CONDAMNATIONS MYSTÉRIEUSES
Daniel Dolfin, répondit par une dépêche du 13 septembre, dont voici le passage important :
Très-Illistres et Excellentissimes Seigneurs , Messei- GHEuns trfs-respectés. — Les ordres de ce Tribunal sont et seront toujours accueillis avec la plus grande considération et exécutés avec la plus rapide soumission toutes les fois qu'il y aura moyen de les accomplir. La grande prudence de Vos Excellences comprendra donc par quelles difficultés se trouve empêchée mon obéissance aux ordres qu'EIlcs m'ont donnés dans leurs lettres respectées du 30 juillet, fidèlement arrivées par la voie de Vienne. V individu désigné dans ces lettres n'est pas ici, et l'époque où il y sera est incertaine. Vos Excellences verront la raison de ce retard dans mes dépêches au Sénat. J'ai été obligé de lui en rendre compte, parce que cette affaire est en corrélation avec d'autres et parce qu'elle fait ici le sujet de toutes les conversations.
Et de fuit, il n'advint rien de cet ordre formidable, et Bonneval-Pacha vivait encore à la cour de l'Ottoman dix-huit ans plus tard.
Bailo alla Porta Ottomana. Prima dell* arrivo délia présente averà V. E. vedtila costà la compnrsa del Générale Bonneval il quale pur troppo è vero che portatosi al serraglio di Botmia si è avanzato dopo brève diinora verso cotes ta capitale. Nella précédente nostra, délia quale riceverà annessa la replicata sono abbondantemente espressi li motivi, per li quali puô costa questo soggetto riiucir fatale alla Repubblica et alla Christianità, e la di lei nota virtù non ha bisogno di maggiori spiegazioni. Ora conviene che le aggiungiamo la nécessita indispensable e stringente di darsi mano a qualunque più gagliardo ripiego per disfarsi di un fomite che non puô se non essere rovinoso e funesto. Taie si è anche il desiderio del Senato, e V. E. ha prudenza bastante per comprenderne la gravita de' motivi per tentare ogni via per conseguirne, se mai sia possibile l'intento, ma per tentarlo con quella segretezza, attenzionc c cautela che tenga immune la di lei persona, la carica et in consequenza la Repubblica da qualunque pericolo d'impegno, etc..
La République de Venise était extrêmement jalouse de certaines branches de son industrie : elle protégeait par toutes sortes de moyens et de privilèges les manufacturiers et leurs ouvriers, mais en même temps, elle leur interdisait, sous les peines les plus graves, toute expatriation, toute communication aux étrangers des inventions qui rendaient si célèbres et si enviés certains de leurs produits. Les verriers de Murano, ces fabricants et inventeurs admirables dans l'art de faire le verre, de produire les miroirs et de les travailler, étaient, depuis un temps immémorial, l'objet constant des attentions et de la vigilance du Gouvernement. La fuite d'un ouvrier de Murano en pays étranger équivalait à un attentat à la sûreté de l'État. Il était poursuivi, jugé et condamné comme traître à la patrie. Le ressentiment public le suivait où il était, et plus il était ingénieux et illustre en son art, plus on l'estimait redoutable. Sa vie au dehors était en perpétuel danger. Les Inquisiteurs d'État, en effet, étaient ses juges. Rien de plus rare, du reste, jusqu'à la moitié du dix-septième siècle, que l'émigration d'un maître verrier de Murano. Avec l'avènement de Golbert aux affaires de France il en fut tout autrement, et la vigilance du Tribunal des Inquisiteurs à l'endroit des industries vénitiennes eut lieu d'être non-seulement éveillée, mais considérablement exercée. Ce Ministre, en effet, dont les sentiments pour la grandeur industrielle de la France méritent d'être comparés à ceux qu'avait conçus le Cardinal de Richelieu pour sa grandeur politique, avait résolu d'attirer à Paris et dans les grandes villes du royaume les plus habiles maîtres