FERMETURE DE CETTE ARME
PL 6, fig. 33.
A en juger par la monture, le canon et la platine, elle doit remonter à peu près à cette époque. Pour la charger, on retire d'abord la clavette, puis le coin vertical A (qui sert de mire) ; on retire ensuite la chambre du canon en arrière, on la charge, puis elle est remise en place et assujettie par les deux coins.
La chambre est pourvue d'un trou de lumière qui correspond à celui du canon.
1544. En France, les fantassins reçoivent les < pistolets > et, en
1557, l'infanterie allemande en est également armée.
A la bataille de Renty (1554) les pistolets rendirent de bons services à la cavalerie allemande. On y avait introduit l'innovation suivante : on chargeait par escadrons en ordre serré; chaque fois que le premier rang arrivait à portée de pistolet de l'ennemi, il faisait feu et, tournant à droite et à gauche, allait se reformer derrière la colonne où il rechargeait ses armes. On appelait cette manœuvre < Schnecke > (caracole).
Avec la platine à rouet, on avait supprimé l'inconvénient de porter avec soi une mèche allumée, ce qui avait facilité à la cavalerie l'emploi du pistolet ; mais il existait cependant un autre inconvénient, c'est que le cavalier se trouvait sans défense dès qu'il avait tiré ; c'est pourquoi on rechercha avec empressement les armes à plusieurs coups, qui ne tardèrent pas à se produire sous la forme de pistolets à deux canons et autres armes à feu à plusieurs coups.
PISTOLET A ROUET, long.
PI. 9, lig/47.
Ce pistolet a une longueur de 72*",5 et un calibre de 13 millimètres ; la poignée a peu de courbure et se termine en une crosse qui s'appuie sur la cuirasse.
PISTOLET A ROUET avec bouton en métal, 1550-4580.
PI. 9, fig. 48.
PISTOLET DOUBLE avec deux platines a rouet, de la même époque.
PI. 9, fig. 49.
C'est aussi à cette époque (1543) que fut inventée, à Munich , la double rf par le moyen de laquelle on avait obtenu de diminuer assez considérablement le poids de la détente.
22 ASMES À FEU.
DOUBLE DÉTENTE armée.
PI. 8, fig. 38.
DOUBLE DÉTENTE désarmée. •
PI. 8, fig. 39.
Là double détente se compose : du coffret A, du frappeur B avec sa languette, de la détente ou aiguille G, du ressort de double détente D, du ressort de détente E et de la vis d'arrêt F.
On arme la double détente en pressant sur la languette du frappeur qui {end le grand ressort et la détente ; celle-ci est maintenue dans son cran par le ressort de détente.
Une légère pression sur la détente (aiguille) dégage le frappeur; en se détendant, le ressort chasse avec force le frappeur contre le bras recourbé de la gâchette ou du levier et désarme ainsi la platine. La vis d'arrêt règle le degré d'engagement de la détente dans le cran du frappeur à tel point qu'il est possible de provoquer le départ en touchant à peine la détente (aiguille).
1563. Le gouvernement de Berne fait publier l'ordonnance suivante concernant les armes à feu < rayées en spirale ": >
< Depuis peu d'années, l'art s'est introduit de creuser dans l'âme des canons des rayures courbes ou en spirale, afin d'augmenter la précision du tir; l'inégalité de chances qui en résulte pour les simples tireurs a semé la discorde entre eux. En conséquence, il est défendu (comme l'ont fait la plupart des gouvernements confédérés), soua peine de 10 livres d'amende, de se servir d'armes rayées pour les tirs ordinaires. Il est toutefois permis à chacun de faire rayer son anne de guerre (Reisbtlchse) et de concourir avec des tireurs se servant des mêmes armes pour des prix spéciaux. >
Les rayures en spirale doivent avoir été inventées par Augustin Kutter, à Nuremberg (tl630), et suivant d'autres indications par Wolf Danner, de la même ville. Nuremberg avait, à cette époque, une production d'armes très-active, entre autres les commandes suivantes :
1553. Livraison d'arquebuses pour le duc Albrecht de Bavière;
1554. > > > l'archevêque de Bavière; 1559. > > (1000 pièces) pour la ville d'Ulm.
n n'a pas été constaté, si c'est par hasard (cet auteur de si nombreuses inventions), ou par mûr raisonnement que s'est produit l'idée de donner aux rayures une torsion en spirale ; quoique l'on puisse admettre que l'on savait déjà à cette époque qu'un corps doué d'un mouvement de rotation autour de son axe, surmonte plus facilement les obstacles à traverser que celui sur lequel agit ime simple pression, et si l'on savait en outre que le projectile suit les rayures et subit ainsi un mouvement de rotation sur luimême, on ne peut cependant pas en conclure que l'on connaissait déjà alors la valeur de cette rotation du projectile, telle qu'elle a été constatée plus tard dans l'emploi des projectiles oblongs.
SEIZIEME SIECLE. 2â
Quoi qu'il en soit la précision et la portée y avaient gagné.
Les rayures variaient beaucoup de forme et de torsion, ainsi qu'en profondeur et en largeur. Elles étaient le plus souvent construites suivant l'opinion de l'armurier et sans motif déterminé.
La forme en spirale ou le pas des rayures dépassait cependant rarement un tour sur la longueur du canon.
Le nombre des rayures était de préférence impair (ordinairement 5, 7, 9 ou 11), et cela dans le but de placer en face de chaque partie saillante (champ) une partie creuse, afin de mieux assurer la conduite da projectile ; leur forme était à angles vifs, aigus ou arrondis et quelquefois alternativement l'un et l'autre. On les appelait < rayures en étoile > ou en < rose. > Les rayures très-nombreuses (il y en avait quelquefois 100 et même plus) se nommaient < rayures à cheveux. >
La même année (1563), la fonderie de maître Peter, à: Berne, fournit, outre d'autres bouches à feu, une certaine pièce dite à orgue, ou canons nombi'eux, qui fut éprouvée le 12 juillet.
Il existait à cette époque des pièces semblables en grand nombre et de constructions variées, sous les dénominations de canon à orgue, à hérisson, à grêle et à cris (Orgel, Igel, Hagel et Geschrei-Geschûtze) ; mais ces armes n'ont pu obtenir grande signification, parce qu*après avoir tiré il fallait un temps considérable pour les recharger. Leur effet comme bouches à feu était peu important, l'exigence d'un attelage leur donnait peu de valeur pour l'infanterie et même comme arme de rempart leur emploi était fort limité. Elles prouvent cependant un esprit fécond en inventions. Ces armes se révèlent surtout par un grand nombre de systèmes de fermeture (à culasse) qui existaient déjà à cette époque et que l'on appliquait de préférence aux arquebuses à support, aux doubles arquebuses, aux fauconnaux et aux serpentines. Plus tard, ces inventions servirent à perfectionner de nombreuses combinaisons.
1567. Le duc d'Albe introduit le mousquet pour toute l'infanterie espagnole. Il a des carabiniers à cheval armés de mousquets.
En France, on introduit des mousquets de calibre plus petit qu'auparavant (balle de 2 loths.).
1569. Toute la cavalerie allemande est armée de pistolets.
1572. Elisabeth d'Angleterre promet à Charles Y six mille hommes de troupes auxiUaires, dont une moitié est munie d'armes à feu et l'autre d'arcs.
1573. n existe, à l'arsenal de Dresde, un grand nombre de pistolets à rouet, qui portent la date de cette année ; le couvercle du bassinet se meut lorsqu'on arme le chien.
1575. On donne le nom de bByoïmette à de longs poignards qu'on plante au bout du canon.
1584. Nicolas Zurkinden fait, à Berne, le 25 mai de cette année, l'essai d'une carabine avec le seul canon de laquelle on pouvait tirer plusieurs coups de suite (fusilrevolver).
Faute de précautions, l'expérience ne fut pas heureuse et eut même des suites funestes, car le canon sauta et les éclats blessèrent plusieurs personnes, entre autres le vieux Frantz Dittlinger, qui mourut au bout de quelque jours de ses blessures.
24 AEMIâS A F£Û.
La sentence prononcée à ce sujet par le Petit-Conseil et le Conseil des Deux- Cents contient le passage suivant :
« Que la mort de Dittlinger devait être attribuée plutôt à un accident qu'à un crime; mais afin que lui et d'autres s'abstiennent à l'avenu* d'inventions de ce genre ou s'y prennent avec plus de précautions, Zurkinden aura à payer 100 L. d'amende. > (de Sturler, Berne. — Revolver et Vengeance.)
Cette arme était sans doute munie d'un cylindre tournant dont les chambres ne correspondaient pas suffisamment avec l'âme du canon.
La cavalerie cuirassée de la milice bernoise reçut cette année des pistolets à rouet et à crosse allongée, garnie d'un bouton et dont on pouvait se servir comme assommoir (comparez avec fig. 48).
1585. On perfectionne les mires et les guidons des armes à feu. La mire à tube avec grain en forme de quille était déjà connue dès le commencement de ce siècle, mais, comme elle cachait au tireur la vue des objets environnants, elle fut mise de côté comme défectueuse et remplacée par la mire en forme de fourche (munie d'un demi-cercle ouvert à sa partie supérieure) ; plus tard, celle-ci fit place à un simple renfort dans lequel était pratiqué le cran de mire.
Ce renfort était tantôt soudé, tantôt chassé dans une entaille du canon. Toutes ces mires sont fixes et leur hauteur n'est pas calculée d'après la ligne de tir.
MIRE A TUBE avec son guidon (1500 a 1510).
PI. tl, fig. i61.
MIRE DE MOUSQUET avec son guidon (1520 a 1530).
PI. tl, fig. 163.
MIRE A ÉQUERRE avec son guidon (1580 a 1560).
PI. tl, fig. 163.
1586. Berne fait à Suhla (Suhl), ville qui s'était déjà acquis une réputMion par sa fabrication d'armes, une commande de 2000 arquebuses à mèche et de 500 mousquets à rouet.
L'état de l'armement des Bernois, mis sur pied en 1590, pour protéger le pays de Vaud menacé, indique 286 mousquetaires, 557 autres arquebusiers, 822 soldats cuirassés, 825 simples piqueurs et peu de hallebardiers. Cette dernière arme ayant du reste été peu après totalement abolie.
1592. On abandonne entièrement l'usage de l'arc en France.
1597. Savorgano décrit la cartourlte complète comme étant déjà en usage chez les arquebusiers napolitains.
Le musée. de Paris possède des mousquetons allemands avec platines à rouet et doubles détentes, datées de 1597.
1599. Le calibre des mousquets de l'armée hollandaise est réduit de 8 à 10 bal-