‹ Les arlequinades de FlorianChapitre 14 sur 133 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Croyez-vous que j'aurais pu me déguiser si longtemps? Ma bonne amie.... (Argentine le regarde sévèrement.)

Mademoiselle , pardonnez-moi d'avoir été volé.

Mais comment se fait-il que vous ayez ce billet? Qui vous l'a donné?

La loterie.

ARGENTINE

La loterie ! Est-ce que l'on a mis mon billet à la loterie? Scapin l'avait tout à l'heure; il vous l'a donc rendu?

Non pas rendu, mais vendu.

ARGENTINE

Expliquez- VOUS.

Tenez, il faut tout vous dire; j'avais gagné ce matin un terne de six francs à la loterie.,..

ARGENTINE

Un terne de six francs! cela fait une somme prodigieuse.

Oui, ils disent que cela fait beaucoup d'argent. Heureusement je n'étais pas encore payé. Scapin, voyant que je me désolais, m'a proposé de troquer mon billet de loterie contre votre billet.

ARGENTINE , vivement.

Et tu l'as fait? .

ARLEQllN.

J'aurais encore donné du retour, s'il m'en avait demandé.

ARGENTINE rembrasse.

Mon cher ami, va, tu es innocent; je t'aimerai toute ma \ie ; ce dernier trait me fait sentir ce que tu vaux.

Comment diable! vous estimez donc bien les gens qui font de bons marchés?

ARGENTINE

Je te demande pardon de ne pas t'avoir connu : garde mon billet; je te répète, je te jure que je t'aùne, que je n'aimerai jamais que toi, et dès ce soir nous serons époux.

Vous me raunez ! Ah, quelle joie! (ii lui baise la main.) Tieus , uia bonne amie, ne me le répète plus, il m'arriverait encore quelque malheur. Laissemoi te regarder, je le verrai bien sans que tu me le dises.

ARGENTINE

Va, ton bonlieur est certain, du moins tant que mon cœur le suffira.

Ah ! comme il y a longtemps que tu n'as parlé comme cela ! Écoute , fais-moi le plaisir de me dire

comment il y a là. ( n lui montre la lettre. )

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