DÉPÊCHES SUR LE RÉGNE DES VALOIS
1 10,868 francs. Nous ne parlons, du reste, ici que de la dépense officielle de l'Ambassadeur, c'est-à-dire de celle dont il avait à rendre compte.
Au dix-septième siècle, sous Louis XIV, la dépense officielle d'un ambassadeur de Venise se pouvait évaluer à quatre cents ducats par mois. Ainsi, du 29 mars 1676 au 6 novembre 1679, c'est-à-dire pour un séjour de trois ans, sept mois et sept jours, Contarini dépensait 39,831 ducats, dont 8,131 pour les seuls frais du port des dépécbes et du voyage des courriers , et 800 pour le loyer annuel de son hôtel '. Dans ces dépenses dites officielles, l'Ambassadeur était autorisé à compter les frais de sûreté pour ses voyages d'aller et de retour, tels qu'emploi de mousquetaires *, alfiers et capitaines. Il en était de même pour les dépenses des deuils de cour, etc.
Sous les Valois, depuis le moment du règne de Henri II , où les dépêches de l'Ambassadeur de Venise sont conservées (1554), jusqu'à l'extinction de cette branche royale dans la personne de Henri III, quinze Ambassadeurs ordinaires représentèrent successivement
' L'estimation exacte des ducats vénitiens à convertir on valeurs de Fronce est difficile; cependant nous pouvons dire, d'après l'ambassadeur Alvise Pisani, qu'en 1701 (juin) 3,027 francs 17 sols faisaient 1,009 écus 0 sols de France, qui convertis en 00 ducats de banque par 100 écus faisaient 91)8 ducats de banque de Venise. Or, l'écu de Fiance était de 3 livres, et 100 écus de France faisaient 80 ducats de banque de Venise.
- Sébastien Foscarini, ambassadeur en 1080, avait pour escorte, des soldat*, de Turin à Saint-Jean de Maurienne; des mousquetaires, de Saint-Jean à Chambérv ; un capitaine et des soldats, de Cbambéry à Pont-dc-Mcauvoisin; douze mousquetaires , de Pont- de-Rean voisin à Lyon; un alKer et douze soldats, de Lyon à Roanne; etc.
la République des Vénitiens à la Cour de France. Il y eut en outre huit ambassades extraordinaires. Le nombre des dépêches de chaque ambassadeur était variable. Il est d'ailleurs des temps où les faits abondent, où le mouvement politique est extraordinaire, où les audiences avec le Souverain et les principaux personnages sont plus fréquentes. Toutes ces choses fournissent aux dépêches et les rendent nombreuses. Il est du reste à remarquer que plus on avança, plus on écrivit, et les dépêches d'un négociateur, sous le règne de Louis XIV et de Louis XV, sont une fois plus abondantes que celles d'un ambassadeur à la Cour des Valois. Giacomo Soranzo, sous Henri II, a écrit deux cent vingt-huit dépêches environ depuis le l*r mai 1555, date de sa première audience, jusqu'au 5 décembre 1557, qui fut le jour où il prit congé du Roi. Giovanni Doltin , depuis le 29 septembre 1584, jour où il salua le roi Henri III à Saint- Germain, jusqu'au 25 janvier 1588, où il présenta à la Cour son successeur Giovanni Mocenigo, adressa près de trois cents dépêches : ils sont ceux qui, à cette époque des Valois, ont le plus écrit. Il faut estimer à cent cinquante ou deux cents le nombre des dépêches des autres ambassadeurs ordinaires pendant cette période. En somme, nous estimons que le total des dépêches fournies par la diplomatie vénitienne, depuis le 4 mai 1554 jusqu'au 5 août 1588, forme un ensemble de près de deux mille cinq cents lettres. Plusieurs lacunes sont du reste à signaler et à déplorer : ainsi , du 4 septembre 1554 au 24 février 1555, les dépêches manquent; de même pour les mois de janvier et février 1559; de