UNE LETTRE DE JUSTE SUSTERMANS
Les lettres de Juste Sustermans semblent être des plus rares. Je n’en ai trouve' ni dans le recueil de Bottari, ni dans ceux de Gaye, de Gualandi, du marquis Campori, de Guhl et de Rosenberg. Celle que je publie ci-dessous, d’après l’autographe conservé dans la collection de M. le Commandeur Santarelli, à Florence, roule sur un thème qui revient fréquemment dans les correspondances d’artistes : il s’agit d’une demande d’avance ou plutôt de remboursement de ôoo écus. L’épître de Sustermans nous prouve que les Médicis, malgré leur réputation de libéralité, n’étaient pas plus ponctuels quand il s’agissait de délier les cordons de leur bourse que l’immense majorité des Mécènes contemporains. Notre document présente un autre intérêt encore : il fixe l’époque à laquelle l’artiste exécuta le portrait de la grande-duchesse de Florence dans l’attitude (et peut-être le costume) de sainte Hélène, avec la croix entre les bras.
Quant à la biographie de Sustermans, elle n’est plus à faire : il nous suffira de renvoyer le lecteur à la notice que M. Fétis a consacrée au maître dans ses Artistes belges à l'étranger. (Tome Iür, pages 232-278.) Bornons-nous à rappeler que Sustermans, né à Anvers en 097 (il avait donc soixante-douze ans lorsqu’il écrivit la lettre publiée cidessous), mourut le 2a avril 1081 à Florence, qui était devenue pour lui une seconde patrie.
« Ill-uo mi0 sigre et Padrone colendissimo.
« Avanti alla partenza di qua la Serma Grand*0 padrona suplicai a S. A. S. per una grazia segnialatissima, cioè che