‹ Les archives du Canada à venir à 1872 [microforme]Chapitre 6 sur 7 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

Aussitôt après l'incendie de l'Hôtel du Parlement, l’orateur de la Chambre écrivait en Angleterre et aux Etats-Unis, pour demander aux grandes corporations d’aider à reconstituer la bibliothèque incendiée.! De son côté la Chambre d'Assemblée, le 28 juillet 1851, donnait instruction au comité de la bibliothèque d'étudier l’opportunité d'envoyer en Europe une personne compétente dans le but d’acheter les ouvrages : nécessaires. ?

Le 18 août, le comité recommandait que M. Faribault, assistant greffier de l’Assemblée, fut choisi pour cette mission de confiance. M. ° Chauveau, qui était rapporteur en cette occasion, rappelait le zèle infatigable de M. Faribault qui depuis longtemps avait amassé tant de livres, pour enrichir la section américaine de la bibliothèque. Il mérite, disait-

il, les remerciements de tous. Son choix sera “elui des deux Chambres et du public.*

M. Faribault accepta la mission qu’on lui offrait et il partit aussitôt après que la session de la législature eut été prorogée en octobre 1851.

L'occasion de son voyage était favorable pour obtenir des archives publiques d'Angleterre, de France et d’autres pays, des documents manuscrits relatifs à l’histoire coloniale du Canada, pour compléter la série des pièces que l’on possédait déjà. Sur proposition de M. Christie, appuyée par M. Price, la Chambre demanda donc au gouverneur général, que l’agent qui était envoyé en Europe, pour acheter des livres pour reconstituer la bibliothèque, fut en même temps chargé de faire la recherche des manuscrits, et qu’il serait fait bon de ses dépenses.‘

Le 6 septembre, le Conseil exécutif, prenant en considération les vœux de l’Assemblée et deux lettres que M. Faribault lui avait adressées à ce propos, donnait instruction au receveur général d’ouvrir à ce dernier chez les agents de la province à Londres, un crédit de 4,400 louis.

! Journ. Ch. Ass. 1850, appendice B.

* Journaux de l’Assemblée législative de 1851, p.199. Le Conseil donna son assentiment à cette recommandation (p.212). Le comité de la bibliothèque demanda en outre que ia Chambre fit imprimer les mémoires du Père Jésuite Bressm :. et acheter l'Histoire du Canada de Christie, dont le supplément contient tant de documents inédits.

* Rapport adopté le 25 août 1851, p. 320, loc. cit. Les rapports du comité ce la bibliothèque de l'époque sont très intéressants à lire, non seulement pour l’histoire de nos collections incendiées, mais encore parce que c’est lui qui a la direction de l'achat des livres. C'est à ce comité que les auteurs s'adressent pour vendre leurs livres et c'est lui qui en recommande l'achat. Il y a done dans ces rapports comme une revue annuelle du mouvement littéraire,

‘ Journaux de l’Assemblée du 27 août 1851, p. 330. $ State Book L, p. 447, 6 septembre 1851.

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Le 8 novembre 1852, l'honorable M. Bradgley, du comité de la bibliothèque, présentait à l’Assemblée le rapport qui suit:!

“ Nous avons reçu de M. G.-B. Faribault, l’agent député pour les deux chambres, à la derniere session, pour aller en Europe acheter des livres pour la bibliothèque un rapport détaillé de sa mission. Le com'té désire manifester sa satisfaction sur la manière dont M. Faribault s’est acquitté de cette mission de confiance, nonobstant la malheur domestique qui l’a frappé et la mauvaise santé qu’il a eue et qui ont retardé ses travaux. |

“ Le zèle et l’assiduité déployés par M. Faribault, aussi bien que par M. Wicksteed, le greffier en loi de l’Assemblée, qui l’a aidé pendant qu'il était à Londres, en obtenant des départements publics, tant en France qu’en Angleterre, des dons de livres publiés sous la direction de ces gouvernements d’une grande valeur méritent une mention honorable. Des détails complets en rapport avec ces dons et aux travaux en général de MM. Faribault et Wicksteed se trouvent dans le r':pport et le mémoire ci-joints. Au sujet de ces dons, le comité saisit la première occasion qui lui est donnée pour dire combien il apprécie la libéralité des gouvernements de France et d'Angleterre qui ont voulu enrichir la bibliothèque du Canada d’une série de publications de si haute valeur. Le comité désire remercier tous ces Messieurs de Paris et de Londres, qui avec une égale bonté, ont accepté et aidé par tous les moyens possibles les demandes de ces agents auprès de leurs gouvernements respectifs et de l'intérêt bienveillant qu’ils ont manifesté à notre bibliothèque. Assuré que ces sentiments seraient ceux de la Chambre, le comité a préparé des résolutions à ce sujet qui, lorsqu'elles seront adoptées pourront être adressées à ces messieurs par l’orateur.

“ Le comité a aussi reçu de M. Faribault des états complets de ses dépenses accompagnés de pièces justificatives, tant pour l'achat des

livres que pour les manuscrits et ses déboursés particuliers. Ces comptes sont déposés depuis trop peu de temps devant le comité pour qu’il ait pu les examiner à fond, mais autant qu’il a pu en juger par un premier examen, il peut dire qu’il approuve la manière économique et judicieuse avec laquelle les fonds mis entre ses mains ont été dépensés et le choix qu’il a fait d’un agent en Europe pour acheter des livres à l'avenir.

“ Outre les dons dont il a été parlé plus haut, les bibliothécaires en ont aussi reçu plusieurs de personnages officiels ou de particuliers. Une liste en a été préparée qui accompagne ce rapport.”

Nous extrayons du rapport de M. Faribault ce qui concerne les manuscrits :

« J'étais sur le point de commencer mon ouvrage, écrit M. Faribault, lorsqu’éclatèrent les événements du 2 décembre. Je dus tout interrompre et attendre les réponses des différents ministères à qui nous nous étions adressés. D’autres événements survinrent quime plongèrent dans le plus grand trouble et m'infligèrent la plus pénible affliction qui pouvait m’arriver. Ma famille m'avait accompagné en Europe, et ma femme tomba malade. Ayant d’un côté le souci des soins à donner

1 Journaux de l’Assemblée, 16 Victoria, 1852, vol. XI, part I, p. 430.

à ma femme, et l'obligation où j'étais de surveiller les intérêts que l’on m'avait confiés, je fus à la fin obliger de recourir à une personne de confiance aue M re Puibusque me présenta. Pendant plusieurs mois ma femme fui reter:1.e eu lit, et enfin, elle mourut au milieu du mois de mars. AccublC par ce malheur, et souffrant comme je l’étais d’une maladie de plusieurs saraaines, je fus pendant longtemps incapable de m'occuper de rien. C’est alors que je reçus une lettre du président du Conseil législatif, qui ayant appris mon malheur, m’'informait que M. Wicksteed, qui se trouvait en ce moment à Londres, viendrait à mon aide à raris

‘Aussitôt que ma santé me permit de laisser la maison, je me présentai au ministère de la guerre, au ministère de l'instruction publique,chez le ministre de la marine, au ministère des colonies et chez les secrétaires de différentes académies. Je reçus partout la plus bienveillant accueil et tous firent de leur mieux pour faciliter l’exécution de ma mission. ”

La Chambre vots 250 louis d’indemnité à M. Faribault. Le bibliothécaire Winder fait de son côté les plus grands éloges de la façon dont il avait accompli sa mission. !

La copie des manuscrits obtenue des archives de Paris par M. Faribault en 1851-52, fut reçue en Canada au cours des années 1853 et 1854.

Le président de la Société Historique en rend compte dans son rapport de 1854. ‘Les manuscrits des documents choisis par M. Faribault sont arrivés, dit-il. C’est la correspondance officielle des gouverneurs et intendants de la colonie avec les autorités françaises. Ils continuent la série de même nature déjà copiée à Albany, et formeront, lorsqu'ils <:ront reliés, onze volumes.”

La Société Historique aurait bien voulu pouvoir placer cette nouvelle collection à côté de celie qu’elle possédait déjà, mais le gouvernement la réserva pour la bibliothèque du Parlement. Et ce fut bien heureux, car la bibliothèque de la Société Historique fut incendiée une première fois en 1854, avec l'Hôtel du Parlement, et une deuxième fois en 1862, alors qu’elle occupait des salles sur la rue St-Jean. C’est depuis lors qu’elle est logée au Morrin College, où elle se trouve encore aujourd’hui. On sait quels services cette société a continué de rendre en publiant les manuscrits des journaux de Malcolm Fraser, Jean-Claude Panet, Simon Sanguinet, Jean-Baptiste Badeaux, Hugh Finlay, Antoine Foucher, et autres relations des sièges de 1759 et 1775, de même que les documents recueillis par M. Desmazières de Séchelles, sur Jacques Cartier.

La bibliothèque du Parlement à Ottawa possède encore la collec-

! Journ. Ch. d’Ass. p. 11, 1852.—A ceux qui seraient désireux de connaître la carrière de M. Faribault, nous référons à l’opuscule publiée en 1867, par l'abbé H.- R. Casgroin.

A TE ere ne meme ne à

[roy] LES ARCHIVES DU CANADA. 111

tion des manuscrits qui furent copiés à Paris de 1851 à 1854, d’après les instructions de M. Faribault.

Ce sont ceux connus comme la ‘ deuxième série” et la “troisième série. ”

Le catalogue de 1858 en a donné une table analytique.

Deuxième série, (p. 1499-1538).

LT) PS RAC Te ......1614-1661.

MORE rio .1672-1679.

Vol. III... .. .........1666-1686. (comprenant les recensements de 1666, 1667, 1681).

VERRE ee 1680-1685.

Val More 1686-1690.

NS RTE ..1691-1693.

Vol: ME". ... ....t1694-1696.

Vol VER 2 1696-1699.

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