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MIRE EN FORME DE LYRE DE PRÉLAZ-BURNAND

PI. S«, fig. 242.

Ce fusil transformé fournit jusqu'à 500 pas des résultats satisfaisants.

On nota en cette occasion les prix de la fabrique de Liège, où Ton payait 1 fusil militaire d'ordonnance, calibre 17"^,5, lisse, fr. 28

1 fusil double Lefaucheux (de chasse) < 80

1 revolver * <46

1 * Coït . € 48

1 « Adams-Deane < 54

Dans la fabrique royale d'armes d'Enfield en Angletene, qui construisait comme production normale 100,000 fusils par année, l'arme se faisait exclusivement au moyen de machines. On produisait ensemble, dans une série de 774 opérations différentes, 61 parties de l'arme, soit : 3 canons, 4 bayonnettes, 18 garnitures, 12 platines, 8 mires, 15 vis, 1 monture. La monture seule se fabriquait en 22 minutes par 12 machines, depuis le bois brut jusqu'à la couche d'huile, dont on l'enduit.

1860. L'Italie adopte un fusil d'infanterie, qui ne diflere guère du modèle précédent de 1840. Au lieu de la .vis de culasse à chambre du système Del vigne, il est muni d'une vis de culasse (Patentschraube) ou masselotte et d'une mire à feuille pour des distances de 200à600pas. Calibre 17"^,5 jusqu'à 18"'",2;^ rayures de gauche à droite; pas, 1 tour sur 2 mètres ; diamètre du projectile, à expansion et à culot, 17*" à 17"»*, 3; poids 33";

charge de poudre 4",o. Les prescriptions pour la visée des fusils d'infanterie italiens, modèle 1860, dont la méthode est encore employée pour une partie des fusils du modèle de 1840, étaient si compliquées, qu'elles entraînaient facilement des erreurs notables.

Cependant elles n'étaient pas encore aussi embrouillées que celles appliquées au modèle de 1840, avec un pied de mire fixe sans hausse mobile. On y lisait par exemple : A 100 mètres, viser à 40"" au-dessous du but ou aux genoux de l'ennemi; < 150* < < 20*™ < < au ventre <

De 180 à 225 m., viser au but ;

au-dessus de l'ongle du pouce placé sur l'anneau du bas ; c de l'articulation recourbée du même pouce ;

< de l'ongle du pouce redressé ; € c < placé un peu plus haut;

< < < i encore plus haut.

L'incertitude seule d'une semblable méthode laisse suffisamment prévoir que

le soldat se montrera assez indifférent quant à l'effet utile de son arme.

La nouvelle mire présentait encore de nombreuses causes d'erreur, surtout par le fait des divers trous, par lesquels on devait viser, et en 1860 on continuait à prescrire de prendre en considération la visée aux pieds, à la poitrine et à la tête de l'adversaire pour les distances indiquées de 2, 3, 4, 5 et 600 mètres.

La Suède adopte également un nouveau modèle de fusil. En 1845 elle avait introduit le fiisil d'infanterie français, calibre 18""*,4; diamètre du projectile 17"*",6, poids 30 grammes; charge de poudre 8»',3. Poids de l'arme 4^'^,780.

En 1848 on avait transformé une partie de ces fusils d'après le système Thouvenin, qui donnait au canon un calibre de 19"",2; 8 rayures, pas, 1 tour sur 186*" ; balle conique pleine à rainures d'un diamètre de 19"", avec un poids de 55 grammes; charge de poudre 5",4.

La carabine à tige, qui marchait de pair avec ce système, pesait 6^»,375 et avait un canon plus court, avec un pas de rayures mesurant 107*"" sur 1 tour. Échelle de mire jusqu'à 400 mètres.

En 1855 elle fut suivie d'un nouveau modèle du calibre de 18"'",4 avec projectile Timmerhans ; 4 rayures de profondeur progressive ; charge de poudre 6''.

En 1857 la Suède avait adopté un petit calibre de 14"",9; 4 rayures progressives; balle forcée avec cavité d'expansion à segment sphérique aplati, d'un diamètre de 14*»,5, et d'un poids de 84»',5 ; charge de poudre 3'',4 seulement.

Le modèle qu'on introduit (1860) a un calibre de 12"^,2; 6 rayures d'égale épaisseur que celle des pleins et d'une profondeur constante de 0"",3 ; pas 1?,56\20' contre l'axe du canon; projectile plein, semblable à la balle de carabine suisse, modèle de 1851, du poids de 23»',8, d'une longueur de 27"" et d'un diamètre de 11"",8; charge de poudre 6»', 375 dans une douille en papier; le projectile est séparé de la poudre par une enveloppe graissée; le guidon en cuivre encastré dans le tenon de la bayonnette; mire à échelon, dont la glissière ou hausse, pourvue d'un cran de mire, se meut entre les branches de la mire, divisées pour des distances de 400 à 1300 pas ---^ 236 à 767 mètres; jusqu'à 400 pas on se sert de la mire fixe.

78 ABME8 A FEU.

Cette arme possède une grande vitesse initiale (481 mètres) avec une trajectoire rasante, comme il est facile de s'y attendre avec les conditions de calibre et de charge qui la distinguent. Par conti-e la manière de charger est trop détaillée, le recul assez notable, et la tolérance de calibre admissible trop faible.

La cavalerie suédoise est armée de deux pistolets, dont Tun, du calibre de 20""", reçoit une charge-schrapnel de 6 petites balles; Tautre, à canon rayé, du calibre de 14"",5, est chargé à balle conique du poids de 23»',2 avec 3'',4 de charge de poudre.

La Norwége introduit dans son armée le calibre 12""", 172 pour les fusils se chaigeant par la bouche, ainsi que pour les fusils adoptés ensuite, à chargement par la culasse, et pour les pistolets.

Le fusil à chambre, se chargeant par la culasse, est de même construction que le modèle de 1842 quant au mode d'obturation.

Longueur du fusil avec sabre-bayonnette 1"*,840, poids sans celui-ci 4^',610 ; coupe de rftrneà. six coins, cercle intérieur 11""*,77 dans le canon, 12"""",33 dans la chambre de culasse avec raccordement conique de la chambre au canon ; pas de rayures 1 tour sur 838"""; balle cylindrique à expansion, avec cavité sans culot, d'un diamètre de 11"'",77 sur 28"** de long, et d'un poids de 24*',9 ; charge de poudre 4*^85.

Les effets balUstiques de cette arme n'atteignent pas entièrement ceux obtenus par le fusil suisse de petit caUbre (10"^,4), mais ils surpassent ceux des anues de la Prusse et de l'Allemagne du Sud.

Le 2 mai de cette même année, le Gonsdl fédéral suisse ouvre un concours avec primes pour un nouveau modèle de fusil et des pièces de fusil.

L'auteur de cet ouvrage y prit part avec un fusil du calibre de 11"*,4; 6 rayures en forme de scie, qui allaient en se perdant d'une arête à l'autre, avec une profondeur de 0"",3; pas, 1 tour sur 90*"" (rayures voir pi. 16, fig. 131); projectile à compression et à expansion, d'une longueur de 24""" avec un diamètisp de 11** et un poids de 18 grammes,; charge de poudre 4 grammes.

PROJECTILE A COMPRESSION ET A EXPANSION de sohmïdt.

Pi. i«, fig. 130.

Malgré les effets remarquables produits par cette anue à toutes les distances jusqu'à 1000 pas inclusivement, la commission d'examen ne put se ranger au principe des rayures en forme de scie adopté par le constructeur.

Le projectile, appliqué au calibre 11**,6 d'un fusil de chasseurs, c'est-à-dire avec un jeu de 0— ,6, fournit 93,9 Vo de coups touchés à 800 pas sur une cible de 1*,8 de côté.

Les rayures à scie ne diffèrent de la construction lusse analogue, citée sous la rubrique 1857, que par le fait que les rayures lusses, au nombre de 4 et de moindre largeur, laissent encore entre elles une surface assez grande de la circonférence intérieure du canon, tandis que les 6 rayures du système Schmidt vont en mourant d'uoe arête à l'autre, ce qui a pour objet de maintenir le projectile dans une bonne directioii.

On constata pour cette arme un encrassement assez minime. A défaut d'un modèle entièrement conforme aux désirs de la commission, les essais se renouvelèrent en 1862.

Le 7 juin de cette année (1860), sous la présidence de M. Rouher, le < Conseil supérieur du Commerce > eut à Paris une conférence avec des techniciens français et des fabricants d'armes au sujet d'un traité de commerce avec l'Angletel'i'e. D fut constaté que la fabrication des fusils, de même que celle des armes de luxe courantes de prix moyens et inférieurs, ne se justifiait et ne pouvait être maintenue qu'autant qu'elle serait combinée avec la libre fabrication des armes de guerre; celle-ci seule, en c^t, pouvait procurer une pratique correcte et une bonne organisation du travail, susceptibles d'un développement durable et continu et d'une diffusion croissante dans le pays.

On émit entre autres l'opinion que l'acier fondu devait remplacer le fer dans la fabrication des canons de fusils, à cause de la durée de l'acier fondu, qui est à peu près trois fois plus grande que celle du fer. Un canon de la fonderie Krupp a soutenu une charge de 90 grammes de poudre et 12 balles de gros calibre, charge qui occupait un espace de 52'" de longueur.

1861. Le colonel Minié, créateur de la « carabine des chasseurs à pied > et directeur de l'école de tir de Vincennes, conclut après de longues expériences que là longueur superflue du canon agit d'une façon préjudiciable sur la trajectoire du projectile, et que par conséquent la longueur de la directrice ne doit pas être supérieure à S5 fois le diamètre du canon, ce qui, pour un calibre de 12"*" fournissant les meilleurs résultats, donne au canon une longueur de 42''" seulement.

Mais pour conserver en même temps la longueur normale de l'arme et ne pas raccourcir désavantageusement la ligne de mire, il fallait trouver une construction qui répondît à toutes ces conditions.' C'est ce qu'il rechercha ôt exécuta en commun avec Cordièr, fabricant d'armes à Paris, suivant le type ci-joint.

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