GÉNÉRALITÉS
ARISTOLOCHIÉES
ARISTOLOCHIACÉES Lanpzey. — ASARINEÆ BARTLING.
Le but de ce travail est l’étude spéciale du genre Aristolochia. On me permettra donc d’être très bref sur les caractères généraux de la famille, et de m'attacher spécialement à ceux des Aristoloches.
Les ARISTOLOCHIÉES sont des dicotylédones à périanthe simple, tantôt actinomorphe, tantôt zygomorphe, souvent coloré mais rarement très brillant; elles sontcaractérisées surtout par leurs éftamines épigynes et gynandres placées à la base du style. L’ovaire en est infère et renferme dans chaque loge des ovules nombreux anatropes, auxquelles succèdent des graines contenant un petit embryon à la base d’un albumen copieux.
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AFFINITÉS. — La place des Aristolochiées dans la classification est obscure. Ce sontdes monochlamydées vraies, constituant un groupe un peuisolé. Ellessemblentavoir d'assezgrands rapports avec les Monocotylédones, et sont peut-être l’un des termes de passage entre les deux grandes divisions des Angiospermes. La transition se ferait entre les ARISTOLOGHIÉES et les TAGCAGEES et DIOSGORÉES, ainsi que le pensait Robert Brown. C’est là certainement un des points les plus intéressants de l’histoire de ces plantes.
Eichler en fait le type de sa division des HYSTÉROPHYTES, groupe assez hétérogène dans lequel il comprend les CYTINÉES, LORANTHACEES, SANTALACÉES, BALANOPHORÉES, elc.; on les rapproche assez généralement des CYTrINÉES, NÉPENTHÉES, RAFFLESIACÉES , BÉGONIÉES , DATISCÉES , LORANTHACÉES, CUCURBITACÉES, etc., et même des MÉNISPERMÉES.— Malgré quelquescaractères communs avec la plupart de ces familles les, Aristolochiées restent un groupe très spécial.
On divise généralement les Aristolochiées en trois tribus :
1°. — Les ASAREÉES à ovaire plus ou moins complètement infère, assez large par rapport à la longueur ; à douze étamines, dont six plus courtes libres. — Genre Asarum.
2. — Les BRAGANTIÉES à ovaire infère, allongé, grêle, à quatre loges; à 6 - 36 étamines libres, égales; à capsule siliquiforme. — Genres T'hottea, Bragantia.
3° — Les ARISTOLOCHIEÉES à ovaire infère, allongé, grèle, à 6 loges (rarement 5), à 6 (rarement 5) étamines dépourvues de filets, extrorses, adnées par leur face dorsale à la colonne stylaire. Capsule globuleuse hexagone. — Genre Holostylis, Aristolochia.
C'est de ce dernier genre seul qu'il sera question ici.
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GENRE ARISTOLOCHIA
Il semble qu'il suffise d'en lire le nom pour en connaitre l’'étymologie, et pourtant même sur ce point les avis diffèrent. Aristote aurait dit que le nom venait de celui d’une femme", et Cicéron (de Divinatione) l'attribue à un certain Aristolochus, médecin grec, qui aurait le premier fait usage de la plante. Mieux vaut, semble-t-il, adopter l'opinion de Dioscoride et dire que la plante étant considérée comme apiorn tœus loyois, l'appellation lui en est définitivement restée * .
Le genre étant ici compris dans sa plus grande extension, comme le fait Duchartre dans le Prodrome, on considère comme des synonymes les genres créés par divers auteurs en seomentantl’Aristolochia de Linné: ainsiles Endodeca, Einomeia, Siphisia, Glossula, Pistolochia*, Isotrema, Niphus, Serpentaria, Cardiolochia, Dictyanthes, Endodeca, Siphisia Einomeia, Howardia ‘, Siphonolochia, Reich., Guaco Lieb., Clematitis, Sipho Endlich.
Quant aux noms vulgaires, ils abondent, car les Aristoloches sont connues dans toutes les langues. Jean Bauhin *
1 Geoffroy, Mat. medic., Ip. 18.
? « Sarrasine est en grec dicte œprorokoyez ; en latin Aristolochia ; des Barbares et apothicaires, A ristologia par un mot corrompu. Or elle est dicte Aristolochia parce qu'elle est œprorn Tous koyots, c'est-à-dire très bonne aux nouvelles accouchées, comme qui tire hors les menstrues arretez et retenus, l’arrière-faiz et autres reliqs de superfluité qui demovrent après l'enfantement.» (Léonart Fuchs, Hist. des pl., 1550, p. 68.
3 Rafin., Med. bot., p. 62.
4 Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 593-623.
5 Jean Bauhin, Hist. Plant., p. 556.
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en énumère un bon nombre usités de son temps. C’est le Hohlwurzel ou l'Osterluzei des Allemands, le Birthworth des Anglais, l’Osterlucie des Hollandais, le Kolz des Suédois, l'Aristoloquia des Espagnols, etc., etc. Les Arabes et les Orientaux ont aussi plusieurs noms pour désigner l’Aristoloche. Bou-rochtaum ou bouroustam, ou arbre de Roustam chez les Kabyles, Zeraouend ou Zaraouand, etc. Il existe même le mot transcrit du grec, Arestouloukhya, quin’a cours que dans les livres ‘. Les Kabyles, dit Abd-er-Rezzag, l'appellent aussi Faquoûs bour’ioul, c'est-à-dire concombre d'âne, en raison de ses fruits.