‹ Les armes à feu portatives, trChapitre 11 sur 133 · ARQUEBUSE, EN MÊME TEMPS HACHE DE COMBAT · texte numérisé non relu

ARQUEBUSE, EN MÊME TEMPS HACHE DE COMBAT

PI. 9, fig. 10.

1400. Les boulets en fer (pour canons) rqpiplacent presque partout les boulets en pierre. Outre les canons construits au moyen de barres de fer, depuis 1372-1377 on possède aussi des bouches à feu en fer de fonte et en bronze, des mortiers ou des pièces étagées, c'est-à-dire plusieurs bombardes fixées sur le même support et qui pouvaient être alternativement dirigées contre l'ennemi (Scaliger, 1387).

Les € précieuses > sources de l'histoire des armes à feu (Quellen zur Geschichte der Feuerwaflfen), publiées par le Musée germanique, contiennent un certain nombre de dessins de ces machines et les jugent de la manière suivante :

< On voit que l'on avait en vue le tir rapide, en même temps que l'on comptait sur la surprise de l'ennemi, qui, vu la charge très-lente de cette époque, ne devait pas s'attendre à recevoir une nouvelle décharge du même côté que celui d'où la première était partie.

< Alors même qu'on ne se faisait aucune illusion sur l'importance pratique que ces idées pouvaient avoir, dans ce temps-là, on constate cependant qu'elles n'en e^dstaient pas moins déjà à cette époque ; les inventeurs de ces engins (la plupart maîtres canonniers qui faisaient ainsi preuve de savoir et de bon sens) attendaient de leurs machines le même résultat que les inventeurs actuels des revolvers et mitrailleuses. >

La notice ci-après donne des indications sur l'effet et la portée des bouches à feu de gros calibre de cette époque :

Ulrich Grunwald construisit, en 1338, à Nuremberg une grande bouche à feu, < la Kriemhild, > avec laquelle on pouvait renverser à mille pas un mur de six pieds d'épaisseur.

La pièce était en fonte de fer, 59 chevaux étaient affectés à son transport, savoir : 12 pour la pièce; 16 pour le chariot de support; 4 pour le cabestan; 6 pour l'auvent; 20 pour traîner les 15 boulets de pierre, trois dans chaque voiture avec 2 7j quintaux de poudre (14 livres ou 7 kil. par coup) et un cheval pour la voiture du maître canonnier avec ses six servants, les pioches et les pelles.

1411. Le duc d'Orléans possède 4000 armes à feu portatives.

1418. Au siège de la ville de Sulz, par Otto de Mosbach, on se servait de différentes machines de guerre, entre autres de < chats > (tours mobiles), de < frocs de moines > (à plusieurs canons) et < d'hélépoles > (machines redoutables en forme de tours, armées de canons).

1420. Au siège de Bonifacio (Corse), on se sert de < coupes à feu > ou mortiers à main ; on désignait par ce nom une arme à feu destinée surtout à la cavalerie.

C'était un court tube en fer, terminé par une queue et un anneau en fer, recouverts de cuir, et l'on se servait d'une poignée en bois pour manier l'arme qui se portait suspendue à la selle.

QUIKZièHE SIÈCLE. 13

C'est à cette époque et peut-être même au temps du Prince-Noir (fils d'Edouard III d'Angleterre, f 1377), qu'appartient le

HOLY-WATER-SPRINCLE (aspersoir)

PI. », fig. 11..

dont le nom doit faire allusion au sang que cette arme devait faire répandre. Il est en forme de massue, contient quatre charges et sert en même temps d'assommoir.

L'effet des armes à feu portatives, aux projectiles desquels les armures des chevaux ne résistaient plus, devait aussi engager la cavalerie à faire tous ses efforts pour se les approprier, et les modèles de construction très-primitive sont au moins la preuve d'essais prématurés.

Outre les coupes à feu ci-dessus, cette époque vit apparaître le platelet, arme courte pour la cavalerie, dont le nom doit provenir de celui de Pistoia, ville industrielle située aux environs de Florence (renommée autrefois pour ses canons de fusils et sa fabrication d'armes) et qui la première construisit des armes de ce genre.

D'après une autre version, le nom de pistolet viendrait de la pièce de monnaie appelée < pistole, > parce que le calibre de l'arme correspondait au diamètre de cette pièce d'argent.

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