PAPIERS DU SÉNAT
ne seroient pas toujours conformes aux véritables intérêts de la République, si les plus habiles testes de ce corps, qui en connaissent les défauts, ne remédioient à ces inconvénients par un autre, c'est de temporiser, afin qu'avec le temps et par le moyen de leurs harangues ils puissent ramener les esprits et faire prendre un meilleur biais aux affaires, importantes 1 . »
Il était naturel que la grande variété des matières traitées dans le Sénat eût pour premier résultat une non moins grande variété d'écritures ; de là ces Archives imposantes, proprement dites del Senato, et divisées en deux parts absolument distinctes, les unes secrètes, les autres non. Giovanni Rossi, dans ses Essais sur les choses vénitiennes, demeurés encore a l'état de manuscrit,
1 Nous citons fréquemment le livre tlu sieur de Saint-Didier comme étant l'un des meilleurs sinon le meilleur qui ait été écrit sur l'Etat des Vénitiens par un Français de l'ancienne France. Le sieur de Saint-Didier n'a pas eu la prétention de se faire le jupe suprême de cette République comme son prédécesseur à Venise, Amelot de la Iloussaye, dont l'œuvre respire, à toute pape, la partialité et la mauvaise humeur. H en a voulu simplement représenter le tableau qu'il avait eu sous les yeux pendant les deux ans qu'il avait été attaché à la personne du comte d'Avaux, ambassadeur pour le Roi , à Venise. Voici d'ailleurs sa déclaration au public, en I'Avehtisskmkjit de l'édition de 1G80 : « Tout ce qui avoit esté écrit cy-devant de Venise était ou peu conforme à la vérité ou ne traittoit que de la moindre partie des choses que l'on en doit connaître. Le séjour que j'y ai fait depuis le commencement de l'année 1072 jusqu'à la fin de 1674, pendant F ambassade de M, le comte d'Avaux, m'a inspiré le dessein de faire un tableau de la ville , du gouvernement et des manières de vivre des Vénitiens, le plus au naturel qui me serait possible, et de renfermer dans les trois parties de cet ouvrage tout ce que plusieurs autheurs ont traitté séparément, et j'ose même dire imparfaitement. Toutes ces choses ensemble m'ont paru si rares et »î singulières, que je ne les crois pas mains différentes de tout ce qu'on voit dans le reste de f Europe, que la Chine l'est de la France. » j
incline à établir douze catégories dans les papiers du Sénat, et sa répartition est la suivante :
!• Registres désignés Misti.
2° w » Secreti.
3« » » Corf/.
4» n v De" Rettori.
5° n »> Terra.
<>• »- » Mare.
7# » » Roma.
8° »> » Roma espulsis.
9* » » Consul tort.
10° » n Affari Ecclesiastici.
11° » » Communie ate .
1 2° « » Dispacci e Reiazioni.
Ce mode de répartition me paraît diffus, et il confond les registres de la politique, tels que les J/tV/t et les iVecre//, avec ceux de l'administration, Terra e Mare. Ne convient-il pas mieux de ranger complètement à part les séries de Terra et de Mare, pour réunir toutes les autres sur un même territoire. Ainsi l'avait pratiqué le gouvernement vénitien, qui n'avait point encombré avec l'interminable agglomération des registres de cette catégorie les rayons de la Secrète réservés aux affaires spéciales. Pourquoi d'ailleurs Rossi n'admet-il que douze séries au lieu de quinze? Que fait-il en effet des registres des Patti ou Traites, et de ceux des Commemoriali ou choses estimées bonnes à être enregistrées sur des livres spéciaux? Et la série des affaires de Constantinople? n'était-elle pas jadis tenue à part, et formant un recueil spécial, aussi bien que les affaires de Rome?
Deux mots d'abord sur les deux collections dites Terra