INVENTION DE LA POUDRE A TIRER
Par iNiiidre à tirer on comprend le mélange de salpêtre, de soufre et de charbon qui, grâce à sa force chassante, est capable de lancer un corps dans une direction et à une distance voulues en exerçant un efifet destructeur. On ne commença à l'employer comme poudre à tirer que quand on eut reconnu son efifet destructif lorsqu'elle était renfermée dans un tube conducteur, et que l'on eut découvert le parti qu'on pouvait tirer de l'élasticité de ses gaz pour le tir proprement dit.
La connaissance de mélanges identiques a précédé de plusieurs siècles celle de la poudre à tirer entendue de cette manière.
L'emploi de ces mélanges se bornait aux feux d'artifice et aux matières incendiaires dont la découverte est attribuée tantôt aux Chinois, tantôt aux Arabes ou aux Indiens, ainsi que le feu grégeois qui a beaucoup de rapport avec ces mélanges.
Ainsi on raconte des Chinois que les expressions employées encore aujourd'hui de ty-îaiy tonnerre terrestre, Leho-yas, feu dévorant, Le-tien-ho-kien, balle contenant le feu céleste, étaient déjà en usage plusieurs siècles avant J.-C. (Renaud et M. Favé), tandis que les livres sacrés des Indiens datant à peu près de la même époque; contiennent les expressions de Agneti-aster et de Shet-a-getie qui, interprétées dans le sens dS < armes à feu > et < tueur par centaine, > indiqueraient déjà l'usage de la poudre à tirer ; d'après d'autres auteurs Agni-s signifierait < feu > et Astra < arme de jet > projectile, > < flèche, > en sorte que Agni-astra signifierait littéralement < projectile de feu > ou < flèche de feu. > (D' J. Upmann, poudre de tir.)
Nombre d'autres indications sur l'existence primitive de la poudre à tirer, reposent également sur des erreurs d'interprétation, puisque l'apparition des bouches à feu et des moyens d'employer la poudre pour le tir, ne peut être prouvée qu'à partir du milieu du Xin™" siècle.
On ne peut rien affirmer de certain quant à la personne qui, la première, a employé la poudre pour le tir proprement dit, et qu'on pourrait ainsi appeler < l'inventeur > de la poudre à tirer.
La notice du < mélange tonnant > du feu grégeois, que le Grec Callinique communiqua, 668 ans après J.-C, à Constantin Pogonatus, pendant le siège de Constantinople, ne fait pas mention d'une bouche à feu, pas plus que celle de Marcus Graecus