‹ Les arlequinades de FlorianChapitre 66 sur 133 · SCÈNE IX. i · texte numérisé non relu

SCÈNE IX. i

Hé bien, voilà un grand malheur! Tu n'as qu'à me le nommer, je m'en vais l'aimer aussi.

NISIDA

Ah! il m'est impossible de le nommer sans rougir.

Tu ne peux pas rougir avec moi : ne suis-je pas ton père? Ion honneur n'est-il pas le mien? ouvremoi ton cœur, ma fdle ; peut-être à nous deux nous viendrons à bout de te rendre heureuse.

NISIDA

Hé bien, mon père, apprenez ce que j'ai voulu cent fois me cacher à moi-même; guérissez-moi d'une passion que je combats sans cesse, et qui renaît toujours plus violente. J'aime.... J'aime....

Qui donc?

NISIDA-

Cléante.

Mon secrétaire!

NISIDA

Il n'est pas fait pour l'être , j'en suis sûre , mais je n'en sens pas moins tout le malheur de mon choix. Je ne vous demande que de me secourir, et j'ose vous répondre que je surmonterai cet invincible penchant. Éloignez-moi de Cléantc; j'esjjère

tout de mon courage, du temps, et surtout (k l'absence.

ARLEQUIN , après un silence.

As-tu confié ce secret à quelqu'un?

XISID.V.

Comment pouvez-vous le penser, puisque vous ne le saviez pas?

Il est vrai, j'ai tort. Écoute-moi, je n'ai pas ou- ]jlié que je ne vaux pas mieux que Cléante; et si j'étais encore en Italie, où tout le monde sait qui je suis, je n'hésiterais pas à te le donner : mais ici, où, par amom- pour toi, j'ai fait la sottise d'avoir de la vanité, cela devient plus difficile. Cependant....

NISID.\.

Non, mon père, non; c'est à moi de mettre des bornes à votre excessive bonté. Plus vous faites pour moi, plus je dois faire pour vous. Je surmonterai ma passion, je l'immolerai au bonheur de votre vieillesse. Éloignez-moi de Cléante, jt' vous le demande, je vous en supphe; donnez-moi du temps.... et j'épouserai le marquis d'Yrville.

Tu n'épouseras point le marquis d'Yrville; mais il faut essayer de te guérir. Tu es bien malade, mon enfant, je serai ton médecin; et si les remèdes te font trop de mal, nous les cesserons toul de

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