‹ Les armements de l'avenir: où s'arrêtera-t-on?Chapitre 3 sur 3 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

J'ai émis nettement et avec sincérité ma pensée.

Il est bien entendu que la guerre ne pouvant disparaître tant que le monde existera, il faut laisser aux nations qui sont aux prises toutes les chances de triompher ; mais je demande que ce triomphe ne repose pas absolument sur des ruines ; que, tout en réservant à chaque nation le soin de perfectionner son armement on écarte cependant ces explosifs qui doivent, à distance, anéantir une armée sans combattre.

Voici ce que m'écrivaient dernièrement mes anciens sous-offlciers que j'avais perdus de vue depuis sept ans :

« C'est avec un vif intérêt, mon colonel, que nous lisons dans la France Militaire vos articles sur la grande œuvre humanitaire que vous poursuivez avec tant de persévérance, et nom demandons comme vous la suppression de tous ces explosifs qui suppriment Us héros sans quHls aient pu se montrer.,, »

Je ne trouve rien de plus concluant, de plus réconfortant que l'appréciation si saine de ces braves jeunes gens: ils font à la patrie le sacrifice de leur existence, mais veulent mourir la tête haute, regardant leur ennemi en face.

Je me suis appuyé sur des précédents pour demander un arbitrage international qui intéresse toutes les nations civilisées; leurs influents représentants ne resteront pas indifférents, j'en suis certain, et je les remercie d'avance de leur cordial et puissant appui.

Les femmes françaises, les Dames de France, la pieuse association de la Croix rouge, leurs sœurs du monde entier m'inspirent encore la plus entière confiance; je compte absolument sur ces nobles cœurs dont le dévouement a

été si désintéressé pendant la guerre et aussi sur ces vaillantes jeunes femmes qui révent d'imiter leurs sympathiques devancières.

Elles seront toutes épouses, mères, filles, sœurs ou fiancées de ces hommes braves qui combattront pour la Patrie dans la prochaine guerre et plaideront beaucoup mieux que moi* cette cause philanthropique et humanitaire.

Aussi, je les supplie d'y apporter leur précieux appoint afin qu'en accomplissant leurs dignes sacrifices, elles aient au moins la consolation de penser que ceux des leurs qui succomberont sont tombés au champ d'honneur; et je souhaite ardemment qu'elles n'aient pas le cruel chagrin d'apprendre qu'ils sont devenus les misérables victimes d'une sciçnce dévoyée ou de cet esprit d'innovation exagéré qui, comme le torrent débordé, entraine derrière lui la ruine ou la mort.

Colonel Thomas.

Paris et Limoges. —Imprimerie militaire Henri Charles-Lavauzelle.

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