XII. Archives secrètes de la pénitencerie
Total. . . . 43,848
Ces différentes séries d’archives, qui remplirent 1,552 caisses, ne représentaient pas, à beaucoup près, tout le dépôt du Vatican : ce qu’on appelait les Archives secrètes (1), et notamment les correspondances et papiers de la seerétairerie d’État, avait été mis à part, d’après les instructions du général Miollis (2), et l’on ne s’était
(1) Dans une lettre du 29 janvier 1810, le général Miollis disait au ministre des cultes : « Les archives les plus importantes sont celles du ■ Vatican dites secrètes : elles étaient le dépôt réel de tous les actes » importants que le saint-siège croyait devoir spécialement conserver » soigneusement. C'était le choix de toutes les autres archives courantes, » qu’on portait , pour dégager les divers bureaux d’expédition, dans des » salles immenses qui en sont encombrées. »
(2) Elles remplirent 217 caisses et furent expédiées à Paris les 17 et 22 février 1810.
encore occupé, ni de celles de la chambre apostolique, ni de celles de la sacrée consulte.
La première idée de Napoléon fut de faire diriger les Archives pontificales sur Reims, où les congrégations apostoliques auraient été établies, pour y continuer leurs travaux; il pensa âussi à Grenoble (1). Mais il se détermina définitivement à les réunir, de même que celles de l’empire germanique, aux Archives impériales, à Paris (2).
Ce fut le général Radel qui eut la charge d’en surveiller l’expédition.
Déjà le général Miollis, d’après les ordres de l’empereur, avait adressé au ministre des cultes l’anneau du pêcheur, la tiare, les sceaux pontificaux et les ornements les plus précieux dont se servait le pape dans les cérémonies publiques. Il avait envoyé directement à Napoléon des papiers extraits, par ses soins, des archives secrètes et dont il lui paraissait que l’empereur seul devait prendre connaissance (3).
Le premier convoi d’archives, formé de cent dix-sept caisses, partit de Rome le 17 février 1810; il fut suivi de
i. (1) Rapport du comte Bigot de Préameneu à l’empereur du 2 février 1810.
(2) Décret impérial du 2 février 1810. — Lettre du ministre du trésor public à Daunou du 15 février.
Le décret du 2 février portait, article 1 er : « Les Archives du Vatican, .' de la daterie, de la pénilencerie et autres, sous quelque dénomination » que ce soit, seront transportées à Paris et placées dans notre palais des » archives. «
(3) Il disait de ces papiers, dans une lettre du 2 février 1810 à Napoléon : « Les uns constituent la doctrine du pape et de ses partisans; les » autres touchent des affaires politiques dont le secret doit dépendre de » votre auguste volonté. •
dix-sept autres, séparés seulement entre eux par quelques jours d’intervalle. Le dernier était du 15 avril. Le 2 mai lut expédié le dix-neuvième convoi, le 10 août le vingtième, le 17 août le vingt et unième, et le 18 septembre le vingtdeuxième. <r Ce fut à Rome un sujet d’étonnement — dit » le marquis de Laborde — de voir déliler dans les rues » ces longs convois de chariots tirés par quatre mulets et » six bœufs, chargés de caisses qui semblaient monter x> aux nues, conduits par des Romains aux grands chaj> peaux , escortés par la gendarmerie française , et accom- » pagnés du garde des Archives pontificales, le révérend » père Altieri, qui, ne voulant pas les laisser livrées à » la négligence des conducteurs, partit avec le premier » convoi (1). »
La destination donnée à ces convois était Turin : là un délégué de l’administration des Archives de l’Lmpire les recevait et les dirigeait sur Paris.
Le 2 juin 1810 parvint dans celte capitale la première expédition comprenant cinquante et une caisses.
En 1811 six nouveaux convois partirent de Rome pour la Erance : les archives qu’ils transportaient étaient celles de la chambre apostolique, de ses diverses secrétaireries,du commissariat qui dépendait d’elle; celles de la sacrée consulte; celles del buon Governo; celles de la rote, qui se gardaient au Quirinal, et quelques autres.
Elles remplissaient cinq cent trente-cinq caisses; les vingt-deux convois de l’année précédente en avaient transporté deux mille six cent cinquante. Il y eut encore, à la
(t) Archives de l'Empire. Inventaires et documents publiés par ordre de V Empereur. Monuments historiques. Introduction, p. cvn.
fin de 1813, une expédition d’une cinquantaine de caisses renfermant 330 manuscrits ou portefeuilles de la Bibliothèque Vaticane (1).
Le nombre total des caisses qui arrivèrent à Paris fut de trois mille deux cent trente-neuf, et leur poids de 408,439 kilogrammes (2).
Les frais de transport depuis Rome s’élevèrent à plus de six cent mille francs (3).
Ce ne fut pas chose aisée d’installer, aux Archives de l’Empire, cette immense quantité d’archives, surtout parce
(1) Les conservateurs de la Bibliothèque s’opposèrent, de tout leur pouvoir, à l'enlèvement de ces manuscrits, et le duc de Cadore appuya leurs représentations auprès du ministre de l’Intérieur. Mais Daunou fit observer au comte de Montalivet que ces manuscrits contenaient : a. des pièces et correspondances diplomatiques; b. des actes originaux et des copies authentiquées ou anciennes; c. des lettres diverses originales; d. des manuscrits originaux d’anciens codes ecclésiastiques ou politiques; e. des actes des conciles; f. des lettres et mémoires sur le concile de Trente; g. des conclaves; h. des décisions de la rote antérieures à celles qui avaient été rassemblées au Quirinal. « Il me semble , dit-il au ministre , » que ce sont là toutes pièces d’archives : elles manquent aux collections » déjà venues de Rome, et ne se trouvent égarées dans la Bibliothèque » Vaticane que parce que celte Bibliothèque ne formait autrefois, avec » les Archives poutificales, qu’un seul et même établissement. En les divi- > saut en deux dépôts, ou a quelquefois laissé dans l’un ce qui apparte- » nait à l’autre; et même, depuis l’époque de cette division, ou a placé *> dans la Bibliothèque des bulles, des brefs, des diplômes, des lettres ori- «> ginales des souverains. Voilà ;>ourquoi il reste aujourd’hui des lacunes n dans les Archives pontificales. Il y a telle collection dont 7 ou 8 volumes • se trouvent parmi les manuscrits du Vatican, tandis que les autres sont » aux Archives. •
Le miuistre donna raison à Daunou.
(2) Note sans date dans le dossier intitulé Archives pontificales. Soumission. Emballage. Transport.
(3) Lettre du conseiller d'Ëtat Benoit, directeur au ministère de l’intérieur, à Daunou, du 12 juillet 1814.
que, dans le même temps, on y reçut celles de Vienne, qui remplissaient aussi plus de trois mille caisses. M. de Laborde nous apprend à quoi l'administration se vit réduite : a On entassa les unes et les autres — dit-il — » dans les salles, dans les. couloirs, sous la colonnade de » la cour d’honneur de l'hôtel Soubise et dans deux maib sons du quartier (1). »
D’après les ordres qui lui en avaient été donnés au nom de l’empereur, le général Miollis, lorsqu’il lit expédier à Paris les Archives pontificales, invita ceux qui jusque-là en avaient eu la garde à se rendre dans la capitale de l’empire français, pour continuer d’y donner leurs soins : c’était monsignor Gaetano Marini; le R. P. Altieri, de l’ordre de Saint-Benoît; l’abbé Marino Marini, neveu de Gaetano, et le chanoine de Saint-Pierre Luigi Martorelli. Tous se conformèrent sans difficulté à ses ordres. On a vu que le P. Al lier i avait voulu accompagner les archives dans leur transport.
En vertu d’une décision impériale du 21 juin 1810, les quatre personnes que nous venons de nommer (2) formèrent, aux Archives de l’empire, le noyau de la commission italienne. Martorelli prit peu de part aux travaux de ses collègues : au mois de juillet il fut envoyé à Rome, avec
(1) Inventaires et documents. Introduction, p. cxi.
(2) L’empereur leur assigna les appointements suivants : à Gaetano Marini, 10,000 francs; au P. Allicri et à Marino Marini, 5,000 francs; à Martorelli, 8,000 francs.
la mission d’y rassembler et arranger les archives administratives, pour leur faire prendre aussi le chemin de la France; il ne revint pas ù Paris, quoique, peu après son départ, il eut été nommé chef de la commission italienne. Son ambition était d’obtenir la place de conservateur des a archives des actes et contrats j> qu’un décret impérial du 20 juin 1812 établit ou plutôt maintint dans la ville de Rome; nous ignorons si les démarches qu’il fit dans ce but (1) furent couronnées de succès.
Aux trois autres membres de la commission italienne on adjoignit, pour la compléter, MM. Bruner, Garat- Mailla, Aude, Dupuy-Montbrun, Tourlet, La Salle et Sismondi, tous français, à l’exception peut-être du dernier.
Il ne faut pas demander si les Archives pontificales furent tout d’abord explorées dans le but d’y trouver des armes contre le pape. Nul n’eût pu, sous ce rapport, mieux seconder les vues du gouvernement que celui qui était à la tète des Archives de l’empire : a Daunou — dit j> M. de Laborde — avait un parti pris contre l’Église, et » ne cachait pas son horreur de la papauté (2). » Dans une instruction qu’il donna, le 1 er octobre 1810, à la commission italienne, il lui faisait cette recommandation : « On » portera une attention particulière sur tout ce qui con- * tribuerait à dévoiler de plus en plus la politique amt» bitieuse de la cour de Rome. » Dans une nouvelle instruction du 3 janvier 1811 il s’exprimait ainsi : « La
(1) Daunou les appuya fortement ; et à sa recommandation, le comte de Montalivet écrivit au grand juge, afin qu'il voulût comprendre Martorelli au nombre des candidats qu’il proposerait à l’empereur pour la place à laquelle il s’agissait de nommer.
(2) Inventaires et documents , etc. Introduction, p. cxn.
» commission recherchera, dans toutes les parties des » Archives pontificales, les pièces relatives à l’abus que les » papes ont fait de leur ministère spirituel contre l’auto- » rite des souverains et la tranquillité des peuples (1). »
Des pièces qu’on jugeait pouvoir être utiles au gouvernement dans la lutte qu’il avait engagée contre le pape, copie était immédiatement envoyée au ministre des cultes. Daunou transmit au ministre de l’intérieur, pour qu’il les plaçât sous les yeux de l’empereur, des lettres inédites de Fénélon et de Bossuet (2).
Le garde général des Archives avait fait paraître, en 1810, sous le voile de l’anonyme, un Essai historique sur la puissance temporelle des papes (3). A l’instigation du ministre de la police générale (4), il en fit imprimer une nouvelle édition , en deux volumes, dans laquelle il inséra quantité de pièces empruntées aux Archives du Vatican : mais il ne recueillit pas les fruits de sa complaisance. Au moment où l’impression de son livre se terminait, la situation de l’Empire français était bien changée : les désastres de la campagne de Russie en faisaient présager de plus grands encore; Napoléon songeait à regagner la confiance des catholiques et à se réconcilier avec le pape : les exemplaires du livre de Daunou furent détruits par ordre du gouvernement.
(1) Inventaires et documents , etc. Introduction, p. cxu.
(2) « Ces lettres m'ont paru intéressantes, » écrivit le comte de Monta* livel à Daunou le 31 juillet 1811, en lui en accusant la réception.
(3) C’était pour faire sa cour au gouvernement impérial qu’il avait écrit ce livre. On lit, dans un rapport du comte Bigot de Préameneu à l’empereur» du 3 février 1810 : <» M. Daunou ne tardera pas à finir l'ouvrage que je lui » avais recommandé et dont je crois que V. M. sera satisfaite. *>
(4) Savary, duc de Rovigo.
Sur les travaux de la commission italienne établie auprès des Archives de l’empire nous n’avons pu recueillir que des renseignements fort incomplets. Dans plusieurs de ses lettres au ministre de l'intérieur, Daunou se plaint du peu d’aide que lui prêtent les membres italiens de celte commission. M. de Laborde en cite une, de la fin de 1812, où le garde général fait connaître au ministre que Gaetano Marini, a vieillard infirme, ne paraît jamais aux » Archives et se lient pour dispensé de tout travail; » que le P. Altieri est détenu pour dettes à Sainte-Pélagie; que Marino Marini est « peu habile et ne se croit pas obligé à » un travail très-actif (1). » Daunou, en revanche, se montre fort satisfait des membres français de la commission : « Le travail exécuté par cinq d’entre eux — dit-il — est » véritablement considérable, car ils ont analysé et décrit » plus de douze mille chartes, inventorié quatre mille » registres de matières camérales, rédigé des extraits de » plusieurs collections d’épîtres et de lettres; transcrit, » traduit, annoté un grand nombre de pièces. » Il y a une autre lettre de lui, du mois de janvier 1813, dans laquelle il parle de près de mille pages d'analyses qui avaient été faites depuis le 1 er octobre 1810.
Daunou présida lui -même (2) à l’arrangement des
(J) Inventaires et documents, Pic. Introduction, p.cxn.
(2) Daunou était un travailleur infatigable. Ayant été chargé, par le comte de Montalivet, ministre de l’intérieur, au mois d’août 18! t, d’aller examiner les dépôts d'archives de l’Italie, il écrivit à ce ministre afin d'avoir de lui une lettre au préfet de l’Arno qui contînt l’ordre exprès de seconder sa mission : <* Il importe * — disait-il à M. de Montalivet — « que le dépôt des archives diplomatiques et tous les autres dépôts » d’archives qui existent à Florence me soient ouverts chaque jour, • et que j’y puisse travailler depuis six heures du matin jusqu'à cinq » heures du soir. » ( Inventaires et documents, etc. Introduction, p.cix.)
Archives pontificales. Il les distribua en séries dont chacune était distinguée par l’une des lettres de l’alphabet, A, B, C, etc. Le rang des volumes, liasses, cartons ou boites, était déterminé, dans chaque série, par les n°* 4, 2, 5, 4, etc.
Voici quel était, au mois d’août 4 811, le résultat de cet arrangement :
A. Chartes. Pièces originales et détachées, classées chronologiquement, depuis le quatrième siècle jusqu’au dixneuvième. — 500 boîtes et 500 portefeuilles ou volumes.
B. Registres de Bulles, Brefs et Suppliques.
4 re collection. Depuis Jean VIII (872) jusqu’à Sixte- Quint (4585), 2,018 volumes.
2 e collection. Bulles des papes d’Avignon , 452 volumes.
5 e collection. Epîtres des papes aux princes, depuis Innocent III (4498) jusqu’à Pie VII inclusivement, 250 volumes.
4 e collection. Bulles depuis Jean XXII (4546) jusqu’à Pie VII inclusivement, 4,845 volumes.
5 e collection. Suppliques et Brefs, depuis Martin V (4447) jusqu’à Pie VII, 6,727 volumes.
6 e collection. Brefs depuis Pie V (4566) jusqu’à Pie VII, 4,857 volumes.
T collection. Bulles depuis Grégoire XIII (4572) jusqu’à Pie VI, 865 volumes.
8 e collection. Bolle, Editti , Bandi , etc., 226 volumes composés de placards et feuilles imprimés.
Autres collections partielles ou incomplètes, 420 volumes.
C. Privilèges, Biens et Prétentions de la Cour de Rome. Matières camérales et diverses, 4,202 volumes.
D. Légations et Nonciatures.
Au Vatican cette collection d’archives était rangée selon l’ordre alphabétique des pays auxquels se rapportaient les différentes correspondances dont elle était formée. Daunou ne fit à cet arrangement qu’une seule modification , et bien puérile : il plaça la nonciature de France avant toutes les autres, attendu que la France devait avoir le premier rang.
La série des Légations et Nonciatures comprenait les subdivisions suivantes :
Légation d’Avignon . .
Volume».
— de Bologne
— de Fcrrare. .
— de la Roraagne
— d’Urbin. . .
Nonciature de France .
— d'Angleterre
— de Bavière .
— de Cologne .
— d’Espagne .
— de Flandre .
ce
— de Florence
— de Lucerne.
— de Malte. .
— de Naples .
— de Pologne .
— de Portugal
— de Turin
— de Venise .
— de Vienne .
E. Secrétairerie d’État. Letfres (originales) adressées
au pape, au secrétaire d’État, à des cardinaux, par des princes, des évêques, des hommes de lettres, etc.; pièces originales relatives aux prêtres émigrés français, depuis 1790 jusqu’en 1800; minutes et pièces diverses. — 1,525 volumes, liasses ou portefeuilles.
F. Daterie. — 8,800 portefeuilles, registres ou liasses.
G. Chancellerie. — 1 ,000 registres.
H. Pénitencerie. — 4,256 liasses ou registres.
I. Congrégation du Concile de Trente. — 5,658 registres ou portefeuilles.
K. Congrégation de la Propagande. — 5,965 volumes.
L. Congrégation du Saint-Office. — 6, 205 portefeuilles. — Congrégation de l’index , 49! volumes, liasses ou cartons.
M. Congrégation des Évêques et des Réguliers. — 16,082 liasses ou registres. — Congrégation des immunités, 2,890 liasses ou registres.
N. Congrégation des Rites. Canonisations, 4,975 volumes ou portefeuilles. — Registres ou pièces relatives aux cérémonies ecclésiastiques, 115 articles.
O. Archives administratives. Congregazione del buon Governo, 5,120 portefeuilles, registres ou liasses. — Autres archives administratives, 4,181 articles.
P. Archives judiciaires. — 5,892 liasses, portefeuilles ou registres.
Q. Inventaires, Tables et Répertoires. — 1,955 registres et 200 cartons (1).
Le total des registres, portefeuilles, liasses, carions, était de cent deux mille quatre cent trente-cinq (2).
(1) Tableau systématique des Archives de l’Empire au 15 août 181t.
(2) Ibid.
Il ne paraît pas qu’on ait fait de relevé du nombre des chartes originales qui avaient été rangées dans la série A; je n’en ai du moins trouvé aucun.
Le marquis de Laborde cite un fait qui montre combien» sous le premier empire, les études historiques étaient négligées en France: « Pendant douze années — dit-il — de 1804 » à 1816, et quand les Archives de l’empire renfermaient » les secrets de la politique des deux cours les plus puis- * santés et les plus mystérieuses de l’Europe (1), pas un » savant, pas un homme de lettres, pas un historien, n’a j> demandé et n’a été provoqué à demander d’y faire des » recherches. Aucune salle, disposée pour la surveillance, » n’a été préparée pour l’étude. L’utilité des Archives de » l’empire s’est réduite à répondre à des demandes de » décrets, d’ordonnances, de précédents administratifs et » d’expéditions conformes d’actes de propriété, de con- » stalations de services et autres affaires intéressant les » particuliers (2). »
Cependant l’homme qui, le 6 novembre 1810, répondait à Canova, l’engageant à se réconcilier avec le pape, qu’un empereur tel que lui ne pouvait pas reculer; qu’il avait soixante millions de sujets, huit à neuf cent mille soldats, cent mille chevaux ; que les Romains eux-mêmes n’avaient jamais eu tant de forces (5), cet homme qui avait dicté des lois à l’Europe, éprouvait, après des succès inouïs, des
(1) Les cours de Rome et de Madrid.
(2) Inventaires et documents. Introduction, p. cxm.
(3) Biographie de Michaud, t. lxxvii, p. 132.
revers de fortune non moins éclatants. A la retraite fatale de Russie avait succédé la sanglante défaite de Leipsick. Il ne s’agissait déjà plus, pour Napoléon, de conserver les pays qu’il avait annexés à son empire, mais il lui fallait songer à défendre le territoire meme de la France. Il avait fait amener le pape à Fontainebleau en 1812, et il était parvenu à en obtenir un concordat contre lequel Pie VII n’avait pas tardé à protester; le 22 janvier 1814 il ordonna qu’on le reconduisit à Rome. Celle mesure ne pouvait plus rien changer à sa destinée. Les armées coalisées s’approchaient de jour en jour de Paris. Malgré des prodiges de stratégie et de valeur, il ne sut empêcher que cette capitale se rendit le 51 mars. Le 2 avril le sénat prononça sa déchéance. Le 12 le comte d’Artois fit son entrée dans Paris en qualité de lieutenant général du royaume.
Un de ses premiers actes fut l'arrêté qu’on va lire :
Au palais des Tuileries, le 19 avril 181-4.
Nous, Charles-Philippe de France, fils de France, Monsieur, frère du Roi, lieutenant général du royaume, etc., etc., etc.
Apprenant avec douleur que le chef vénérable de l’Église, en même temps qu’il avait été arraché de sa capitale, avait été dépouille de plusieurs insignes et ornements, et même des sceaux servant à l’exercice du souverain pontificat; que ces objets se trouvent en dépôt à Paris;
Désirant, par la promptitude d’une trop juste restitution, manifester au saint-père notre zèle, notre dévouement, et prouver à l’Europe et à la chrétienté combien les excès passés ont été et sont loin de notre pensée et de notre cœur, de la pensée et du cœur des Français;
Vu le rapport du commissaire provisoire des départements de l’intérieur et des cultes ;
Le conseil d’État provisoire entendu,
Avons arrête et arrêtons ce qui suit :
Article 1 er . Les insignes, ornements, sceaux, archives et généralement tous les objets à l’usage de Sa Sainteté pour l’exercice du souverain pontificat, qui se trouvent actuellement à Paris, ou se trouveraient dans d'autres lieux du royaume, seront sur-le-champ mis à la disposition de Sa Sainteté, et elle sera priée d’en agréer la restitution.
Article 2. Le commissaire provisoire des départements de l’intérieur et des cultes est chargé de l’exécution du présent arrêté.
Cil An les- Pm lippe.
Par Monsieur, lieutenant général du royaume : Le secrétaire d’Etat provisoire,
Le Baron de Vitrolles.
En envoyant à Daunou (1) l’arrêté du lieutenant général du royaume, le comte Beugnot, commissaire provisoire aux ministères de l'intérieur et des cultes, l’invita à faire à MM. Marini , oncle et neveu, désignés à cet effet par le prélat de Gregorio, secrétaire de la congrégation du concile, depuis cardinal, « la remise de toutes les archives » venues de Rome et des Étals romains, avec leurs calaj> logues et tables, les objets en dépendants, tels que les » manuscrits de la Bibliothèque Va t ica ne, les parchemins, * scellés ou non, les ornements de la chapelle pontificale, » les mitres, la chaise du souverain pontife dite yesla- > toria , les sceaux des congrégations romaines, etc. » Les clefs leur en devaient être délivrées, de manière qu’ils se trouvassent vraiment dépositaires. Tout travail dont ces
(1) Par leilre du 27 avril.
archives auraient été l’objet devait leur être communiqué à leur première demande, afin qu’ils fussent à portée de faire les vérifications et les recherches qu’ils désireraient. Enfin le garde général des Archives était prié de concourir fidèlement à l’exécution de l’arrêté de Monsieur, et même de mettre à la disposition de MM. de Gregorio et Marini ceux de ses employés qu’ils désigneraient pour les aider à remplir leur mission.
Tout cela fut accompli.
Nous avons dit ce qu’avait coûté le transport des Archives pontificales de Rome à Paris. Le trésor du pape n’était guère en étal de supporter, pour leur retour à Rome, une pareille dépense : les commissaires du saint-siège firent des démarches auprès des ministres de Louis XVIII , afin que le gouvernement français eut la générosité de s’en charger (1).
Celte demande ne pouvait pas être facilement accueillie. L’Allemagne, les Pays-Bas, le Piémont, l’Espagne, revendiquaient aussi les archives dont ils avaient été dépouillés, et il était à craindre que les gouvernements de ces pays ne se prévalussent de la faveur qui aurait été faite à la cour de Rome, pour en réclamer une semblable.
Selon Daunou, que le ministre de l’intérieur consulta là-dessus, il y aurait eu un moyen de réduire la dépense de beaucoup : « On diminuerait presque d’un tiers les p archives à renvoyer à Rome, — disait-il — si l’on en » retranchait tout ce qui ne peut jamais être d’aucune » utilité, ni à Rome, ni à Paris; tout ce qui ne présente » aucune sorte d’intérêt historique, ni politique, ni ecclé-
(1) Leiire du conseiller d’État Benoit, directeur de la correspondance au ministère de l’intérieur, à Daunou, du 12 juillet 181 4.
» siastique. Telles sont plus de 20,000 liasses de la con- » grégation des évêques et des réguliers et plus de » 8,000 liasses d’archives administratives et judiciaires. »
Mais MM. Marini ne l'entendaient pas ainsi.
Après bien des sollicitations de leur part, une ordonnance royale du 19 novembre 1814 accorda une somme de soixante mille francs, pour être employée aux frais du transport des Archives pontificales de Paris à Rome (1).
Jusque-là les deux archivistes romains, faute de ressources, avaient peu fait pour l’accomplissement de leur mission : seulement, au mois de mai, M. de Gregorio avait expédié à Rome, renfermés en seize caisses, les ornements pontificaux, les tiares et les mitres du pape, des papiers appartenants à la secrétairerie d’Élat et à la dalerie matrimoniale, plusieurs liasses de correspondances du cardinal Caprara , une série de registres renfermant des brefs adressés aux princes, un dossier concernant la dispense de mariage pour Henri VIII et la profession de foi de Catherine de Suède.
A partir de ce moment, MM. Marini se mirent à l’œuvre avec activité.
On avait espéré, aux Archives du royaume, conserver au moins les travaux qui avaient été exécutés dans cet établissement : la lettre du comte Beugnot du 27 avril ne parlait que d’une communication à en donner aux délégués de la cour de Rome; une autre dépêche ministérielle du 3 août déclarait positivement que les extraits et copies de pièces historiques faits sur les titres originaux provenant des Archives pontificales, resteraient déposés dans les
(t) Lettre du conseiller d’Ëtat Benoît à Daunou, du 27 décembre 1814.
Archives du royaume. Mais M. Marino Marini réclama auprès du ministre de l’intérieur : il demanda que tous les extraits, toutes les copies, lui fussent délivrés, promettant, après qu’il les aurait examinés et en aurait retranché ce que la cour de Rome voulait tenir secret, de rendre le surplus. Le ministre, faisant droit à sa réclamation, transmit des ordres en conséquence à Daunou le 21 novembre (4). Le 25 Marini écrivit à Daunou : « Tous les extraits faits » sur les monuments des Archives pontificales resteront » déposés aux Archives du royaume, à réserve de plusieurs » dont je me suis occupé moi-mème, que j’espère que vous » ne trouverez mauvais que je garde auprès de moi. La d persuasion et presque la certitude en laquelle je suis » qu’on ne mésusera point desdils extraits m’engage à » n’en réclamer pas même le triage, et en conséquence » tous les cartons qui renferment tous ces travaux sont » à votre disposition, d
MM. Marini étaient prêts à expédier à Rome deux cents caisses d’archives lorsque, le 20 mars 1815, Napoléon reprit possession des Tuileries.
Dès le lendemain le duc de Bassano, ministre de l’intérieur par intérim, lit savoir à Daunou que toute expédition des Archives pontificales devait être suspendue jusqu’à ce qu’il eût pris les ordres de l’empereur. Ces ordres, Carnot, à qui le portefeuille de l’intérieur venait d’être confié, les notifia à Daunou le 22 mars : a L’intention de l’empereur, » lui écrivit-il, est qu’on ne laisse enlever aucune partie » des Archives pontificales qui sont encore dans les bàli- » menls des Archives de l’empire... Toutes les disposi-
(1) Lauobde, Inventaires et documents , etc. Introduction, p. cxii.
» lions ordonnées par le dernier gouvernement doivent » être regardées comme non avenues... » Et un décret du 26 mars rapporta l’ordonnance du 19 novembre en ce qui concernait les fonds alloués pour le transport desdites Archives.
Cette seconde période de l’empire ne devait pas être de longue durée. Vaincu à Waterloo par les puissances coalisées contre lui, Napoléon ne revint à Paris le 21 juin que pour y signer le lendemain son abdication. Le 6 juillet les alliés prirent, pour la deuxième fois, possession de la capitale de la France, où Louis XVIII lit sa rentrée deux jours après.
Il est presque superflu de dire que les obstacles mis par le gouvernement des cent jours au renvoi à Rome des Archives pontificales furent immédiatement levés. Gaetano Marini était mort à Paris le 17 mai 1815; son neveu demeura seul chargé de diriger cette grande opération. Tout fut terminé le 24 juillet 181 7. Ce jour-là monsignor Marino Marini donna décharge pleine et entière des Archives pontificales au chevalier de la Rue, qui avait remplacé Daunou à l’hôtel Soubise (1).
De cette immense collection d’Archives et des travaux dont elle fut l’objet pendant cinq années il n’est resté.
(1) « Je soussigné, prélat romain, chambellan intime de Sa Sainteté et son commissaire pour l’expédition des Archives du saint-siège, reconnais queces Archives ont été remises à ma disposition, tant parM. Daunou, alors garde des Archives du royaume de France, que par M. le chevalier de la Rue, son successeur en ladite qualité, et que ces Archives sont totalement évacuées. Dont décharge.
» Paris, le 24 juillet 1817.
» ( Signé ) Marino Marini. •
aux Archives nationales de France, que les six cartons d’extraits dont nous allons donner une description sommaire (1) :
Carton L 590. — Il contient des copies de bulles avec traduction française, et des analyses en français des volumes intitulés Nonciature de France , l) 1430 et 1451. (Ces analyses se rapportent aux années 1589 et 1590. Les pièces analysées sont de toute nature. Les dépêches des nonces en forment la plus petite partie.)
Carton L 591. — Il ne contient que des analyses, les unes en français, les autres en italien, de lettres de princes et de différents personnages, du seizième et du dix-septième siècle.
Carton L 592. — Comme le précédent. Les pièces analysées sont des seizième, dix-septième et dix-huitième siècles. *
Carton L 595. — Analyses, en français, de lettres de particuliers, de 1519-1602, 1645-1675, 1675-1695.
Carton L 594. — Il contient des analyses, les unes en français, les autres en italien, des correspondances des nonces en France, de 1555-1557,1541-1548, 1561-1620, et de plus des Miscellanea.
Carton L 395. — Analyses, en français et en italien, des lettres des nonces en France et d’autres personnages, des années 1556-1547, 1553, 1564, 1572-1575, 1588, 1592, 1622-1624, 1644-1655, 1674-1678, 1680-1681,
( 1 ) Nous faisons observer, plus haut , que des copies de nombreux documents conservés dans les Archives pontificales furent envoyées par Daunou au ministre des cultes et au ministre de l’intérieur. Il serait à désirer que ces copies fussent extraites des archives ministérielles, où elles sont enfouies, et qu’on en formât un recueil, pour le déposer aux Archives nationales.
Les correspondances des nonces ne font que la moindre partie des pièces.
On a vu que la collection des Nonciatures , c’est-à-dire des correspondances de la cour de Rome avec les légats et les nonces, ne comprenait pas moins de six mille et une soixantaine de volumes en 1811 (1).
Cette collection serait indubitablement la plus précieuse qu’il y eût dans le monde entier pour l’histoire de l’Europc depuis la fin du moyen âge, s’il n’y existait des lacunes; peut-être même l’est- elle encore malgré ces lacunes. Celles-ci toutefois sont considérables.
« A l’époque où fiorissait l’aristocratie, et principalement au dix-septième siècle, — dit M. Ranke — les familles de toute l’Europe qui étaient à la tète des affaires conservaient dans leurs mains une partie des papiers publics. Nulle part cet usage n’a été aussi répandu qu’à Rome. Les neveux régnants des papes, qui possédaient toujours la plénitude du pouvoir, laissèrent, à litre de possession perpétuelle, aux maisons princières qu’ils fondaient, presque tous les papiers de l'État qu’ils avaient recueillis pendant leur administration (2). »
(1) Il importe de remarquer que ces volumes ne se composent pas uniquement de correspondances des nonces, mais qu’on y a rassemblé toutes les lettres, tous les papiers qu’on recevait, au Vatican, des pays où les nonces étaient respectivement envoyés.
(2) Histoire de la papauté pendant les seizième et dix-septième siècles , traduite de l'allemand par Haiber, t. I* r , p. 6.
L’observation très-juste que fait M. Rankc, il aurait pu l’appliquer au seizième siècle aussi bien qu’au dix-septième; et nous ajouterons que ce n’était pas seulement les cardinaux neveux qui emportaient les papiers de l’État à la mort des papes dont ils étaient les héritiers, mais que quelquefois ceux qui avaient été leurs secrétaires, ou qui étaient leurs exécuteurs testamentaires, agissaient de même. C’est ainsi que les correspondances d'Adrien Vf manquent au Vatican. Ce pontife avait pour secrétaire Thicrri Hezius, brabançon, chanoine du chapitre de Saint- Lambert, à Liège. A sa mort, Hezius quitta Rome, prenant avec lui tous les papiers (1) dont il était dépositaire; il se retira à Liège, où il finit ses jours en 1555. Grégoire XIII, désirant recouvrer des écrits auxquels il attachait une grande importance (2), adressa, le 12 février 1575, à Gérard de Groesbeck, évêque de Liège, un bref où il le priait de faire rechercher les papiers qu’avait dû laisser Hezius et de les lui envoyer, s’il parvenait à les découvrir. Toutes les recherches qui se firent par ordre de l’évêque furent vaincs; et encore aujourd’hui l’on ignore où peuvent être les dépêches du pontificat d’Adrien VI (3).
Ce serait un guide précieux pour les historiens qu’un catalogue complet des correspondances des nonces et des légats qui se conservent dans des archives privées ou dans
(t) « ... Abstulit bine secum scripturas omnes, « dit Grégoire XIII dans son bref.
(2) « ... Eo autem nobis gratior erit tua opéra, quo vehementius scripta ilia desideramus, » écrit Grégoire XIII à l'évêque de Liège.
(3) Voir, dans les Bulletins de la Commission royale d’histoire, sér., t. XI, p. 59, la Note sur les papiers d'Etat du pape Adrien Vf transportés à Liège vers l">26 et sur son secrétaire Thierri Hezius, de feu Ms r de Ram.
des dépôts publics autres que celui du Vatican. Jusqu’ici l’on ne possède à cet égard que des données insuffisantes.
J’ai, pour ma part, signalé l’existence, dans les archives farnésiennes, à Naples, d’une collection considérable de papiers provenant de Paul III (Alexandre Farnèse), élu pape le J 5 octobre 1 534, mort le 10 novembre 1549, et du cardinal son neveu, du même nom que lui, mort en 1589(1).
Dans ma Notice sur la Bibliothèque des princes Chigi (2), dans celle que j’ai consacrée à la Bibliothèque des princes Corsini (3), j’ai pris soin d’énumérer les lettres, les instructions, les relations diplomatiques de la cour de Rome, que renferment ces deux dépôts littéraires. La collection de la Bibliothèque Chigi, qui se compose de plus de cent volumes, est, pour le seizième et le dix-septième siècle, d’une valeur inappréciable.
Plus considérable, plus riche encore est celle qui se trouve dans la Bibliothèque des princes Barberini.Le cardinal Francesco Barberini, neveu d’Urbain VIII, lorsque mourut ce pape, après avoir occupé la chaire de saint Pierre pendant vingt et un ans, lit transporter dans son palais toutes les correspondances du pontilicat qui venait de finir et d’autres encore qu’il y avait à la secrétairerie d’État. Celte collection reçut depuis maint et maint accroissement.
(1) Voir, dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, 3 e série, t. XI, pp. 243-314, ma Notice sur les archives farnésiennes. Ces archives, lorsque je les examinai au mois de février 1868, étaient conservées au château royal de Naples; elles sont déposées aujourd'hui dans les Grandes Archives (il Grande Archivio) de cette ville.
(2) Bulletins de la Commission royale d’histoire , 5» série , t. X, pp. 219-
(3) Ibid., I. XI, pp. 27-202.
J’aurais souhaité pouvoir donner, des correspondances des nonces que renferme la Bibliothèque Barberini, une énumération complète, ainsi que je l’ai fait de celles qui sont au palais Chigi : mais ici j’avais trouvé un excellent catalogue; il n’y en avait point à la Barberina. Au mois de janvier dernier, j’écrivis au conservateur de ce magnifique dépôt, M. l’abbé Pieralisi, lui exprimant le désir d’obtenir une liste, toute sommaire, des volumes qui contiennent les dépêches des nonces, afin d’en faire usage dans la notice que je projetais dès lors sur les Archives du Vatican : je reçus pour réponse, de l’honorable abbé, qu’une liste, même sommaire, lui prendrait plus de temps qu’il n’en avait à sa disposition, vu le grand nombre des volumes dont la collection des nonciatures est composée.
Les renseignements que j’ai recueillis sur celte collection ne peuvent, par les raisons que je viens de dire, qu’être très-imparfaits : ils n’embrassent vraisemblablement qu’une partie des nonciatures; pour celles auxquelles ils se rapportent, ils ne consistent que dans l’indication des noms des nonces et des années correspondantes aux dates de leurs dépêches. J’en excepte toutefois la Nünziatura di Fiandra, dont les registres et les liasses m’ont passé sous
les veux.
Je décrirai d’abord ceux-ci :
а. Registre de lettres de monsignor Gui Bentivoglio, archevêque de Rhodes, de l’année 1610 (1).
б. Registre de lettres du même, de 1611.
c. Registre de lettres du même, de 1612.
(i) On verra, dans le § Vï, qu’il y a, aux Archives du Vatican, un registre de lettres de Bentivoglio des années 1609, 1610, 1611.
d. Très-grosse liasse de lettres originales de Bentivoglio au cardinal Borghèse, du 7 janvier au 22 décembre 1612.
e. Registre de lettres de Bentivoglio, de 1613.
f. Registre de lettres du même, de 1614.
g. Registre de lettres du même, de 1615.
h. Liasse de lettres de l'archevêque de Fatras, Gio. Francesco, des comtes Guidi del Bagno,de l'année 1621.
i. Registre de lettres déchiffrées de Flandre, de l’archevêque de Fatras et de l'archevêque de Conza, Fabio de Lagunissa, des marquis de Mont-Hercule, de 1625, 1624, 1625,1626, 1627.
k. Registre de lettres de J'archevêque de Conza, de l'année 1627.
l. Registre de lettres du même, de 1628.
m. Registre de lettres du même, de 1630, 1651 , 1632.
». Registre de lettres du même, de 1633 et des trois premiers mois de 1634.
o. Registre de lettres de Richard-Paul Stravius , archidiacre d’Arras (1), depuis évêque de Saint-Denis, de 1654 à 1641.
p: Registre des lettres déchiffrées de Stravius, de 1654 à 1638.
q. Registre des lettres déchiffrées de Stravius et de l’abbé de Sainl-Anastase (2), du 13 novembre 1638 au 21 février 1645.
(1) L’archevêque de Conza, ayant été rappelé par Urbain VII! en 1634, commit Stravius, le 27 mars, en vertu des pouvoirs que le pape lui avait donnés, pour tenir le tribunal de la nonciature.
(2) Par un bref du 8 février 1642 Urbain VIII commit Antoine, abbé de Sainl-Anastase, pour exercer, dans les limites de la nonciature de Flandre, la juridiction contentieuse que Stravius avait exercée jusque-là, celui-ci devant se rendre à Liège comme suffragant de l’évêque.
Sur les autres nonciatures voici le relevé des notes qu’il m’a été possible de prendre :
Nünziatura di Colonia. — (i. Vescovo di Tricarico, 1623- 165-1.