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I. — L'un d'eux était à l'École de pharmacie de Paris et provenait du Salvador (Verapaz), Exposition de 1889, sous le nom de «Racine de l'Etoile.» Cet échantillon ressemble beaucoup à un autre que l’École possède aussi sous le nom de « Guaco (Guatemala). » L’A. fragrantissima est une plante surtout péruvienne ; mais on l’a souvent citée au Mexique et elle existe aussi dans l'Amérique centrale.
Ce n'est pas une racine, mais une tige, cylindrique ou légèrement aplatie dont les fragments ont 30 à 40 cent. de long sur 10 à 20 mm. de diamètre. Extérieurement, la couleur est d'un fauve grisâtre. Le suber existe, mais peu développé. Des cannelures se montrent à la surface, longitudinales, peu profondes, mais longues, parallèles et nettes. On voit aussi quelques fissures transversales, mais surtout de petites crêtes fines, annulaires, en cercle incomplet, irrégulièrement distantes. L’écorce adhère au bois, sauf les points où les branches ont été tordues. Au-dessous du suber, l'écorce est dure, de couleur brune assez foncée.
Sur la section transversale, on voit:
Une ligne subéreuse mince;
Une zone blanchâtre mince, continue avec les ray ons médullaires ;
Des arcs libériens correspondant aux faisceaux ligneux et placés entre les rayons médullaires. Ils sont plus foncés que ces rayons, et ceux-ci moins clairs que le bois dont les secteurs sont d'un blanc jaunâtre, percés de pores bien visibles. Pas de moelle.
Les rayons du bois sont régulièrement rangés autour du centre, mais l'aspect n'est ni plus ni moins étoilé que celui des autres Aristoloches du même groupe.
L'échantillon venu da Gaatemala sous la simple dénomination de Guaco ne peut être séparé du premier, maisilcontient
oo es des branches plus jeunes, où le suber plus épais est disposé en crêtes longitudinales ; le sommet de ces crêtes porte encore souvent les restes de l’épiderme luisant.
L’odeur, quand on coupe l'échantillon ou qu’on en frotte la surface, est très aromatique.
Le goût est un peu âcre, mais surtout aromatique, non trop désagréable.
Malgré quelques différences que l’on pourra constater en . comparant cette description à celle de la drogue fraîche, faite par Ruiz, et résumée dans la troisième partie de ce travail (voy. A. fragrantissima ), il se peut que ce soit là la tige de la Liane de l'Étoile. Mais l'affirmation est impossible. En tout cas, c’est une drogue proche voisine des Mil-homens.
STRUCTURE. — C’est tout à fait celle des Mil-homens ; mais, ainsi qu'on l’a vu pour d’autres groupes, les coupes dans le même échantillon ne sont pas identiques. En général, c’est le type à zone scléreuse continue, avec quelques paquets de fibres et d'assez nombreux amas de sclérites pénétrant jusque dans les rayons médullaires. L’abondance de ces éléments est plus ou moins grande. Ici encore, je crois la distinction d'avec certains échantillons de cymbifera tout à fait impossible.
Il. — L’« A. fragrantissima du Mexique » que j'ai eu de M. Bocquillon-Limousin, par l'intermédiaire de M. G. Planchon, a des caractères extérieurs qui ne permettent pas de le distinguer des Mil-homens. Ce sont de petits fragments d’une liane de 7 à 8 mm. de diamètre, à crêtes subéreuses, à écorce brune, dure et mince, à bois poreux, jaune pâle, à odeur très forte. La zone corticale est limitée en dehors par une ligne noire fine, contre le suber. Les rayons médullaires sont bien visibles dans l'écorce, surtout quand on mouille la surface de section, et donnent alors un aspect vaguement étoilé. Cette
drogue est assez différente de la précédente et se rapproche beaucoup plus des Mil-homens vrais, dont il est impossible de la distinguer à première vue.
STRUCTURE.— Elle semble assez particulière. Au-dessous du suber, tout le parenchyme, sans présenter de zone scléreuse nette, est rempli de cellules sclérifiées assez grandes et irrégulières, tandis que la région péricyclique contient une foule d'éléments épaissis, jaunes, arrondis sur la section, allongés suivant l’axe, moitié fibres et moitié cellules scléreuses, avec de grosses ponctuations.
Les cellules scléreuses de l'écorce pénètrent jusque dans la région externe des rayons médullaires, et ceux-ci montrent sur toute leurlongueur des sclérites épars et des cellules oléorésineuses.
Je doute fort que la détermination de M. Bocquillon-Limousin soit exacte. En tout cas, ce n’est pas la même plante que celle du Salvador.
H) A.? — Sous le nom d’« A. geminiflora, vulg. bejucocarare ‘. Triana, Nouvelle-Grenade», il existe au Muséum un échantillon qui ne se rapporte pas à l’A. geminiflora décrit par Guibourt et dont il est question un peu plus loin. C’est une Aristoloche à structure typique nette : elle se présente en fragments de 8-14 cent. de long sur 1 à 3 1/2 de large.
Extérieurement, l'écorce est souvent luisinte et vernissée, fendillée simplement en long, craquelée, même dans des exemplaires assez gros. Les fentes s’accentuent et s’allongent
avec l’âge, et des crêtes subéreuses se montrent, couronnées
1 Il faut faire observer que le nom de Bejuco carare s'applique non seulement à l'A. geminiflora, mais à d'autres espèces, entre autres à l'A. ringens.
SOLE encore par la couche épidermique vernissée qui ne disparaît que plus tard. Le suber entoure complètement la tige : il est de couleur chocolat et parcouru par des fissures peu profondes, un peu sinueuses.
La section transversale montre”
Un suber à plusieurs couches, foncé ;
Une écorce blanchâtre ou rarement foncée, en continuité avec les rayons médullaires ; entre les rayons, des îlots libériens noirâtres ;
Un bois rayonné, jaune, à pores très visibles, très gros :
Des rayons médullaires nets et durs.
Odeur etsaveur assez aromatiques.
STRUCTURE.— Les caractères anatomiques sont ceux d’un Mil-homens ; la zone scléreuse est à peu près continue et les paquets de fibres plus rares et placés généralement au-dessous, avec leur aspect ordinaire. Dans le parenchyme sous-jacent (et aussi en dehors de la zone scléreuse), on trouve de nombreux sclérites plus ou moins abondants, isolés ou d'ordinaire en groupes, à éléments quadrangulaires ou polyédriques, et pénétrant parfois dans les rayons médullaires. Très peu de cellules oléifères. Suber à zones nettes.
J) A. Brasiliensis ? — J’ai eu sous le nom d'A. Brasiliensis quelques fragments consistant en:
1° Trois tiges fortement odorantes à la section et jeunes encore, recouvertes d’un épiderme brun chocolat déjà crevassé par le développement du suber. Sur la section, la zone corticale forme une petite ligne blanche fine. Le bois poreux central est formé de secteurs cunéiformes et ne diffère en rien des autres bois jeunes de ce groupe ;
9% Des feuilles fort détériorées, mais dont la forme était
LT GE probablement arrondie réniforme; blanchâtres au dessous, ressemblant en eftet à celles de tout le groupe dont le Brasiliensis fait partie ;
3° Des feuilles tout à fait étrangères à la drogue, et nommées dans l'échantillon « bractées » ;
4° Des fruits d’Aristoloche, dont deux mal venus, noirâtres et peu reconnaissables, le troisième de 3 cent. 1/2 de long sur ? cent. de large (ce qui est peu pour un fruit de cette espèce) et qui n’est pas de la forme qu'indique Duchartre.
Il n’est pas certain du tout que cesoit l’A. Brasiliensis, mais c’est une plante du groupe. L’échantillon provient de M. Bocquillon-Limousin qui dans son livre n’a décrit que les racines et dont la description ne permet pas de caractériser spécifiquement la drogue *.
STRUCTURE. — Suber épais. Parenchyme cortical à 7-8 rangs de cellules irrégulières, quelques-unes pleines d’oléorésine, avec peu ou pas d’amidon. Zone scléreuse très nette, formée alternativement de cellules scléreuses ponctuées et de gros faisceaux de fibres avec l’aspect qu’elles ont d'ordinaire dans cette région. Les fibres sont proportionnellement plus nombreuses que dans beaucoup d’autres, et font saillie dans le parenchyme sous-jacent. C'est un bon exemple du type alternant. Les rayons médullaires contiennent de l’oléo-résine dans les cellules, et beaucoup d’amidon. L'épiderme luisant existe encore sur le sommet des crêtes subéreuses.
J) A. grandiflora? — J'ai reçu sous ce nom de M. Bocquillon-Limousin, parl'intermédiaire de M. G. Planchon, depetits fragments d’une Aristoloche dont voici les principaux caractères : tronçons de 3 ou 4 cent. de long, épais de 16 à 98
‘ Bocquillon-Limousin, Les plantes aleæitères de l'Amérique. Paris, 1891, p. 19.
recouverts extérieurement d’un suber en crêtes larges et assez épaisses, mou, de couleur brune, La surface de l'écorce est également brune et dure, un peu striée. La surface de section montre, au-dessous du suber, une écorce épaisse de 4 à 5 mm., de couleur jaune blanchâtre. Le corps ligneux est formé de rayons en éventail dont les pores sont peu nombreux mais visibles à l’œil nu. Les rayons ligneux de couleur brun verdâtre se détachent nettement sur des rayons médullaires inégaux mais souvent larges, de la couleur de l’écorce.
L’odeur est peu aromatique, assez désagréable, aristolochique, mais non excessive. Goût âcre, d’abord légèrement poivré.
STRUCTURE.— Sous le suber se trouve, après quatre ou cinq rangées de cellules minces, la zone scléreuse mince et interrompue de loin en loin ; puis un parenchyme épais très riche en amidon et en oléo-résine ; mêmes caractères dans les rayons médullaires. En somme, rien de spécial que l'épaisseur de l'écorce et des rayons. ù
Est-ce là le grandiflora de Swariz ? Je n’ai trouvé nulle part de bonne description des tiges et des racines de cette espèce. M. Bocquillon-Limousin, de qui provient l'échantillon, a d’ailleurs confondu, dans sa description du cymbifera, le grandiflora de Swartz, le grandiflora de Vahl et le grandiflora de Gomez, en sorte que je ne sais trop à quoi il lattribue lui-même.
K) A. ? — L'échantillon étiqueté dans le droguier Guibourt, « Aristoloche à grandes fleurs, Radix Mil-homens de l’Aristolochia grandiflora, — Radix Mil-homens Aristolochiæ ringentis vel grandifloræ », ne semble pas se rapporter à l'espèce. Il comprend : 4° des tiges souvent aplaties et sil-
lonnées petites (5 à 6 mm. de diamètre), ramifiées, presque sans suber, à écorce très mince, sauf surquelques fragments, à pores du bois peu visibles; pas de moelle; couleur brune très foncée ; — 2% des racines plus tortueuses, plus lisses, non striées, parfois profondément fissurées en travers, à écorce blanche, relativement épaisse, piquetée de points rouges, avec des faisceaux de bois jaune, séparés par de larges rayons médullaires blancs. L’odeur est nette à la section, le goût d'autant plus âcre que l’écorce est plus épaisse.
STRUCTURE.— La tige présente la zone scléreuse continue, avec fibres et sclérites, très près du suber. Le parenchyme sous-jacent est épais et contient un peu d’oléo-résine et beaucoup d’amidon. Les rayons médullaires sont épais. La racine n’a rien de spécial. L’amidon y abonde. Les éléments scléreux et fibreux manquent dans l’écorce épaisse.
C’est évidemment une Aristoloche du groupe, mais rien ne la caractérise nettement, et la couleur, l'absence du suber, la finesse des pores du bois Péloignent du type.
L) A.? — C’est une drogue rapportée en 1844 de la Nouvelle-Grenade par M. J. Goudot. Elle est constituée par des paquets de tiges attachés par un fragment de filasse. Le plus long de ces fragments à 10 cent. et 13 mm. de diamètre, mais ordinairement ils ont de 5 à 8 mm. seulement et même
moins.
La couleur est chocolat : un suber souvent sillonné en long
recouvre l’écorce noire extérieurement.
Sur une tranche l'écorce de couleur claire, est assez mince, et entoure un bois dont la structure rayonnée est très nette et dont les pores sont visibles mais fins. Les rayons médullaires sont blanchâtres,
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L'échantillon contient aussi quelques fragments de tiges très jeunes, fines et verdâtres.
L'odeur se développe à la section. Le goût est aromatique, puis âcre.
Je ne sais à quoi rapporter cet échantillon qui a quelques rapports avec les Mil-homens.
STRUGTURE. — Tige. — Elle appartient autype scléreux par excellence. Presque toutes les cellules de l'écorce sont transformées en sclérites qui pénètrent abondamment dans les rayons médullaires. Il existe aussi des fibres.
La pointe des faisceaux ligneux, qui se séparent facilement, est formée d’un petit amas de fibres ligneuses de couleur plus claire que celles du bois ordinaire.
Racine. — Elle est aussi très scléreuse et les sclérites des rayons médullaires ont souvent une forme quadrangulaire régulière. Ils contiennent de l’amidon ou une substance brune. Le corps ligneux est très nettement divisé en deux zones concentriques par une ligne brune. Les rayons médullaires
de 2° ordre partentrégulièrement du point de contact des deux zones.
Cette plante me semble spéciale.