‹ Les arlequinades de FlorianChapitre 35 sur 133 · SCÈNE XII. S · texte numérisé non relu

SCÈNE XII. S

ARGENTINE

Pour moi? Et que dit cette lettre?

Je n'en sais rien : la voilà.

ARGENTINE, regardant.

Ah!...

Reconnaissez-vous l'écriture ?

ARGENTINE

Oui.

De qui est-elle ?

Elle est.... (A part.) Que lui dirai-je?

Hé bien.... cela vous embarrasse?

ARGENTINE

Mou ami, me crois-tu capable de le tromper?

AIILEQUIN.

Répondez-moi d'abord; de qui est cette lettre?

ARGENTINE

Je la crois de 31. LeJio.

Je le crois de même. Ouvrez-la. La main vous

ireini)le. (Argentine ouvre la lettie, et la lit avec beaucoii]) d'cniution.)

Hé bien?

ARGENTINE lui diuine la lettre.

Teuez, vous allez me ci'oirc c<)i!pal)le, vous aurez

le droit de le penser ; et cependant le ciel m'est témoin que c'est la vertu la plus pure, le sentiment le plus honnête qui m'empêche de me justifier.

Voyons. CIl prend la lettre en tremblant.) Cette lettre doUUC le frisson à tout le monde. (Il la ut d'une voix altérée, jetant de temps en temps un regard sur sa femme.) « Ma chcrC aUlie ,

j'arrive, et j'ai besoin de toute ma raison pour ne pas voler dans tes bras. Si je ne craignais que de me perdre, rien ne me retiendrait ; mais je pourrais te compromettre, et mon amour même est moins fort que cette crainte. Il est si important pom- nous de tromper celui qui détruirait notre bonlieur ! Le nom sacré qui l'attache à toi suftit à peine pour modérer ma haine. J'espère qu'un jour viendra, et ce jour n'est pas loin , où nous pourrons nous livrer pujjliqueinent à noti'c amour, et dévoiler à tous les yeux les hens qui nous attachent l'un à l'autre. Adieu; tâche de venir me ' voir, si tu peux échapper aux yeux du barbare qiù te veille : j'attends. Tu sais si je t'aime. Lelio. »

Et moi, je ne sais si je dors ou si je veille ; mais ■ si je dors, je fais un vilain rêve; et si je suis éveillé.... Oh! je le suis, (ii reiu l'adresse.) A madame Argentine, (ii se frotte les yeux.) A madame Argentine. ' Tenez, madame.

ARGENTINE

Mon ami....

Page 1