SCENE I
(emps que tu étais dans la maison? Comme tu \olais au-devant de ce qui pouvait me plaire! comme tu t'empressais de faire tout l'ouvrage que je devais partager! Tu ne m'abordais jamais qu'a- \ec cet air doux et tendre que tu prends si bien (|uand tu veux, monstre; et tu n'appelles pas cela (le l'amour! Dis plutôt que j'ai cessé de te plaire; dis-moi qu'une autre, plus heureuse, m'a enlevé Ion cœur. Mais ne te flatte pas que l'on m'ôtera impunément mon bien : non, traître; non, perlide; je me vengerai, sois-en sûr; je punirai ton mépris : et puisque l'amour le plus tendre n'a fait (le toi qu'un ingrat, je mériterai ton indifférence en m'occupant de te haïr comme je m'occupais de !'; limer!
Si vous m'écoutcz toujours comme (;cla, jamais NOUS ne m'entendrez.
NÉRIXE.
Mais parle donc, défends-toi; profite de ce moment de calme.
Vous savez bien, mademoiselle Nérine, qu'il y a nîx mois que j'entrai au service de vos maîtres.
Après, après, après.
En arrivant dans votre maison, je m'occupai de
•gagner l'amitié de tout le monde ; vous fûtes avec moi plus polie que personne, je lus })1lis honnête avec vous. Petit à petit votre politesse est devenue de l'amour; ce n'est pas ma faute : vous ne m'avez pas consulté; car, si vous l'aviez fait, je vous aurais dit : Mademoiselle Nérine, je ne vaux pas la peine d'être aimé de vous; je suis retenu.
NÉRINE
Comment! que veux-tu dire? Et tu crois....
Continuons à causer paisiblement. Oui, mademoiselle, j'en aime une autre; je l'aimais avant de vous connaître : sans cela, peut-être auriez-vous eu la préférence. Vous voyez que je suis toujours poli; devenez raisonnable, mademoiselle Nérine. Que diable ! je ne vous ai jamais fait de mal, moi ; pourquoi m'aimez-vous ?
NÉRINE, dans la dernière fureur.
Hé bien, puisque tu le veux, puisque tu le désires, tu peux compter sur la haine la plus implacable. Dès aujourd'hi, je te défends de me parler, de me regarder, de jamais te trouver dans les lieux où je serai. Pertide, je te prouverai que tu ne méritais pas une fenune comme moi. Et ne t'imagine pas que tu pourras rire avec ta nouvelle maîtresse, et te moquci* de mes chagrins: non, non ; je saurai me venger. ( Eiie lui fait faire le tour du tiîéàire.) Je découvrirai ma l'ivale, je vous poursui-