‹ Les armes à feu portatives, trChapitre 5 sur 133 · INVENTION DE LA POUDRE A TIBEB · texte numérisé non relu

INVENTION DE LA POUDRE A TIBEB

qui, dans son ouvrage Liber ignium ad coniburendos hostcs (846?) décrit la poudre (six parties de salpêtre, deux parties de soufre et deux parties de charbon), mais dont les indications laissent seulement conclure à l'existence de feux volants et de fusées où Ja détonation n'est pas exclue.

On peut en dire de même de Roger Bacon qui, d'après Plot naturai history of Oxford, aurait inventé la poudre à Oxford ; Bacon lui-même, dans son livre (1220) de nuUitate magiœ, ne parle que d'effets d'éclairs et de tonnerre semblables à ceux de la poudre et qui servaient à répandre l'épouvante ; il dit au commencement qu'on devait cacher la science parce que le peuple se moquait des devins.

La plupart des chroniques allemandes attribuent l'invention de la poudre à tirer à Berthold Schwarz en 1320 ou 1330, tandis que Furttenbach, dans son École de maîtres annuriers, de 1643, place la découverte de Schwarz dans l'année 1380. La chronique de Jœger attribue cette invention à un juif nommé Tibseles, en 1352, et les chroniques de Silésie à un nommé Severinus, en 1382.

Schwarz aurait été occupé à triturer dans un mortier un mélange de salpêtre, de soufre et de charbon lorsqu'eut lieu une explosion qui lança au loin le couvercle du mortier et jeta Schwarz à terre. Celui-ci fit alors l'essai de lancer des pierres au moyen de cette composition.

Furttenbach le qualifie de : < Patter Bertold Schwarz, de l'ordre des Franciscains, docteur, alchimiste et inventeur de l'art de tirer avec des bouches jt feu. > H doit avoir vécu à Fribourg en Brisgau.

Gomme l'existence des bouches à feu avait été constatée antérieurement à cette époque, on peut en conclure que les propriétés de la poudre pour l'usage du tir au moyen de tubes conducteurs, auraient été reconnues dans plusieurs endroits séparément, en sorte que, grâce au mystère dont on entourait les découvertes scientifiques, un propagateur pouvait facilement se faire passer pour un < Inventeur. >

n est dit aussi dans les Annales de la Ville de Gand de 1313 : < Item, in ditjaer was cUdereerst ghevonden in DutUscMaml het ghd>runk des hussen van einem mueninck^ > « et, comme il est ici question d'une arme à feu, il faut admettre la connaissance de la poudre à tirer.

Que, de préférence, on ait attribué les inventions aux moines, cela se comprend, car, à cette époque, ils étaient les principaux dépositaires de la science et se bornaient à la répandre entre eux.

Dans le commencement, on préparait la poudre sous forme de pulvérin, ensuite on la forma en gros grumeaux et plus tard en grains.

Les proportions du mélange étaient variables : au commencement on employait généralement le mélange de 4 parties de salpêtre, 1 partie de soufre et 1 partie de charbon; plus tard on employa différents dosages.

L'École de maîtres armuriers de Furttenbach, en 1643, mentionne les compositions suivantes :

8ALPÊTBE 80UFKE CHABBOlî

Poudre pour bombardes livres 100 = 69 ^/o livres 21 = 15 ^/o livres 24 = 16 •/o » » couleuvrines » 100 = 72,0 » 18 = 13 » 20 = 16

INVENTION DE LÀ POUDBE A TIBEB.

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