‹ Les Aristoloches: Étude de Matière MédicaleChapitre 25 sur 33 · HasrarTa Duch. (loc c't., p · texte numérisé non relu

HasrarTa Duch. (loc c't., p

— A. Polyrhizos auriculatis foliis Virginiana Plukenet, Phytogr., t. 78, fig. 1 ; Almagest. bot., p. 50; — J. Ray, Hist. pl., III, p. 393 ; — Morison, Hist. pl., III, 510.

— À. Serpentaria f Willdenow, Spec. plant., IV, pars I, p:159°

— A. sagittata Muhlenberg, Catal. (ex Sprengel).

— À. hastata Nuttal, Gen., II, p. 200 (nec H. B. K.).

— À. polyrhizos Sprengel, Syst., IV, pars 2, p. 310.

— A. Serpentaria, var. hastata Guibourt, Hist. des drogues éd 0, MIT 7374;

— Endodeca polyrhizos Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 601.

Noms vulgaires : Serpentaire, Serpentaire de Virginie, Aristoloche Serpentaire, Vipérine, Colubrine, Couleuvrine de Virginie, Contrayerva de Virginie‘, etc. Virginische Schlangenwurzel (Allemand), Virginia Snake-root, Serpentary root (Anglais), Virginische Slangenwortel (Hollandais) — Slangroed (Danois) — Ormrot (Suédois) — Radix Serpentariæ (Offic.).

C'est probablement aussi le Radix Snagroel dont parle Cornuti ?.

DESCRIPTION DE L'ESPÈGE. — L’A. Serpentaria est une

* Pomet dit encore qu'on la nomme Serpentine de la Virginie, ou Dictame ou Pouliot, ou Contrayerva de la Virginie.

? « Missa quoque est ad me ex notha Anglia radix quam Serpentariæ vocant, vernacule Snagrôel cum hac inscriptione. Hæc radix alexiterium præsentissimum est, contra morsum serpentis ingentis, pernitiosissimique in notha Auglia, cujus morsus intra duodecim horas interficit, nisi hujus radicis suma.

tur potio, qua sumpta nullus unquam auditus est periclitari de vita.» (Cornuti, Canadens. plant. Histor., p. 214.)

petite plante herbacée, vivace, assez humble, atteignant tout au plus 25 ou 30 cent.

Elle nait d’un petit rhizome souterrain, horizontal ou plus souvent oblique, défini, portant sur les côtés et en dessous des racines allongées, et à la face supérieure la base des tiges tombées les années précédentes. Les racines adventives sont longues, fines, chevelues, de couleur un peu jaunâtre, fortement odorantes, de saveur très aromatique. Ces racines constituent avec le rhizome la drogue connue sous le nom de Serpentaire de Virginie; elles ont été déjà décrites (voy. p. 49).

Tiges faibles, flexueuses, parfois géniculées en zig-zag et même noueuses au niveau de l'insertion des feuilles, (1 sorte), parfois droites, simples ou peu ramifiées, souvent un peu rougeâtres et dénudées en bas, feuillées en haut.

Feuilles de forme extrêmement variable. En général ovales, cordiformes, à sinus plus ou moins marqué, quelquefois presque nul, tantôt très larges, tantôt au contraire allongées et longuement acuminées, parfois hastées et auriculées à la base, très polymorphes, variant parfois sur le même échantillon. Il est donc difficile de baser des variétés sur les seules formes des feuilles. La couleur est verte, plus ou moins foncée: ellessont pétiolées, glabres ou légèrement pubescentes, surtout sur les nervures et les pétioles. Toutes sont alternes, distiques, planes, très minces, presque papyracées, à nervures peu saillantes en général, à bord très entier.

Feuilles inférieures réduites à des écailles à l’aisselle desquelles naissent les fleurs. |

Fleurs peu nombreuses, solitaires à l'extrémité de pédoncules plus ou moins longs, garnis de quatre à six petites bractées, subcordées, alternes, parfois pubescentes. Ces pédoncules naissent à l’aisselle des feuilles écailleuses, tout près du collet de la racine. Rarement dressés, ils se recourbent d'ordinaire

vers le bas comme pour cacher la fleur au milieu des feuilles sèches qui entourent d’ordinaire la plante. Les fleurs sont petites, formées d’un périanthe de couleur pourprée brunâtre, fortement courbé en S, avec un utricule renflé oblong, un tube rétréci et un limbe irrégulier, concave, trilobé, à ouverture vaguement triangulaire.

Six anthères biloculaires connées avec les faces du style charnu à trois lobes. Ovaire infère, poilu, hexagonal, oblong. Stigmate étalé au-dessus des anthères, empêchant toute fécondation. Ovules nombreux sur deux rangs.

Le fruit est une petite capsule à six angles peu saillants, courte, parfois un peu déprimée au sommet, de couleur grise ou brunâtre. Graines aplaties, triangulaires, petites.

L'espèce ainsi comprise est bien limitée, mais elle présente des formes dont on a quelquefois cherché à faire des espèces. Comme les termes de passage sont assez fréquents, et comme les feuilles sur lesquelles on s’est souvent basé sont extrêmement variables de forme, ces espèces sont mauvaises et ne doivent être acceptées que comme des variétés. On a pu voir par la synonymie que déjà Plukenet les avait fort bien distinœuées sous trois noms différents et que Ray, Morison, etc., l'avaient suivi dans cette voie. Linné réunit toutes ces formes sous son espèce Serpentaria Willd.; Gronovius‘les considère comme trois simples formes qui ne diffèrent que par la station ou la culture. Willdenow les désigne comme des variétés B, y de l’une des formes prise comme type spécifique. Klotzsch admet un genre Endodeca crée par Rafinesque?. Il y fait rentrer la Serpentaire que Rafinesque n'y mettait qu'avec doute, et le divise en 3 espèces qui correspondent d’ailleurs aux 3 plantes de Pluckenet. Cette division en 3 est aussi celle

1 Flora virginica, p. 140.

2 Med. flor., & 1, p.62.

de Guibourt d’après les drogues (car il faut mettre à part sa fausse Serpentaire qui constitue une espèce particulière) : c'est cette division qui sera suivie également ici. En somme, l'A. Serpentaria de Linné présente de nombreuses formes que l'on peut grouper sous trois chefs :

PREMIÈRE FORME. — Variété à feuilles larges de Guibourt,. — C’est le type de l'espèce, auquel par conséquent se rapporte la synonymie générale et la description.

Elle est caractérisée surtout par sa tige flexueuse, géniculée, souvent renflée aux nœuds, parfois rameuse, par ses feuilles généralement assez larges et cordiformes, glabres. Il est vrai que le plus souvent les feuilles sont plus larges que celles de la ?° sorte, mais il ne faut accorder qu’une valeur secondaire à ce caractère, qui varie beaucoup et parfois sur la même plante. Je n'ai jamais trouvé de feuille aussi large que celles que représente Guibourt. Dans le droguier même, les feuilles sont assez rares et aucune n’a la forme de celle de l'Histoire des drogues simples.

Cette Serpentaire de Virginie était la seule que l’on connût dans le commerce avant 1816. Elle a été souvent décrite et figurée, mais des erreurs fréquentes se sont glissées dans plusieurs dessins, et l'on me permettra de passer rapidement en revue les principaux d’entre eux.

La figure la plus ancienne que j'en aie vue est celle de Pomet ‘ (1694). Les fruits sont trop haut placés, mais la figure est assez bien celle de la 1" sorte, avec les feuilles cordiformes élargies à la base, et un petit paquet de racines fin, tortueux, chevelu; les tiges se voient mal et l’ensemble est trop touffu.

La figure de Plukenet *, à laquelle d’ailleurs Guibourt ren-

1 Pomet, Hist. gén. des drogues, livr. Il, chap. m1, p. 49. 2? Phytographia, tab. 148, f. 5,

voie, est tout à fait caractérisée. Les feuilles sont semblables à celle du dessin de Nees, sur lequel cependant Guibourt a commis une erreur, comme on le verra plus loin.

Morison ‘ n’a qu'une figure assez primitive, où le fruit est représenté à tort comme pentagonal; c'est sa 14° espèce.

Jacquin a donné de cette plante une figure * que Guibourt a rapportée, comme on va le voir, à la fausse Serpentaire, mais qui certainement est la représentation de la {re sorte, avec la tige noueuse, géniculée, etc. L'ensemble des racines est plus volumineux que dans les spécimens que j'ai vus en droguier.

La figure de Plenck * est médiocre. Le rhizome n’y est pas représenté ; les feuilles en sont élargies à la base au point d’être presque trilobées et de former une sorte d’intermédiaire entre la 1" et la 3° sorte de Guibourt. Les unes sont cordées, les autres non. Les fleurs laissent à désirer, et les fruits, trop gros et trop rouges, sont représentés, au moins celui qui est coupé, avec cinq carpelles.

Chaumeton “ représente une plante dont les feuilles acuminées larges à la base sont à peu près celles de Plukenet et de Nees, et à peu près aussi celles que j'ai vues dans les droguiers. La tige est moins coudée, et comme le reste de la plante très légèrement poilue. La racine est chevelue, mais représentée trop petite. Il y a deux fleurs violettes.

La planche de Bigelow à été rapportée par Guibourt à la 2e sorte, ce qui est probablement une erreur. Duchartre la range dans le type, avec raison, je crois. Cette figure ne re-

* Plant. Hist., I, p. 510 : « Hæc », dit-il, «pro Serpentaria majori, in officinis fortassè venundatur, »

2? Hortus Schœnbrunn., tab. 385.

3 Icon. plantar.medic., cent. VI], tab. 647.

4 Flore médic.,'livr: 84; pl. 325.

5 Amer., méd. bot., LIT. 82, f. 49.

présente malheureusement pas les racines, ou les représente mal, (peu nombreuses bifurquées, etc.) La tige est nettement noueuse et géniculée. Mais les feuilles acuminées, non auriculées, à peine cordées, assez longues, ressemblent davantage à celles de la seconde sorte. Il reste quelques doutes, et c'est là un exemple de ces fréquents intermédiaires qui réunissent les deux types extrêmes.

Malgré des feuilles un peu longues, la petite plante de Rafinesque ‘, avec ses tiges très anguleuses, appartient bien à la 1e sorte.

La figure de Nees d’Esenbeck ? est fort intéressante ; on y voit un paquet de racines assez nombreuses, longues de 10 à 15 cent. et partant d’une souche commune {représentée à tort comme arrondie).

Des fleurs rougeâtres ou violacées, et des fruits un peu allongés, arrondis, sans angles nets, marqués seulement de six lignes méridiennes blanches, sont portés à la base de deux branches d’abord droites, puis anguleuses, pourvues ainsi que les pétioles de quelques poils courts, épars. Les feuilles sont distiques, vert clair en dessus, un peu blanchâtres au dessous, cordiformes, acuminées; ce sont évidemment les feuilles de la 1"° sorte, très analogues à celles de la figure de Plukenet.

Je ne puis m'expliquer comment Guibourt à fait reproduire ces feuilles comme le type de sa fausse Serpentaire. L’échantillon de fausse Serpentaire du droguier Guibourt contient des feuilles toutes différentes qui sont, sans doute possible, celles de l'A. reticulata Nuttal ; d'autre part, les feuilles de la figure de Nees ressemblent tout à fait à celles que j'ai trouvées dans l'échantillon de Serpentaire vraie étiqueté de la main de Gui

1 Medic. flor., t. L p. 61.

2 Beschreib. offiz. Pflans., tab. 143.

bourt. Nees a donc représenté fort exactement le vraie Serpentaire, la 1° sorte, et Guibourt a reproduit une réduction de son dessin en l’attribuant à tort à la fausse. Il est vrai que cette figure, il le reconnaît lui-même, diffère en quelques points de sa description. Cette erreur est d'autant plus étonnante de la part du méticuleux Guibourt que tous les éléments pour lacorriger se trouvaient dans son droguier. Quant à la forme de feuille qu’il dessine comme typique de la vraie Serpentaire, je ne l’ai trouvée à peu près nulle part, et elle devait manquer depuis longtemps dans le droguier même, car elle est dessinée sur un papier joint à l’échantillon. Il est probable que c’est là une forme exceptionnelle, élargie et très raccourcie, que Guibourt a décrite comme la forme normaleet qui lui a fait méconnaitre l’exactitude de la figure de Nees et de celle de Jacquin. 4

Mais ce n'est pas encore tout. Berg et Schmidt dessinent dans leur ouvrage',une bonne figure de l'A. Serpentaria vraie, avec des feuilles dont l’inférieure plus petite est de la forme latifolia de Guibourt, tandis que les autres ont la forme de celles de Plukenet, Nees, etc : en un mot c'est la 1" sorte, le type. Mais les racines représentées à côté sont, sans doute possible, celles de la fausse Serpentaire, de l'A. reticulata. Ce dessin a dû être fait sur des racines sèches mal nommées, ce qui n'est pas étonnant vu la fréquence actuelle de l'A. reticulata dans les pharmacies. Enfin le dessin de Bentley et Trimen?, me semble entaché de la même erreur, car le rhizome représenté est gros et long, et les racines également plus grosses que celles de la vraie Serpentaire. Il est vrai qu’elles sont plus chevelues que ne l’est d'ordinaire la fausse.

! Darst. und Besch. der Offiz. Gew., IV, pl. XXV, a. 2? Medicinal Plants, IV, n° 246.

Une bonne représentation de la plante est donnée dans la Botanique médicale de M. Baillon‘.

Cette discussion un peu longue s’explique, on le voit, par la confusion qui s'était faite sur ce point.

DEUXIÈME FORME. — Variété à feuilles étroites de Guibourt. — Ce n’est certainement pas une espèce, car on trouve bien des termes intermédiaires entre elle et la première forme. Plus élancée, plus grêle, plus haute, moins ramifiée que la première sorte; les fleurs sont dressées au lieu d’être penchées, les bractées moins nombreuses et plus petites, les feuilles moins cordiformes et proportionnellement moins larges. Mais c’est un caractère essentiellement variable.

La figure de Plukenet représente (avec des fleurs d’ailleurs complètement inexactes) une Serpentaire que rappelle tout à fait la figure de Guibourt. Les feuilles en sont lancéolées, très lécèrement cordées. La racine est fine et fibreuse.

Morison lui attribue des racines très fines et blanches *.

Une très bonne figure a été donnée par Nees d’Esenbek; c'est celle que Guibourt a fait copier pour son livre : elle répond donc exactement à la deuxième sorte. Le rhizome y est à peine indiqué et les fibres radicales y sont bien moins nombreuses, et portent beaucoup moins de chevelu que dans la réalité. La tige s’élargit un peu au-dessus de la base, ce qui est, en effet, le cas ordinaire dans cette forme. Les feuilles sont exactes, mais ne représentent qu'une forme, fréquente ilest vrai; dans la nature, elles sont très souvent bien moins régulièrement atténuées de la base au sommet, souvent même la largeur maximum est au 1/3 supérieur. Elles sont glabres, peu ou pas cordées à la base. Cette figure de Nees, avec sa tige droite, mince, peu anguleuse, en tout cas non noueuse, est

1! Baillon, Bot. méd., p. 1172. 2 Plant. Hist., III, p. 150.

le type à retenir pour la deuxième sorte. I] faut se fier au port de la plante et à l’aspect de sa tige bien plus qu’à la forme variable des feuilles. Celles-ci sont toujours très entières, très minces, presque transparentes, mais ce sont aussi les caractères des autres formes du vrai Serpentaria. Les rhizomes et racines ont été étudiés.

L'échantillon de l’herbier du Muséum est un intermédiaire entre la première et la deuxième sorte: la tige le rapproche plutôt de la deuxième; il a des feuilles de forme variée parfois sur le même pied.

Par contre, l’herbier de la Faculté de médecine de Montpellier offre les deux sortes nettement distinctes: vues ainsi à côté l’une de l’autre, et'avec les caractères bien tranchés, on serait tenté de les séparer spécifiquement. Dans lune, la tige est très anguleuse, striée en long, coudée à chaque feuille, à nœuds de plus en plus rapprochés; les feuilles sont aiguës au sommet, cordées à la base, larges ; c’est la première sorte très caractérisée. Dans l’autre, étiquetée: « Snakeroot, Witmington.. près des champs à riz dans les bois », latige est plus longue, moins chargée de feuilles, plus fine, moins anguleuse ; les feuilles très minces, plus que dans la première, tout à fait papyracées et à nervures moins visibles, et de forme assez variée, généralement acuminées. C’est absolument la deuxième sorte du droguier de Guibourt. On en trouve aussi dans les herbiers des échantillons beaucoup plus petits. Dans l’un d’eux, venant de la Caroline (Herb* fac. méd., Montpellier), quelques feuilles montrent une tendance à devenir auriculées et se rapprochent ainsi de la forme n° 3, hastata.

L’A. Serpentaria de Bigelow, dont Guibourt fait le type de sa deuxième sorte, doit probablement, comme on l’a vu, se rapporter à la première.

TROISIÈME FORME. — Variété à feuilles hastées. — Cette variété semble plus nettement séparée des autres, si j'en juge du moins par les figures et les descriptions, car je n'ai pu trouver nulle part dans le droguier de l'École de pharmacie de Paris l'échantillon décrit par Guibourt'. Plukenet en donne sous le nom de A. Polyrhizos auriculatis foliis virginiana une figure bien spéciale par la forme auriculée des feuilles. Il ajoute : forte Polyrhizos virginiana Parkinson, Serpentaria allera virginiana vulgd. La tige en est droite comme dans la deuxième sorte, les racines en un faisceau dans lequel le rhizome n’est pas nettement dessiné. J. Ray lui donne la même synonymie. D’après Klotzsch ?, elle offre les caractères suivants: un pied de hauteur, légèrement pubescente, très feuillée en haut, à feuilles hastées lancéolées, longuement atténuées, très finement pubescentes, à marge glabre, vert foncé en dessus, vert pâle en dessous ; les pétioles sont courts, pubescents, ete... Ces feuilles sont, d'après Guibourt, très minces et transparentes, analogues par ces caractères aux deux premières sortes. |

Elle a dû être de tout temps rare dans le commerce, car on la voit peu dessinée et peu décrite. Certains auteurs disent pourtant qu’elle est souvent mêlée à la Serpentaire officinale. dont le rhizome diffère à peine *.

Elle habite l’Arkansas et la Caroline.

HisroriQue. — Jusqu'au X VIT siècle, les médecins européens ont ignoré l'existence de la Serpentaire, et se servaient uniquement des Aristoloches de nos pays. La première mention de la plante nouvelle, qui devait détrôner les espèces

1 Il est même probable que cet échantillon à disparu depuis longtemps, car il n’en est pas fait mention dans le Traité pratique de la détermination des drogues simples de G. Planchon, rédigé d’après les échantillons de Guibourt.

2 Klotzsch, loc. cit., p. 601.

3 Wood et Bache, The dispensatory of the U. S., p. 1301-1304.

indigènes, a, dit-on, été faite par Thomas Johnson, apothicaire à Londres, en 1632. Thomas Johnson assure que c’est la racine d’une plante nommée Aristolochia Pistolochia altera Jean Bauhin, Pistolochia Cretica C. Bauhin, Pinax; Pistolochia sempervirens.— Jean Ray, qui avait accepté cette idée dans son 1°" volume de l'Histoire des plantes, en doute dans le second, et change enfin d’avis dans le 3°, d’après l'opinion de Plukenet'. En réalité, Johnson a confondu cette plante avec l'A.sempervirens, que Gérarde (dont il publia une édition) avait appelé À. Cretica seu virginiana.

Cornuti la désigne probablement en 1635 sous le nom de Radix Snagroël, et Parkinson, en 1640, l'appelle d’après Ray Pistolochia Viryiniana. La plante entra dans la pharmacopée de Londres en 1650 °. Dale, en 1693, en exalte les vertus contre la rage etles serpents. Pomet, Plukenet, en donnent d’assez bonnes figures dans leurs livres. Mais la première description de la plante est due à Banister dans les «philosophical transactions » *. Jean Ray * déclare avoir reçu la description de la plante de Banister, et l'avoir simplement traduite en latin.

La plante une fois connue se trouve décrite dans la plupart des livres, et jouit en Europe d’une grande réputation. En 1710, Gockelius et Wedelius publient à [éna des dissertations de Serpenlaria virginicà *. Morison, Catesby, Gronovius en parlent dans leurs ouvrages, et dès lors la Serpentaire est hautement appréciée dans tous les traités de matière médi-

1 Geoffroy, Mat. méd., II, 245.

? Fluckiger et Hanbury, ist, des drog. végét., 11, 357.

3 Dans l’Abrégé des transact. phil. de Gibelin, Botanique, t. SUIS 1790, on trouve : « Sur la Serpentaire de Virginie, par M. J. Banister, année 1698, n° 247. »

4 J. Ray, Hist. plant., III, 394.

$ D'après Baillon, Aristol. médicinaux, p. 21,

cale. Il n’en est pas de même aujourd’hui ; ce médicament, trop complètement oublié, n’est plus dans les officines qu’un objet de curiosité, et même l’A. Serpentaria vraie n’y existe plus du tout : la seule Serpentaire qu'on y rencontre encore est l'A. reticulata, comme on le verra plus loin.

HaBrrar.—Malgré son nom de Serpentaire de Virginie, la plante est loin d’être spéciale à cet État. On la trouve en effet dans la Virginie, la Caroline, la Floride, la Tennessee, le Kentucky, l’'Indiana, l'Ohio, le Pensylvanie. Moins fréquemment dans le Michigan, le New-York, le Connecticut. Elle abonde dans les monts Alleghanys et les montagnes du Cumberland.

Elle recherche l’ombre et les bois humides, surtout sur les montagnes ; elle cache ses fleurs dans les feuilles mortes, et est même, dit-on, assez difficile à trouver, et par conséquent toujours chère, parce qu'elle pousse fort tard, çà et là, toujours isolément, au milieu des herbes assez hautes du sousbois. De plus, les feuilles sont souvent mangées par la chenille d'un papillon ‘, ce qui rend la récolte plus difficile encore. Elle fréquente rarement les sols calcaires.

La marchandise expédiée fréquemment par Wheeling et Pittsburgs est exportée de New-York et de Boston en balles, sacs ou caisses. Les balles sont d'environ 100 livres et contiennent souvent des tiges et de la terre adhérente*.

CONSTITUTION CHIMIQUE.— De toutes les Aristoloches, c’est encore la Serpentaire dont on a le plus étudié la composition. J'ai dit plus haut que je n’avais pas Pintention d’aborder dans ce travail le côté chimique de la question. Je me contente donc de rappeler que la première analyse est due à Bucholtz (1807), et que d’autres ont été successivement faites par

1 Bosc, art. Aristoloche, in Nouv. dict. d’hist. nat. appl.,t. Il, p.527-529. 2 Wood et Bache, The dispensatory of U. S.

Chevallier (1820), Peschier (1823), Grassman, etc. La plus récente est due à Spica (1887)'. On ya trouvé, entre autres choses, une huile volatile odorante jaune; une résine; une substance amère, l’Aristolochine, précipitable par le tannin, peu soluble dans l’eau, un peu plus dans l’eau froide, soluble dans l'alcool; du sucre, etc. Le camphre serait intéressant à étudier comparativement dans plusieurs espèces.

SUBSTITUTIONS. — La plus importante de beaucoup est celle qui consiste à remplacer l'A. Serpentaria par l'A. reticulata ; aujourd’hui même, comme on l’a vu, celle-ci est la seule que l'on trouve en France dans le commerce. Elle sera l’objet d’un chapitre spécial.

Mais d’autres substances ont pu être parfois données comme Serpentaires, et les journaux américains ont fréquemment signalé ces substitutious.

Ce sont d’abord d’autres Aristoloches ; mais aucune, sauf le reticulata déjà indiqué, ne peut être facilement confondue avec l'espèce. On cite souvent l'A. {omentosa comme substitué à la Serpentaire. J'avoue ne pas comprendre cette substitution. Les deux plantes n’ont aucun rapport ; les racines, les tiges, les feuilles, l'aspect général, tout est dissemblable profondément. Ce seraient iciles racines que l’on mêlerait à celles des autres espèces.

L'A. hastata, souvent indiquée aussi, est une variété probablement: c'est la troisième sorte de Guibourt, et par conséquent son mélange à la Serpentaire ordinaire n’a rien de frauduleux. Les feuilles la feraient reconnailre au besoin.

L'A. hirsuta (voyez cette espèce) est mal connue. Je n’en puis décrire ici les racines.

Les Asarum Canadense L. et Virginicum L. ressemblent assez par leurs racines à la Serpentaire ; mais le rhizome

2 Spica, Gus. chim. ilal., 1887, fase. V, p. 313.

allongé de ces plantes est plus gros que celui de la Serpentaire, quadrangulaire, contourné, noueux, avec des radicules blanchâtres. L’odeur est forte et poivrée, la saveur très piquante, poivrée aussi. L’Asarum Canadense est souvent appelé Serpentaire du Canada.

L'Hydrastis Canadensis L., qu'on dit exister en grande quantité dans la Serpentaire, et que, pour ma part, je n’y ai jamais vu, se distinguera facilement à son rhizome beaucoup plus gros et plus lourd, sans traces d'anciennes tiges, et qui, lorsqu'on le brise, présente une couleur jaune vif des plus caractéristiques. Les racines d’ailleurs sont un peu emmêélées il est vrai, mais non chevelues, assez aplaties et ridées en long par la dessiccation. Elles n’ont ni le goût, ni l’odeur de la Serpentaire. Un peu piquantes et très amères, mais non camphrées.

Les racines du Panax quinquefolium L. se rencontrent, dit-on, à l’état de mélange accidentel. Ce n’est pas une falsification.

Les racines des Collinsonia scabriuscula et præcox, indiquées parfois comme une substitution réelle, n’ont jamais été trouvées par Guibourt. Je n’en ai jamais vu non plus. D’ailleurs, je dois dire qu’en France j'ai toujours trouvé la Serpentaire assez pure. C’est toujours, il est vrai, le reticulata, mais les racines étrangères qu’on y rencontre çà et là n’y sont pas mises comme falsification. Il y a souvent de la terre, et la récolte doit s’en faire sans beaucoup de soin.

Le Rhizome d’Asclépiade (Vincetoxicum officinale Mônch) a un peu l'aspect de la fausse Serpentaire. Mais il est cependant très facile à distinguer : la souche, grosse de 5 mm. de diamètre et plus, allongée, porte les bases des anciennes tiges, assez grosses, courtes. Les tiges sont grosses, dures, ligneuses, de 3 à 5 mm. de diamètre, très différentes de celles de lAristoloche. Les racines forment un paquet qui

ressemble un peu à celui de la fausse Serpentaire par le diamètre, la couleur et l’arrangement parallèle des racines : mais celles-ci sont beaucoup plus longues (elles atteignent 20 cent.) et l’ensemble est beaucoup plus volumineux. L’odeur et le goût ne permettent d’ailleurs aucune erreur.

La confusion avec le Spigelia Marylandica L. pourrait, si elle se produisait, avoir les conséquences les plus graves. Il y a bien entre les deux drogues quelques rapports ; ainsi, les racines adventives, fines et brunâtres, emmêlées, se ressemblent un peu. Elles partent aussi d'un rhizome dont la partie supérieure porte des bases de tiges. Mais celles-ci sont plus ‘rares et bien plus grosses que dans la Serpentaire. Le rhizome, lui aussi, est plus gros, plus long : sur la tranche, une zone blanche entoure une moelle centrale assez volumineuse. Enfin l'odeur de la Serpentaire manque, et la saveur amère de la Spigélie n'est aucunement camphrée ni aromatique.

Le Cypripedium pubescens Willd. (ou Valériane d’Amérique) serait, d’après Maisch, une des substances les plus employées pour falsifier la Serpentaire aux État-Unis, et la fraude se ferait sur une grande échelle. La sophistication est dans tous les cas bien facile à constater. Le rhizome du Cypripedium est beaucoup plus gros que celui de la Serpentaire, et présente, au lieu des bases detiges, des cicatrices larges et profondes, creusées dans le rhizome lui-même. En outre, les racines sont ici plus grosses, fortement sinueuses, un peu ridées en long, non chevelues et de couleur brun jaunâtre, différentes de celle de la Serpentaire.

On ne saurait confondre dans les droguiers le rhizome et la racine de Serpentaire avec celui de la Primevère, plus gros et sans bases de tiges, avec des racines brun jaune, d’un blanc éclatant sur la section, ridées en long, et n'ayant ni le goût ni l’odeur de la Serpentaire.

PROPRIÈTÉS. — Si l’usage de la Serpentaire de Virginie n’a pas encore complètement disparu, du moins peu s’en faut. Déjà beaucoup de pharmacies sont complètement dépourvues de ce médicament, et dans beaucoup d’autres on ne l’a conservé que comme curiosité. Encore toute la Serpentaire actuellement vendue en France est-elle fournie non par la plante authentique, mais par l’A. reticulata. Mais la Serpentaire n’est vraiment digne ni de l'immense réputation d'autrefois, ni du méprisant dédain d'aujourd'hui. C'est, à n’en pas douter, un stimulant actif et un diaphorétique puissant, qui, à ce double titre, pourrait être souvent et utilement employé. Il suffit de sentir et de mâcher un fragment de racine pour y reconnaître une plante active. Mais on en a fait si souvent un remède à tous les maux que, par une réaction naturelle, on ne l’emploie plus jamais.

La morsure des serpents est, d’après les anciens auteurs, guérie par l’usage de la Serpentaire, et cette croyance remonte haut, car le nom même de Serpentaire est très ancien. D’après un vieux préjugé, la plante serait même nuisible au serpent!.

2 « Les Anglois..... s'en servent contre toute sorte de venins, en ayant éprouvé les bons effets dans les lieux où elle croît, et surtout contre la morsure d’un certain serpent assez gros, long de 5 pieds, de couleur brune mêlée de aune, ayant les dents longues et pointuës, portant certaines sonnettes sous la queue, rampant avec une extrême vitesse et fort redoutable aux voyageurs qui seraient beaucoup plus sujets à en être attaqués et mordus, si le bruit de sonnette qu'ils entendent de loin ne les obligeait à se tenir sur leurs gardes et à suivre les avis de ceux du pays qui leur font porter un long bàton fendu par un bout, et dont la fente est remplie de vipérine écrasée et débordante hors de la fente du bâton ; pour s’en servir à avancer la pointe fendue contre la gueulle du serpent s'il vient à eux et l’en faire mourir, ou l’obliger à s'éloigner d'eux ; et d'autant que ceux du pays prennent ce serpent pour une espèce de vipère, et que cette racine guérit les morsures, on lui à donné le nom de Vipérine.... Les Espagnols ont donné à ce serpent le nom de Cascavel à cause des sonnettes qu'il a sous la queue. » (Pomet, Hist. génér. des drogues, p. 49.) n

D’après d'autres, ce serpent à sonnettes est appelé par les Indiens Boicininga (voy. Chomel, Hist. pl. usuell., I p.418, etc.).

On l’employait, en mâchant la plante, en avalant le suc et aussi en appliquant les feuilles contusées sur la plaie (Murray). Bosc, qui l’a employée fraîche pour guérir un nègre mordu par un serpent, pense qu'on peut la mettre au nombre des plus actifs sudorifiques connus. Quelques gouttes de l’eau d’infusion ont suffi pour déterminer chez lui-même une abondante sudation ‘. Cette propriété diaphorétique étant admise de tous, on peut dire que la Serpentaire rendra quelquefois service comme adjuvant dans les cas de morsures. Mais elle à beaucoup d’autres usages.

Dans les fièvres, sa réputation était fort grande, Murray la recommande tout spécialement dans les fièvres putrides, malignes, adynamiques, quand le pouls a besoin d’êtrerelevé. Mais on la donnait aussi (Sydenham, etc.) contre les fièvres intermittentes, le typhus et en général les maladies qui demandent des antiseptiques : scorbut, gangrène, etc., etc. Comme elle est fort excitante, on l’a fréquemment ordonnée avec succès dans les maladies atoniques, accompagnées de prostration et de stupeur. Il est certain qu’elle ranime les forces assez énergiquement, et que son action la plus marquée est de combattre l’adynamie partout où elle se montre. Beaucoup de médecins recommandaient de ne jamais l’employer pendant la période inflammatoire des fièvres.

La faiblesse et l'irrégularité du pouls, la stupeur, l’abattement, la prostration en sont les principales indications.

La Serpentaire est un antiseptique que l’on a employé même dans la gangrène, et auquel on a eu recours dans la variole confluente, l’urticaire, la scarlatine, certaines angines même graves, etc.

Comme diurétique, anthelmintique, purgatif même, on dit en avoir obtenu de bons effets.

! Bosc, art. ARISTOLOCHE, in Nouv. dict, d’hist. nat. appl., t. IT, p. 527-529.

Comme emménagogue, elle a été moins souvent employée que beaucoup d’autres, assez fréquemment pourtant, on l’a aussi préconisée contre plusieurs névroses (hystérie, épilepsie, paralysie, etc.).

Comme stomachique on l’emploie dans les dyspepsies.

Chaumeton déclare qu’elle peut parfois être plus nuisible qu'utile, et qu’elle n’a nulle action contre la rage ni contre les serpents.

En résumé, un stimulant, diaphorétique, antiseptique.

Certains médecins en font encore assez souvent usage et regrettent justement que le médicament vraiment actif soit délaissé avec tant d’autres. M. Délioux de Savignac, par exemple, déclare en avoir retiré de grands avantages dans les adynamies de la fièvre typhoïde et dans les débilités et anémies des maladies chroniques *.

A petites doses, la Serpentaire amène une excitation assez vive, augmente la fréquence du pouls, excite l’appétit, détermine une hypersécrétion urinaire et sudorale. Cette action est rapide.

Si l’on augmente la dose, on obtient des nausées, des tranchées, des troubles cérébraux, de la céphalalgie, etc.

Elle n’est guère prescrite aujourd’hui, surtout seule. On l'associe parfois au quinquina dans les fièvres adynamiques. On en faisait souvent un extrait aqueux et surtout un extrait alcoolique plus actif, une infusion aqueuse, une décoction, une teinture, une boisson avec 15-20 grammes d’infusion par litre; enfin on l’administrait fréquemment en poudre, dans l’eau-de-vie ou sous forme de pilules ou d’électuaires *. On en retirait par distillation une eau et une huile odorantes.

4 Voy. Dict. de Dechambre, t. VI, p. 118.

2? Voici quelques anciennes formules :

Racine de serpentaire, 1/2 scrupule. Pattes noires d’'écrevisses préparées,

pe

HSE

La Serpentaire entrait dans beaucoup d'anciennes prépara-

tions: poudre antiépileptique de Londres, poudre d’écrevisses

de Charas ou de la comtesse de Kent, l'Orvietan præstantius, l’eau générale, l’eau thériacale, etc., etc.

A. reticulata Nuttal, Trans. Amer. Phil. soc ; nov. ser. V., p. 162 (ex Duch.).— Duch., Prodr.; XV, p. 434.

Siphisia reticulata Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 604.

A. pseudo-serpentaria Guibourt, Drog.simpl.(lafigure qu'il donne ne s’y rapporte pas) (excl. syn. Jacquin et Nees), édit:6,4.-11,; p.375;

Noms vulgaires: Serpentaire du Texas, — Serpentaire de la Rivière-Rouge, — fausse Serpentaire de Virginie.

Cette plante est fort importante à connaître parce que c’est elle qui donne aujourd’hui, en France du moins, à peu près toute la Serpentaire du commerce, sinon toute. Rhizome assez long et épais, pourvu de radicelles plus grosses que celles du Serpentaria; rhizome et racines sont décrits avec détails dans la deuxième partie de ce travail (voy. p. 54.)

Les feuilles décrites aussi sont très importantes pour disünguer la vraie Serpentaire de la fausse. Leurs principaux caractères sont d’être subsessiles, dures, coriaces et réticulées, d’où le nom de l’espèce.

Fleurs petites, portées sur des pédicelles courts, naissant eux-mêmes près de la base sur des pédoncules articulés et poilus, à l’aisselle de bractées tomenteuses à l’état jeune ;

1 scrupule. Sirop d’œillet de jardin. S. Q. (Un bol contre la fièvre maligne pour empêcher la putréfaction.) Serpentaire de Virginie en poudre, XX grains. Vieille thériaque, 3 scrupules. (Un bol pour exciter la sueur et les fièvres d’un mauvais caractère.) Serpentaire de Virginie, racine de Contrayerva, poudre de vipère, âà 1/2 dragme. (Fièvres malignes, poisons froids, fièvres intermittentes, au début du paroxysme.) (Geoffroy.)

pourprées, pubescentes surtout à la base, elles donnent naissance à de petites capsules hexagonales, surmontées des débris du périanthe et portant des poils épars.

La plante est sauvage au Texas et à la Louisiane, dans Arkansas probablement, en un mot le sud-est des Montagnes Rocheuses jusqu'au Mississipi. Peut-être aussi la Virginie ?

Ainsi qu’on l’a vu l'A. reticulata est aujourd’hui la seule Serpentaire vendue en France. La Pharmacie Centrale, les grands droguistes de Paris, n’en fournissent pas d'autre au commerce. En faisant des recherches pour m’assurer du fait, je n'ai rencontré nulle part l’A. Serpentaria vraie, sauf dans quelques pharmacies très anciennes, dans lesquelles ce produit peu demandé s'était transmis de successeur en successeur, et se trouvait relégué d'ordinaire au fond des caves ou au rayon supérieur de la pharmacie.

La substitution de l'A. reticulata au Serpentaria est déjà ancienne de cinquante ou soixante ans; dans un article de Bridges, de 1843, l'apparition de cette fausse Serpentaire sur le marché est déjà signalée.

La proportion de fausse Serpentaire a augmenté depuis lors d'année en année, au point que plusieurs auteurs ont décrit cette espèce comme la vraie. Guibourt, il y a longtemps déjà, en constatait l'abondance dans le commerce. Aujourd’hui, on chercherait en vain la vraie.

Bedford? constate, en 1874, qu’en Amérique la Serpentaire du Texas supplante largement la vraie, et ajoute qu’on doit la considérer comme inférieure.

En 1887, on constate encore que l’A. reticulata est la dro-

1 R. Bridges, Amer. Journ. phar., 1843, p. 118. Il constate que c’estbien là l'espèce de Nuttal, identique à l'échantillon d’herbier étiqueté de la main de l’auteur.

2? Bedford, Rep. of the com. of the Drugs Market, in Proceed. of the Amer. pharm. Assoc., 1874, p.441,

gue usuellement employée en Amérique comme Serpentaire ‘. M. Trelease a bien voulu m'adresser 3 échantillons pris chez 3 droguistes différents de Saint-Louis (Missouri). Tous les trois appartenaient à l'A. reticulata. Par contre, toujours à la demande de M. Trelease, M. Schneck m'a envoyé de Mont- Carmel (Illinois) deux pieds frais d'A. Serpentaria, deuxième sorte, très caractérisée. Il paraît d’ailleurs que la fausse est officinale aux États-Unis, comme la vraie. Elle arrive à Philadelphie en balles de 50 kilos.

L'action est la même que celle de l'A. Serpentaria, et ce serait s’exposer à des redites que de donner ici les usages auxquels on a employé cette espèce. J’ajouterai seulement que l’analyse détaillée en a été faite, et que J.-A. Fergusson * y a trouvé un alcaloïde, l’Aristolochine, qui est probablement le « principe amer » de Chevalier et Feneulle.

Pour tout ce qui concerne la matière médicale de l'A. reticulata et ses usages, on voudra bien se reporter à l’article Serpentaire.

J'ajoute seulement que, si l’on en juge par l’odeur et le goût, VA. reticulata ne semble pas inférieure à la vraie Serpentaire.

À. hirsuta Muhlenberg, Catal., p. 81.

Cette espèce est donnée à peu près partout comme un synonyme de VA. tomentosa de Sims, et Duchartre, lui aussi, l'indique comme telle. Mais, d’après un article déjà ancien de Bridges *, cette plante, que Muhlenberg a nommée, serait tout à fait difiérente. La description du manuscrit de Muhlenberg et les échantillons examinés le montrent. Le tomentosa est, en eflet, une plante grimpante atteignant le haut des arbres

1 Pharm. Journ., octobre 1887.

? James-Adams Fergusson, Amer, Journ. phar., octobre 1887, p. 481-483, 3 Americ. Journ. phar., 1843, p. 118-121,

les plus élevés. L’hirsuta, au contraire, serait (d’après l’article de Bridges) voisin des espèces à pédoncule presque radical (Serpentaria, etc.). Plante herbacée à souche noueuse, donnant de nombreuses fibres grêles simples, quelques-unes de plus de 6 pouces de long, jaunâtres, d’odeur et de goût aromatiques. Tiges articulées, flexueuses, pubescentes avec 1-2 bractées et quelques feuilles grandes, cordées, arrondies, obtuses, les supérieures brusquement acuminées, pubescentes sur les deux faces, pétiolées. Pétioles pubescents et bractéolés, nervures principales plus proéminentes que dans la Serpentaire et très pubescentes sur les deux faces.

Près de la racine naissént quelques pédoncules solitaires, avec 3-4 bractées et une fleur; toutes ces parties sont pubescentes.

Cette espèce peut être confondue avec la Serpentaire. La pubescence seule peut en faire prendre les feuilles pour celles du tomentosa.

Si l’on en croit cette description qui est à peu près celle de Bridges, les deux plantes sont fort différentes en effet, el le port seul suffirait déjà à les distinguer amplement. Il est bon, dans ce cas, de signaler l’A. hirsuta comme une substitution possible à la Serpentaire. Mais je n'ai vu moi-même aucun exemplaire de la plante de Muhlenberg.

Le pays d’origine de la plante serait le nord de la Géorgie.

A. Sipho Lhéritier, Stirp. nov. fasc., I, p. 13, t. 7 et 7 b, (ex Duch.); — Decaisne, in Dict. univ. d’hist. nat., t. I; — Duchartre, Prodr.; XV, p. 435.

A. macrophylla Lamarck, Encycl., I, p. 255.

Siphisia glabra Rafinesque, Medic. fl., I, p. 65.

Siphisia Sipho. Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 602.

A. frutescens Marsh.

Noms vulgaires: Aristoloche Siphon — Dutch Pipe — Dutchman’s-Pipe — Pipe-vine, etc.

Belle plante ornementale ‘ à tige ligneuse, ramifiée, grimpante, volubile dextrorsum, d’un vert grisâtre, avec des stries longitudinales, vert plus ou moins foncé dans le jeune âge. Les tiges ont été décrites dans la deuxième partie, ainsi que les racines ligneuses assez grosses, longues, ramifiées, tortueuses. La structure de ces parties, qui par exception dans le genre présentent des zones concentriques, a été également étudiée. Feuilles très belles, atteignant 25 cent. de diamètre, larges, amples, cordées à la base, à sinus profond, peu large, séparant ? auricules arrondies ou subaiguës au sommet, glabres et d’un beau vert en dessus, glauques et garnies de quelques poils en dessous, à nervures proéminentes. Ces feuilles, comme celles de beaucoup d’Aristoloches, portent plusieurs bourgeons à leur aisselle. Pétioles longs, tor.ueux, glabres.

Fleurs petites, axillaires, ordinairement cachées sous le feuillage ; munies ou non à la base d’une bractée cordiforme. Le périanthe forme d’abord un utricule oblong, puis un tube étroit, puis un limbe étalé brusquement, le tout recourbé en U à partir de lutricule et ayant tout à fait l’aspect d’une pipe ou d’un siphon, d'où les noms vulgaires de ia plante. Le limbe arrondie à 3 lobes courts, larges, subacuminés. Le périanthe est verdâtre en dehors, brun violacé, noirâtre en dedans, le limbe porte un réseau pourpre noir. Odeur urineuse.

La capsule est grande, elle a 10 cent. de long sur 2 1/2 de diamètre, à peu près cylindrique, légèrement hexagonale.

Delpino a montré qu'ici les poils internes du périgone n’exislaient pas, mais que la fleur emprisonnait tout de même les

! Figurée dans Duhamel, Traité des arbres et arbustes, éd. 1825 tome IV, f. 10, p. 39-42.

insectes fécondateurs ; ceux-ci restent captifs parce qu’ils ne peuvent grimper sur la paroi interne lisse du tube incarcérateur, qui demeure toujours parfaitement vertical.

L’A. Sipho habite l'Est des États-Unis, dans les bois épais, surtout au pied des montagnes, depuis la Pensylvanie jusqu’à la Géorgie ; on la trouve dans le Kentucky, la Caroline, etc.

Elle est stimulante et partage certainement les propriétés de ses congénères. En Amérique, on en fait usage comme détersif. Je ne crois pas qu'on l'ait expérimentée en Europe. De toutes les espèces exotiques, c’est celle que l’on pourrait avoir le plus facilement à l’état frais.

La plante est rustique : on cherchera à la multiplier plutôt par marcottes que par boutures, car celles-ci reprennent mal et lentement.

A. tomentosa Sims, in Botan. Magaz., t. 1369 (ex Duch.);— Duchartre, Prodr., XV, pars I, p. 435 (exclus. syn. Muhlenberg).

Siphisia tomentosa Rafinesque, Med. fl., I, p. 65; — Klotzsch Monatsb., 1859, p. 602.

Tige grimpante atteignant le sommet des grands arbres et rappelant celle de l'A. Sipho. Feuilles assez grandes mais plus petites que celles du Sipho. Racines épaisses, grosses, à odeur assez forte, aromatique. Plante fort velue, tout spécialement sur les parties jeunes et les fleurs. Le tomentum d’un gris jaunâtre. Les feuilles âgées sont beaucoup moins velues.

La fleur a assez la forme de celle du Sipho.

L'aspect et la structure de la tige ontété étudiées, page 115.

Forêts épaisses et bords des rivières de l'Amérique du Nord; Chapmann l'indique dans la Floride et les montagnes du Nord de la Caroline, Asa Gray dans le Sud de PIllinois ; ‘ en somme, le Sud-Est des États-Unis. Propriétés analogues.

A. Kaempferi Willd., Spec. pl., IV, pars 1, p. 152; — Duch., Prodr., XV, p. 439.

Clematis, immensum scandens ac repens, flore striato et variegato Kaempf., Amænit., p. 884.

Noms vulgaires : Ma-teou-ling (Pen-tsao). — Ma-dou-lin (Tatarinov, Hanbury) — Ma-tan-ling (F. P. Smith) ‘ — San Kakso (Kaempfer.).

Tatarinov * la rapporte à l'A. contorta de Chine, mais les deux espèces semblent fort distinctes et la classification établie par Duchartre les sépare complètement.

C’est une plante du Japon (Nagasaki, Yokohama, etc.), dont les fruits et surtout les graines sont seuls employés contre les aflections pulmonaires. Ces fruits sont l’objet d’un certain commerce, car le catalogue des douanes chinoises de l’'Exposition de 1878 les indique à Tientsin, Chefoo, Hankow et Ningpô. Les graines du droguier de la Faculté de médecine de Lyon, données par le Jardin de Kew, viennent de Formose et sont étiquetés Ma-tou-ling. On emploie de préférence les graines. Voy. la description des fruits p. 124.

A. pentandra Linn., Spec. plant., éd. II, 2, p. 1361; — Willdenow, Spec., IV, pars 1, p. 152; — Jacquin, Amér., p. 293, tab. 147; — Lamarck, Encycl., IL, p.2525.— Duchartre, Prodr., XV, p. 440.

A hastata H. B. K., Nov. gen. et spec., 2, p. 117, tab. 116. (Pour Duchartre, c’est la varieté 8 HAsTATA.)

Eïinomeia pentandra Rafinesque, Medic. fl., I, p. 62; — Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 605.

Espèce construite sur le type 5. La tige, volubile et rameuse de 7 à 8 pieds de haut, porte des feuilles de forme spéciale, cordées, hastées ou à peu près trilobées, à lobe médian

let? J.-L. Soubeiran, Mat, med. Chin., p. 159.

plus ou moins lancéolé, à auricules larges parfois spatulées. La figure de H. B. K. montre des formes de feuilles un peu différentes les unes des autres. La fleur petite, de la grandeur de celle de nos espèces indigènes, est viclacée en dehors, jaunâtre ou verdâtre en dedans ; 5 étamines, 5 lobes au stigmate, 5 loges au fruit. La plante est pubescente, probablement à poils caducs, car Jacquin la dit glabre (Duchartre).

Elle habite les forêts de la Havane, et je ne la trouve indiquée nulle autre part. Cependant la Farmacopea mexicana, p. 67 dit «que dans le Yucatan on appelle, selon Dondé, Guaco de San Cristobal l'A. pentandra.» Est-ce bien la plante ? Bien que je n’en eusse pas la certitude, en l’absence de toute description, j'ai cru devoir signaler l'espèce en passant.

A. fœtida Kunth, in H. B. Nov. Gen. et spec., ?, p. 116, pi. 114; — Duch., Prodr., XX, p. 440.

Howardia fœtida Klotzsch, Monatsber., p. 619.

Noms vulgaires: Yerba del Indio.

Plante grimpante à feuilles grandes, cordées à la base, à sinus assez étroit, acuminées au sommet. Celles de l'herbier du Muséum sont plus allongées, moins arrondies que ne lereprésente la figure du Nova genera.

Fleurs violettes extérieurement, verdâtres en dedans, d’après la figure, avec des côtes et des poils. Limbe ouvert, et prolongé en une queue étroite aussi longue que la fleur.

La plante habite le Mexique, où elle remonte assez haut en altitude, puisque Humboldt et Bonpland l'ont trouvée à Ario à 1950 m. Elle habite les montagnes de la Cordillière, dans les lieux ombragés, et y fleurit en octobre.

L’A. fœtida est donnée parfois comme stimulante, à l’insérieur, mais, sa grande réputation lui vient de ses propriétés détersives. La racine est employée en décoction pour laver les ulcères, et, paraît-il, avec grand succès.

Une ressemblance de noms vulgaires a amené une confusion enire l'Yerba del Indio et le Raiz del Indio. Mais l'A. fœtida n'a aucun rapport avec cette dernière racine qui serait celle d’une Polygonée, le Rumex hymenosepalum ; le Raiz del Indio consiste en morceaux plus ou moins globuleux, brun rougeâtre, un peu violacés, rougeâtres aussi en dedans, tuberculeux, astringents.

Voici un résumé de cette question:

Wælker', étudiant le Raiz del Indio du Rio-Grande, et en ayant planté des rhizomes frais, obtint une plante qui se rapportait aux Polygonées.

Plus tard, Trimble et Jones” analysent l’Yerba del Indio qu'ils rapportent à l’A. fœtida.

Enfin Maisch® montre que l’Yerba del Indio de la pharmacopée mexicaine ne peut être la plante de Wolker, et pense que celle-ci doit être le Rumex hymenosepalum Torr. connu sous le nom de Cañaigre du Rio-Grande et du Texas occidental. Il montre également que l’Yerbo del Indio de Trimbles et Jones est probablement aussi le Cañaigre; il n’est pas étonnant que dans quelques localités du Texas le peuple appelle Raïz del Indio la racine, et Yerba del Indio la tige herbacée de la même plante. Ce dernier nom est appliqué dans l’intérieur du Mexique à une liane tout à fait différente qui pousse dans lPArio et autres districts chauds : c’est l'A. fœtida de la pharmacopée mexicaine.

Cette confusion se retrouve encore dans de très récentes

publications *.

1 Woœlker, Amer. Journ. of Ph., 1876, p. 49.

* Trimble et Jones, Amer. Journ. Pharm., mars 1886, p. 113.

$ Amer. Journ. Pharm., 186, p. 115.

* Bocquillon-Limousin, Les plantes alexitères d'Amérique, 1891, p. 28.

“5710 Se

A. longiflora Engelin. et A. Gray, PI. Lindheim., in Boston Journ., 5, p. 259, p. 298 (ex Duch.); — Walpers, Ann., 3, p. 335; — Duch., Prodr., XV, p. 441.

Très petite plante de 10-15 cent., remarquable par ses feuilles allongées, linéaires, aiguës aux deux extrémités, pubescentes en dessus, glabres en dessous, et par ses fleurs très longues, courtement pédonculées dont le limbe surtout est très allongé (d’après Duchartre).

Je ne cite cette espèce peu importante que parce qu’elle est donnée comme aromatique par sa racine grêle et longue.

Elle habite le Texas et recherche les lieux ombragés.

A. macroura Gomez, in Act. Olyss., 1812, p. 77 (cum icon.)— Obs. botanico medicæ, pars IT, p. 27, t. AGE Duch.); — Martius, Nov. gen., I, p. 79.

- A. trilobata Lindi., Bot. reg., t. 1339, nec Linné (ex Duch.). A. caudata Booth., Bot. reg., t. 1453, nec Linné (ex Duch.). A.appendiculata Vell., FI. flum., 9, t. 98. / A. tapetotricha Ch. Lemaire, Ill. hortic., 3 misc., p. 22

(ex Duch.).

Howardia macroura Klotzsch, Monatsb., p. 617.

Les Brésiliens la nomment Jarrinha.

Aristoloche grimpante et rameuse: c'est une des espèces dont les propriétés sont utilisées au Brésil. Racine rampante, épaisse, çà et là marquée de nœuds irréguliers, à bois flexible de couleur jaune safran, à odeur de rue et à saveur amère, d'après Gomez. La tige recouverte d’un étui subéreux ne le cède en rien à la racine pour l’odeur et la saveur. Feuilles tripartites, à base cordée, glabres en dessus, couvertes en dessous de poils denses et courts. Pétioles longs et tordus. Fausses stipules arrondies, réniformes. Fleur pâle et

veinée en dehors, brune, pourprée et poilue en dedans, avec un utricule ovoïde, un tube évasé et une lèvre large et cordiforme, terminée par un appendice beaucoup plus long que le reste de la fleur et pendant. Le fruit s’ouvre de bas en haut.

L'A. macroura habite le Brésil, Rio de Janeiro, Corrientes, Saint-Sébastien. Elle pousse dans les haies et les forêts.

On emploie la racine et la tige dont l'odeur et les propriétés sont les mêmes. Ce sont d’ailleurs celles des Mil-homens et des Guacos en général, plus forte même, dit-on‘; c’est dire. qu’on s’en sert comme tonique, stimulant, emménagogue, alexipharmaque, fébrifuge, etc. L’écorce, partie toujours active, est épaisse, spongieuse, plus épaisse que le bois ?, ce qui, joint à la forte odeur de toute la drogue, indique une grande activité.

Cette espèce a fourni probablement quelques-uns des échantillons décrits dans la deuxième partie (Mil-homens et groupes

voisins).

A. trilobata L.,.Spec. pl.,:éd.sf, 2, p.29605 éd AIPR°2, p. 1361 (nec Jacq.)*; — Willd. Spec. plant., IV, pars 1, p. 151; — Mart. Nov. gen. et spec. I, p. 79 — Duch., Prodrom., XV, p. 444.

A. folio hederaceo, trifido, maximo flore radice repente, Plumier, Catal., p. 5 (ex Duch.).

A. trifida Lamk., Encycl. I, p. 251; — H. B. K. Nov. gen. LRU

A. Caracasana Sprengel, Syst. III, p. 753, n° 34 (ex Duch.).

1 Buchner's Repert., 17, p. 171.— Brandes, Arch. de pharm., XII], 263.

? Berg (0.), Anatom. AU. sur pharmac. Waarenk., p. 30. 3 L'4. trilobaia de Jacquin est l'A. Surinamensis.

Howardia trilobata Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 617. Howardia trifida, id., ibid.

Noms vulgaires: Liane à serpents. — Aristoloche trèfle. — Contrayerva batard. — Raiz de Mil-homens. — Urubu-ca.

Une des espèces les plus employées autrefois, très estimée encore aujourd'hui; elle mérite donc d’arrêter un instant l’attention. Liane frutescente, ligneuse, grimpante, ramifiée, dont la racine, de la grosseur du pouce, se subdivise en trois ou quatre branches contournés, de couleur foncée. Tiges anguleuses, striées, fragiles, de couleur sombre; répandant une odeur très forte qu’elles conservent longtemps. Rien n’est changeant comme la forme des feuilles. Elle est dans la règle trilobée, comme l'indique le nom spécifique; mais le lobe médian, ordinairement très grand, peut être fort réduit. D’autres fois, 1l est seul marqué, et forme une saillie sur le bord arrondi de la feuille qui devient acuminée ; ou bien de chaque côté se creuse un sinus qui dessine nettement les trois lobes; ces sinus peuvent atteindre presque le pétiole et la feuille devient trifide. Le lobe médian, ordinairement assez aigu, peut aussi s’arrondir complètement. Souvent enfin le développement est irrégulier et inégal, un seul des lobes latéraux se développant. La base est presque toujours très légèrement cordée. Entre les extrêmes, on rencontre dans le même herbier (Fac. de méd. de Montpellier, par ex.) tous les intermédiaires possibles. Les feuilles assez longuement pétiolées sont glabres en dessus, tomenteuses en dessous. Les fausses stipules sont suborbiculaires, réniformes.

Les fleurs sont solitaires, non pas très grandes, comme on les a décrites etcomme les dit Plumier, mais assez grandes, extérieurement jaunâtres ou verdâtres, marquées de veines rougeàtres, l'intérieur du tube blanchâtre avec des poils rouges nombreux, courts, recourbés. Limbe et gorge de cou-

leur de sang en dedans. Ce limbe est cordiforme unilabié. Il se termine par une longue queue caractéristique, mince et flexible, longue comme 3 ou 4 fois le périanthe entier, et se développant assez tard et peu à peu. L’utricule est volumineux, ovoide, le tube large et assez court.

Dans les herbiers la couleur de la fleur est assez uniformément rougeâtre.

L’aire d’extension de l'espèce est vaste. L’A. trilobata existe d’abord aux Antilles: la Jamaïque, la Martinique, la Guadeloupe, St-Dominique. A la Jamaïque, elle est abondante dans le Sud, autant que l’odoratissima dans le Nord. On la trouve aussi sur le continent de l'Amérique du Sud, aux Guyanes (Surinam) et au Brésil jusqu’à Pernambouc, Alagoas, Bahia et même plus au Sud.

La réputation de l’A. trilobata contre la morsure des serpents venimeux existe partout où pousse la plante, mais tout spécialement aux Antilles, où on la considère encore comme un des bons alexitères. Cependant Rufz constate qu’on l’emploie rarement seule, et que la Maniguette a depuis quelque temps une plus grande renommée que les Aristoloches. A la Martinique, d’après Bajon, cette espèce est un des trois meilleurs alexipharmaques. Elle fait partie des simples, avec l’Amomum grana paradisi, le Maranta arundinacea et l'Erythrina Corallodendron ‘. Je ne puis reproduire ici tous les témoignages des auteurs qui apprécient cette espèce comme alexitère, mais il ressort de leurs observations que l'A. trilobata est avant tout un excellent sudorifique, dont les propriétés stimulantes ne doivent pas être négligées, et qu’elle peut rendre des services, comme d’ailleurs la Serpentaire et beaucoup de Guacos. C’est une des espèce sur lesquelles pourraient porter des expériences nouvelles et vraiment scientifi-

1 Rufz, Enquête sur les serpents de la Martinique, p. 119.

ques; Bergius ‘ a déjà démontré l’action sudorifique rapide de cette plante dont les propriétés amères et diaphorétiques ont été utilisées dans diverses maladies ?, Peckolt * dit que, de toutes les Aristoloches, c'est peut-être la plusemployée et la plus efficace; il ajoute que, d’après beaucoup d’observateurs, elle est comme antiseptique égale au quinquina et même préférée par de bons médecins. Dans un cas de blessure gangréneuse (chose fréquente dans le pays), il a vu les moyens employés par les médecins (opium, quina, antiseptiques divers) rester sans effet, et la plante en question produire un résultat remarquable et amener en peu de temps la guérison. On la donnait intérieurement en décoction et on l’appliquait au dehors, en poudre fine.

Quand les sudorifiques et les excitants sont indiqués dans les fièvres, on trouverait difficilement, d’après Murray, un meilleur médicament comme fébrifuge ; on l’associe à Surinam à une autre plante dite : amara.

L’infusion des racines est stomachique.

Enfin on l’a recommandée contre une foule de Haine car c'est une plante d'usage familier chez les Indiens qui lui attribuent les propriétés les plus diverses: elle préserverait des maladies contagieuses, combattrait l’action des flèches empoisonnées, etc., etc.

Ce serait une plante à étudier au A de vue chimique et thérapeutique. Elle est tout à fait inusitée et inconnue en Europe.

En Amérique, on l’emploie sous des formes très variées.

LA

! Bergius, Matièr. médic.

2 Voy. aussi Barrère, Hist. nat. de le Fr. équinoæiale. — Murray, Apparat Medicam. — Bajon, Mém. pour servir à l'hist. de Cayenne. — Linné, Mat. medic., etc., etc.

3 Theod. Peckolt, Ueber brasilianische Volksheilmittel, in Arch. der Pharm., LXXXII, 93.

En poudre, en infusion, en décoction, etc., etc. En général, on l’associe au tafia ou à d’autres substances. Elle entre dans presque tous les remèdes composés contre les morsures des serpents. L’infusion d’une poignée de racines dans une bouteille de tafia est une préparation très usitée: on y ajoute parfois des cendres de pipe‘, eton en donne un, rarement deux petits verres, à la personne mordue, en même temps qu'on applique sur la blessure un cataplasme fait avec d’autres plantes. Cependant Murray dit que l'expérience a démontré que l’infusion aqueuse et la poudre sont les meilleurs modes de préparation pour l'usage interne, car l'esprit de vin, la coction et la distillation diminuent beaucoup l’odeur et la saveur.

On cultive souvent cette espèce dans les serres chaudes ou tempérées, car les fleurs en sont curieuses et la multiplication par boutures assez facile. Les fleurs viennent se montrer en dehors du feuillage.

La plante ne s'élève pas très haut.

A. caudata L., Spec. pl., éd. II, vol. 2, p. 1362; — Jacq., Amér., p.253, tab. 145 ; — Lamk., Encycl., I, p. 253 ; — Willd.,Spec.,IV, pars I, p. 154; — Duch., Prodr., t. XV, p. 445.

Howardia caudata Klotzsch, Monatsb., p. 622.

Habite les collines et lieux arides de Saint-Domingue. L’espèce semble bien nettement caractérisée par ses feuilles obtuses et même ordinairement échancrées au sommet avec deux lobes basilaires très développés qui viennent se recouvrir l’un l'autre, et par ses fleurs à limbe étalé, terminées par une longue pointe. C’est là du moins ce que montre la figure de Jacquin. Quelques auteurs considèrent cette espèce comme

! Rufz, loc. cit., p. 142

synonyme de l'A. bilobata‘. Mais ces deux espèces n'ont évidemment aucun rapport.

A. barbata Jacq., Icon. plant. rar., III, p. 17, n° 608; — DuchProdr. PXNWSp. 446.

Howardia barbata Kilotzsch, Monatsb., p. 615.

Plante de six pieds de haut; plusieurs tiges volubiles partent de la même souche: elles sont de la grosseur du doigt, ligneuses et subéreuses à la base. Feuilles cordées, à sinus profond (Jacquin).

La figure de Jacquin représente une extrémité de plante herbacée, avec des feuilles cordées réticulées, pâles en dessous, et des fleurs singulières, à labelle muni de longs poils. On n’y voit ni fruit ni racines.

Peu d'intérêt pour la matière médicale. Cependant Jackson la cite parmi les plantes médicinales du Vénézuela et du Mexique, comme aromatique et antispasmodique, avec l’A. maxima.

24 dictyantha Duch., Tentamen,in Ann. sc. nat.,sér. IV, 2, p.40, 16, fig. 1:2; Prodr., XV, pars 1, p. 446.

Duchartre l'indique à Caracas sous le nom vulgaire de Raïiz de Mata, et la donne comme fort voisine du barbata. Je n’ai trouvé nulle part les propriétés de cette plante.

A. Chiquitensis Duch., Tentamen, in Ann. sc. nat., série [V2 p. 49; Prodr:,:XV,,p. 452.

Nom vulgaire : Buco-buco (Weddell.

Espèce tubéreuse dont le nom vient de la province de Chiquito, en Bolivie. Elle possède, d’après Duchartre, un rhizome de la taille d’une plume d'oie environ, s’enfonçant ver

{ D'après Baïllon, Révis. des Arist., médicin., p. 5.

ticalement dans le sol à 15 cent. à peu près et se renflant en un bulbe solide, ovoïde : c’est ce tubercule que les indigènes emploient en médecine.

Le rhizome de l'échantillon de l’herbier du Muséum est long, tortueux, noirâtre, avec quelques fissures transversales,

d’un diamètre de 6-7 mm. environ.

A. glandulosa Kickx, Bull. Acad. roy. des sc. et belleslett. de Brux., 1839, ® partie, p. 450; — Duch., Prodr., XV, p. 452.

Cette plante, voisine, dit-on, del A.pentandra Jacq., a une tige volubile et subéreuse en bas, et une fleur munie de gros poils glanduleux dressés sur le limbe. Elle a été introduite de Cuba à Gand en 1838.

Cette espèce n’a probablement pas d'usage médical, mais sous le nom d’A. glandulosa, d’'Almeida parle d’une plante nommée à Pernambouc Angelico, et dont la racine tubéreuse, sombre, rugueuse et d’odeur forte, est un puissant antidote contre la morsure des serpents et est aussi fort usitée contre les fièvres intermittentes et pernicieuses. Cette plante, à laquelle il attribue des feuilles trilobées et une fleur en forme de petit vase (Jarrinho), ne répond pas tout à fait à la description du glandulosa.

J'ai eu entre les mains un échantillon provenant de l'École de pharmacie de Paris et étiqueté : Brésil, Angelico, A. glandulosa. Cet échantillon est, d'ailleurs, en assez mauvais état. On y voit quelques tiges extrêmement ténues, partant d’une toute petite souche jaunâtre et portant des fragments de feuilles vert grisâtre qui semblent cordiformes, à sinus ouvert largement, Ces feuilles ont de 1 à 5 cent. dans les deux sens.

Sur la tranche, la loupe permet de voir sur les points favorables ? ou 3 faisceaux grisâtres, entourés d’une écorce peu: adhérente.

L'odeur est nulle, le goût simplement herbacé.

STRUCTURE. — Elle apprend peu de chose ; la tige, très jeune, est entourée, sous le parenchyme cortical, par une zone conünue de fibres péricycliques dont les plus épaissies sont en dehors (voyez À. Sipho). Le bois est formé de quelques petits faisceaux.

Il est possible que ce soit réellement l'A. glandulosa, et, dans ce cas, la plante serait à rapprocher de celle dont parle d'Almeida, qui habite également le Brésil et porte aussi le nom d’Angelico. Mais celle-ci est donnée comme ayant des feuilles trilobées, ce qui n’est pas une raison absolue de distinction spécifique, étant donné la variété infinie des formes foliaires dans quelques espèces.

Duchartre admet une variété, 8. glabra, qui est l'A. macradenia de Hooker (Howardia macradenia Klotzsch) et qui habite le Mexique.

A. ovalifolia Duch., Tentamen, in Ann. sc. nat., sér. 4, D o0,-Prodr., XN, p. 453.

Tige ligneuse, renflée aux nœuds, arrondie, striée, rude, Feuilles amples, ovales, subacuminées, subcordées, légèrement pubescentes au-dessous.

Cette plante dont on trouvera la description plus complète dans Duchartre, habite la province d’Oaxaca, au Mexique. Je n’en aurais pas parlé si le nom de Flor de Guaco attribué, d’après Duchartre, à cette espèce par les habitants du pays, n’en indiquait les propriétés. Je n’ai sur elle aucun détail.

A. Theriaca Martius, Mat. méd. Br., p.107 ;— Duchartre, - Prodr., XV, p. 455(?).

A. odoratissima Velloso, F1. flum., 9, t. 97, nec Linné.

A. odora Steudel, Nom. bot., éd. 2, — Duchartre, Prodr., XV, p. 451.

Duchartre décrit (Prodr. p.455) sous le nom de A. Theriaca Martius, (msc. in herb.), une plante brésilienne de l’herbier de Martius. Or, Martius, dans sa Matière médicale brésilienne, p. 107, donne cette espèce comme synonyme de l’A.odoratissima de Velloso, que Duchartre (p. 451), range dans PA. odora de Steudel. Ilest probable qu’il s’agit de la même plante dans l’herbier et dans l’ouvrage de Martius. Dans ce cas les deux espèces, odoïa Steudel et Theriaca Martius, séparées par Duchartre, doivent être confondues. Mais les deux descriptions ne concordent guère. Je n’ai vu aucun spécimen permettant de décider.

Martius n’en indique pas l’usage. La plante doit être active puisqu'il la cite dans sa matière médicale, et qu’il lui donne le nom de Theriaca.

A. Surinamensis Willd., Spec. pl., IV, pars I, p. 151 (nec Miquel), excel. syn. Plum.; — Duch., Prodrom., XV, p. 455.

A. trilobata Jacq., Obs., I, p.8,f. 3, nec L. (Figure reprise par Plenck., lc. pl. med.tab.651.)}— Lamk., Encycl., I, p.251.

Duchartre croit devoir rapporter à cette espèce l'A. trilobata de Jacquin, que celui-ci n'a vue que sèche, venant de Surinam et sur laquelle il donne des renseignements d'après

d’autres personnes.

La plante est usitée par les nègres et les blancs comme

amer, elle est excellente contre la fièvre *.

«1 Adscribetille qui misit esse plantam sarmentosam.. .internexam. Æthiopibus servis eodem modo hanc plantam in usum vocari, quo barbaris americanis est stirps quœdam amara dicta : eosque qui inter illos periti medici fama fruuntur, caro hanc pretio ægris suis vendere. Ipsos etiam Europæo sanguine ortus febrifugam credere, atque hanc et memoratam Indorum amaram una infusas bibere, quocunque demum morbo efficiantur. Hactenus ille planta porro sicca inter digitos tritaodorem fortem congeneribus americanis congruum spirat. Radix lignosa et suberosa perennat. Caules sunt teretes, siriati, glabri, infimi HÉNOSIE ere Flos maximus... » (Jacquin, loc. cit.)

A. cordigera Willd , Msc. in herb., n° 17,066 (ex Duch.); — Duch., Prodr., XV, p. 455.

Howardia cordigera Klotzsch, Monatsb., p. 621. Duchartre l’indique sous le nom vulgaire de Cepo de Coraçao. Je n’en connais pas les usages. Elle habite le Para.

A. bilobata L. Spec. pl.; éd. I, vol. 1, p. 960; éd. II, vol. 2, p. 1361; — Jacq., Miscell., 2, p. 346; Icon. plant. rar., I, p. 18, pl., 188. — Willd., Spec. pl., IV, pars 1, p.151; — Lamk., Encycl., I, p. 251; — Desc., Fl. méd. de Antilles, IV, p. 44 et VIII, p. 279 ; — Duch., Prodr., XV, p. 456...

A. longa, scandens, foliis ferri equini effigie Plumier, Descr. Pl. amer., p. 91, pl. 106, — Ray, Suppl. III, p. 395.

Howardia bilobata Klotzsch, Monatsb., p. 619.

Noms vulgaires: Liane à caleçon. — Fer à cavale. — Liane, fer à cheval. — Liane à encensoir (à cause de la forme du fruit), etc.

La plante habite les Antilles. Plumier la signale à St-Domingue, surtout au Port-de-Paix, où il l’a vue en fleur en novembre-décembre, et en fruit en février-mars.

Racine tuberculeuse allongée, analogue à celle de l'A. longa, atteignant 30 cent. de longueur, sur près de ? 1/2 cent. d’épaisseur, pivotante, plus ou moins subdivisée à l’extrémité. Son écorce, dit Plumier, est noire en dehors et toute découpée en long par de longues fentes; le dedans est jaunâtre et d’un goût fort amer. Les tiges, au contraire, sont très menues, presque filiformes , rampantes ou grimpantes sur les haies, glabres, très rameuses.

Les feuilles sont très caractéristiques par leur forme spéciale. Elles sont quelquefois petites, quelquefois minimes, bilobées, avec parfois un 3° lobe médian tout petit, et comme avorté, qui manque dans les deux figures médiocres données

Tree

par Descourtilz : dans les échantillons d’herbier, certaines tiges ont des feuilles à lobes peu écartés, assez larges et courts, d’autres ont des feuilles à lobes très divergents, étroits et assez longs !. La forme des fleurs est aussi la même, l’utricule seulement un peu plus gros dans l’une. La couleur est verte dans une des figures, et jaune dans l’autre. La forme du fruit est aussi un peu différente, légèrement déprimée au sommet dans la figure 244, acuminée au contraire dans la figure 577. La figure de Plumier représente le fruit plutôt acuminé. Celle de Jacquin montre la nervation spéciale de cette feuille.

J'ai reçu de jeunes tiges de la plante du Jardin botanique de Lyon, mais je n’ai pu en examiner lastructure, qui, d’après Duchartre, est à près celle du cymbifera *.

L’A. bilobata est emménagogue comme la plupart des Aristoloches. Les matrones des colonies croient même, dit-on, obtenir l'expulsion du fœtus mort par lintroduction d’une racine de cette plante dans le vagin. Mais, en outre, d’après Poupée-Desportes *, on s’en sert comme apéritif, incisif, béchique, et pour déterger les ulcères, traiter les hémorrhoïdes suppurantes, voire même guérir la gale. On se sert pour cela de la décoction que l’on applique topiquement.

Dose : 2 gr. de poudre. En infusion jusqu’à 30-35 gr.

L'A. caudata Jacq. a été souvent considérée à tort comme un synonyme. (Voir cette espèce.)

A. maxima L., Spec. plant., éd. II, vol. 2, p. 1361; rs Jacq., Amer., p. 233, fig. 146 ; — Willd., Spec., t. IV, pars I, p. 153 ; — Lamk., Encycl., I, p.252; — Duchartre, Prodr., XV,p. 456.

4 Voy. Herb. de la Fac. de méd., de la Fac. se., Instit. bot. de Montpellier.

? Duchartre, C. R. Acad sc, 1854, p. 1144:

3 Descourtilz, loc. cit.

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