DÉPÊCHES QUI SONT A DÉCHIFFRER
mène (et celle-là est de beaucoup plus importante) pour Tannée 1572 moins les deux premiers mois; de même pour les trois premiers mois de 1573 1 . Les deux mille cinq cents dépêches originales (nombre approximatif) formant le recueil qui est à consulter sur les règnes de Henri II, de François II, de Charles IX et de Henri III, sont renfermées en dix-huit volumes ou liasses cartonnées, plus ou moins considérables, dont chacune porte au dos un numéro successif et le nom de l'ambassadeur signataire.
Nous avons dit que parmi les dépêches il en était un grand nombre de chiffrées. Or nous devons ajouter que .pour une cause difficile à expliquer, puisque les raisons que nous pourrions donner ne seraient basées que sur des conjectures, la partie chiffrée des dépêches originales, depuis le 4 mai 1554 jusqu'au 8 avril 1566, ne se trouve nulle part déchiffrée. La première dépêche dont le déchiffrement lui est annexé est en date du 8 avril 1566, dans le volume sixième de la collection. Jusqu'à présent, malgré nos tentatives diverses fois répétées, nous avons été inhabile à l'opération du déchiffrement qui exige des facultés d'une extraordinaire spécialité, et nous nous trouvions dans cette situation -pénible de ne pouvoir profiter d'un grand nombre de ces documents si précieux pour l'histoire des quatre der-
* Nous donnons ici les dates selon la méthode française (more galiico), car si nous les devions donner selon l'usage vénitien (more veneto, comme on disait), il en résulterait une confusion extraordinaire. L'année des Vénitiens, en effet, ne commençait qu'au 1er murs, de sorte que janvier et février de 1573 en France seraient janvier et février de 1572 à Venise.
nières années de Henri II, pour celle du règne de François II , et pour celle des cinq premières années du règne de Charles IX. L'inconvénient de cette obscurité, dans les lettres les plus intéressantes, nous avait paru si grand, que nous avions estimé qu'il serait préférable de tenir en quelque sorte pour non avenue la conservation des dées non déchiffrées de ces douze années, et de ne commencer la publication officielle des documents diplomatiques vénitiens qu'avec l'année 1560. Mais un fait* récent vient de se passer qui nous permet de nous rassurer, et nous met à même de pouvoir annoncer que la lumière sera faite sur ces mystérieuses lignes, si nombreuses qu'elles soient dans les six volumes dépourvus des annexes d'interprétation.
Si celle des pages que, dans notre chapitre des Historiens y Chercheurs et Curieux aux Archives de Venise, nous avons consacrée à M. Luigi Pasmi, n'a pas échappé au lecteur, il a sans doute déjà compris que le fait important dont nous voulons parler est du à ce laborieux et patient employé auprès de ces archives. M. Luigi Pasini, qui s'est voué à cette étude souvent ingrate de l'interprétation des chiffres et écritures occultes pour en faire bénéficier l'histoire, a réussi, dans ces derniers temps, à la formation d'une clef propre à déchiffrer les pages chiffrées par Giovanni Michieli , ambassadeur a la Cour d'Angleterre sous Marie Tudor. Le Master of tfie Rolls, en sa qualité de chef des Archives de la Grande-Bretagne, a cru de son devoir do féliciter ce jeune érudit sur un succès si marqué. La nouvelle de cette découverte nous étant parvenue par la