RIT
Howardia maxima Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 615. — Deux variétés sont admises par Duchartre :
—— ff. GEMINIFLORA.
A. geminiflora H. B. K., Nov. gen., I, p. 118-117.
A. biflora Willd., Msc. in Herb., n° 17044 (ex Duch.). Howardia geminiflora Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 619. Howardia Gollmeri Klotzsch, Monatsb., 1859, Pro.
— y. ANGUSTIFOLIA.
Howardia Hoffmanni Klotzsch, Monatsb., p. 621.
Noms vulgaires : Guaco.— Vejuco-Carare. — Capitan, etc.
Cette espèce est importante, car c’est à elle que Guibourt attribuait la plus grande partie du Guaco commercial, après PA. cymbifera. C'est probablement elle, en effet, que, sous une forme ou sous une autre, on trouve le plus souvent dans les droguiers. Les tiges, les racines et les feuilles sèches ont été décrites, les tiges paraissent n’être pas volubiles bien que Duchartre les déerive comme telles. Lamarck les dit simplement sarmenteuses, grimpant sur les arbres à 30 pieds de hauteur, puis souvent retombantes. Cette tige est ligneuse et subéreuse en bas; la racine est aussi volumineuse et subéreuse, épaisse à la partie supérieure, remplie, dit-on, à l’état frais, d’un suc orangé *.
Les feuilles sont ici d’un grand intérêt, car elles permettront de déterminer à peu près l’espèce. Celles que portaient nos échantillons ressemblaient bien en effet, comme on l’a vu, à la figure de Jacquin; cette même figure représente d’assez grandes fleurs en forme de trompettes à ouverture oblique, et un fruit déhiscent très grand, ovoide, dont les valves se séparent incomplètement sur toute la hauteur, les placentas restant unis
4 « Tota planta leviter est odorata. Radix teres, ramosa diametro sesquipollicari vertitur cortice fusco rimosoque, succo autem scatet aurantio. » (Jacq., Amer. stirp. Hist., p. 233.)
au bord de la région dorsale des carpelles par des faisceaux arqués parallèles. Le Muséum d'histoire naturelle possède un fruit, qui répond tout à fait à cette figure. Ces capsules sont très grandes. Lorsque la déhiscence est faite complètement, les carpelles restent unis par le sommet, tandis que les bases s'écartent en fendant en six le pédoncule. Les fruits ainsi soutenus en l'air et pendants ont été comparés à des corbeilles ou à des encensoirs.
La variété geminiflora a, d’après la figure de Humboldt, Bonpland et Kunth, des fleurs disposées par paires sur un pédoncule axillaire bifurqué‘. L’utricule est gros, ovoïde, un peu courbé. Puis, le tube se recourbe et s'évase largement. La couleur en est violette. Les feuilles, peu ou pas cordées, s’élargissent jusque près du sommet. Elles sont légèrement acuminées. Les nervures ne sont pas réticulées.
L’A. maxima et ses variétés ont une aire d'extension considérable en Amérique Centrale et en Colombie : le type se trouve au Guatemala, à Caracas, à Sainte-Marthe, à Carthagène, etc. *.
La variété geminiflora habite Caracas, Bogota, où elle s'élève de 500 à 1,200 mètres, etc. C’est à elle, d’après Triana, que sont donnés les noms de Bejuco carare et de Guaco; mais ces noms, surtout le second, sont certainement appli. cables aussi à bien d’autres plantes. Enfin la variété angustifolia est indiquée par Hoffmann au Rio-Virillo, dans le Costa-Rica (Duchartre).
On a pu voir que les échantillons rapportés à cette espèce provenaient de points assez variés.
Guibourt attribue à cette espèce une grande part du Guaco commercial. Je lai trouvé très répandue relativement dans
* L'espèce type a 1-2-3-4 fleurs sur le pédoncule axillaire (Jacquin). 3 «Habitat in sylvis Carthagenensibus in cacumine mortis de la Popa, in insula Tierra-bomba.» (Jacq., loc. cit.)
les droguiers et faisant partie des expositions de matière médicale des divers pays, surtout du Salvador. Elle compte donc parmi les plus employées. Quant à ses usages, ce sont ceux des Aristoloches en général, et mieux vaut renvoyer à cet article (voyez p. 33) que de faire une répétition inutile. Elle est donc surtout excitante et tonique, diaphorétique, alexitère. Jackson ‘, énumérant les plantes médicinales du Vénézuéla et du Mexique, l'indique comme aromatique et antispasmodique, en même temps que l'A. barbata.
A. rumicifolia Mart. et Zucc., Nov. gén. et spec., 1, p. 79, f. 54; Tentam. mat. med. brasil., p. 107; — Duch., Prodr., XV, p. 459.
A. oblonga Vell., F1. flumin., IX, f. 99 (ex Martius).
Howardia rumicifolia Klotzsch, Monatsb., 1859, p.612.
Martius la cite parmi les plantes usitées en médecine au Brésil, mais il n’en indique pas les usages. Il est probable que ce sont ceux des Aristoloches brésiliennes en général. La belle figure du Nova genera montre des feuilles cordées longues, hastées, et des fleurs de grandeur médiocre, brunes, à utricule régulièrement renflé ; à limbe ouvert, moucheté à l'extrémité. |
Cette espèce n’est citée ici que pour la mention qu’en fait Martius. Je n’ai sur elle aucune autre indication.
A. Chilensis Miers, Travels in Chile, ?, p. 531, — Duch., Prod., XV, p. 461.
Howardia setigera Klotzsch, Monatsb., p. 617.
A. setigera Pôppig, Syn. pl. Am. austr. (ex Klotzsch).
1 Pharmac. Journ., 3° sér., vol. VII, n° 363, p. 997, et no 365, p. 1037. Jahresbericht der Pharmacognosie de Dragendorff, 1877, p. 33.
Noms vulgaires: Oreille de Renard (Oreja de Zorro). — Yerba de la virgen Maria.
La plante est herbacée; elle habite les endroits ensoleillés, sablonneux, pierreux et maritimes des provinces centrales du . Chili, et aussi vers le nord, à San Antonio, Valparaiso, Coquimbo, etc.
La racine cette plante rappelle celle de l'A. longa. Elle est fusiforme, allongée, odorante, d’une odeur spéciale que Schroff' compare à celle de l’opium. Ce tubercule est vivace : sur la cassure, il a une couleur jaune safran. Plusieurs tiges striées grèles rampantes, dit-on, portentdes feuilles veinées, de taille variée, plus larges que longues, réniformes, obtuses, à sinus très large, avec quelques poils raides. La racine est la partie employée. On en fait une infusion emménagogue que l’on donne dans l’aménorrhée, etc. Les femmes du peuple en prennent au moment de l’accouchement”*.
Je n’en ai pas eu d’échantillon. Vu seulement celui du Mu-
séum.
A. Duchartræi Ed. André, Mouvement horticole de 1867, p.61; — Duch., Ann. soc. Paris, 1868, p.297 (ex Flore des serres).
Arbuste grimpant, à bois recouvert d’un suber épais crevassé. C’estune très belle plante décrite par Éd. André, et presque en même temps par Masters, et trouvée dans les forêts du haut Brésil. La fleur n’en est pas très grande, mais fort remarquable par ses macules brunes sur le fond blanchâtre de l’intérieur du périanthe. Une bonne figure en est donnée dans la Flore des serres, t. XVIII, p. 35. Je ne lui connais aucun usage, mais la description des tiges âgées la
1 N. répert. ph., 1869, XVI, p. 715.
2? Voy. Gay, Flor. chir., p. 328-330, et Murillo, P4, med. chil., p'170Ë
rapproche des cymbifera, et elle pourrait bien faire partie de certains Mil-homens.
Elle appartient à la section Gymnolobus de Duchartre, et doit se ranger dans les unilabiatæ probablement assez près du Chilensis et des espèces de ce groupe.
A. fragrantissima Ruiz, Memoria sobre las virtudes de Bejuco de la Estrella, 1805; — Lambert, Descript. of the Genus Cinchona, 1797 (cum icone); — Duch., Prodr., XV, D403:
Howardia fragrantissima Klotzsch, Monatsb., p. 615.
Noms vulgaires : Liane de l'Étoile. — Bejugo de la Estrella. —Contrayerba de Bejugo (Pérou). — Pe huamo. — Guaco. — Guaco de terra caliente (Mexique).
Aristoloche de grande taille, grimpante, habitant les Andes du Pérou, où elle est, dit-on, commune, dans les environs de Huanuco, Pozugo, Cuchero. On dit qu'elle grimpe très souvent sur le Cinchona succirubra du Chimborazo. Elle appartient par conséquent à l'Équateur. La Nueva famacopea mexicana, et divers articles en parlent comme habitant le Mexique, où elle porte plusieurs noms vulgaires. Elle est indiquée aussi dans l'Amérique centrale ; au Pérou, elle fleurit en janvierfévrier. |
Le nom de Bejugo de la Estrella lui vient de la disposition plus ou moins étoilée du bois sur la section transversale. Celui de Contrayerva de Bejugo lui a été donné, soit à cause des propriétés alexitères, soit à cause de l'odeur analogue à celle du Contrayerva.
Racine très épaisse, très longue, verticale, rameuse en bas, fauve cendré. Les faisceaux sur la coupe sont arrangés plus ou moins en étoile à l’intérieur d’une écorce épaisse et blanchâtre. Après la dessiccation, ils se séparent les uns des autres.
Tiges arrondies, flexueuses, épaisses de trois à huit pouces, plus ou moins ramifiées, jaunes de rouille; sur la coupe, elles ont même aspect que la racine. Les rameaux jeunes sont arrondis, Striés, pubescents. L’écorce une fois enlevée, les tiges servent de corde pour attacher les pieux et poutres des maisons d’Indiens, pour lier et consolider les ponts, etc.
Les feuilles sont larges, ovales, cordées.
Les parties employées sont, d’aprèsles uns, uniquement l'écorce (Alibert), d'après d'autres, la racine. D’après Ruiz, c’est la tige et la racine fraiches.
J'ai eu, sous les noms de Racine de l'Étoile et de A. fragrantissima, des échantillons assez différents dont la description a été faite, p. 87. L'absence de tout organe autre que des fragments de tiges ou de racines n’a pas permis de déterminer absolument ces fragments. La description résumée qui va suivre est empruntée au mémoire de Ruiz!.
La longueur des fragments coupés est de 9 à 18 pouces, l’épaisseur est de 1 à 8 pouces. Ils sont droits ou au contraire courbes, et la surface est tantôt lisse, si la plante était bien nourrie, tantôt marquée de sillons par la dessiccation, si elle a été coupée avant l’époque voulue. Intérieurement, l'écorce est gris rougeâtre marquée de sillons produits par l'impression du bois. Les tiges vieilles sont recouvertes de suber.
Couleur extérieure gris cendré uniforme.
Sur la section, l'écorce est blanchâtre, cendrée et le centre jaune pâle.
Cette écorce compacte et solide se sépare aisément du bois poreux qui forme une sorte de corde constituée par des secteurs longitudinaux, d’où l’aspect d'étoile ou de roue sur la section.
Recueillis au bon moment, les fragments sont relativement
1 Voy. Lambert, loc. cit.
| lourds, à écorce épaisse de 1 à 4 lignes, lisse extérieurement, compacte, non adhérente au bois. Les caractères inverses sont ceux des tiges coupées hors saison, qui sont alors moins odorantes, moins amères, moins efficaces. Entre lesrayonsligneux sont les rayons médullaires, ressemblant à l'écorce et faciles à pulvériser.
Suc résineux concret et abondant.
L’odeur est très fragrante, agréable, camphrée, balsamique. On l’a comparée à celle du Tagetes (?).
Saveur douceâtre puis très amère, aromatiqueet balsamique également.
Ruiz, voyant le nombre des adultérations de la Serpentaire de Virginie, voulut engager les médecins à substituer à cette drogue la Bejugo de la Estrella qu’il avait reconnue être aussi une Aristoloche, et fit faire des expériences à Lima et à Madrid. La plante serait plus active que la Serpentaire ; elle provoquerait une extrême saïvation quand on la mâche; elle serait enfin désinfectante et préférable à la Serpentaire pour plusieurs raisons :
Elle est moins mélangée d’autres plantes;
L’écorce, partie active, se sépare facilement du bois ;
On peut la recevoir en Europe en meilleur état que la Serpentaire;
Elle est très abondante dans le pays;
Elle est plus efficace : l’odeur en est plus fragrante, plus agréable, plus camphrée, plus persistante.
Les Péruviens emploient cette plante un peu comme une panacée, et cela depuis un temps immémorial. Elle est stimulante, emménagogue, alexitère. Elle passe pour modifier heureusement les ophtalmies purulentes et blennorhagiques, les ulcères chroniques, les vaginites rebelles, etc.
D'après Ruiz, on attribue à cette plante (tiges et racines) des propriétés précieuses contre la dysenterie, les fièvres in-