‹ Les arlequinades de FlorianChapitre 107 sur 133 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

I \ ai passé toute ma journée d'hier; mais je n'ai 1)U trouver autre chose, sinon que, j'aime Lucelte plus que ma vie. Quand j'ai dit cela une fois, honsoir, j'ai dit tout ce que je savais.

MATHURINE

Tu m'affliges beaucoup , mon ami , car ce petit Duval ne convient pas du tout à ma lille.

Non, sûrement.

MATHURINE

C'est un assez mauvais sujet....

Je vous en réponds.

MATHURINE

Que son séjour à Paris n'a fait que gâter encore.

Oh! je le sais de très-bonne part.

MATHURINE

11 est d'une johe figure.

Ma foi, comme cela; je ne le trouve pas joli, moi.

MATHURINE

Il a de l'esprit.

Tout le monde le dit, mais savoir si c'est vrai.

MATHURINE

Toutes les jeunes (illes du village courent après lui.

iGO LA BONNE MÈRE.

Qu'elles courent, je ne m'y oppose pas, pour\ii que Lucettc se tienne tranquille.

MATHURl.XE.

Duval n'est pas riche.

Ça n'a rien que son catogan.

MATHURIXE.

Ma voisine , qui le connaît bien , m'a dit qu'il

est fort intéressé, et que la dot de ma fille lui plaisait pour le moins autant que son visage.

Oh! tous ces drùles-là qui aiment l'argent n'ont point de goût.

MATHURINE

Ecoute , il ne faut pas encore nous désespérer. Lucette a pu être flattée de la préférence que lui a donnée M. Duval sur toutes les tilles du village. Chez nous autres femmes, mon ami, la vanité est presque toujours la cause de toutes nos sottises. Lucette n'en est pas exempte : mais son cœur est bon , j'en suis sûre , et , avec un bon cœur et une bonne mère, une fille revient toujours. Tu sais comment j'ai élevé Lucette. J'ai commencé par lui persuader la vérité : c'est que je l'aime beaucoup plus qu'elle ne peut s'aimer elle-même. D'après cette idée , sa confiance en moi est sans bornes; elle me dit tout ce qu'elle

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