ARLEQUIN, MEZZETIN
MEZZETIN
N'est-ce pas ici, monsieur, que domcure une M"'* Ai'fïentine ?
Oui, monsieur.
MEZZETIN
Est-elle chez elle, monsieur?
Non, monsieur.
MEZZETIN
Peut-on l'attendre, monsieur?
Non, monsieur.
MEZZETIN
Vous êtes son domestique, monsieur?
Oui, monsieur, son premier domestique.
MEZZETIN
Vous voudrez donc bien lui donner cette lettre le la part de M. Lelio, et vous prendrez le moment )ù elle sera seule. Vous entendez hien ?
Non, monsieur.
32 LE BON JIÉNAGE.
MEZZETIN
Je VOUS dis qu'il faut donner cette lettre à votre maîtresse le plus secrètement que vous pourrez, parce que, entre nous, je crois que c'est une lettre d'amour ; et peut-être que M"^ Argentine a quelque père ou quelque frère.... Je n'en sais rien, moi ; je ne suis à M. Lelio que depuis huit jours : mais vous, vous devez être au fait.
ARLEQUIN, surpris.
Au fait ?
MEZZETIN
Oui, sans doute. Vous m'entendez? Prenez donc des précautions pour.... Enfin, vous me comprenez.
ARLEQULN.
Je commence à vous comprendre.
MEZZETIN
Ah cà ! n'allez pas faire quelque étourderie : je vous ai tout confié, parce que vous savez bien qu'entre nous autres nous n'avons rien de caché, et que le secret de nos maîtres appartient toujours à toute la compagnie.
Sans doute.
MEZZETIN s'en va et revient.
Je pense à une chose : allons attendre au cabaret le retour de M"'^ Argentine.
Je vous suis bien obligé ; je n'ai pas soif.