‹ Les archives de Venise Histoire de la chancellerie secrèteChapitre 37 sur 199 · DES DÉPÊCHES LES PLIS ANCIENNES · texte numérisé non relu

DES DÉPÊCHES LES PLIS ANCIENNES

Vénitien le maître sans rival de la belle Adriatique '. Que sont devenues tontes les preuves écrites des premières ambassades? Hien puéril serait le vœu de les rencontrer un jour , et nous n'avons rien de mieux à faire que de nous contenter, à défaut de parchemins introuvables, des assertions rapportées par les plus anciens chroniqueurs. Les désordres des premiers temps, les incendies fréquents, ont anéanti sans doute ce qu'aujourd'hui, si nous les avions, nous pourrions, sans nulle emphase, appeler de surprenants trésors. Voulezvous connaître à quel point de civilisation dans l'habileté et de bonheur dans l'expression en était arrivé le gouvernement vénitien h la fin du douzième siècle, d'après un document véritable? lisez Y instruction donnée sous le dogat de Henri Dandolo, en 1 198, aux ambassadeurs Navager et Donado chargés d'aller saluer l'Empereur dans Byzance et de lui présenter les lettres de la Seigneurie. Vous y trouverez, selon que l'a si judicieusement fait remarquer l'érudit auteur de Ymise et le Bas- Empire, tous les caractères qui ne cessèrent de distinguer la diplomatie vénitienne : netteté, précision, sentiment juste de ses propres forces, prévoyance de toutes les éventualités, pénétration de l'avenir2. En dehors des traités, nous estimons que ce document est l'un des j lus curieux parmi les anciens, peut-être le plus curieux, peut-être même le seul de cette époque, qui expose

1 Vovcz l'iméiesîiant travail de M. J. Armingautl, « Venise et le lias- Empire », p. 9 à 15. Paris, Imprimerie impériale, J8(»8.

2 M. J. Armingautl, professeur il'histoire au collège Hollin, ancien membre de l'École française d'Athènes.

d'une manière plus intime et moins froide que ne le font ordinairement les termes desdits traités, le mode d'agir de ces gens plus civilisés qu'aucuns autres , et prescrive en toute lucidité les objets généraux et particuliers sur lesquels devrait se porter leur attention.

Quoi qu'il en soit, la plus ancienne dépêche dont le texte nous soit jusqu'à présent parvenu dans son intégrité, est celle de l'ambassadeur Jacopo Tiepolo , adressée dv Gonstantinople au doge Pietro Ziani , en date du mois de décembre de l'année 1210. Elle n'est peut-être pas recommandable par l'agrément du style, qui n'est pas autrement dicté qu'en ce latin du moyen âge fort oublieux de la pureté des périodes cicéroniennes, mais la précision des faits y est bien établie, et déjà l'on y remarque cette inclination qu'eurent toujours les ambassadeurs des Vénitiens, pendant tous les siècles écoulés depuis, démettre en scène leurs interlocuteurs et de reproduire aussi exactement que possible les mouvements du dialogue. Dans cette dépêche de 1219, où il est question d'un cardinal légat du Pape, tel paragraphe commence ainsi : « Prescripius dominus cardinulis ait omnibus, dicens : « Quia summus Pontifex misit ipsum ad hoc im-

» perium, etc » Tel autre : « Sed prœdictus dominus

cardinalis dicebat : « Quod si prœdicti Darones facere wellent, etc 1 » Cette dépèche de 1219 précède

1 « Copia di una seritlura publica aniica délie rose di Costaiitiuopoli. in tempo délia vacanza di quell' Imperio cl Patriarrliato nel 1219. El iuna délie {pà raccoinandatc p. parle dell' Ere™0 Senato, nel 1383, alla Procura tia de supra. Tratta fuori dalla rovina di altre moite parimente pubhliche, di diverai {jeneri, in grau numéro péri te, et illustra ta cou alcunc dngne annotazioni dall' abbate don Fort un. uo Olmo. • (Ainsi dam

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