‹ Les arlequinades de FlorianChapitre 15 sur 133 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ARGENTINE lit.

« Je t'aime. »

ARLEQUIN ( lazzi )^

Hé! comment dis-tu?

ARGENTINE

« Je t'aime. »

Voyons que je lise aussi, moi. J e je (ii épeiie.) t a ta, i m e, aime, t'aime; je t'aime, je t'aime.... Ce mot-là est trop court, je voudrais qu'il tînt tout l'alphabet.

ARGENTINE

Je te le dirai toute ma vie. Mais laisse-moi m'occuper de te faire rendre le billet qu'il t'a volé.

Quoi? quel billet?

ARGENTINE

Ton ])illet de loterie.

Oh! non, ma bomio amie, le marché est fiiit; tiens, n'en parlons plus : il voudrait i)eut-ètre revenir là-dessus, et ravoir celui-ci. Non, non, tout est fini : tu m'aimes.... ma fortune est faite.

ARGENTINE

St.... j'entends Scapin. Cache-toi dans notre maison, et n'en sors que lorsque je t'appellerai.

ARLEQUIN , entrant dans la maison.

Appelle-moi donc bien vite.

1. Ce mot indiquait un iru muet, une pantomime plaisante, dans les comédies italiennes.

ARGENTINE

Oui, oui, laisse-moi faire.

ARLEQUIN, revenant.

M'as-lu appelé?

ARGENTINE

Eh ! non, mon ami ; cache-toi donc, le voici : le fripon tient encore le hillet.

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