C. Les garnitures
D. Les pièces accessoires ; E* Lamimition.
qu
A. Les pièces de fermeture et de percussion.
Parmi les fermetures, on en rencontre spécialement deux sortes, qui sont appliaux modèles les plus récents, à savoir l'obturateur à bloc et l'obturateur à Te.
, L'obturateur à bloc, soit vertical soit à bascule, n'exige, comme on l'a déjà vu,
^ ^^^^ seul mouvement très-simple pour armer, ouvrir et fermer; tandis que l'obtura-
^ ^ cylindre demande le plus souvent un double mouvement, et quoique l'obturateur
. ^^^•^ Tue et se ramène en arrière d'une manière non interrompue, il ne possède cepen-
^ '"^as la même simplicité que l'obturateur à bloc.
En revanche, avec une fenneture à bloc, il est nécessaire que la cartouche soit
^^>j^jÇ^duite complètement dans sa chambre, si l'on veut pouvoir fermer. En outre,
^ /ermeture à bloc ne produit pas une obturation aussi hermétique de la cartouche, ce
Jji n'a d'influence réelle, il est vrai, que sur les cartouches à percussion périphérique.
£nfin l'ouverture, après le feu, est — pour le bloc-obturateur — souvent rendue plus
difBcfle par le gonflement du fond de la cartouche.
L'extraction de la douille vide exige une plus grande force avec la fermeture à bloc que par l'obturation à cylindre. Dans cette dernière construction on peut même, en modérant le mouvement d'extraction, saisir facilement la douille, ce qui constitue un avantage réel, lorsqu'on veut la conserver après le tir pour l'employer de nouveau. Cette circonstance n'a de valeur que pour les exercices en temps de paix; mais comme l'emploi le plus considérable de cartouches a lieu précisément en temps de paix, la prise en considération de cette économie sur la munition est parfaitement justifiée.
En temps de guerre, la conservation de la douille vide, en l'enlevant à la main au lieu de la rejeter au dehors ou de la faire tomber sur le sol en retournant l'arme, présenterait une entrave à la rapidité des feux et conséquemment un inconvénient grave. Mais Parme peut être disposée de telle manière que l'on puisse facilement saisir la douille vide et la mettre de côté dans les exercices en temps de paix, tandis que dans les moments sérieux cette douille serait rejetée, en allant butter contre une vis d'extraction, dont la tête dépasserait à l'intérieur les parois de la botte de culasse; cette vis pourrait simplement être enlevée en temps de paix.
Le système à cylindre exige, pour une même longueur d'arme, un plus grand espace empiétant sur la longueur du canon. Ce n'est pas un désavantage, vu que le ca* non d'un fusil d'infanterie est toujours plus long que cela n'est nécessaire pour l'expansion complète des gaz de la poudre. En revanche, pour des armes plus courtes, par exemple pour les mousquetons de cavalerie, le système à bloc est plus favorable, parce qu'il permet d'obtenir plus aisément la longueur de canon nécessaire avec une plus faible longueur du fusil tout entier.
Quant aux pièces de percussion il y a à remarquer qu'un petit nombre seulement des nouvelles constructions de fusil ont conservé la platine à percussion renversée, la plupart avec plu^ de trois mouvements pour la charge (Peabody, Wemdl), tandis que toutes les autres réunissent le mouvement pour armer au mouvement pour ouvrir ou pour fermer.
Le ressort-spiral, aussi bien que le ressort-hélice ou à ruban (Beaumont) pour la percussion peut être rendu solide et très-durable, et ce mécanisme de percussion est en général beaucoup plus simple que les précédents.
B. Monture. La monture est construite en deux pièces ou d'une seule pièce. La construction en deux pièces est préférable pouY des motifs de fabrication, lorsque toutes les parties sont solidement et convenablement reliées.
Les matériaux employés sont le noyer ordinaire et aussi le bouleau dans le Nord, et le noyer-géant en Amérique.
L'inclinaison de la crosse (centre d'épaulement) au-dessous du prolongement de l'axe du canon varie de 10 à ll*^", et la longueur d'épaulement (de la détente au centre d'épaulement) va de 31 à 35^™.
DIX-NfiUVIEME SIECLE. 183
C. Oamitures, La matière, employée pour les garnitures, est habituellement le fer. ML^m^ laiton ne s'utilise plus que rarement, quoiqu'il mériterait encore la préférence pour He pontet et les anneaux.
Dans les derniers temps on a vu apparaître le bronze phosphore; mais il n'a pas pu s"" îsmplanter solidement pour la fabrication de pièces de fusils, principalement à cause de ri.m:Bégalité de sa composition.
Une matière, d'une ténacité à peu près égale à celle du fer et non sujette à la ToiiiU^, deviendrait trës-précieuse pour la technique des armes ; mais le bronze phosphore ^ au lieu de se rouiller, se couvre de vert-de-gris, ce qui est encore beaucoup plus
Les garnitures en fer sont ou bien cémentées (d'une couleur grise) ou bleuies ; de so K-te qu'une arme (avec son canon bronzé ou bruni) présente une teinte sombre ^& .£fe.ucune partie brillante.
D. Accessoires. Ils se composent le plus souvent d'un tourne-vis et d'un lavoir ou d"*T^ftie brosse, celle-ci étant considérée comme très-pratique pour le nettoyage du
can
E. Munition, Dans la munition il y a à considérer : l"" la douille de la cartouche, la ni.-^-fcière qui la compose et l'inflammation ; 2* la charge de poudre en qualité et en quar^^.i^. 3* le projectile, la matière employée, la forme et le poids; 4" le graissage.
1. DowUede la cartouche. On emploie exclusivement des douilles métalliques,
{Bit^^ «:1e préférence en cuivre pour la percussion périphérique et en laiton pour la per-
cuss:».^!^^^^ centrale. On se sert du cuivre pour la percussion périphérique, parce que le
[w ^=4^^ la douille, ayant une plus faible épaisseur exige une ténacité plus régulière et
^ "^"^Vs^iforme.
Les douilles destinées à la percussion centrale sont estampées ou composées de ^^^Ues de laiton enroulées. Ces dernières reviennent plus cher et sont moins convenal,ies pour un usage répété. Mais comme elles sont plus expansives, elles offrent l'avantage de produire une meilleure obturation.
Les douilles de cuivre estampées pour la percussion périphérique sont plus simples à fabriquer et elles sont moins coûteuses que les autres, en ne calculant qu'un .seul emploi.
La valeur du cuivre des douilles vides réduit d'un huitième jusqu'à un sixième le prix de revient de la cartouche entière (le prix de la cartouche suisse est de six centimes; la valeur de la douille après le tir 0,8 centimes).
Les douilles à percussion périphérique sont en revanche plus susceptibles d'une explosion prématurée ou accidentelle. En outre la plus grande quantité de matière in-
flammable offre une irrégularité plus considérable dans la pose de Tamorce, et la vigueur de Celle-ci exerce une influence sur la charge.
La matière explosible est en contact direct avec la poudre, et elle ne se conserve pas aussi bien que dans les cartouches à percussion centrale, qui présentent encore le grand avantage de pouvoir conserver la munition sans amorce. Cela a pour effet de diminuer notablement les dangers d'explosion dans Temmagasinage et le transport des munitions. L'introduction de la capsule d'amorce exige une perte de temps peu sensible. La possibilité de l'emploi réitéré des douilles déjà servies, avec la percussion centrale, a été relevée dans beaucoup d'endroits comme très-avantageuse et elle mérite en effet d'être prise en sérieuse considération. La preuve a été fournie (par exemple en Bavière) que l'utilisation plusieurs fois répétée d'une seule et même douille de cartouche peut très-bien être mise en pratique dans la troupe.
L'avantage de la percussion centrale, au point de vue mécanique et relativement à la solidité et à la durée de la construction du fusil, a déjà été démontré dans d'autres passages de ce livre. —
2. La charge de poudre^ en ce qui concerne la quantité, a déjà été traitée lorsqu'il s'est agi des proportions de la charge. *
Quant à la qualité, les proportions du mélange sont : ou 75 de salpêtre, 11 de soufre et 14 de charbon, ou bien 75 de salpêtre, 10 de soufre et 15 de charbon. Les premières quantités sont en usage en Allemagne, en Bavière et en Suisse, les dernières en Angleterre, en France (nouvellement), en Russie et en Amérique.
En place du grain rond on a de part et d'autre employé dans ces derniers temps un grain anguleux, prismatique. Il paraît que les Anglais notamment sont parvenus à produire une excellente poudre de fusil de forme anguleuse. —
3. Projectile. On a déjà lu à la page 166 qu'ime forme artistique, tout ingénieuse qu'elle puisse être, est parfaitement inutile pour la bonne direction du projectile. Les rainures ou entailles, dont celui-ci est pourvu, n'ont plus d'autre but que de maintenir et retenir la graisse, dont le projectile est enduit extérieurement. Quant à son poids, voir les proportions de la charge. La matière le plus généralement employée pour la fabrication des projectUes, est le plomb pur ou < plomb doux. >
En Angleterre on -y ajoute Via de zinc et ce mélange se nomme le < plomb dur. > L'effet produit par les nouveaux projectiles ressort des résultats des expériences du D' Kûster, à l'école de tir militaire à Spandau, où il a été expérimenté sur des corps d'animaux. On en conclut que : < P les dimensions des dégâts sont en rapport direct avec la vitesse initiale du projectile. Le modèle de fusil de 1871 (Mauser) produisit des perturbations terribles, dans ce sens que les os et les parties molles étaient frao turés et écrasés sur une étendue considérable ; 2*" la blessure est aggravée par le fait que le plomb se réchauffe par le choc et par là perd de sa force de cohésion^ mais sans se fondre. En traversant les chairs le projectile laisse en arrière des fragments de plomb à tous les angles et à toutes les arêtes du canal de la balle, et il sort finalement du corps en plusieurs morceaux entraînant avec lui des fragments d'os brisés. S"" Les blés-
tio;
poa sa
snreSy qui viennent d'être décrites, ne sont produites dans ces dimension^ que par des projectiles en plomb doux.
Les blessures, faîtes avec le projectile du fusil Henry-Martini, dont la vitesse ^itiâle est à peu près la même, sont loin d'être aussi considérables. Selon les circonstances ce projectile en plomb dur ne pratique ordinairement qu'un simple trou, dont ''ou^v^rture d'entrée est plus ou moins arrondie et celle de sortie aussi, mais un peu plas grande, sans causer de perturbations internes.
Le projectile du Chassepot et plus encore celui du fusil Mauser présentent une P«îss€Mice dévastatrice épouvantable, surtout à leur sortie.
CeB particularités furent aussi, comme chacun le sait, observées durant la guerre ^'^^^^io-allemande de 1870/îl et plus spécialement chez les blessés allemands. C'est Po^*^<j^^oi l'on adressait aux Français le reproche d'avoir violé les lois du droit interna- , en faisant usage de projectiles explosibles, tandis que le vrai motif de ce fait reuniquement dans la composition du projectile Chassepot en plomb doux et dans vitesse initiale.
,, A cent pas de distance des projectiles en plomb dur traversent encore le corps
, ^^ Ciheval dans sa plus grande dimension; tandis que des balles en plomb doux restent
^i^^ ^^^ souvent cachées dans le corps, sans le traverser, et produisent ainsi des blessures
^ ^"^^t)up plus dangereuses. Des expériences faites concun-emment sur le degré de pré-
^vS^tf^ ont été à l'avantage des projectiles en plomb dur.
4. Graissage, Le graissage est nécessaire pour empêcher l'endurcissement de la crasse de la poudre, restant dans le fusil, de même aussi que la suspension de fragments de plomb dans les rayures et sur les pleins (plombage des rayures).
Le graissage de la cartouche se fait extérieurement ou intérieurement. Le graissage extérieur a aussi pour effet de venir en aide à l'obturation de la partie postérieure de la chambre contre l'échappement des gaz de la poudre, et il est surtout nécessaire lorsque la douille de la cartouche n'a pas assez d'élasticité et d'expansibilité pour s'appliquer fortement contre les parois de l'âme du canon. ^
Le graissage extérieur a, en revanche, l'inconvénient de se fondre à la chaleur, et de se briser à une température refroidie, ou lorsqu'on conserve pendant un certain temps de la munition graissée. En outre il a le désavantage d'encrasser et de salir les mains et les effets.
Le graissage intérieur (disque ou tampon de graisse placé entre le projectile et la charge de poudre) remplit très-bien son but avec une matière facilement expansible pour la douille,, comme par exemple les feuilles de laiton enroulées.
La graisse, qu'on emploie à cet usage, est habituellement un mélange 'de graisse de mouton et une légère adjonction de cire-vietge.
Après avoir coordonné et discuté ces différents points, si l'on revient à la question : Quelle est la meilleure parmi toutes ces nouvelles constructions de fusils qui on^ pris naissance récemment? on Ae\rsL recoudre que toutes ces nouvelles constructions,
introduites dans les derniers temps, répondent aux conditions exigées pour le fusil d'infanterie de Tépoque actuelle, les unes présentant des avantages plus marquants dans un sens, les autres dans un autre.
L'impossibilité de réunir dans une seule construction toutes les qualités supérieures, permettra naturellement d'avoir diverses opinions sur < l'arme par excellence, > selon que l'on donnera plus de valeur à tel avant^e qu'à tel autre.
Il ne faut pas attribuer trop d'importance, comme on l'a fait souvent, à certaines données qui, par exemple, admettent pour la vitesse du tir d'un fusil se chargeant en trois mouvements vingt et plus de coups par minute (le fusil suisse à répétition a atteint 34 coups par minute). En effet il y a au service de chaque construction des gens très-exercés au maniement de leur fusil, qui atteindront un maximum. Comme base on prendra toujours Veffd nornud. > Celui-ci dépend du nombre et du mode des mouvements de la charge et, à nombre égal la vitesse des tirs se balance à peu près; de même aussi qu'en ce qui concerne la précision du tir, des canons rayés approximativement uniformes au point de vue du calibre et de la charge n'offrent point de différences extraordinaires.
Mais on peut admettre en toute sûreté que le fusil qui remplira le mieux les services qu'on est en droit d'en attendre^ sera le fusil porté par un homme connaissant à fond les propriétés d'une arme à feu de précision et de vitesse de tir, et qui comprendra le plus complètement la manière de les utiliser.