AUTRES ARISTOLOCHES LIGNEUSES
A. Sipho. — Cultivée dans tous les jardins, c’est la plus connue des Aristoloches; mais, malgré des propriétés analogues à celles de ses congénères, elle est à peu près inusitée. Les racines et les tiges sont de dimensions très variées et peuvent atteindre ? à 3 cent. de diamètre et plus. La couleur des racines et des tiges âgées est d’un gris terreux ; elle devient vert foncé, presque noire dans les tiges moins grosses, et vert clair sur les plus jeunes. Le suber n’est jamais bien épais; il se développe -par places et en général suivant des lignes longitudinales ; il finit par entourer la tige d’une couche continue assez mince.
Les tiges jeunes portent des cicatrices de feuilles allongées se détachant nettement en blanc sale; elles brunissent plus tard.
Sur une section transversale, cette Aristoloche n’a pas tout à fait l'aspect des autres; on y voit une région corticale limitée en dehors par une zone subéreuse brune, et en dedans par une autre ligne brune également. Entre les deux, la surface est blanc jaunâtre, marquée au milieu par une zone de petits,
tlots bruns également espacés. Chez les jeunes, la couleur de cette écorce est verte.
Le corps central est jaunâtre; le bois est percé de pores, dont les plus gros, symétriquement rangés et visibles à l'œil nu, forment des zones concentriques, et constituent ainsi une exception rare. Cet aspect est très visible encore dans les branches moyennes. Chaque faisceau ligneux est limité en dehors par un arc libérien qui contribue à former la ligne brune interne de l'écorce, et séparé de ses voisins par des rayons médullaires de largeur inégale, mais qui semblent tous atteindre le centre. Dans les tiges jeunes, il existe une moelle blanchâtre qui disparait ensuite à peu près complètement.
Sur les branches fines on voit une zone de faisceaux bruns, cunéiformes autour d’une moelle épaisse.
Les racines, plus tortueuses que les tiges, sont longues, cylindriques, et offrent quelques fissures transversales incomplètes.
La section des grosses racines est assez semblable à celle des grosses tiges ; l’écorce est plus blanche sans îlots bruns, les arcs libériens sont séparés et ne forment plus une ligne continue limitant l'écorce. Les faisceaux ligneux plus foncés ont des pores plus fins, moins nombreux, moins visibles. Les rayons médullaires, très inégaux en largeur, n’atteignent pas tout le centre et la structure en éventail se montre mieux. Les zones concentriques sont moins nettes. Sur des racines plus jeunes, la coupe est uniformément blanche, la structure du bois est peu visible, même à la loupe, et les zones concentriques manquent. Enfin, sur les radicelles on ne voit qu'une surface blanche.
L'odeurest assez forte, un peu poivrée, rappelant la muscade.
Le goût est àcre.
STRUCTURE. — L/A. Sipho est un exemple si souvent cité
dans l'étude des tiges ou des racines, elle a été si souvent décrite avec des détails minutieux ', que je crois inutile de répéter ou même de résumer ici tout ce qu’on a écrit sur elle. Je rappellerai seulement que la tige présente une zone collenchymateuse sous-épidermique, à laquelle succède plus tard du liège ; un péricycle à deux zones, l’une externe, formée de fibres en zone continue qui plus tard se segmente en ilots par le développement de la tige, et une interne parenchymateuse contenant, ainsi que le parenchyme cortical, de nombreux et gros cristaux mâclés d’oxalate de chaux ; un liber et un cambium ordinairement bien nets; dubois, d’abord en faisceaux arrondis, puis prenant peu à peu la structure rayonnée typique ; une moelle centrale.
La racine à un suber plus épais d'ordinaire, une zone de fibres péricycliques bien développées, des faisceaux ligneux serrés et séparés par des rayons médullaires très fins, à 1 ou 2 files de cellules seulement, une moelle extrêmement réduite.
A. tomentosa. — Les échantillons que j’en ai vus avaient au maximum 12? mm. de diamètre. Ils m'ont été adressés de Saint-Louis du Missouri par M. le professeur Trelease.
Les gros fragments de cette tige rameuse sont recouverts d’un suber brun gris, un peu terreux; la surface en est marquée de sillons longitudinaux, courts et larges, nombreux, peu profonds. Sur les branches moyennes la couleur est verdâtre, car le suber bien que déjà assez abondant ne se montre que par places. Les parties jeunes sont de couleur gris verdâtre, souvent blanchâtres, et recouvertes de poils courts peu serrés, doux autoucher. On y voit les traces, saillantes, d'aspectsoyeux
1 Voy. entre autres les travaux de MM. Duchartre, Van Tieghem, Strasbur-
ger, Hérail, etc., etc.
de l'insertion des feuilles : le bourgeon qui naît à l’aisselle de ces feuilles est recouvert de poils fauves.
Cette tige est sur plusieurs points aplatie et tordue.
Sur la coupe transversale on voit à l'œil nu:
Une zone corticale blanc grisâtre, limitée en dehors par la mince zone subéreuse, en dedans par une ligne plus foncée. La loupe montre que cette ligne est interrompue par les rayons médullaires. La couleur de l’écorce est plus foncée vers l’intérieur. Des points foncés disposés en cercle, assez espacés et peu visibles d’ailleurs, se montrent dans la partie blanche. La région centrale a des faisceaux ligneux en éventail, de couleur verdâtre, au nombre d'une douzaine, divisés en ? ou en # par des rayons médullaires incomplets. Les pores sont visibles à l’œil nu. Les rayons médullaires sont blancs et tranchent très nettement. Pas de moelle, où une simple ligne. A la loupe on voit une petite région médullaire sur les tiges plus jeunes. On ne voitabsolument aucune couche concentrique. Sur les tiges jeunes, on distingue mal les diverses parties à l'œil nu, et l’on ne voit même pas les rayons médullaires ; il y a seulement une zone corticale vert grisâtre et un axe blanchâtre percillé de trous visibles à l'œil nu.
L'’odeur est nette surtout quand on coupe. Le goût est fort caractérisé dans l'écorce et aussi dans le bois. Les extrémités jeunes ont un goût simplement herbacé.
STRUCTURE. — Très semblable à celle du Sipho. On y voit l’épiderme, le collenchyme, le suber, les deux couches péricycliques, les cristaux d'oxalate, etc., tout à fait identiques, mais le bois n'a pas de couches concentriques ; les rayons médullaires sont larges; les faisceaux ligneux très régulièrement divisés en éventail.
À. Indica. — L’A. Indica se présente dans les droguiers sous plusieurs formes. Ordinairement ce sont des morceaux de tiges et de racines mêlés, d’autres fois les unes et les autres isolément. Souvent aussi ce sont des fragments plus longs, comprenant tout ou partie de la plante. Enfin les fruits et les feuilles peuvent aussi se rencontrer. Ces diverses parties offrent des caractères assez nets.
T1GEs. — Elles sont de grosseur variée, au maximum 13 à 14 mm. de diamètre sur une longueur indéterminée, et sont parfois un peu ramifiées. La surface en est de couleur assez claire, café au lait, ou grisâtre, vaguement sillonnée en long, marquée souvent de très fins tubercules. Le suber, lorsqu'il existe, est dur, mince, très peu abondant, jamais en crêtes.
Sur la section transversale, on voit une surface fauve pâle, nankin ; extérieurement l’écorceest très mince. Intérieurement le bois occupe presque toute la surface. Il est formé de faisceaux en éventail assez nettement caractérisés : les pores sont visibles à l’œil nu. Ces rayons ligneux sont nombreux, et les rayons médullaires qui les séparent sont souvent remplacés par une fissure. Les rayons médullaires sont toujours fins par rapport à ceux du bois. L’écorce est généralement bien adhérente au bois ; lorsqu'on la soulève, les faisceaux ligneux se montrent légèrement sinueux, presque parallèles. Entre eux, les rayons médullaires vides. Pas de moelle.
Les jeunes tiges sont très manifestement volubiles. L’écorce très fine en est ordinairement peu adhérente.
La RACINE se distingue de la tige par les caractères suivants :
La couleur g'énérale est moins claire, fauve, quelquefois brun chocolat. La forme est moins droite, plus sinueuse, ondulée ; on n’y voit pas de stries longitudinales, mais plutôt quelques fissures transversales incomplètes ; on n’y trouve pas les
petites granulations tuberculeuses fréquentes sur la tige. Le suber est d’ailleurs aussi dur et aussi mince. Quelques bases de racines plus petites se détachent des grosses.
L’écorce plutôt un peu plus épaisse est mince encore. Cette écorce est moins adhérente au bois que celle de la tige, et se détache assez facilement. Elle manque par places. La face interne de cette écorce est blanc jaunâtre et présente l’impression longitudinale des rayons ligneux et médullaires avec leur couleur.
Si on la sépare du bois, on voit que les faisceaux ligneux de couleur jaune fauve, sont moins nombreux, extrêmement sinueux dans leur course, et séparés par des rayons médullaires blancs d'épaisseur très inégale.
Des lignes fines, longitudinales, indiquant les rayons médullaires de ? et de 3 ordre, séparent la face dorsale des rayons ligneux principaux.
Sur la section transversale l'écorce est à peu près semblable à celle de la tige, un peu plus épaisse seulement, mais l'axe ligneux est différent. Les faisceaux du bois, avec leur structure ordinaire nette, sont contournés, très sinueux, moins nombreux que dans la tige, séparés par des rayons médullaires très inévaux, très larges et complètement gorgés d’une fécule blanche. Si l’on brise la racine, il s’en échappe une abondante poussière d’amidon.
L’odeur se développe quand on sectionne. C’est bien l’odeur aristolochique, parfois très nette dès qu'on ouvre le flacon qui contient l’échantillon.
Le goût est des plus marqués: très âcre, désagréable, amer, prenant à la gorge.
Les FEUILLES toujours entières sont de forme et de grandeur très variable. Il suffit de regarder quelques échantillons d’herbier ou de droguier pour s’en rendre compte. La variété oxyphylla de Duchartre (A. pandurata Wall. nec Jacq.)
Vie
semble être assez fréquente et assez distincte. Ici la feuille s’élargit depuis la base jusqu’au tiers supérieur, puis diminue brusquement et se termine enfin par une pointe aiguë, plus où moins longue, quelquefois presque nulle. Le plus souvent la feuille est ovale oblongue, tantôt absolument arrondie à l'extrémité, tantôt plus ou moins aiguë. La base est variable aussi; on la décrit ordinairement comme cordée, mais le plus souvent elle l’est très peu, ou pas du tout. Presque toujours elle est tronquée, très rarement atténuée. La taille n’est pas moins variable depuis 3 cent. de long jusqu’à 12 ou 15. Toutes sont entières, glabres,lisses,assez dures, penninerviées, à 3-5 nervures basilaires, saillantes en dessous. Pétiole court.
Le fruit est une capsule cylindrique de 2 1/2 à 3 cent. 1/2 de long sur ? cent. de diamètre. La paroi en est mince, de couleur brune, souvent très claire. La forme générale est arrondie, les côtes peu saillantes, les cloisons papyracées. La déhiscence se fait par la base et sépare le pédoncule en six.
STRUCTURE. — Elle n’est pas caractéristique. Les tiges arrivées à un certain degré de développement sont recouvertes d’une couche subéreuse assez mince. Le parenchyme cortical est peu riche en amidon, mais contient de l’oléo-résine. La zone scléreuse très nette est continue et offre en alternance des fibres et des sclérites. Le parenchyme sous-jacent peut aussi contenir quelques cellules scléreuses ainsi que les rayons médullaires. Des gouttes d’oléo-résine se trouvent aussi dans beaucoup de cellules. Le bois n’a rien de spécial : il est régulièrement dichotomisé. On voit que c’est là une structure de Mil-homens.
La racine diffère peu. Elle est dans toutes ses parties gorgée d’amidon. L'écorce assez épaisse est à peu près dépouillée de suber, la zone scléreuse existe toujours, mais tantôt continue, tantôt rompue, et les amas en sont souvent assez distants. Les rayons médullaires cunéiformes très épais, un peu
R— sinueux, sont remplis de fécule. Le parenchyme cortical est
d'ordinaire très réduit. |
A. bracteata. — Ici ce n’est point la racine ou la tige qui constituent la drogue, mais la pousse feuillée et fructifère. La plante étant ligneuse, nous l’étudierons à côté de l'Indica.
Le meilleur échantillon que j'en aie vu provenait du droguier de la Faculté de médecine de Lyon. La tige n’avaitguère plus de ? mm. de diamètre, mais ce chiffre peut être doublé certainement ; elle était striée longitudinalement de lignes parallèles, nettes mais peu nombreuses, et portait des nœuds assez serrés, peu renflés, avec une feuille sur chacun et un fruit à l’aisselle de chaque feuille. La couleur de cette tige est d’un jaune blanchâtre ; parfois plus foncé dans d’autres échantillons (droguier de Guibourt). Sur la tranche nette on voit une écorce peu épaisse, blanc verdâtre, entourant un corps ligneux jaunâtre, avec une moelle centrale. Sur les souches plus grosses que contient l’échantillon de Guibourt, la loupe montre une structure rayonnée mais non en éventail, avec des pores peu visibles à l’œil nu, et des rayons médullaires assez nombreux.
Les feuilles portées sur les nœuds assez rapprochés ont un pétiole assez long, parfois décurrent, contourné, ridé. Limbe palminerve étalé, ressemblant assez à celui de l'A. Clematitis, mais plus petit avec les bords légèrement ondulés, crispés, la base un peu auriculée, obtuse, arrondie, cordiforme, à sinus largement ouvert; la face supérieure de cette feuille est ordinairement d’un gris noirâtre, tandis que la face inférieure est gris verdâtre ou même blanchâtre, glauque. Elles sont presque aussi larges que longues et parfois même plus. Environ 3 à 4 cent. Le pétiole porte une bractée réniforme.
Les fruits, qui sont une partie importante de la drogue, sont
lle
généralement nombreux sur la tige, portés au sommet d’un pédoncule courbe, assez long. Ces fruits sont petits (à peine 2 cent. de long sur 13 à 14 mm. de diamètre), formés de six feuilles carpellaires, d’une couleur vert olive très clair, de forme allongée, cylindrique, aplatie et même légèrement ombiliquée en haut. Les deux extrémités sont d’ailleurs très semblables et se distinguent seulement par l'insertion du pédoncule. Douze lignes méridiennes marquent ce fruit: celles qui correspondent aux nervures médianes des carpelles sont simples, celles des cloisons sont doubles, et un peu sinueuses.
Chez quelques-unes, la déhiscence septicide commence à se faire vers la base.
Les graines dont les piles remplissent les six loges du fruit sontaplaties, triangulaires, avec une face plus foncée, marquée de tubercules fins, irréguliers, et l’autre plus lisse, mais avec deux grosses saillies proéminentes.
L'odeur de la drogue est faible, sensible cependant. Le goût plus accentué, piquant, aromatique, puis un peu âcre et amer, mais point nauséeux comme on le dit.
STRUCTURE. — Les tiges jeunes que j’ai pu examiner présentent une écorce mince, formée d'un collenchyme extérieur et d’une zone continue de fibres tout à fait analogue à celle du Sipho jeune. Les faisceaux ligneux, encore petits, sont rangés autour d’une moelle volumineuse.
A. altissima. — M. Battandier a eu l’obligeance de m'adresser un échantillon de la souche de cette plante. Cette souche est de couleur gris brun, et atteint de 4 à 5 cent. d'épaisseur. Elle est ramifiée au sommet en quatre ou cinq branches de diamètre différent. L'ensemble est un peu
irrégulier etnoueux dur, ligneux. Sur une sectiontransversale, la couleur générale est blanc jaunâtre.
L’écorce est relativement assez épaisse, plus jaune que le bois et continue avec les rayons médullaires. Le bois a une structure rayonnée nette, visible à l’œil nu, surtout sur les branches moyennes, et les faisceaux ligneux se rejoignent au centre : il n’y à donc pas de moelle.
L'odeur et le goût sont accentués, surtout pour lécorce.
Je n'ai vu nulle part que la plante eût un usage médical quelconque, mais certainement elle doit être active.
STRUCTURE. — Très peu de suber. Parenchyme cortical à parois cellulaires assez épaisses. Il contient de nombreux îlots de sclérites plus ou moins volumineux, mais disséminés sans ordre. On retrouve ces mêmes amas au-dessous d’une ligne brunâtre, dont les cellules sont peu distinctes, mais qui répond à l’endoderme et qui sépare nettement la région corticale du cylindre central, même dans des branches de 1 cent. de diamètre. Le suber et le bois n’ont rien de spécial. Amidon en petits grains.
A. ?.— Racine d’'Epouramoulyÿ. — Sous ce nom j'ai vu au Muséum une drogue qui très certainement est une Aristoloche, mais qui présente des caractères spéciaux.
L’échantillon consiste en fragments de 13 à 14 cent. au plus, quelques-uns tout à fait dépourvus d’écorce. Celle-ci est très mince, souvent à peine adhérente, recouverte d’un suber très peu développé. La couleur en est assez variée du jaunâtre au brun.
Le bois est dur, très caractérisé par son aspect et sa structure. La couleur en est fauve. Entre les faisceaux ligneux sont de fines fibres anastomotiques. Sur la section les pores sont visibles à la loupe.
Certains fragments semblent provenir de tiges, d’autres de racines. I
Le goût n'en est pas très fort, sensible seulement.
L’odeur à la section est bien celle d'une Aristoloche.
Je ne sais ni d’où vient cet échantillon ni à quelle plante le rapporter. Il est spécial, et semblerait plutôt voisin de PIndica.
STRUCTURE. — L’écorce est mince et presque entièrement scléreuse. Le suber est peu développé, et le parenchyme cortical assez réduit a des cellules à parois brunes.
A .?.— J'ai vu à l École de pharmaciede Paris un très curieux échantillon étiqueté sous le nom évidemment fantaisiste d’A. Clematitis, et que je ne puis rapprocher d'aucune des espèces étudiées. En voici la description :
C’est un gros fragment de liane, de 55 cent. de long sur 22 mm. de diamètre, contourné, tortueux, bifurqué, et couvert de traces de branches, les unes grosses, les autres plus fines, souvent par groupes. La surface en est lisse, polie même souvent par le frottement sur les points saillants, et complètement dépourvue de suber apparent. On y voit quelques petites crêtes transversales fines. La couleur est d’un brun chocolat foncé.
Sur la tranche, l’aspectest rayonné, mais moins nettement que dans beaucoup d’autres espèces. La zone externe, jaune, brun clair, a 1/2 à 2 mm. de diamètre. Elle est adhérente au bois dont la couleur est plus claire, et dont les pores ne se voient à l’œil nu qu'avec difficulté; à la loupe, ces pores sont petits, réguliers, égaux. Les rayons médullaires sont assez irréguliers, ordinairement minces, de la couleur de l’écorce. Quelques-uns se rejoignent au centre pour former une petite moelle de ? mm. de diam. assez peu nette.
L’odeur presque nulle se développe fortementpar le râclage ou la section.
Le goût est fort, piquant, très caractérisé.
STRUCTURE. — Le suber n’est représenté que par quelques cellules éparses cà et là. Au-dessous est un épais parenchyme très fortement amylacé, présentant dans sa partie externe quelques îlots allongés de fibres polygonales peu épaissies. Le liber contient aussi de l’amidon. Le bois a la structure typique: les faisceaux ligneux sont longs et étroits. Quelques cellules huileuses dans les rayons médullaires, mais fort peu.
A. Kaempferi.— La drogue est ici uniquement constituée par les fruits et les graines.
Les fruits, d’après l'échantillon de l’École depharmacie de Paris (Collection de Chine) ont environ 2 1/2 à 5 cent. de long sur un diamètre de ? cent. 1/2. Ces fruits sont très légers, fragiles, papyracés, globuleux ou ovoïdes, de couleur brun-rougeâtre, ou jaune-clair, souvent café-au-lait. La nervure médiane de chaque carpelle est constituée par une ligne fine, sinueuse, à sinuosités serrées, quoique unpeu irrégulières. Les carpelles séparés offrent des cloisons plus claires, blanchâtres comme aussi la face interne de tout le carpelle, marquées de stries transversales un peu courbes. La limite entre la partie dorsale et la partie septale des carpelles séparés est indiquée par une arête vive. L'’odeur est nulle. Le goût à peu près nul, sauf un peu d'âcreté à la fin.
Les graines sont vaguement trapézoïdales, grâce à une aile large qui entoure l’amande plus arrondie. Elles sont très aplates. L'une des faces est brun foncé, l’autre plus claire, recouverte d'une fine membrane. Près du hile, la transparence est assez grande. Ces graines ont environ 1 cent. dans la
hauteur, 1 cent. aussi pour la base la plus large du trapèze, 6 mm. pour la petite. Les graines ‘de la collection de Lyon sont plus irrégulières et beaucoup plus petites. Elles semblent provenir d'une autre espèce ; 7 min. sur 4 1/2.
TUBERCULEUSES