OU
Heyistres dkli.e Corti ou des Coi hs étrangères. — Cette série spéciale aux affaires extérieures fait immédiatement suite à eelle des OKlIftÉrations secrètes du Sénat, qui désormais forment deux divisions sous la désignation de Cokti et de Hettori. — Nécessité de < -on su lier les trois séries Misti , Secreti cl Corti, pour accomplir un travail général sur la Diplomatie vénitienne depuis ses origines jusqu à ses dernières œuvres.
Avec le mois de septembre de l'année 1G30, la décision fut prise de répartir en deux catégories la rédaction des Deliberazioni Secrète del Sénat 0. La première, sous le nom de Corti (les Cours), ne devait contenir que des documents relatifs aux puissances étrangères; la seconde, sous la désignation de Rettori, devait être uniquement consacrée à l'enregistrement des affaires réservées, donnant lieu à des correspondances avec les gouverneurs des provinces, des villes, des forteresses et contrées sous la domination vénitienne. Les registres appelés Corti sont au nombre de cent soixante-dix, allant de l b'.'H) à 1 79(î ; quatre cent quarante-deux liasses ou filze (feuilles volantes de pièces justificatives) complètent la série des Corti et atteignent jusqu'aux derniers jours de la République de Venise (12 mai 1797). C'est donc en les consultant que l'on trouvera toutes les délibérations prises dans l'assemblée du Sénat relativement aux
négociations entamées à l'étranger par tout Vénitien officiellement investi du caractère d'ambassadeur, de résident ou de chargé d'alfaires. Nous ne parlons pas des agents secrets, lesquels, fort nombreux de leur côté, ne devaient point de compte au Sénat, mais seulement au Conseil des Dix ou aux Inquisiteurs d'État de qui ils tenaient le mandat de leurs mystérieuses missions.
En somme, la série des Registres du Sénat dite des Corti est une suite naturelle à la précédente dite des Secreti, de même que celle-ci en était une à la série plus ancienne encore des Misti. Pour qui veut faire une étude d'ensemble, la consultation et l'examen de chacune d'elles est non-seulement recommandable , mais elle est même indispensable. La dernière a sur les deux autres cet avantage, qu'au lieu de confondre en un même recueil les actes et mémoires du Gouvernement à l'intérieur et à l'extérieur, elle présente ceux-ci séparément. C'est tout à l'avantage de la clarté et de la facilité des recherches.
DISPACCI.
Le* Dkpêciies des Ambassade! hs ct «les Résidents. — Elles sont la lumière dan* l'histoire. — Ce que disait un Nonce dans un rapport sur l'État de Venise relativement au soin <jue prenaient les Ambassadeurs d'instruire le Sénat sur les Princes et les choses au dehors. — Ambassades et Résidences. — Jusqu'au seizième siècle, les ambassades sont plutôt extraordinaires qu' ordinaires auprès des diverses puissances, sauf auprès du Pape, de l'Empereur grec à Constantinople et du Turc. — Toutes les Cours indistinctement n'avaient pas auprès d'elles un Ambassadeur de Venise; mais en cas d'interruption dans les relations, l'Ambassadeur accrédité à la Cour la plus voisine informait et renseignait. — Origines diplomatiques. — Les recueils primitifs. — Rareté des dépêches d* Ambassadeurs vénitiens avant le seizième siècle. — - Il en existe quelques copies soit dans des collections de manuscrits de provenance patricienne, soit dans les dépôts publics de Venise. — Date de la première dépèche vénitienne qui a été conservée. — La seconde a été transcrite dans le Liber Albus. — A défaut des dépèches originales dont le recueil commence à être régulier dans les Arcbives entre 155» et 1560, où faut-il chercher des copies de dépèches vénitiennes? — Utilité des Annali , des Diariiy rédigés par des particuliers qui avaient à connaître des affaires politiques. — Incomparable utilité pour l'histoire, depuis 1V90 jusqu'en 1533, des cinquante-huit Registres in-folio écrits par Marin Sauudo, sénateur vénitien. — Après lui jusqu'en 1550, le silence et l'obscurité se renouvellent, quant aux dépêches. — De 15.15 à 1797, le recueil général des Dépèches des Ambassadeurs vénitiens est complet. — Exposé par ordre alphabétique italien des noms des Puissances pour l'histoire desquelles les dépêches originales conservées aux Archives peuvent servir. — Nombre des volumes pour les dépèches d'Angleterre, d'Allemagne, d'Espagne, de Eranee, de Pologne, de Turquie et antres.
Rien n'égale, dans les Archives de Venise, l'intérêt et la valeur de cette série. Si elle était complète, c'est- à-
dire si la destruction par les incendies n'avait altère l'ensemble de ces recueils admirables, on pourrait dire que l'Occident et l'Orient auraient là leurs annales et leurs mémoires, depuis le treizième siècle jusqu'à la fin du dix-huitième, écrits chaque jour par des témoins oculaires, observateurs sagaces et pénétrants, sages politiques, bons écrivains, et bien placés pour ne rien ignorer du mobile des faits et de la raison des choses en histoire. Dans un manuscrit italien de la Bibliothèque de Sienne, dont la matière nous parait avoir été traitée par un nonce apostolique, et qui est conservé sous ce titre : «» Relazione dello stato, costume, disordini e rhnedii di Venezia » , nous primes en note ce passage : « Le Sénat est le prince qui gouverne; par lui se traitent toutes les affaires et se décident toutes les réponses qui doivent être données aux lettres des souverains; dans son assemblée se lisent toutes les lettres écrites à la République et particulièrement celles des ambassadeurs de Venise, qui sont par tout le monde et qui tous les huit jours informent la République de toutes les actions, de tous les mouvements et projets des princes, et celui-là est tenu le meilleur ministre et le plus dévoué sujet qui met le plus de soin à connaître les choses cachées... Ils informent sur le caractère, les qualités, les intérêts, les affinités et les amitiés de ces princes... En un mot, le Sénat de Venise fait profession de savoir tous les huit jours, par les lettres de ces envoyés ordinairement lues le samedi, l'état du monde et celui de ceux (fui gouvernent 1 . » Cet énoncé des soins que prenaient les ambassadeurs de Venise pour * Bibliothèque de Sienne. Codei K. X, 18, p. 16.