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I.e « Corso

LETTRES DE MILLIN A NIRBY

est du côté de la rue Fratine, et chez qui j’ai acheté en dernier lieu le Bottari et plusieurs bons ouvrages. Le commerce ne doit pas avoir à présent une si grande activité que cela leur soit importun et leur fasse manquer des occasions.

La médaille papale était déjà dans notre collection, et je n’en fais point de particulière ; mais comme elle n’a coûté qu’à peu-près son poids, l’inconvénient n’est pas grand.

D’après ce que m’écrit Mr Cancellieri, Mr Daru quitte Rome. Actuellement que votre affaire est faite, je ne crois point que son départ puisse rien changer à votre situation. Donnez-moi, je vous prie, souvent de vos nouvelles ; vous savez combien je vous désire du succès et que je vous suis pour toujours tendrement attaché.

A. L. Millin.

Je vous renouvelle de ma main l’assurance de mon amitié.

A Monsieur Nibbv, a Rome.

Paris, 5 juillet 1814.

Je viens de recevoir à la fois, mon cher Nibby, votre lettre du 24 février et celle du 14 avril, qui m’ont étéremises par M. Mazois. La première était une réponse à mes précédentes. Je vois par l’autre que les affaires publiques vous ont beaucoup dérangé de vos études et qu’elles ont empêché le Pausanias d’avancer. J’en suis fâché pour vous, parce que vous allez être prévenu. Le premier volume de celui de M. Clavier doit paraître très incessamment. 11 ne contiendra qu’une partie du texte et de la traduction ; ainsi, vous pourriez encore faire paraître vos commentaires, sans avoir l’air d’avoir puisé dans les siens, s'il s’y trouve quelque conformité. Je vois aussi que vous avez été attaqué

d’un peu d’opthalmie. J’espère que cette incommodité est entièrement dissipée.

Je vous remercie des acquisitions que vous avez faites pour moi. De tous les ouvrages dont vous m’envoyez la note, je n’avais que le Traité des Obélisques, de Mercati, et celui de Collucci Sur les Antiquités de Faleri, et je trouverai facilement à placer ces doubles ; car j’espère que cette caisse ne me coûtera pas autant que les précédentes, puisque j’espère que je pourrai la faire venir par mer.

Vous ne me dites point si la dernière révolution a influé sur votre sort. Vous savez combien j’ai gémi sur les maux de Rome ; combien j’ai désiré le retour de votre souverain. Nous en avons parlé assez souvent. Mais je serais fâché de voir établir une réaction toujours funeste, et qui le priverait des services de personnes qui lui sont véritablement dévouées, quoiqu’elles aient accepté des places que leur position ou leur fortune les mettait dans l’impossibilité de refuser.

Donnez-moi souvent de vos nouvelles et de celles de mes amis de Rome ; parlez-moi des découvertes nouvelles dans les antiquités, car il y en a toujours de plus ou moins intéressantes. Dites-moi quelque chose aussi des travaux de vos littérateurs. Quand finira la vieille guerre de MM. Fea et Masden ? Que fait M. de Dodwell ? Que fait mon ami Ackerblatt?

Je me porte bien, je vous aime toujours et vous embrasse de cœur.

A. L . M illin .

A Monsieur Nibby, écrivain à la Vaticane, à Rome.

Potrà rispondere per la posta.

Paris, 17 septembre 1 8 1 5.

Monsieur et respectable ami,

Il y a bien longtems que notre correspondance est à mon grand regret interrompue. Vous devez avoir reçu la

LETTRES DE MILLIN A NIBBY

lettre par laquelle je vous ai fait part de la réception bien tardive de votre lettre à M. Roscoe. Elle est partie aussitôt, elle avoit été retardée entre les mains de M. Vernazza qui a éprouvé beaucoup de chagrins et de tracasseries dont (sic) sa probité et son mérite paroissoient devoir le mettre à l’abri.

Je ne sais si je vous ai envoyé un exemplaire de la médaille de Siris que vous avez donnée à M. Viani, ce qui fait grand plaisir. Je n’ai publié depuis que cet opuscule. J ai bien des choses prêtes; j’attends des momens plus tranquilles.

Aimez-moi- toujours, écrivez-moi et regardez-moi comme

votre

Dévoué serviteur.

A. L. Millin.

Paris, 16 janvier 1816.

Aussitôt que j’ai reçu votre avis, mon cher monsieur, je me suis empressé de faire votre commission. J’ai acheté pour vous le Pausanias et la Galerie mythologique , ainsi que le Pindare de Gin.

Il n’a paru du Pausanias que le premier volume contenant les Attiques et les Corinthiaques, le texte et la traduction sans les notes, et je ne saurais vous dire quand on peut espérer la suite à cause des circonstances de la France qui s’opposent à ce qu’aucune entreprise de ce genre puisse réussir. D’ailleurs, M. Clavier donnera plutôt un commentaire grammatical qu’un commentaire archéologique; c’est pourtant un très beau travail à faire et je vous seconderai tant que le pourrai, si votre intention est de l’entreprendre, en vous indiquant des ouvrages qui peuvent vous être inconnus et en vous les faisant passer si vous m’ouvrez pour cela une voie. Je serai charmé de pouvoir entretenir toujours des relations avec vous.

La traduction de Pindare, par Gin, est un mauvais livre. Aussi n’est-il pas cher; vous savez certainement que Cha-

banon avoit traduit les Olympiques avec aussi peu de fidelité. Vauvilliers a mieux réussi pour quelques Olynthiennes et quelques Pythiques. Le meilleur travail est celui de Heyne dans son édition en 5 volumes in-8°, à cause de nombreuses et curieuses Scholies qu’il a rassemblées; cet ouvrage est épuisé en Allemagne ; il passe quelque fois icy dans les ventes.

Il n’y a pas de bon Arrien complet; c’est probablement l'Histoire de /’ Expédition d’Alexandre que vous désirez, mais vous ne le dites pas. L’éditioÿ de Gronovius est peu estimée avec raison. M. Schmieder en a fait paraitre il y a quelques années une bonne édition ; c’est réellement la meilleure, il a publié séparément les Indiques. Le premier ouvrage coûte 10 fr., au plus 12, et les Indiques à peu près 6. Je suis à vos ordres pour vous les expédier.

Vous m’êtes redevable pour ces acquisitions de la petite somme marquée au bas de cette lettre. Gardez-la pour me faire aussi quelque acquisition que je ne manquerai pas de vous indiquer et proposez-moi vous-même quelque livre vieux ou nouveau que je n’aie pas ; je le recevrai très .volontiers en échange.

Toute la difficulté consiste dans le moyen d’envoi. Il me semble qu’ils peuvent à présent se faire facilement par mer en expédiant à une maison de commerce à Marseille pour Paris ou de Paris pour Rome. Si nous n’établissons pas cet accord, jamais il n’y aura de communication, mais il faut que les ballots pèsent au moins trente livres et cela sera bien facile en y mêlant des objets pour d’autres particuliers. Quant aux lettres, écrivez-moi directement par la poste et je chercherai des occasions pour vous répondre jusqu’à ce que notre poste de Rome ait été rétablie.

Je vous félicite de votre mariage; je suis persuadé que vous avez choisi une femme aimable et je suis certain qu’elle sera heureuse avec vous. Je sais que vous êtes bien.

LETTRES DE MILLIN A NI B B Y

Je vous en fais compliment et vous prie de nie rappeler au souvenir de la personne à laquelle vous êtes attaché.

Votre serviteur et votre ami

A. L. Mu. lin.

Galerie mythologique 36 fr.

Pindare 5

Pausanias 12

Total 33 fr.

Al. Marini doit être à présent à Rome. Ainsi je ne puis me servir de lui pour votre envoi. J’en fais quelque fois à Florence et à Modène et aussi à Venise. Je pourrai quelque fois me servir de la voie de Florence, mais il faudrait rembourser les frais à M. Fabbroni qui fait ainsi venir le Magasin.

Je puis expédier par Toulon à Civitavecchia ou autre part, même à Rome, en faisant un paquet dont vous, M. Cancellieri et tous ceux à qui je ferai quelqu’envoi partageriez les frais, mais pour tout cela il me faut votre consentement à une autre direction.

Si la personne à qui vous etes attaché fait venir quelque livre je pourrai faire ses commissions en joignant les vôtres aux siens, mais il faudrait que la demande fût en votre nom seul.

Enfin voyez donc à établir une correspondance littéraire qui pourrait être utile à vous et à Rome.

. AU’ornatissimo Signore Antonio Nibby, chez Dominique Minu, en face du Caravita, n° 177, à Rome.

Paris, 27 juin 1817.

J’ai reçu, mon cher Monsieur, avec un grand plaisir votre lettre du i5 de mai. Je vous en remercie. Vous verrez que j’ai fait usage de vos nouvelles littéraires, 'mais sans vous nommer, ce que je ne ferai que si vous m’en donnez la liberté, et que ce sera toujours de manière à vous hono-

rer et jamais pour vous compromettre. Ainsi vous pouvez toujours m’écrire avec la plus grande confiance, bien sûr que je n’abuserai de rien.

Je vous remercie de presser M. de Romanis II ne devrait pas attendre si longtems. Il faudrait expédier aussitôt qu’on peut le faire par la Douane sans perte.

Je ne sais comment vous envoyer le Voyage, etc. Le moyen que j’avois pris de faire expédier des livres par parties suffisantes pour être en rapport avec le tarif de la Douane étoit excellent. On pouvait ainsi s(e les) adresser réciproquement, car M. de Romanis ne veut jamais m’adresser que par M. ..., tandis qu’il pouvait le faire directement...

Avez-vous fait joindre au paquet l’ouvrage sur S. Paul que Monseigneur Nicolai a du vous remettre selon nos conventions pour mes Monumens , etc., qu’il a reçus par M. Millingen.

Je soupire apres les statues d’Ægine et différentes choses dont j’ai demandé l’acquisition. J’en enverrai le prix avant ou après à volonté de M. Cancellieri ou à vous. Je dois aussi vous faire l’acquisition du second volume de M. Clavier. La difficulté n’est pas d’acquérir mais d'envoyer.

M. Cancellieri sait comment il peut m’adresser des petites brochures et des lettres; dès qu’il y a quelque chose de nouveau et de peu volumineux, faites-moi le plaisir de l’acquérir pour moi et de me l’adresser par le moyen que M. Cancellieri vous indiquera.

Écrivez moi aussi par la poste toutes les nouvelles littéraires.

Je suis bien aise que vos ouvrages avancent; j’aurai grand plaisir à les célébrer.

On ne fait icy rien d’important. J’envoie toujours les Annales encyclopédiques au O® Le Lise. Vous disposez de moi pour tout ce qui vous conviendra.

L’ouvrage de M. Visconti sur les marbres de Lord Elgin

LETTRES DE MILLIN A NIBBY

vous serait fort utile pour le Pausanias. J’en ai un exemplaire et je puis facilement faire venir des ouvrages anglois, mais vous avez certainement la même facilité. Si cela n’était pas, je suis à votre service.

Mes sincères amitiés.

A. L. M JL LIN.

A Monsieur Nibby, membre de l’Académie d’Archéologie, à Rome.

Paris, ce n Avril 1817.

11 y a en efTet bien longtemps, mon cher Monsieur, que je n’ai eu le plaisir de vous écrire et j’en ai beaucoup de regret, car il m’est toujours très agréable d’entretenir des rapports avec vous ; mais j’ai été très occupé, malade, et la mort de mon respectable ami, l’abbé Andrès, a aussi porté un coup fatal à ma correspondance, dont il étoit devenu l'intermédiaire. Vous devez même avoir reçu quelques lettres depuis sa mort, car je sais qu’un des Jésuites qui sont demeurés chargés de ses affaires a remis à Monsieur De Romanis une lettre que je lui avois adressée.

Je suis bien aise que vous ayez reçu le paquet dont Monsieur Millingen étoit chargé. Vous ne me devez rien que pour le Pausanias de Goldhagen, que vous m’aviez chargé de vous acheter ; le prix est de vingt francs ; je vous serai obligé de vouloir bien les remettre à Monsieur Cancellieri ; j’ai prié celui-ci de m’acheter la gravure de la frise de Phygalie.

Je désire aussi être au courant de toutes les nouveautés qui paroissent à Rome, celles surtout sur la Littérature et la Philologie, mais aussi celles sur les Sciences physiques, quand elles ont quelque importance. Je vous serai donc obligé de vouloir bien me faire ces acquisitions en demandant de l’argent à Monsieur Cancellieri, quand il en a à moi, ou en faisant faire ces acquisitions, qui seront toujours

peu de chose, par Monsieur De Romanis, avec qui je suis toujours en compte courant, mais il vaut peut-être mieux qu’elles soient faites directement. Je vous serai obligé de m’écrire au moins une fois chaque mois pour que je sois au courant de tout ce qui intéresse la Capitale de l’Univers. Le Voyage et les Aegyptiaques sont une petite offrande de mon amitié, ainsi vous ne me devez rien pour cela. Le second volume du Pausanias, de M. Clavier, vient de paroître ; faut-il vous l’adresser ?

Monsignore Nicolai a dû recevoir le paquet que je lui ai adressé, selon notre convention, par l’entremise de Monsieur Millingen ; j’attend (sic) son Histoire de St. Paul ', non pas seulement seulement (sic) en échange, mais pour avoir le plaisir d’en rendre compte dans les Annales Encyclopédiques. qui succèdent au Magasin, avec beaucoup de changements et d’améliorations, ainsi que vous pourrez le voir chez notre ami Cancellieri, à qui j’en adresse un exemplaire.

Je vous prie de réunir ce que vous et mes amis aurez pour moi et de le remettre chez M. De Romanis, à moins que vous ne trouviez pour les nouveautés des occasions plus promptes, ce qui me feroit un très grand plaisir. Priez Monsieur De Romanis de m’adresser ce qu’il a pour moi, non pas quand il y a de quoi former une caisse, car je n’en Jouirois jamais; mais quand il auroit de quoi former un paquet dont le poids soit précisément le plus petit dont les commissionnaires puissent se charger et qui me paroit devoir être de trente à cinquante livres; de cette manière on pourroit faire des expéditions plus fréquentes et avoir des rapports tels que nous en avions lorsque j’en ai envoyé au comte de Saint-Leu.

J’ai trouvé dans la Bibliotheca Italiana une Dissertation sur un buste de Sénèque et une autre de M. Borghesi sur

i. Delta Hasilica di San Paolo. Roma. 1 8 1 ? .

LETTRES DE MILLIN A N I B B Y

un denier de la famille Arria ; c’est sûrement le même que celui qui s’occupe des nouveaux fragments des fastes; je désire les avoir; j’ai celle de M. Ackerblad sur une Inscription phénicienne.

Je sais que l’on a gravé à Rome la cariatide du temple de Pandrose, qui y est à restaurer; faites-moi le plaisir de me l’envoyer. Je n’ai pu vous envoyer mon Adler, parce que je m’en sers quelquefois pour mes cours; je ne l’ai pu trouver chez aucun libraire, et je l’attends toujours d’Allemagne d’où il doit arriver aux premiers moments. Vokman n’est qu'une traduction de La Lande; quand (sic) aux deux volumes de celui-ci que vous avez perdus, ils ne se vendent pas séparés. Je me recommande aussi à vous et à Monsieur Cancellieri pour me procurer les notices relatives à l’abbé Andres, aussitôt qu’elles paroîtront. Le premier paquet que je pourrai adresser à Rome contiendra mon Voyage dans le • Milanais pour vous.

Recevez l’assurance de ma sincère amitié.

A. L. M n. lin.

Pardon si je me suis servi d’une main étrangère, mais la mienne à présent se fatigue à écrire et je suis forcé de dicter ce que je ne suis pas absolument forcé d’écrire moimême.

Monsieur Mons. Nibby, chez Dominique Minn, vis à vis le Caravita, n° 177, à Rome.

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