SCÈNE II
plus doux moment de la vie, et je crois qu'mi vieillard, entom'é de ceux qu'il a comblés de biens, a cent fois plus de vrais plaisirs que le plus heureux jeune homme.
J'espère que tu as raison : d'ailleurs je me dis tous les jours que les pleurs ne servent de rien. Aujourd'hui il ne m'est pas permis d'être triste; parlons de ma fille. Je voudrais bien pouvoir trouver quelque joli couplet que je lui chanterais ce soir : mais je n'ai jamais fait de vers ; et il ne suffit Das de bien penser pour bien dire.
NÉRINE
Pardonnez-moi, cela sidfit quand c'est pour sa fille que l'on travaille.
Depuis hier soir je rumine ce projet-là; mais ces diables de rimes ne viennent point : voilà tout ce qui m'embarrasse; car, sans la rime, je ferais des vers comme de la prose.... Écoute, appelle Cléante pour qu'il vienne écrire sous ma dictée, et va-l'en; Dui, va-t'en, je crois que je suis dans un bon moment.
NÉRINE
Dépêchez-vous d'en profiter, je vais vous cn- ;royer M. Cléante. (EUe son.)