‹ Les archives de Venise Histoire de la chancellerie secrèteChapitre 47 sur 199 · DIFFÉRENTES SOURCES D'INFORMATIONS. Î · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTES SOURCES D'INFORMATIONS. Î

Si les dépêches originales sont irrémissiblement perdues pour le quatorzième, le quinzième et la moitié du seizième siècle, ne peut-on pas rencontrer en quelque dépôt d'archives de famille ou de bibliothèques publiques, sinon la copie de toutes les dépêches, du moins la copie de quelques-unes? L'expérience en ces matières nous a démontré que quelques succès pouvaient être obtenus. Le département des manuscrits de la Bibliothèque de Saint-Marc, les collections si précieuses de textes recueillis au Musée Correr, les archives de famille telles que celles des Donà délie Rose, des Morosini et autres, possèdent différents volumes de dépêches qui tout en n'étant sans doute que la minute ou la copie de celles qu'avait expédiées l'Ambassadeur à la Seigneurie, ne comportent pas moins les mêmes termes, ne révèlent pas moins les mêmes faits, en un mot sont les mêmes dépêches et méritent absolument le même crédit. Or tel de ces recueils, dont la minute ou la copie existent, serait vainement cherché, en original, dans les Archives Vénitiennes proprement dites, pour avoir été la proie des flammes aux époques que nous avons mentionnées. En quelque bibliothèque du monde où nous ayons pénétré, il ne nous est jamais arrivé de sortir sans nous être informé, d'après les catalogues et les inventaires, des manuscrits de provenance vénitienne que cette bibliothèque pouvait avoir. Cette assiduité et cette persévérance nous ont valu de fortunées rencontres, propres à adoucir l'amertume et le préjudice (pie nous avaient causés les pertes subies par les collections de la Chancellerie secrète. Voilà donc un premier

moyen indiqué pour diminuer le malheur de ces ruines.

Mais que ne dirons-nous encore, et surtout ici, de l'importance extraordinaire des cinquante-huit in-folios manuscrits, rédigés avec une patience et un soin admirables par ce bon patricien de Venise, diverses fois sénateur, chroniqueur et historiographe, Marino Sanudo? De 1496 à 1533, par conséquent pendant le cours de trenteneuf ans, n'a-t-il pas noté jour par jour les choses advenues dans la politique, en usant, pour un soin si particulier, de la lecture qui lui fut exceptionnellement permise des dépêches, des relations et des lettres de toute nature arrivées de tout pays à la Seigneurie? Or, cet espace compris entre 1496 et 1533 appartient a la longue époque durant laquelle nous manquent les dépêches officielles originales ! De quelles ressources ne sont donc pas ces précieux registres, qui sont l'honneur et la fleur de la Bibliothèque de Saint-Marc! Nous avons relevé de ces cinquante-huit in-folios le sommaire des choses relatives aux événements de France. Cette seule part nous a fourni matière à plus d'un volume considérable de notes ayant pour origine des informations puisées par le chroniqueur dans les dépêches et les rapports des Ambassadeurs. Ce que nous avons fait pour la partie française, chacun ne peut-il pas le faire pour la partie de l'histoire du pays qui l'intéresse? M. Rawdon-Brown y a cherché l'Angleterre; le docte abbé Valentinelli, Bibliothécaire de Saint-Marc, y a cherché le monde slave

1 Esposizione di rapport i fra la Republica Vencta e ali Slavi MewidîOvu.i : Brani tratti tlai Diarii di Maaiko Sanudo esistemi nell' I. R. Biblioteca di S. Marco, 1496-1533. Venexim, Tipogr. dcl Gommercio, 1863.

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