VOS NA ME
Val: x ete 1703-1707.
VOLEXE =. oc ......1708-1727.
La “troisième série,” (p. 1538 à 1611), comprend:
À + NRA rt CE (1654-1699), Acadie.
MORE orne (1572-1679), ci
VOLE TR tee (1659-1709), (Terreneuve).
2 EE ete re (1703-1708), ‘6 VO RER RU (1706-1714), T. N. et Ile Royale.
VOB 6 enr (1713-1717), Canada.
CS CE PR Te (1718-1721), ‘
0 Te Pere (725-1725), “
VOIRE RAP ee (1725-1726), &
Se (1727 ‘6
NO ie ee (1728-1729), “
VOD ro (1730-1731),
Le secrétariat de la province de Québec possède aussi une copie de la deuxième série, à la réserve du onzième volume, et une copie de la troisième série à la réserve des cinq premiers volumes. Ilen a été publié une table analytique dans le rapport de 1886-87 (1888), p. 129 à 235.
M. Faribault était à peine revenu de sa mission au mois de juillet 1852, ::ce M. P.-L. Morin, dessinateur employé au département des terres, fut envoyé à Paris pour y relever les originaux des cartes et plans intéressant l’histoire de la Nouvelle-France, qui pouvaient se trouver dans les dépôts d’archives. Le 7 décembre 1854, le comité de la bibliothèque faisait rapport à la Chambre qu’il avait examiné avec beaucoup d'intérêt la collection préparée par M. Morin. Mais, comme ces cartes
ct plans étaient des décalques pris sur les originaux, M. Morin reçut instruction de les copier sur bon papier, afin qu’ils Pussent être conservés d'une façon plus durable et mis en portefeuille! M. Morin reçut 150 louis pour tuire ce travail.
Les copies de plans de M. Morin sont encore aujourd’hui à la bibliothèque du Parlement . Ottawa, et il en a été publié une liste descriptive dans le Catalogue de 1S5S, pp. 1614-1621, c’est ce que l’on appelle la “cinquième série ” des manuscrits.
M. Morin avait aussi apporté de France une liste de documents historiques que l’on pouvait se Procurer dans les “ifférents dépôts de France, mais la question de les faire copier fut remise à plus tard.?
M. Morin vendit tout de même à la biliothèque plusieurs copies de manuscrits que l’on trouve énumérés à la page 1612 du catalogue de 1858, et qui ont été reliés en un volume. Ces documents sont de nature variée, ainsi qu'on peut voir par l’énumération sommaire qui suit:
1504 à 1760:— Evénements chronologiques du Canada.
Relation de la prise du fort Nécessité.
Plan du fort Duquesne, et de ses environs.
Relation de la bataille de la Belle-Rivière.
Autre relation de la même bataille, (9 juillet 1755).
Mémoire sur lequel on a interrogé les deux Canadiens (du nom de Pierre et J. B. Talon), qui sont soldats dans la Compagnie de Feuquerolles, qui ont fait le voyage de la Louisiane, avec le Sieur de la Salle, Concernant l’assasinat commis sur ce dernier, (14 février 1698).
Etat général, signé Panet, des billets d'ordonnances, dont il a fait la vérification sur les bordereaux que lui ont remis les porteurs et propriétaires d’iceux du gouvernement de Montréal, au désir du règlement fait le 22 mai dernier approuvé de son excellence monsieur le £ouverneur (30 janvier 1763). ,
Etat général des monnaies de carte, suivant les bordereaux restés exposés au greffe de Montréal, depuis le 1er juin jusqu’au 30 juin 17683. Copie de l’étai général des lettres de change restées en Canada.
On trouve aussi à la bibliothèque un Znder des manuscrits de la Nouvelle-France, (1732-1763).
La bibliothèque acquit encore de M. Morin le deuxième volume des voyages de Franquet, qu’il avait fait copier à Paris en 1854. Il] est analysé à la page 1613 du catalogue de 1858.
ER PES a es
* Journ. Ch. d'Ass. 1854, p. 472.
? Loc. cit., p. 542.
# Cf. Opinion Publique, de 1876, P. * 7, où M. Marmette donne une description de ce manuscrit,
[Roy] LES ARCHIVES DU CANADA 113
On s’occupait dans le même temps de mettre en ordre les documents déposés au palais de Justice à Montréal. M. Jacques Viger avait été chargé de ce travail en 1849, mais comme il n’avait pu s’en occuper, M. A. G. Belisle fut nommé pour le remplacer en 1852."
Comme on le voit, le gouvernement après avoir laissé d’abord à l'effort individuel des sociétés le soin de s’occuper de la recherche des matériaux pouvant servir à l’histoire du pays, (1824-1851), poursuivait lui-même ce travail avec un zèle digne de tous éloges.
En 1853, sur la proposition du député Christie, la Chambre d’Assemblée décida de faire réimprimer les Edüts et Ordonnances dont l'édition de 1803 était devenue fort rare. Il fut résolu aussi de faire un choix dans les archives de la province des documents qui pourraient jeter de la lumière sur l’histoire du pays dans le but de les donner à l'impression et de répandre aussi la connaissance des choses du passé dans le public.* La deuxième édition des Edits et Ordonnances, revue et augmentée, parut en trois volumes aux cours des années 1854 et 1855. En 1852 et 1853, le gouvernement fit aussi publier en trois volumes les pièces et documents sur la tenure seigneuriale du Bas-Canada, avec la correspondance des gouverneurs et intendants sur le même sujet. C’est une mine inépuisable de renseignements.
A trois heures du matin, le premier février 1854, l'Hôtel du Parlement à Québec était détruit de fond en comble par l'incendie. Il y avait alors dans la bibliothèque 17,000 livres et l’on venaic d’en faire le catalogue.’ Grâce aux prêtres et aux élèves du séminaire qui s’organisèrent en corps de sauvetcrs, il put en échapper 9, 319 au désastre. Ces livres furent déposés dans trois chambres du séminaire, et les bibliothécaires s’y installèrent. Cette hospitalité fut d'autant plus heureuse que quelques jours après l'incendie l’Hospice des Sœurs de la Charité où les députés siégeaient provisoirement fut à son tour réduit en cendres. Si l’on y avait transporté les livres sauvés de la première conflagration, tout aurait été perdu sans ressources. La bibliothèque était assuré pour 10,000 louis. Les livres sauvés furent évalués à 6,023 louis, et le gouvernement reçut 5,700 louis d’indemnité pour les pertes subies.‘ Les manuscrits recueillis par Faribault en Europe avaient heureusement échappé à la conflagration.
Le 5 mai 1855, le bibliothécaire de la Chambre d'Assemblée, M. Todd, fut envoyé en Europe pour y acheter les livres nécessaires pour reconstituer la bibliothèque détruite. Il devait être aidé dans le choix
! State Book L, p. 551. *
2 Journ. de la Ch. d’Ass. 1853, p. 1025.
3 Ces volumes avaient été de nouveau apportés à Québec, le 13 août 1851, à la suite du personnel de l’Assemblée.
4 Journ. de la Ch. d’Ass. 1854, 14 juin, p. 5., 15 nov. p. 317; 14 déc. p. 542.
Sec. I., 1910. 8.
des livres français par M. Joseph-Charles Taché qui se trouvait alors à Paris où il représentait le gouvernement à l'Exposition universelle. ! C’est en 1801, sur la proposition de M. Pierre Bédard, appuyé par M. John Caldwell, que la Chambre d'Assemblée avait commencé l'achat ce livres pour la formation d’une bibliothèque.? Les premiers règlements de la bibliothèque furent adoptés le 10 mars 1802. : Ils prescrivaient ce qui suit:—
le. Catalogue des Titres, Editions, Formats, prix d’achat et frais des livres, sera tenu par le Greffier de la Chambre, auquel en sera donné la garde et la responsabilité,
2e. Des Caisses portatives, aisées à transporter en cas de feu, ou autre accident, seront immédiatement faites sous la direction du dit Greffier, et des inscriptions en gros caractères serort mises sur ces Caisses, désignant le contenu de chacune.
3e. La Bibliothèque sera déposée dans la Chambre de Comité, ou le Bureau du Greffier, ou aucune autre partie de la maison, qu’il paroitra le plus convenable à l’Orateur.
4e. Aucune personne n’aura droit d’avoir accès aux livres, à l’exception du Gouverneur, Lieutenant Gouverneur, ou la Personne ayant l'administration, des Membres des Conseils Exécutif et Législatif, et de la Chambre d'Assemblée et des Officiers des deux Chambres. On pourra avoir accès aux livres À toutes les heures durant les Sessions de la Législature, et le Mardi de chaque semaine, depuis dix heures du matin jusqu’à trois heures de l’après-midi, durant les prorogations: mais on ne devra permettre à iucune personne, sous quelque prétexte que ce soit, à l'exception du Gouverneur, Lieutenant Gouverneur, ou la personne ayant l'administration: du Gouvernement, d'en emporter aucun hors du bâtiment.
5e. Le Greffier fera régulièrement un rapport à la Chambre, par la voie de l’Orateur, à l'ouverture de chaque Session, de l’état actuel de la Bibliothèque.
On peut consulter dans les journaux de l’ancienne Chambre d’Assemblée du Canada de 1804 à 1538, les rapports du comité de le hibliothèque. Ces rapports sont très intéressants car ils nous indique, année par année, les livres achetés. Le greffier dépensait d’ordinaire 390 louis par année pour les nouvelles acquisitions. En 1S41, lors de l’Union, la bibiiothèque de Québec fut transportée à Kingston sur des barges. Elle se composait dans le temps de 6,722 volumes, suivant le rapport qu’en fit le bibliothécaire Jasper Brewer.
La Chambre d'Assemblée du 21 aut-Canada avait aussi commencé à organiser une bibliothèque en 1816, mais elle fut négligée jusqu’en 1825,
mers —% ns mu ————————————
* Journ. Ch. d'Ass. 1855, p. 1004.
? Journ. Ch. d’Ass. 1801, 23 mars, p. 373, 407. La liste des premiers livres qui furent achetés est donnée au long.
* Loc. cit., 1802, p. 33, 229.
[Roy] LES ARCHIVES DU CANADA 115
où l’on s’occupa un peu sérieusement À la reconstituer.' Deux allocations votées pour cette fin furent cependant employées ailleurs. Il faut lire l'enquête qui fut tenue en 1837 sous la présidence de Henry Sherwood pour se rendre compte de l’état de cette bibliothèque à cette époque,
En 1842, lorsque les livres de l’Assemblée du Haut-Canada furent transportés à Kingston pour ne plus former qu’une seule bibliothèque avec celle du Bas-Canada on se trouva à avoir en tout 6,634 volumes. On fit deux parts des livres du Haut-Canada, dont l’une (631 volumes) alla à la bibliothèque du Conseil législatif, et l’autre (590) resta à la bibliothèque de l’Assemblée? La plus précieuse acquisition qui résulta de l’union des deux bibliothèques fut celle d’Alphonse Todd, ancien bibliothécaire de la Chambre d'Assemblée du Haut-Canada, qui remplaça bientôt le titulaire en chef, William Winden. Le Parlement Uni voulut avoir une bibliothèque digne du pays et il fut recommandé en 1545 un crédit en conséquence. Une partie de la bibliothèque du juge Fletcher fut achetée, et pendant que la librairie Fabre recevait l’ordre de faire l’acquisition de livres français, la maison Derbishire et Desbarats se chargeait des livres à acheter en Angleterre.* En 1845, la bibliothèque suivit le siège du gouvernement à Montréal. Comme les villes de Québec et de Toronto se trouvaient privées de la bibliothèque des Parlements, l’on partagea en 1846 les doubles entre l’Athénée de Toronto et la Société littéraire et historique de Québec.
L’incendie survenu à Montréal en avril 1849 arrêta brusquement le travail de réorganisation de la bibliothèque et l’on venait à peine de se remettre à l’ouvrage que celui de 1854 obligeait à tout recommencer encore.
Les désastres de 1849 et de 1854 inspiraient des craintes légitimes, pour la conservation des manuscrits précieux que l’on avait fait copier à Paris et à Albany, et pour tous les documents précieux disséminés dans les divers dépôts de la province. Aussi, le 3 octobre 1854, M. Chauveau, alors député de Québec, fit adopter par la Chambre, une résolution pour imprimer de suite tous ceux que l’on possédait, et qui avaient
® Cf. Journ. de la Ch. Ass. Haut-Canada, 1825-6, p. 7 et 9; 1826-7, p. 83 et 86; 1828, pp. 109, 115; 1829, p. 37; 1830, p. 13; 1831, p. 53, 101: 1832-33, p. 135; 1833-34 (loi 4 Guil. IV. ch. 52, pour approprier 500 louis à l'achat des livres): 1835, p. 156, 400, 413 et appendice No. 100; 1836, p. 5, 25, et appendice No. 141; 1836-7, pp. 525, 640 (loi attribuant 1,000 louis pour la bibliothèque) et appendice No. 32, (enquête sur la bibliothèque sous la présidence de Henry Sherwood). En 1836, le bibliothécaire, Robert B. Sullivan, a un traitement annuel de 75 louis,
* Journ. Ch. Ass. 9 sept. 1842, appendice B. 1843, appendice C.
* Ibid. 1844-45, 27 janvier 1845, p. 203 et 378, et appendice C.
* Appendice OO, 1846, et Journ. Ch. Ass. 1847, p. 67.
mme mer men vu us ee een mn
RP
quelque valeur historique.' De son côté, M. Faribault était anxieux de faire continuer la copie des documents de Paris. et la Chambre r
commanda qu'il fut accordé 200 louis à cette fin? I! restait encor
parait-il, 6,000 pages à faire transcrire, La même a née, Le Consei vota cent louis au cornte de Rottermi nd, un gclogue de distinetion qui avait fait des explorations au Canada pour lui permettre d'acheter à Paris des livres, des cartes et des échantillons propres à pror:ouù or ia science géologique, et afin de remplacer ceux que l'incendie de 1854 avaient détruits. En train de générosité, l'on Vota de même 3°)0 louis,
pour acheter des ‘ivres de prix et les distribuer dans les écol.. M. Pierre Margry auruit bien voulu lui aussi partager à ces larges il fit l'offre au gouvernement, par l'entremise de M J.-C. hé,qu: éta
alors secrétaire di comité de l'exposition à Pari imprimer iocuments relatit: aux ressources na elles, indu trielles ot « ciales du Canada, sous la doinination f inçaise, m2 l’on : devoir entretenir cette proposition. *
Au mois de juillet 1855, alors que le si ve nen tait le point d’être transféré à Toronto, les me: bres à reau us citoyens de Québec demandèrent que le chi in € demeurassent dans la vieille capitale, afin que ce précieux P ui n’intétéressait en aucune façon la provin: nie, n'eût plus à ou:ir aucun danger. gouvernement se rendit tte demande, e: les archives françaises restèrent où elles étaient aior- sées, d le Château Haidimand à Québec. Et lorsque, l'année se ante ifice historique donr:1 l'hospitalité à la nouvelle Eccte Norm: vents d’étre tondée, il fut bien entendu que rien ne serait chan lépôt les archives? et que celles-ci continu “aient y reposer (
En 1855, le gouver: ment xénére se résclution de voter 1,400 louis, afin de faire éim} r Re ns üvs3 Jésuites.” Il devait être tiré 1,000 <a np: sion fut terminée en 185$, et l’apparition de trois luée avec une expression de sincère administrat par les s du m ler L'Ame-
rican Historical Magazine. du mois de janvier 18. 3-30) disait à ce pronos: “Nous félicit:1s les étudiants de Ph re primitive de
rn. de Ch. Ass. 1854-:5, p. 15
p.317. Une résolution d «enre fut adoptée en 1861. Ibid. p. 321 3 Book O, p. 6° 69 6 app. 262-263.
; Book (, p. 6 re :355.
State EP, p.559 5.
l. 14 jui 185 300k Q. 24 & 569.
Book > sep !. En 1815, une loi avait été adoptée pour aider Bou: ier * de la province.
ppor il È ire men*, 1559, pp. 12-13.
a Et
(#oY] LES ARCHIVES OU CANADA 117
l'Amérique sur cette réédition. Nous connaissions la + leur de ces relations par Sparks, Baneroft et O'Callaghan, mais ur extrême rareté nous empêchait de les consulter. Maintenant, elles sont accessibles à tous, grâce au gouvernement Canadien." Le gouvernement fit présenter un exemplaire de cette belle réédition à la Reine d'Angleterre et à l'Empereur des Français.
En 1857, le R. P. M tin, recteur du Collège des Jésuites à Montr:al, sur le point d’entrepre: re un voyage en Europe, dans le but de faire des recherches sur l’histesre du Canada dans les archives particulières de plusieurs fami!! qui jouèrent un rôle dans la colonie, et surtout dans les archives des Jésuites et des Récollets à Rome, demanda et obtint 500 dollars du gouvernement, afin de l'aider à payer les frais de copie des documents et plans qu’il serait ol: igé de prendre, à la condition que ces copies fussent déposées à ia bibliothèque du Parlement pour enrichir le dépôt de nos monuments historiques.” La Bibliothèque possède un volume des document: copiés par le R. P. Martin (1857-59).
La même année, MM. Ferland et Faribault s’adressaient au comité de la bibliothèque, afin d'obtenir une aide de 350 louis, pour se procurer en France 6,000 pages de manuscrits, mais celui-ci, désireux d’avoir de plus amples informations, ne fit aucune recommandation à la Chambre d'Assemblée.
En 185$, F.-X. Garneau, qui avait publié une première édition de son Histoire du C'anada de 1S45 à 1852, puis une deuxième édition en 1852, comprit qu’il devait reviser son œuvre à la suite des documents nombreux que le gouvernement venait de faire copier à Paris et à Albany. Dix ans auparavant, en 1848, le gouvernement lui avait déjà voté 250 louis, sur sa demande.‘ Le comité de la bibliothèque souscrivit en 1858, pour 150 copies de la nouvelle édition revisée.5
M. Alpheus Todd, qui avait été envoyé en Europe afin de reconsuituer la bibliothèque incendiée en 1S54, dépensa près de 10,000 louis en achat de livres nouveaux.® A son retour de voyage il fut nommé bibliothécaire en chef à la place du Dr. Winder, qui prit sa retraite, et M. Gérin-Lajoie, devint assistant-hil' othécaire.
Le catalogue de la bibli u "et 1858
‘ Pour les détails sur l'imp: 325, 582, 611 (1858-59). M. Joi version anglaise, mais il n’eut pas nement ne crut pas devoir lui ven ? State Book R, 6 août 1857 * Journ. Ch. As. 6 juin 1857, ; * Archives du Canada, secrétariat à itat, dos-.: 1400, Nc (1848), State 36Gx À, p. 444.
* Journ. Ch. Ass. 3 août 1858, p. 937.
* Rapport de Todd, Journ. Ch. Ass. 11 avril 1856, p. 9 et 288.
LL SRE A DDR SR DM Pa D LA DEN FE RM LT ns a
RP
démontre quels trésors précieux on avait pu amasser déjà, alors que quatre années à peine s'étaient écoulées depuis l’incendie.
Nous n’avons ici qu’à nous occuper des documents dont elle était devenu le dépôt central. A part les collections Faribault, Morin et Martin, la bibliothèque possédait encore un grand nombre de pièces manuscrites, entre-autres les papiers Chisholme, achetés de la succession David Chisholme, de Trois-Rivières. Ces papiers comprenaient surtout des commissions, des ordonnances, des instructions aux gouverneurs, de 1760 à 1792. ‘M. Chisholme avait eu l’intention d’écrire une histoire du Canada. On voyait encore sur ses rayons sept volumes de manuscrits, provenant de John Pownall, ancien secrétaire du Board of Trade. Après sa mort arrivée en 1795, ces papiers étaient passés entre les mains de son fils Sir George Pownall, qui fut secrétaire de la province du Bas- Canada jusqu’en 1805. Sir George Pownall les légua à H.-W. Ryland, alors secrétaire du gouverneur, et le fils de ce dernier les vendit à la bibliothèque.
Ces sept volumes contenaient des documents provenant du Board of Trade, et concernant les colonies anglaises d’Amér: jue en général, depuis 1704. La liste en est donnée dans le catalogue de 1858, p. 164S-
La bibliothèque possédait encore la carte de Samuel Holland dressée en 1791 et démontrant les nouveaux comtés du Canada, un volume de 370 pages, récit de voyage dans le pays en 1792 et 1793, les voyages cet mémoires sur le Canada en 1752 et 1753 par le sieur Franquet, inspecteur des fortifications, une relation des opérations à Louisbourg pendant la guerre de sept ans, le dialogue des morts entre Wolfe et Montcalm, les articles des capitulations de Québec, de Montréal et de Louisbourg, des récits des campagnes de 1759 et 1760 au Canada. L’on s’attendait à recevoir encore de Paris beaucoup d’autres documents que le comité de la bibliothèque se proposait d’y faire copier. Le 22 juillet 1859, le gouvernement vota 600 louis pour l’acquisition des journaux et rapports d’arpentage du territoire du Nord-Ouest par David Thompson (State Book U, p. 264).
En 1861, MM. Ferland, Garneau et Faribault demandaient une aide pour faire imprimer un choix de pièces de la collection manuscrite de la bibliothèque qui comprenait déjà plus de 50 volumes in-folio. Le comité de la bibliothèque jugea qu’il valait mieux de compléter la copie des manuscrits que l’on savait exister encore à Paris avant d’entreprendre un pareil travail d’impression.! Entre temps, le gouvernement s’occupait de faire copier les registres qui tombaient de vétusté, chaque fois qu’on lui en signalait la nécessité. Ainsi fut transerit à nouveau en 1860 le premier registre des délibérations du Conseil Supé-
! 15 mai 1861, Journ. Ch. Ass. p. 321.
[Roy] LES ARCHIVES DU CANADA 119
rieur (1663-1664) par M. Amable Belanger, un calligraphe en renom dans son temps.! Celui-ci recopia aussi en 1862 les registres des baptêmes, mariages et sépultures de Trois-Rivières (1675-1699), à la demande du juge Lafontaine, qui s’intéressait beaucoup aux choses de l’histoire.? Il en fut de même pour plusieurs registres de l’état civil de la région de Québec, à la demande de l’évêque Bai!largeon.*
Afin de classer les documents manuscrits déposés au bureau du registraire, le gouvernement nommait un garde spécial, en 1862, avec un traitement annuel de 800 dollars.‘ Mais, dans le même temps, l’on abolissait les emplois de garde d’archives aux palais de justice de Québec et de Montréal pour en confier le soin aux protonotaires.
La bibliothèque du Parlement transportée de Toronto à Québec dans l’hiver de 1860 ne put trouver place pour tous ses livres dans le nouvel hôtel qui venait d’être construit sur les ruines de l’ancien. Les livres relatifs aux sciences et à l’histoire d'Amérique furent logés à l’Université Laval. Quant aux livres de droit français, ils furent remis aux commissaires chargés de la Codification® La bibliothèque s’enrichit en 1861, lors du passage du prince Napoléon à Québec, d’une belle collection des livres publiés sous les soins du gouvernement français entre autres de la correspondance et des papiers d’état du cardinal de Richelieu.
Dans l’automne de 1865, les livres de la bibliothèque prirent le chemin d'Ottawa.’ Ce fut leur dernier transbordement en barge sur la rivière et les canaux du Canada. La première migration avait commencé en 1841. Les livres de droit français laissés entre les mains des codificateurs ne furent versés à Ottawa qu’en 1869. On était resté longtemps dans l’indécision pour savoir si les livres de la bibliothèque ne devaient pas être divisés par moitié entre les provinces de Québec et d’'Ontario. Ce ne fut qu’en 1867 qu’on décida enfin de les garder à Ottawa.” C’est là qu’on retrouve aujourd’hui tous ces vieux bouquins qui pendant vingt-cinq ans voyagèrent à la suite des législateurs, tantôt à Kingston ou à Toronto, tantôt à Montréal ou à Québec. Un nouveau service de lu bibliothèque fut organisé par la loi de 1871 (34
! State Book V, p. 239.
2 State Book X, p. 357.
8 Ibid. p. 134, (1862).
4 State Book X, p. 134.
5 12 et 20 août 1863, 21 décembre 1864, State Book Y, p. 683, 704, et State Book AA, p. 543.
6 Journ. Ch. Ass. 1860, p. 5, 6.
* Ibid. 1865, p. 214, et 1866, p. 4.
S Ibid., 1869, p. 8.
* Journ. Ch. Ass. 1867, p. 7.
Vict. 21), l’année même où l’on posa sous la rotonde la superbe statue en marbre de la Reine Victoria due au ciseau de Marshal Wood.
Depuis 1852 jusqu’à 1868, on peut dire que le comité de la bibliothèque avait agi comme une véritable commission pour l’encouragement des travau:. littéraires au Canada. C’est à lui que les auteurs s’adressaient, et c’est lui qui recommandait l’achat de leurs œuvres au gouvernement. C’est à la bibliothèque encore que les auteurs devaient faire le dépôt légal de leurs livres pour conserver leur droit de propriété. Enfin, la bibliothèque était devenue le dépôt central de tous les manuscrits historiques que le gouvernement avait fait copier à l’étranger. C’est à ce dernier titre que nous avons dû nous en occuper si longuement dans cette étude.
A partir de 186$, le comité de la bibliothèque décida de laisser au gouvernement lui-même le soin d’encourager les arts, les sciences et les lettres et de ne plus s'occuper que de l’administration et du choix des livres? L'on posa comme règle qu’on achèterait 50 exemplaires d’un ouvrage canadien de valeur pour échanger avec les autres bibliothèques. En 1870, on estimait que les 50,000 volumes de la bibliothèque valaient 50,000 louis.
Dans les deux décades qui s'étendent de 1845 à 1865, on peut dire que la littérature canadienne française produisit ses meilleurs ouvrages, depuis l’Histoire du Canada, de Garneau, qui battit la marche, jusqu’à celle de Ferland qui vint clore cette brillante période. Les Notes de Ferland sur les registres de Québec (1854), c'es de Sir Louis Hyppolite Lafontaine sur la famille Lauzon (1859), celles de Langevin sur les archives de Beauport (1860) prouvent que l’on avait commencé à étudier aux sources manuscrites. Les publications des manuscrits par la Société littéraire et historique de Québec, celles des mémoires et documents commencés en 1859 par la Société Historique de Montréal donnent l'élan aux recherches de première main. C’est alors que paraissent les Ordonnances de Maisonneuve et la complétion aux Relations des Jésuites par le P. Martin (1860).
On s’occupe aussi en France de notre hist Ramé et Michelant rééditent avec des notes copieuses les Voyages :: { rtier. Tross publie ses superbes éditions de Lescarbot et de Sagaiu. Dussieux recueille aux archives du ministère de la guerre les éléments de son étude sur le Canada. Margry commence la publication des mémoires sur la découverte du Mississipi et des régions de l’Ouest, puisés aux archives des colonies. ‘Taiïlhen nous fait connaître les mémoires encore manus-
! Cette statue qui coûta 2,000 guinées eut le bras droit cassé, quand on la transporta de la Chambre du Sénat à la Bibliothèque. Le sculpteur a su si bien réduire cette fracture qu'il n’y parait plus maintenant.
? Journ. Ch. Ass. 1868.
[Roy] LES ARCHIVES DU CANADA 121
crits de Nicolas Perrot. Faillon publie les vies de Mde. Youville, de la Sœur Bourgeois, de M. Ollier, de Melle. Mance, qu’il couronne par son Histoire de la Colonie Française au Canada (1865). Cet auteur érudi:, par les notes qu’il écrit en marge de ses ouvrages, nous révèle les tr sors que renferment les dépôts d'archives de France, qu’il semble avoir tout parcourus.
Québec est la plus ancienne province du Canada, et il est tout naturel que l’on s'occupe tout d’abord de son histoire. Mais les provinces plus jeunes donnent alors à l’unisson dans cet élan vers les recherches et les fouilles historiques.
La province du Haut-Canada, qui date à peine de soixante-ans, s’occupe en 1847 et en 1851, de reconstituer ses archives détruites à deux reprises différentes en 1812 et 1824. En 1855, la Chambre d'Assemblée du Canada ordonne que l’on fasse prendre en Ang'eterre, au Colonial Office, des copies des journaux de ses délibérations depuis 1792.! En 1859, de nombreuses pétitions sont présentées à la Cha: ibre, par des citoyens du Haut-Canada. On y demande que tous les documents relatifs à l’histoire de cette province, depuis la prise du fort de Niagara en 1759, et depuis son premier établissement par les Loyalists, soient recueillis. Cette intéressante période de nos annales, disent-ils,est presque inconnue. Les incendies de 1812 et 1824, ont tout détruits. La Chambre d’Assemblée approuve cette démarche si digne d’éloges, et vote cent louis pour commencer des recherches dont elle confie la direction à M. George Coventry.? En 1860, le comité de la bibliothèque fait rapport que M. Coventry a commencé son travail, et qu’il a obtenu déjà les meilleurs résultats. Il a eu communication, entre autres, d’une importante collection de manuscrits appartenant à la sucession du lieutenant-colonel Simcoe, premier lieutenant gouverneur du Haut-Canaila, et on lui a permis d’en prendre des copies. Les services de M. Coventry ont été retenus, et il va maintenant faire la recherche des documents relatifs aux premiers établissements français sur l'Ohio jusqu’en 1759, à la colonisation du Haut-Canada, jusqu’en 1791, à la guerre avec les Etats-Unis en 1812 et 1815. M.J.-P. Merritt, de Ste.-Catherine, qui a déjà fait des recherches au British Museum et au State Paper Office à Londres, est chargé d’: continuer son travail. La Chambre vote 300 louis pour ces travaux. Les travaux de Coventry se continuèrent en 1861, 1862, 1863. Les rapports du comité de la bibliothèque en rendent compte.*
La Bibliothèque du Parlement Fédéral possède comme résultat de ces recherches:
! Journ. Ch. Ass. 28 mai 1855, p. 1267.
? Ibid. 1859, pp. 38. 137, 156, 525, 534.
# [bid. 1860, p. 350, 391, 427, 546.
‘ Journ. Ch. Ass. 1861, p. 321; 1862, p. 6 et 246; 1863, p. 177
A 6 RE D MR DD = < M SORTE NOTE er M sm
5 volumes des documents Simcoe, (1789-1806).
1 volume de documents manuscrits, concernant le Haut-Canada, (1783-1795).
1 volume de mémoires et relations, concernant les Loyalistes du Haut-Canada, et autres colons originaires.
i volume de mémoires relatifs au Haut-Canada, (1791-1799).
1 volume, même sujet, (1799-1809).
1 volume, même sujet, (1812-1818).
3 volumes relatifs aux terres du Haut-Canada, (1764-1795).
1 volume, mémoires concernant le Canada, (1759-1775).
1 volume, mémoires du colonel John Clark et W. Merritt.
Journal des voyages de Alexander Henry. Voyages du neveu de Henry, (1799-1816).
En 1857, le gouvernement donna aussi instruction au député régistraire de la province, William Kent, de préparer un index aux octrois de terre dans le Haut-Canada, de 1794 à 1825. Ce travail fut mené à bonne fin.
De son côté, la Nouvelle-Ecosse adopta, dès 1857, une loi pour l’organisation de ses archives. Un fonctionnaire qui porte le titre de C'ommissioner of Public Records, en a la garde et la direction. Il a été publié en 1877, un catalogue des manuscrits qui sont conservés dans les bureaux publics à Halifax. Il décrit les documents qui datent de 1710 jusqu’à 1867.
Le 24 mars 1871, Sir A.-T. Galt présentait devant les Communes du Canada, une pétition signée par 57 des littérateurs les plus en renom de Québec et de Montréal.' dans laquelle il était représenté que les auteurs et les chercheurs de ce pays n’avaient pas les facilités d’accès aux archives publiques que l’on trouvait en Angleterre, en France et aux Etats-Unis. Dispersées comme elles sont, disaient-ils, leur consultation est à peu près impossible. On demandait donc qu’elles fussent rassemblées en un dépôt central à l’épreuve du feu, classées et cataloguées, et qu’une loi fut votée pour pourvoir à leur conservation et faciliter les recherches des travailleurs. De la sorte, l’on pourrait pour écrire l’histoire recourir en tout temps aux sources authentiques. Et l’on terminait en invoquant l’exemple de ce qui s'était fait dans cette voie à la Nouvelle-Ecosse et dans les autres pays. ?
! L’onginal en est conservé aux Archives du Canada (Letters received, I, 120).
? Le Dr. H. H. Miles, dont le nom apparaît en tête de ceux des signataires a publié ure étude “On Canadian Archives,’ dans les mémoires de la Société Historique de Québec, 14 décembre 1870.
[RoY] LES ARCHIVES DU CANADA 123
Cette pétition référée au comité de la bibliothèque fut transmis: à l’honorable Christopher Dunkin, alors ministre de l’Agriculture et des Statistiques.! Le Conseil exécutif, sur son rapport favorable, vota un certain montant pour faire une enquête préliminaire? et le 20 juin 1872, M. Douglas Brymner était nommé au nouveau bureau que le ministre de l’Agriculture devait organiser, avec un traitement annuel de 1,200 dollars. Tel fut l’origine de ce que l’on a appelé depuis le bureau des archives d'1 Canada.
! Journ. Ch. Ass. p. 288.
22 août 1871.