‹ Les archives de Venise Histoire de la chancellerie secrèteChapitre 65 sur 199 · CE QUE SONT LES IŒLAZIOM · texte numérisé non relu

CE QUE SONT LES IŒLAZIOM

et ceux des ambassadeurs de Venise, universellement connus sous le nom de Relazioni , la différence est absolue. La lecture au Sénat d'une Heîazîone était devenue une habitude si bien entrée dans les mœurs politiques de cette République, que le Sénat, dont l'ambassadeur était le mandataire, eût estimé que l'ambassade n'eût point été parfaite, c'est-à-dire achevée, tant qu'il n'aurait pas entendu, dans ses comices, l'énoncé de ce discours final qui constituait la Relazione. En un mot, il était du devoir de l'ambassadeur vénitien , dans un délai déterminé par des règlements adoptés dès le treizième siècle, de présenter sous une forme convenue, et pour l'instruction d'une assemblée de gouvernants, le tableau de la Cour et de l'État qu'il avait dû observer et apprendre à bien connaître pendant le temps de sa résidence.

Ce genre de documents a acquis, depuis quelques années, une véritable popularité. Tous les historiens des choses du passé les ont recherchés, et ils en font un constant usage pour appuyer les opinions et les sentiments qu'ils émettent, particulièrement, sur la personne et le caractère des Princes et de leurs Ministres. On peut dire, en effet, qu'une galerie semblable de portraits à ceux que l'on peut tirer du cadre des Relazioni Vende n'existe nulle part ailleurs. Venise seule l'a créée. Le long travail que nous avons consacré à ces précieuses pièces auxquelles nous devons toute la matière du livre que nous avons publié sous le titre de « La Diplomatie Vénitienne et les Princes de l'Europe au seizième siècle », nous autorise à diriger vers cet ouvrage l'attention du lecteur à qui les détails présents ne suffiraient pas. Il y

su

trouvera reproduits, selon l'ordre des temps, tous les décrets et tous les arrêtés relatifs , soit à l'œuvre même de la Relazione vénitienne, soit à ses origines, soit aux règlements adoptés dans le Sénat pour la cérémonie de la lecture qui devait en être faite, soit aux éléments invariables qui la devaient composer; il y trouvera enfin des indications précises concernant les grandes publications modernes auxquelles a donné lieu , dans différents pays, la connaissance exacte de ces documents, uniques en leur genre

1 C'est ici, pour nous, l'occasion la meilleure de rappeler qu'en 1862. lorsque parut le livre dont nous parlons, un fort grand nombre d'articles littéraires furent consacré* aux Relations des Ambassadeurs vkmtiens par d'éminents publicistes. Des aperçus ingénieux, des choses bien dites et bien pensées, des considérations et des observations excellentes, ont caractérisé ces articles si variés , tous écrits à l'honneur de ces politiques de l'ancienne Véuétie dont nous venions de présenter les œuvres. Ce m'est donc un devoir fort doux à remplir que de signaler à l'attention des esprits littéraires et érudits les pages publiées alors sur ce sujet par MM. Jules Jasin, dans V Indépendance belge; Prévost-Paradol , dans le Journal des Débals; A. Geffrot, dans la Revue des Deux- Mondes; Alfred de Reumont et Léopold 1 1 akkner , dans la Gazette d'Augsbourg ; Paul de Saint-Victor , dans la Presse; Louis Énault, dans le Constitutionnel; Fedele Lampertico, dans YArchivio slorieo italiano; T. Campeuoh, dans la Critique française; LÉON Lavedan, en sa Correspondance générale; de Rarthélemt, dans la France; Edouard Fournibr, dans la Patrie; ainsi que celles qui parurent non signées par leurs auteurs dans le Bulletin de la Société de l'histoire du Protestantisme français, dans le Saturday Review et The Press, à Londres, et dans les Gazettes de Cologne et de Venise. C'est aussi mon devoir de remercier avec effusion les grands organes de la presse française dans la personne de leurs honorables rédacteurs en chef, qui ont bien voulu donner aussitôt une hospitalité si large à des extraits considérables de ce même livre * De la Diplomatie vénitienne » . Comment pourrais-je ne pas me souvenir de la bienveillance avec laquelle le Temps, ['Opinion nationale , le Siècle, le Constitutionnel, le Nord, tous, dans les premiers jours d'août 1861, ont présenté à leurs lecteurs les pages de ces ambassadeurs vénitiens qui leur avaient paru les plus dignes d'attention et d'intérêt ?

Page 1