‹ Les aristolochesChapitre 28 sur 36 · RONDES · texte numérisé non relu

RONDES

A. rotunda. — Les tubercules de l'A. rotunda sont parfois très volumineux. Certains échantillons, venant de la Pharmacie Centrale de Paris, mesuraient 12 cent. en tous sens. Mais d'ordinaire les dimensions atteignent seulement 2? 1/2 à 5 cent. de diam. La surface brun chocolat clair en est très mamelonnée, bien plus que celle du longa, qu’elle rappelle d’ailleurs tout à fait par la couleur et l'aspect très légèrement ridé à la surface. Parfois, mais non toujours, une petite crête fine circulaire sépare le tubercule en deux parties, qui répondent peut-être à la tige et à la racine. Sur les échantillons des droguiers on ne trouve pas de radicelles ni de tiges. La forme générale arrondie est très irrégulière, quelquefois moins large vers la partie supérieure ‘, on y trouve parfois la trace peu visible de l’insertion des rameaux et des racines.

La section transversale, faite perpendiculairement à l’axe (celui-ci n’est pas toujours facile à déterminer), montre le plus souvent une ligne d’un jaune assez foncé, séparant la zone corticale de la région centrale. L'ensemble n’est jamais aussi blanc que dans la longue, mais d’un jaune plus ou moins foncé, uniforme, ou d'ordinaire plus clair dans l’écorce. Extérieurement est une fine ligne brune, à peine marquée. A la loupe, et parfois même à,l’œil nu, on voit sur toute la surface un fin piqueté rouge de résine analogue à celui de la longue. Les faisceaux du bois plus nombreux et plus serrés que dans le longa n’atteignent jamais le centre, ils sont sans pores visi-

1 On en a parfois comparé la forme à celle d'un placenta, et la médecine des signatures en tirait des indications.

ANNE #4 " | r À , LA] .

bles, de couleur grise assez foncée, toujours peu nets et parfois tout à fait indistincts.

Les tubercules sont lourds et très durs. Quelques-uns, cependant, dans lesquels l’amidon à beaucoup diminué et presque disparu, sont devenus légers. Ils sont beaucoup moins durs, ridés en dehors, fauves en dedans. Quelques-uns ont subi la même transformation que chez le longa et sont devenus très ridés en dehors, jaune plus ou moins vif en dedans, de consistance cireuse et de goût extrêmement âcre et nauséeux. Ils ont parfois un peu de suber. L’écorce reste plus longtemps blanche que le centre.

Ces échantillons jaunes sont plus fréquents ici que l'A. longa. Comme chez le longa, on trouve tous les intermédiaires.

La dessiccation creuse souvent des cavités dans le parenchyme.

En somme, la forme est la principale différence entre ces tubercules et ceux du longa.

STRUCTURE. — Les tubercules sont tout à fait semblables à ceux du longa. Le suber et la zone scléreuse interrompue sous-jacente sont d'ordinaire bien nets. Les faisceaux ligneux sont généralement très petits, courts et noyés dans de vastes rayons médullaires, gorgés d'amidon. Ces faisceaux sont assez irréguliers et se présentent souvent mal sous le microscope. Ils sont semblables à ceux du longa.

Même observation que pour le longa à propos des tubercules jaunes.

A. pallida. — Je n’en ai vu qu’en herbiers, mais le {uber-

cule séparé de la plante ne saurait être distingué des petits

exemplaires d’Aristoloche ronde.

3° FILIPENDULIFORMES

A. tenera. — La racine de Matos est représentée à l'École de pharmacie de Paris par un échantillon rapporté par Gaillard du Haut-Orénoque sous le nom de « Racine de Mato (Aristolochia barbata). Juillet 1887. » C’est à l’A. tenera qu'il faut rapporter ce curieux spécimen. La drogue consiste en tubercules assez petits, à surface extérieure brune. Ils ont dans la partie renflée de 1 1/2 à 4 cent. de long (rarement), et de 4 à 12 mm. de diamètre. Une petite souche commune porte parfois les petites racines ligneuses, courtes et assez raides, qui se renflent ainsi à peu de distance de la souche. La racine continue plus ou moins loin après le tubercule, dont la forme varie un peu, mais est toujours atténuée aux extrémités. La surface brun noir est très ridée, mais finement.

Sur une section transversale, la surface est jaunâtre: une zone extérieure de ! mm. environ, dure et compacte, entoure une partie centrale moins résistante et moins compacte, de même couleur. La loupe n’y décèle ni bois poreux, ni rayons médullaires, ni moelle.

L'odeur est très nettement celle de la réglisse ; le goût très accentué rappelle aussi la réglisse en même temps que les Aristoloches. Il est très âcre.

STRUCTURE. — Suber; parenchyme amylacé épais, avec quelques cellules huileuses; aucun élément scléreux.

Les faisceaux du bois sont distants, séparés par une épaisse. couche de parenchyme, et formés de petits groupes de vaisseaux accompagnés de quelques fibres et souvent isolés. Rien

de caractéristique. Les coupes se dilatent beaucoup au con-

tact de l’eau.

A. filipendulina. — Telles que je les ai vues au Muséum, les racines en toufle de cette plante sont renflées à peu près en leur milieu en un petit tubercule de 1 à 2? cent. de diamètre sur { 1/2 à 3 de longueur, quelquefois un peu ovoide, mais d'ordinaire turbiné, conique, à base supérieure. Extérieurement la couleur est grisätre. Sur la tranche, elle présente un centre blanc entouré d’un cercle blanc jaunâtre. Les faisceaux sont peu visibles à l'œil nu.

STRUCTURE. — Elle n’a rien de spécial. C’est un parenchyme extrêmement amylacé, avec quelques cellules oléifères.

Les faisceaux ligneux sont très réduits, séparés par de très grands rayons médullaires.

Je n’insiste pas autrement sur cette espèce à laquelle je ne connais aucun usage.

Page 1