FUSIL DOUBLE DES TIRAILLEURS AUTRICHIENS
PI. iS, fig. 75.
Les deux canons sont superposés ; longueur du canon 650 millimètres ; calibre
15^ raillimètres; sept rayures passablement profonde^ faisant un tour sur la longueur du canon; mire, un simple talon avec une entaille ; 2 platines et 2 détentes. Les tirailleurs prussiens reçoivent des carabines à bayonnette.
1788. Bertholet invente le fulminate de mereuref le premier fulminate connu était le chlorate de potasse découvert en 1786.
1789. On éprouve en France la solidité des fusils d'infanterie; quatre fusils avec lesquels on avait tiré 10,000 coups, n'étaient pas encore hors de seryice.
1794. Les Anglais adoptent un nouveau modèle de fusil (pareil au modèle français), ainsi que des carabines rayées pour les chasseurs.
1800. Napoléon fait faire» sur l'armement de l'infanterie, des études qui font conserver le fusil modèle de 1777-1800.
L'arquebuse qui avait remplacé la bombardelle, avait été abandonnée elle-même pour le mousquet; celui-ci dut céder à son tour la place au fusil. Le besoin d'une arme légère pour l'infanterie était satisfait, et à la suite de l'invention d'une bonne platine et de la bayonnette, on put laisser également de côté les piques et autres anciennes armes, de même que les armures.
On possédait ainsi dans le fusil d'infanterie dont nous venons de décrire les qualités, une arme à feu qui servait en même temps d'arme blanche, et, en cette dernière qualité, elle a même surpassé avantageusement plus d'un esinidon. Cependant on constate peu de goût à cette jépoque pour les exercices pratiques de tir d'infanterie, car on attachait plus d'importance à dresser et à former les soldats sous d'autres rapports. Ainsi, on trouve dans une < Instruction sur l'uniforme et les exercices armés, maniement d'armes et manœuvres, pour la ville et république de Soleure,> qui parut en 1790, les passages suivants : Pour r<équipement> : < Un fusil à bayonnette, en bon état, avec bretelle tendue et une bonne pierre à feu. >
Pour exécuter la charge : < Charge en 12 temps. 1. Chargez-armes; 2. Ouvrezbassinet; 3. Prenez-cartouche ; 4. Déchirez-cartouche; 5. Amorcez; 6. Fermez-bassinet; 7. Arme-à gauche; 8. Cartouche-canon; 9. Sortez-baguette; 10. Bourrez-charge; 11. Remettez-baguette; 12. Portez-armes. >
Ensuite venait la < charge rapide à volonté, > sans commander les temps. Remarque : < La charge ne doit être bourrée qu'une fois; si l'on charge à poudre, on ne doit jamais charger deux cartouches l'une sur l'autre, car l'arme pourrait sauter et cela est sévèrement défendu ; pour s'assurer que le coup est parti il suffit de régarder s'il sort de la fumée du trou de lumière. > • < Uniformes et insignes : >
< Un habit, une camisole et des culottes de drap bleu ; sur chaque épaule une pattelette bleue doublée de drap rouge et garnie d'un galon rouge. Au cou un petit col ou un crêpe noir. Des guêtres noires à boutons noirs, coupées à un pouce au-dessous du genou pour laisser voir quelque chose de blanc, soit des manchettes de bottes, soit des bas blancs entre le pantalon et les guêtres. Un chapeau lisse, sans galons, avec des ailes larges de 5 pouces et bien retroussées, une ganse blanche avec un bouton ; une cocarde blanche en toile de lin avec un nœud écarlate au centre. Les cheveux Hen peignés et une cadenette ; sur les côtés, les cheveux coupés à la hauteur du bout de l'oreille. >
Le peu d'eflfet qu'on tirait alors des armes à feu était encore amoindri par d'au-
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ires influences, par exemple Tévent considérable de la balle dans le canon, sans lequel on ne pouvait se servir de l'arme longtemps à cause de l'encrassement du canon ; l'irrégularité de la charge, résultant de ce qu'on versait dans le bassinet une partie de la poudre contenue dans la cartouche, de sorte qu'il en restait moins pour la charge, ce qui avait fréquemment lieu à dessein pour atténuer le recul. Cette irrégularité était encore aggravée par le fait qu'il s'échappait une plus ou moins grande quantité de gaz du trou de lumière, en^orte que souvent la poudre qui était contenue dans les cartouches et qui équivalait généralement à la moitié du poids du projectile, n'avait plus qu'un effet très-réduit sur ce dernier.
n est facile de comprendre dès lors que l'on se trouvait encore sur un terrain improductif pour introduire d'autres conditions ballistiques, une hausse mobile à différentes distances, etc., et que par conséquent on n'en éprouvait pas encore le besoin.
H a fallu quatre siècles et demi, avant que l'arme à feu arrive à un degré de perfection suffisant pour être adoptée sur tout le continent ; c'est ce qui a été pour le modèle français de 1777-1800, car il se maintient encore, sans grand changement, pendant la première moitié du XIX"' siècle.
1801. L'idée de charger les armes à feu par la culasse date de l'origine même de celles-ci, car il se fit de tout temps des essais pour atteindre ce but, mais on se heurta toujours à la difficulté de construire une fermeture assez hermétique pour ne pas laisser échapper ces gaz qui puissent encrasser le mécanisme et empêcher par là son fonctionnement. Ceci s'applique également au modèle suivant, construit à cette époque :
FUSIL A SILEX SE CHARGEANT PAR LA CULASSE, appartenant a
M. TUIESS, A NUREMBERG.
PI. lO, fig. 56.
Le bois est percé dans le prolongement postérieur de l'âme du canon, afin de permettre l'introduction de la charge. Pour charger, on frappe sur le bouton du levier coudé B, ce qui fait remonter le coin retenu dans cette position par un ressort d'arrêt fixé à l'écusson de sous-garde.
Lorsqu'on a introduit la charge, on donne un coup sur le coin de fermeture pour le faire redescendre jusqu'à ce que sa tête vienne reposer sur le canon ; dans cette position, le trou de lumière du canon correspond à celui du coin.
1805. Un Allemand, du nom de Standenmeyer, qui habitait l'Angleterre, propose des projectiles cylindro-coniques, ainsi qu'un fusil à vent où l'air est comprimé dans la crosse.
1806. Dans la cavalerie suédoise, on remplace les mousquetons par des pistolets qu'on peut airsi mettre enjoué en y adaptant une crosse.
PISTOLET-MOUSQUETON avec platine a silexpi. lO, fig. 57.
^e cette époque datent les vis de muMmmmem pateiktées, ou masselottes, inventées par un fabricant d'armes anglais nommé Henri Nock.
L'agrandissement du trou de lumière par l'action du feu était un inconvénient. Si le trou de lumière était trop petit, la communication de l'amorce avec la charge en souflfrait; si le trou était trop grand, la déperdition des gaz était trop forte. Déjà en 1704, un armurier de Nuremberg, nommé G. Hantzsch, avait construit up trou de lumière conique en l'élargissant du côté intérieur, pour chasser directement la poudre écessaire dans le bassinet, sans exiger un mouvement de plus ; ce système fut adopté en 1781 en Prusse et dans le Hanovre pour les fusils d'infanterie, mais on reconnut bientôt que ce mode de construction augmentait plus rapidement encore l'agrandissement du trou de lumière,* et que les gaz qui s'échappaient par la lumière incommodaient à un tel point l'homme voisin, qu'on fut obligé de munir la surface extérieure du bassinet d'une plaque garde-feu, contre laquelle les crachements des gaz devaient se briser.
Pour fermer les canons au tonnerre, on se servit jusqu'alors de trois sortes de vis de culasses :