoire des chefs-d'œuvre qui étaient le principal ornement des palais , des églises et des monastères de la Seigneurie 1 . Les Inquisiteurs se regardaient, en un mot, comme les conservateurs en quelque sorte responsables des trésors de tout genre que possédaient ces maîtres-couvents de la République. Le soin et la préservation des grands ouvrages de peinture et de sculpture n'étaient pas seulement
1 Nous ii r< mi - la copie de vingt de ces rapports environ : le premier est en date de la même année que le décret des Inquisiteurs, 1773; le dernier fut présenté le 23 avril 1797, quinze jours donc, seulement, avant la chute de la Sérénissime République. Nous ajouterons que les documents officiels relatifs aux Reaux-Arts sont très-nombreux dans les Archives de Venise. Mais avant que les Inquisiteurs aient eu à connaître de l'inspection et de la conservation des peintures, c'est dans les innombrables registres et liasses des papiers du Sénat, sous la rubrique Senato- Terra, qu'il faut les chercher. Antérieurement à l'année 1773, en effet, c'était du Sénat que dépendaient et la charge de la Custodia délie Pilture et le Collegio dei Pittori. Voir entre autres 1682, 29 août, 10 et 31 décembre, liasse 1029 : 18 novembre 1683, liasse 1040 : 1703, 7 décembre, liasse 1322 : 1704, 14 juin, liasse 1330 : 1714, 30 mai : 1724, 14 septembre, 4 janvier (M. V.), 22 et 27 février (M. V.), 1er mai : 1727, 3 janvier (M. V.) : 1731, 26 mai : 1739, 20 novembre : 1759, 19 janvier (M. V.), liasse 2311 : 1771, 6 juin. Il importe aussi de consulter les papiers du Collegio Libéral Veneto ail' Accademia detta al fonteghetto San-Marco, dont un des derniers secrétaires perpétuels fut Pietro Edwards, et qui en l'année 1794 comptait cinquante-huit professeurs, dont seize en congé et quarante -deux en activité.
confiés à leur nationale vigilance, et les bibliophiles vénitiens du dix-huitième siècle leur durent la récupération pour le monastère des Saint-Jean et Paul , des plus rares manuscrits et des plus fameux incunables 1 qui en avaient été dérobés dans le mois d'août 1789. Les précautions qu'ils avaient prises en 1 773 pour les peintures, ils les prirent en 1789 pour les livres rares et les manuscrits précieux, et le célèbre érudit, bibliothécaire de Saint-Marc, Dom Giacomo Morelli, pour répondre au décret du 25 septembre 1789, leur adressa des rapports où domine un sentiment profond de la curiosité non moins qu'une salutaire admiration pour ses plus intéressants objets2.
» Voir Archives de Venise, Papiers des Provveditori soprh Monasteriy 1789, et des Dix, 21 août 1789. Différentes miniatures admirable* avaient été enlevées à trois manuscrits : treize manuscrits grec* et latins avaient disparu. Parmi les vingt-huit volumes imprimés, ouvrages d'une rareté insigne, étaient le Junianii Maii Parthenopoli de 1475, le Julii Firmici Ageronomicorum Aide, 1499, Y Apollonius Bhodius Argonauticon de 1497, Y Appianus Alexandrinus ; de Civilibus Bellis Romanorum de 1472, le Clemens V Constitutiones, que Clementinœ nuncupantur de 1476, sur parchemin, le Cyprianus Cecilius S. Epistolœ. iEditio pulcherrima omnium prima membranacea cum miniatura in p. Folio et initialibus pîctis, de 1491. Un exemplaire sur parchemin du Statii Sylvœ avec miniature et initiales peintes, le Virgilius P. Maro, opéra omnia, sur parchemin et avec miniatures, de 1476, Venise, etc.
2 Archives db Venise, Papiers des Inquisiteurs et des Dix. 1789, 25 septembre. Avec le premier Rapport de Morelli comme pièce à l'appui et commençant ainsi : « In obbedienza al comando veneratissimo di VV. EE. mi sono porta to io Dom Giacomo Morelli custode délia Libreria di S. Marco aile principali librerie dei Regolari di que* La città, per riconoscervi e prendere in nota lutto quelle che in esse vi è di più raro c di più prezioso, si quanto a' Codici manoscritli, corne quanlo a' libri stampati. Le librerie che ho visitate sono quelle di S. Giorgio Maggiore, di San-Michele , di San-Mattia e di San-Pietro Martire di Murano, di Sun- Andréa délia Certosa, délia Salute , dei Domenicani