‹ Les archives de Venise Histoire de la chancellerie secrèteChapitre 35 sur 199 · CORPS DIPLOMATIQUE VÉNITIEN · texte numérisé non relu

CORPS DIPLOMATIQUE VÉNITIEN

nourrir leurs dépêches, en dit plus que le plus long discours sur l'intérêt et l'attrait qu'il leur faut reconnaître. Nous en ferons ici une sorte de dénombrement, afin de mettre tout chercheur à même de se diriger prompte ment à travers les écrits de ces informateurs, si appréciés depuis qu'on a pu connaître sans réserve l'œuvre «le leurs négociations. Nous donnerons ensuite un développement plus spécial aux observations que nous avons faites sur les écrits de la diplomatie vénitienne dans ses seuls rapports avec la France.

Le corps diplomatique vénitien se composait, dès le seizième siècle, d'ambassadeurs et de résidents 1 . Les ambassadeurs étaient choisis parmi les patriciens , les résidents parmi les secrétaires. Les cours de Rome, de France, d'Espagne, d'Autriche, d'Angleterre et de Savoie recevaient régulièrement des ambassadeurs. L'envoyé à Constantinople avait rang d'ambassadeur, mais avec le titre particulier de Bailo. Milan, Mantoue, les Cantons suisses, Florence, Naples, étaient des résidences. Cependant, en diverses circonstances extraordinaires, soit pour des causes politiques, soit à l'occasion de cérémonies, telles que des couronnements et des mariages de princes souverains, la République accréditait des ambas-

* Nous disons le ■ seizième siècle » , par cette raison que ce fut seulement à relie époque que le mouvement diplomatique vénitien fut régulièrement et définitivement organisé. Jusque-là, la République avait eu nue diplomatie, certainement active, et déjà très-répandue, mais ses ambassades aux différentes puissances traient été plulùt en service extraordinaire qu'en service ordinaire, saut auprès du Saint-Siège, de l'Empire Grec et de l'Empire Turc ensuite. Le Pape et le Grec avaient depuis des siècles des ambassadeurs de Venise à leur Cour, el le Turc eu recul presque aussitôt qu'il fut établi à Constantinople en 1 V53.

sadeurs. La Perse fut en différentes circonstances l'objet de négociations spéciales. Différents Congrès, le Concile de Trente, furent aussi de ces grandes occasions qui mirent l'État vénitien en devoir de s'y faire représenter par des personnages ayant un caractère diplomatique élevé. Alep,le Caire, furent également en divers temps des Résidences, bien que, pour les désigner, on les appelât des Consulats. On peut dire que pendant le quatorzième et le quinzième siècle, les seules Cours auprès desquelles la diplomatie vénitienne était régulièrement servie et organisée étaient celles de Constantinople et de Rome. La France, l'Espagne, le Portugal, l'Angleterre, l'Empire d'Allemagne, ainsi que toutes les puissances d'un ordre inférieur, avaient aussi échangé avec Venise des rapports diplomatiques qui, bien que fréquents, n'étaient pas réguliers. En un mot, le service actif, c'est-à-dire l'élection d'ambassadeurs ou de résidents qui se succédaient de manière à ne pas laisser d'interruption dans la représentation de la République auprès de Puissances amies, ne fut définitivement établi qu'avec l'ouverture du seizième siècle. L'interruption des rapports n'excluait pas du reste l'envoi d'informations, car, en ces cas d'exception, l'envoyé à la Cour la plus voisine de celle avec laquelle on n'avait à entretenir aucun échange de procédés, avait charge de fournir les renseignements propres à tenir convenablement instruit le gouvernement vénitien. C'est ainsi que pendant le règne d'Elisabeth d'Angleterre, les relations de Venise avec cette Reine ayant été interrompues, pour ainsi dire, dès son avènement, l'Ambassadeur à la Cour de France con-

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