SCÈNE I
CLÉANTE
Mais....
NÉRINE
Mais j'en sais plus que vous ; et votre bonheur m'est aussi cher que le mien ; car je ne sais pas pourquoi, l'on s'intéresse toujours à ceux qui ne sont bons qu'à nous donner du chagrin. Croyezmoi , suivez mes avis , et vous réussirez.
CLÉANTE
Je ne demande pas mieux : que faut-il faire?
NÉRINE
Commencez par aller écrire à votre colonel, et demandez un mois de délai. Pendant ce temps je me cliarge de vous faire expliquer, vous et mademoiselle Nisida. (Cléante la regarde, et ne sort point.) AllcZ
donc, ne perdez pas de temps. Faut-il que ce soit moi qui écrive à votre colonel?
CLÉANTE
Comme tu es vive! Attends un moment....
NÉRINE
Il n'y a point à attendre, allez écrire; reposezvous sur moi du reste, et reprenez cette gaieté cliarinante qui vous fait aimer de tout le monde. Songez que c'est aujourd'liiii la fête de votre maitresse ; occupez-vous du bouquet, du conq)liinent que vous devez hd faiie. .le veux bien me charger de tout ce que vous trouvez de difficile ; mais
j'exige que vous soyez très-aimable, parce que cela vous est fort aisé.
CLÉANTE
Je ne le serai jamais tant que toi ; mais du moins je t' obéirai aveuglément.
(Il lui baise la main et sort, Arlequin paraît, et voit Cléante baiser la
main de Nérine.
Arlequin doit être en habit de velours noir, veste de drap d'or, perruque à
trois marteaux, culotte et masque d'Arlequin.)