‹ Les armes à feu portatives, trChapitre 123 sur 133 · Inflammation plus assurée · texte numérisé non relu

Inflammation plus assurée

Ainsi les mousquetaires (voir 1638) pouvaient tirer sept fois en huit heures; avec les fusils rayés, se chargeant par la bouche, du siècle actuel, on parvint à fournir deux à trois coups par minute, tandis que le chiffre de 7 à 8 coups par minute avec un laps de temps bien suflSsant pour viser représente l'effet normal que l'arme de notre époque p^t produire ; ainsi le fusil est devenu aujourd'hui 480 fois plus apte à remplir son but qu'U ne l'était au XVII'- siècle.

En 1851 encore le carabinier suisse avait besoin, d'après l'ordonnance, pour le service de sa carabine de : 1 moule à balle, 1 cuiller pour fondre le plomb, 1 tourne-vis avec clef de cheminée, 1 tire-balle, 1 tire-bourre, 1 lavoir, 1 bouchon de canon, 1 épinglette avec sa chatnette, 2 cheminées et 1 guidon de rechange, plus 60 cartouches à poudre, 60 balles ou projectiles coniques, entourées de leur enveloppe graissée et 78 amorces.

Le fusil à répétition actuel exige les objets suivants : 1 tourne-vis, 1 lavoir, 1 brosse et 80 cartouches. Le carabinier peut démonter son arme pour la nettoyer dans moins d'^ne minute, et tirer dix coups visés par minute ne constitue pas une vitesse de tir extraorâinaire. La sûreté du tir des fusils lisses à percussion est à la distance de 20O mètres analogue à celle de l'arme actuelle à 800 mètres et plus.

La portée du projectile surtout et son efficacité sont trois ou quatre fois plus GMisîdérables que celles de la balle d'un canon lisse.

Deer expériences comparatives sur les ratés annoncent (1871) 6,«o Vo W^^ ^^

174 ABMS8 A FEU.

fusils à pierre, 0,40 Vo pour rinflammation à percussion et 0,07 7o po^r ï©8 cai-touches métalliques à percussion périphérique.

n y a de plus à considérer que la cartouche nouvelle est insensible à Thumidité et aux autres influences extérieures. Les craintes, Souvent formulées à Tégard du gaspillage des munitions et du danger de voir celles-ci faire défaut en temps utile, ne se sont pas confirmées avec une troupe disciplitiée et bien instruite, et un soldat, ayant quelque école et quelque intelUgence, se laissera difficilement mettre ainsi au dépourvu.

L'augmentation énorme de l'efficacité de l'arme à feu portative actuelle comme < arme de tir, > ressort des quelques exemples suivants, sur la cause des blessut^.

Année Guei'ie Blessures causées par Pr ojec tiles Sabre Bayonnette

d'infanterie | d'artillerie

1856 d'Amérique, de part et d'autre, 99,7 0,3 •

1864 de Schleswig-Holstein, les Danois, 84 10 4 2

1866 Austro-prussienne, les Prussiens, 79 16 4,6 0^4

1870-71 Franco-allemande, les Allemands près

Gravelotte-St-Privat, 94 5 1

En ce qui concerne l'effet de la plus grande rapidité des feux, nous en avons un exemple dans le rapport sur les morts et les blessés à la bataille près de Kôniggrâtz (1866) :

Du côté des Prussiens, ^i^^^ )

Du côté des Autrichiens, 24,400 ^ — ^ • ^' '

Beaucoup d'autres considérations viennent encore affirmer ces divergences entre le passé et le présent.

n n'y a pas bien longtemps que le fusil français d'infanterie, modèle. 1777/1822 était considéré comme type dans tous les Ëtats, et l'armement de l'infanterie, au point de vue du calibre, des dispositions intérieures et extérieures et de la munition, était d'une, uniformité presque européenne.

Le nouvel armement se trouve en pleine contradiction avec ce principe. Chaque État se procure une arme particulière, le plus souvent en grand secret, et lors mênie que la construction générale de cette arme est identique avec d'autres, U faut qu'on y introduise des différences dans les détails d'exécution, soit dans le calibre, soit dans la munition. Enfin chaque Etat vante son aririe comme la meilleure, ce qui tout naturellement doit aussi être admis par lui pour en justifier l'adoption et pour affermir la confiance de la troupe dans son armement.

En conséquence si, d'un côté, les perfectionnements apportés à l'arme de Tinfanterie, ont eu pour effet une suite de simplifications, cette arme, d'un autre oôté, ré* clame aussi un degré plus considérable d'intelligence et de soins daos sm em^(M.

Les armes à feu portatives de notre époque ne sont plus (comme on l'a déjà dit à la page 87) des raquettes à feu, des pinces (pieds de bœuf) ou des bfttons de tir, mbriquets méprisants appliqués aux fusils des temps passés, mais eUes «Mistitaent une

DIX-NEUViilfR SIÈCLE. - 175

machine de guerre d'une grande valeur et capable de rendre d'éminents services. Le fantassin a cessé d'être un < bélier mobile; > car il possède aujourd'hui une arme de premier ordre, dont remploi intelligent peut être d'une importance considérable. Mais aussi ces conditions nouvelles exigent du soldat d'infanterie de plus grandes qualités qu'autrefois. Non^seulement, pour mieux tirer parti de son arme, il doit en avoir une connaissance exacte et une habitude pftitique convenable, mais encore il faut qu'il ait des notions suffisantes sur les armes en usage chez les autres peuples, afin de pouvoir apprécier la juste valeur de son adversaire, sans l'exagérer ni la méconnaître. —

Nos lecteurs ne manqueront pas sans doute de se poser maii^tenant, eux aussi, la question suivante :

Qudle est donc la meilleure parfHi les nouvdles constructions?

Pour l'élucider, il faut d'abord définir, quels sont les effets, les services que l'on est en droit d'exiger d'un fusil d'infanterie de notre époque. On peut les résumer comme suit.

IjC fusil d^infatUerie de V époque actudle doit être :

I. Une arme de tir de précision, dont l'efficacité réponde à la puissance de la vue et de la tranquillité du tireur, dont le projectile décrive une trajectoire aussi rasante que possible et s'écarte le moins possible de la direction du but ;

II. Une arme à feu de i^itesse, de la construction la plus simple, d'une grande solidité, d'une longue durée, d'un maniement commode, d'un facile entretien, et qui puisse être utilisée comme

. m. Une arme à fnain (d'estoc et de taille).

La première condition dépend :

a) de la disposition du canon; • b) des proportions de la charge;

c) de la disposition de la mire.

a) Le canon. La matière, employée aujourd'hui à la fabrication des canons de fusils, est l'acier fondu au creuset. Il est préparé spécialement dans ce but et travaillé en barres ou tiges. Celles-ci sont forées, tournées, etc. D'une grande ténacité et d'une pureté remarquable, cette matière ne laisse guère à désirer.

Calihre. Le calibre doit être assez grand, pour que le projectile, qui lui est destiné, conserve encore une capacité destructive suffisante, pour mettre hors de combat, au moins momentanément, en cas de guerre, les hommes et les chevaux. D'un autre

côté il ne doit pas être plus grand que cela n'est nécessaire, afin de pouvoir projeter ce corps destructeur à de grandes distances avec une précision certaine sans moyen de propulsion disprojXHrtionné, ce qui aurait pour effet un recul incommode^ et augmenterftit d'une façon démesurée le poids en arme et en munition à porter par le tireur.

Un calibre de 10*" à 12** répond le mieux à ces exigences, et celui de 12** peut

être considéré comme le maximum compatible avec Tidée qu'on doit se faire du petit calibre. >

Ce petit calibre présente encore l'avantage de rendre inutiles toutes les formes compliquées de projectiles à compression et expansion. Il a été prouvé qu'un projectile oblong, plein, en plomb, d'un poids suffisant, dont la base est du même diamètre que le calibre, se comprime suffisamment pour suivre sûrement les rayures et qu'on peut accorder sans inconvénient au calibre une tolérance assez notable, ce qui^u'est plus le cas pour de plus gros calibres.

Dispos^itiotis des rayures. Le résultat des expériences faites en a déterminé la largeur, la iTrofondeur, la forme et le pas, et ici aussi il est prouvé que les formes simples, par exemple quatre rayures à arêtes vives et à base concentriques, de même largeur que les pleins et d'une profondeur constante de 0„5 à 0,3'"' (selon le rapport entre le diamètre du projectile et le calibre), donnaient d'aussi bous résultats que «les constructions plus artistiques polygonales, progressives, etc., qui en fin de compte en ren- ' dent' inutilement plus difficiles la fabrication et l'entretien. Le pas des rayures se règle aussi normalement entre 1 tour et 1 '/j tour sur la longueur de l'âme (75 à 80 cm.) d'un canon de fusil normal ayant une longueur totale de 80 à 90 cm. Cette longueur n'est pas indispensable pour le développement complet des gaz d'une bonne poudre de tir ; mais elle a pour but de ne pas amoindrir le caractère d'arme de choc du fusil, surtout eu égard à son emploi au second rang.

b) Proportions de la diarge. Pour un calibre de 10 à 12"" et une'longueur de projectile (plein) d'environ 2 7^ fois le calibre, le '/s du poids du projectile représente assez exactement la charge normale de poudre ordinaire pour fusils. L'étendue de l'espace occupé par la charge (cartouche en forme de bouteille) est favorable à une bonne combustion. 11 y a aussi un notable avantage à donner un faible jeu à la charge de pou- . dre, par exemple en intercalant un petit disque en carton entre le projectile et la poudre, et laissant un léger espace vide au-dessus de celle-ci; le mode de faire contraire, c'est-à-dire une poudre serrée et comprimée, diminue la sûreté du tir. La découverte des propoii;ions les plus avantageuses pour la charge dépend essentiellement d'expériences exactes et minutieuses sur chaque espèce différente d'arme et de munition.

Ces proportions sont traitées théoriquement d'une manière approfondie par la balistique.

Mire. La mire mobile doit être construite et disposée de telle manière qu'elle puisse aussi être employée aisément, rapidement et sûrement même dans des moments oîi le tireur ne possède pas tout son sang-froid et sa tranquillité ordinaires, et qu'elle ne donne pas matière à erreur.

La deuxième condition, (arme à feu de vitesse) a pour objet de ne pas être inférieur à l'adversaire, quant à l'emploi du temps, en répondant à son feu, mais au con- * traire de tâcher de le surpasser.

DIX-IÎEUVIÈME SIÈCTiE. 177

Plus la manipulation de la charge peut s'exécuter promptement, plus il reste de temps au tireur pour viser, pendant l'intervalle entre chaque coup.

L'arme doit être peu sujette au dérangement des fonctions de ses diverses pièces, et chacune de celles-ci prise séparément, ne doit être ni délicate ni fragile. Elle ne présentera jamais rien qui puisse en gêner le maniement, et il faut, autant que possible, la construire de telle sorte que son entretien soit rendu facile pour le soldat.

La troisième condition (arme de choc) perd de plus en plus de son importance, au fur et à mesure que la vitesse des feux en acquiert davantage. La bayonnette n'est plus que rarement utilisée, dans des cas extrêmes, lorsque les munitions font défaut, par exemple : vis-à-vis d'une arme à feu de vitesse, elle aura toujours le dessous, si l'ennemi luimême n'est pas aussi dépourvu de munition ; cette éventualité, qui peut toujours se présenter justifie le maintien de la bayonnette, comme arme accessoire, mais à un degré inférieur. —

Datis quéUe mesure les diverses constructions nouvelles répondent-elles à ces condUions'i^

Canon. Dans tous les fusûs de construction nouvelle le canmi est en acier, d'un calibre de 10,5 jusqu'à 11"" et < rayé > selon des modes très-peu différents les ims des autres.

Les proportions de la charge présentent de plus grandes différences que le canon. En effet les uns mettent une plus grande importance que les autres à obtenir à une longue distance quelques avantages dans le feu de leurs armes, Ce qui a pour conséquence nécessaire une charge relativement plus forte. Màs celle-ci a aussi son mauvais côté, par l'augmentation du recul et du poids de la munition. Ainsi, la cartouche pour le fusil Martini-Henry pèse 50,5 grammes, tandis que la cartouche suisse n'atteint que le poids de 30,5 grammes, de sorte que pour une charge de 2,500 kîlog-, portée par le soldat, celui-ci aura 82 cartouches suisses vis-à-vis de 49,5 cartouches anglaises. Un jugement positif sur la justesse de ces différentes manières de voir ne peut guère ressortir que de la pratique. La Suisse, par exemple, est partie du principe que l'effet utile normal d'un feu d'infanterie se produit jusqu'à une distance de 800 mètres, et que l'effet < au delà > devait être considéré comme une exception. En conséquence sans perdre de vue l'exception, elle voulût cependant que la règle servît de base.

Jusqu'à la distance de 800 mètres l'efficacité des proportions de charge du fusil suisse n'est pas inférieure à des proportions plus fortes, et à de grandes distances elle n'en diffère que très-peu. Cette différence même perd encore de son importance, si l'on prend en considération le fait qu'avec l'augmentation de la distance l'espace dangereux diminue progressivement et que les erreurs augmentent dans l'estimation des distances. Un angle de mire, un peu moindre seulement, ne donne pas, comparativement aux difficultés de la mise en joue et du visé, qui augmentent avec la distance, des différences sensiblement avantageuses aux plus fortes charges.

178 , ABMES A FEU.

D'un autre côté la précision perd aussi dans les fortes charges par Tinconvénient d'un plus fort recul, auquel le tireur n'est nullement insensible. Ce recul se fera d'autant plus sentir qu'on ne visera pas avec autant de sang-froid et de sûreté, inconvénient croissant avec la distance.

Mire, Pour pouvoir atteindre un but éloigné avec une justesse aussi grande que possible, on a besoin d'un appareil de mire convenable, qui donne la hauteur de mire (hausse) exacte.

Le cran de mire (entaille) doit se trouver à une distance de l'œil sujBSsante pour permettre de voir distinctement le but. La mii-e mobile des nouvelles armes à feu portatives est ou bien une mire à gradins et à échelons, ou bien une mire à cadran, ou bien enfin une mire à clapet et à glissière soit mire à curseur.

L'une comme l'autre de ces mires peut remplir le but principal, quoique les avis soient partagés sur les mérites respectifs de ces différentes constructions.

La mire à gradins et à échelons est avantageuse, aussi longtemps qu'on n'utilise que les gracfins, mais aussitôt qu'on devra se servir de la glissière de l'échelle, elle devient mal commode.

La mire à cadran est la plus simple et la plus aisée à manier ; elle peut se régler facilement et rapidement avec une seule main et elle ne donne lieu à aucune erreur.

Ce sont les mires à clapet et à glissière (curseur à rallonge) des nouveaux fusils allemands (Mauser) et français (Gras), qui sont les plus compliquées avec leurs cinq (6) crans différents de mire et le double emploi du curseur.

La plus grande étendue, donnée à l'échelle, n'est pas une conséquence de qualités balistiques supérieures dans cette arme relativement aux autres fusils de construction nouvelle ; en effet, il est reconnu que les nouvelles armes de petit calibre ont en général, à une distance de 2500 mètres et au delà, une efficacité encore bien suffisante, pour mettre hors de combat hommes et chevaux. (Le fusil suisse à répétition, par exem- ' pie, atteignait encore, dans \%& expériences dirigées par le colonel fédéral Siegfried, une force de pénétration de 6 centim. d'épaisseur de bois de sapin à des distances de 2500 à 2800 mètres). Mais on estime, d'après les expériences de 1870/71, que la grande portée" des armes à feu portatives de notre époque, (Joit pouvoir, autant que possible, s'utiliser. Aussi, dah^ ce but, ne craint-on pas les complications inhérentes à leur nouvelle mire, et compte-t-on empêcher, par une discipline sévère, une application.superflue et inutile du tir à grandes distances.

Pendant la guerre de 1870-71 de nombreux exemples ont prouvé que le fusil Chassepot pouvait s'employer utilement et avantageusement à des distancées dépassant 1000 mètres. Il est vrai qu'à un tel éloignement il ne s'agit que de feux exécutés sur des buts d'une assez grande étendue (batteries, grandes masses compactes d'infanterie ou de cavalerie, en colonnes serrées, etc.), oîi, dans la plupart des cas, l'observation de l'effet produit doit être faite exactement et prise en considération, atin de ne pas brûler inutilement la munition. Il peut aussi se présenter des circonstances exceptionnelles, oïl l'échelle de mire n'est pas divisée pour les distances nécessaires ; alors on recourra à des procédés spéciaux ; on fera, par exemple, viser sur un point plus élevé ou plus éloigné.

LTne échelle de hauteurs de mire pour des distances jusqu'à 1200 mètres semble

donc devoir répondre amplement aux besoins les plus nécessaires, si Ton ne veut pas faire souflfrir la règle par des complications calculées seulement en vue des exceptions. —

Les armes à feu portatives plus courtes pour la cavalerie sont le plus souvent munies d'une embase ou hausse fixe, qui contient quelquefois encore un petit clapet mobile donnant la hauteur de mii-e pour une seconde distance.

Les déviations latérales naturelles, provenant de la direction des rayures et de la rotation du projectile, sont si minimes dans les nouveaux fusils, qu'on peut parfaitement se passer de les corriger soit en déplaçant le cran de la mire de l'axe de l'âme, soit en donnant un mouvement oblique à la feuille de mire, ainsi qu'on l'a proposé et même appliqué.

Quant à ce qui concerne l'exécution du travail, on a en mains aujourd'hui les moyens nécessaires pour travailler le canon intérieurement et extérieurement avec toute l'exactitude désirable même avec une très-faible tolérance. L'-ajustage du guidon, de la mire, la division des hauteurs de mire pour les diiSférentes distances, les dispositions de l'âme du canon, en un mot tous les facteurs ayant de l'influence sur les effets balistiques du canon et de la mire, peuvent être établis et vérifiés d'une façon si exacte, que le connaisseur peut déjà juger de la justesse du tir, dont une arme est capable, avant de l'avoir essayée.

Les perfectionnements et les conquêtes de la mécanique et de la technique ne sont un secret pour personne, et ils n'appartiennent pas à quelques hommes seulement; ils sont pour la plupart la propriété commune de l'industrie de la fabrication d'armes, de sorte que l'exécution technique et mécanique de ces dernières ne présente dans aucun État de différences sensibles..

En continuant ce parallèle, et en considérant que les divergences mêmes des proportions de la charge sont aussi des éléments de comparaison, — comme par exemple un plus petit calibre avec une charge plus faible, l'augmentation des gaz d'expansion avec une portion plus forte de fulminate dans les cartouches à percussion périphérique, etc. — on arrive à conclure que les nouvelles armes du calibre de 10,^ à 11"™ sont toutes à peu près semblables comme armes a feu de précisiatu

Gomme armes à feu de vitesse les constructions nouvelles des fusils à charge simple exigent trois mouvements, et les fusils à répétition deux mouvements pour la charge, en utUisant le magasin.

Pour les fusils à charge simple à trois mouvements, il faut considérer que chez les uns ces mouvements peuvent être plus courts et plus commodes que chez les autres, et par conséquent il y aurait une différence dans le temps réel employé. Sous ce rapport on devra donc donner la préférence aux constructions dans lesquelles c^s mouvements s'exécuteront le plus promptement. Cependant la différence n'est en réahté pas aussi grande, qu'on a souvent voulu partialement la représenter; car, tandis que pour certaines constructions (â bloc) les mouvements de la charge sont par eux-mêmes plus courts, pour d'autres, au contraire (à cylindre) il faudra donner une moins grande attention, donc moins de temps, à l'introduction de la cartouche, etc. (Des détails ultérieurs sur ce point sont consignés sous la rubrique A ; pièces de fermeture et de percussion).

Les fusils à répétition offrent l'avantage de pouvoir introduire successivement

180 AE&ŒS A FEU.

dans le canon un certain nombre de cartouches (en Suisse, par exemple 13) avec deux mouvements de charge seulement pour chaque coup, en économisant le temps perdu nécessaire pour saisir chaque fois la cartouche et l'introduire dans le canon pour'ce même nombre de coups avec les fusils à charge simple.

Les fusils à répétition présentent donc vis-à-vis de ces derniers une notable augmentation dans la vitesse des feux. Le nombre des cartouches brûlées peut à chaque instant être remplacé dans le magasin par un, nouvel approvisionnement, et d'un autre côté le fusil à répétition peut à volonté être utUisé comme fusil à charge simple. Dans ce demier.cas la charge exige à peu près le même temps que pour les autres fusils à charge simple, avec trois mouvements.

L'arme à magasin prime donc le fusil à charge simple, quant à la vitesse du tir, et l'influence morale qu'exerce sur le tireur le sentiment qu'il est en possession d'une provision de cartouches dans le fusil même, constitue assurément un autre avantage considérable. Les services, que peut rendre le magasin, seront en certains moments d'une très-grande importance.

A propos de la condition II, nous avons dit que le fusil moderne doit être < une arme à feu de vitesse de la construction la plus simple, d'une grande solidité, d'une longue durée, d'un maniement commode et d'un facile entretien. >

Le fusil à répétition, qui est supérieur au fusil simple eu égard à la vitesse des feux et à un maniement plus commode dans le tir, ne lui est pas sensiblement inférieur au point de vue de l'entretien ; mais cette supériorité ne peut'pas s'étendre à la simplicité de la construction, ni à la solidité et à la durée. La répétition augmente le nombi'e des pièces de l'arme, et les fonctions qui en résultent pour quelques pièces doivent . nécessairement être aussi plus étendues.

On peut avoir des opinions bien divergentes sur la question-de savoir si, après cet exposé, on devra accorder plus de valeur aux avantages du magasin ou à ceux d'une plus grande simplicité de construction, d'une plus grande solidité et d'une plus longue durée de l'arme. Toujours est-il que le fusil à répétition paratt devoir être l'arme de l'avenir.

Maintenant déjà son mécanisme est passablement simple et solide, et son démontage, par exemple pour le fusil suisse à répétition, plus facUe et moins compliqué que celui de beaucoup de fusils simples. L'époque d'activité et de création, dans laquelle nous vivons, peut encore y apporter de nouvelles simplifications et augmenter la durée de quelques pièces, de sorte que le fusil à répétition pourra aussi à ce point de vue se perfectionner.

Si»par exemple le fusil suisse à répétition employait la cartouche à percussîoii centrale au lieu de la percussion périphérique, il en résulterait déjà un surcroît de solidité et de durée (entre autres par la suppression de la fourchette de percussion).

La condition III : Le fusil d'infanterie de l'époque actuelle doit pouvoir servir aussi d' < arme à main, > est remplie par l'adjonction de l'arme accessoire, consistant dans la bayonnette ou le yatagan (sabre-bayonnette). L'avantage est certainement tout à fait du côté de ce dernier, quoique l'antique < perce-cuirasses, > aussi nommé c percecrapauds, > compte encore beaucoup de partisans, surtout parmi ceux qui ne savent pas

DIX-NEUVIÈME SIÈOI^. 181

comprendre les avantages d'une arme' à tir précis et rapide ou qui ne les veulent pas compireadre, parce qu'ils dérangent leur routine et leur quiétude.

Un yatagan léger, avec une lame solide et un mode pratique de consolidation au fusil ^st une arme de choc (d'estoc) tout aussi bonne que la bayonnette, et elle est en mêni^ temps une arme de masse (de taille). Tandis que la bayonnette, une fois le fusil brisé, ou prise simplement en main, ne possède aucune propriété utile au service, le yata^^in peut s'employer seul, à la main, et son utilité, principalement dans la tactique modifi.^ de Tinfanterie, dai^s le service de chasseurs, de tirailleurs pour éclaircir des bmus^Mdlles, former des abris, etc., ne doit pas être perdue de vue.

Une arme accessoire a beaucoup plus de raison d'être aujourd'hui pour un tout autr^ usage que pour figurer à l'extrémité du fusil, où elle remplit de jour en jour un rôle [>Xus subalterne, la bayonnette est donc < impratique, > car elle est destinée uniquôitt^nt à être employée plantée au bout du fusil.

Si l'on veut entrer dans d'autres considérations particulières à la nature des '^Us, ^'infanterie de l'époque actueUe, on devra encore mentionner :

A. Les pièces de fermeture et de percussiofi ; fi. La monture;

Page 1