LA BALLE POINTUE DE TAMISIER
PI. 16, Ag. 104.
destinée à la carabine Thouvenin, a 28*" de long dont 10"" pour la partie cylindrique. Diamètre normal 17"^,5 ; poids 47 grammes ; charge de poudre 4",2 (charge faible).
Le papier, qui entoure la balle, est graissé pour nettoyer le canon et faciliter la charge.
Quant à la précision de tir, on a encore obtenu environ 40 7o> ^ la distance de 800 pas et sur une cible de 3"',6 de long sur 1",8 de haut.
La hausse avec un tiroir mobile peut être élevée jusqu'à 1300 mètres.
Ce système a ceci de défectueux que la balle n'est pas toujours placée d'une manière uniforme dans le canon, ce qui ne donne pas la même portée de tir ; en outre, la pénétration de la tige dans la chambre rend un peu plus difficile le nettoyage du canon.
C'est en 1846 que les professeurs Schœnbein à Bâle etBœttcher à Francfort sur le Main ont inventé le fulmi-coton.
Le coton ordinaire a dans son état pur un poids spécifique de 1,47 jusqu'à 1,5 et contient 44,45 parties de carbone, 49,38 d'oxygène, 6,17 d'hydrogène.
Pour préparer le fulmi-coton, on enlève d'abord les nœuds du coton, puis on le nettoie à fond. On le place ensuite dans des feuilles de ouate pour le sécher. Cela fait, on lui fait pi-endre un bain dans un vase contenant 100 parties de nitrate de potasse sur 79 parties d'acide sulfurique ; on laisse saturer le coton dans ce liquide pendant un quart d'heure ; on vide ensuite les acides, on comprime les feuilles de ouate avec des baguettes en verre, après quoi on les dessèche sous la presse; on lave ensuite le coton
dans*de l'eau pure jusqu'à ce que du papier de tournesol ne puisse plus être rougi par lui. On place celui-ci de nouveau sous la presse pour en extraire l'eau le plus complètement jpossible et on le sèche enfin à une température, qui ne doit pas dépasser 35° R. Le fulmi-coton est alors terminé. Il contient: 24,54 % ^^ carbone, 2,737c d'hydrogène, 47,28 7., d'oxygène et 23,45 7o d'azote.
. On ne le distingue du coton ordinaire que par la légère crépitation qui se produit lorsqu'on le presse dans la main ; il s'enflamme par le frottement et par le choc ; toutefois, dans le premier cas, il faut le frotter longtemps en le pressant sur une surface raboteuse; dans le second cas, les couches minces seulement s'enflamment et dans leur état naturel (non comprimé), c'est la partie seulement atteinte par le choc qui fait explosion, le reste étant chassé de tous les côtés sans s'enflammer. L'inflammation instantanée ne se produit qu'à la température de 185° R.; on peut ee servir pour cela de capsules, de fusées, etc., et elle a lieu aussi bien qu'avec la poudre à canon, mais toutefois avec cette dififérence que le fulmi-coton s'imprègne beaucoup moins d'humidité que la poudre. Employé dans son état comprimé normal pour les cartouches, la tension des gaz, et par conséquent l'effet est bien plus important que celui de la poudre à canon (suivant les essais français de cette année, 800 grammes de fulmi-coton ont donné les mêmes portées que 2000 grammes de poudre à canon). Avec l'emploi du fulmi-coton, les canons sont moins exposés à s'échaufifer ; la proportion est de 18° à 35° R., avec le fusil d'infanterie, sur trente coups tirés rapidement les uns après les autres. Il y a, en outre moins de recul, peu d'encrassement et pas de fumée.
Malgré les avantages du fulmi-coton comparés à ceux de la poudre à canon, le fait que le fulmi-coton n'est pas un corps compacte, mais élastique, constitue un désavantage important en rendant son emploi difficile dans la confection de la munition.
Ce n'est qu'en le comprimant régulièrement, qu'on peut compter sur un eflfet uniforme ; or, il est difficile de garantir cette compression normale.
L'armurier et garde-arsenal V. Sauerbrey à Bâle a construit la même année un fusil à aiguille très-simple pour l'emploi du fulmi-coton.