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BAÏONNETTE QUADRANGULAIRE

PI. f I, fig. 05.

avec douille et virole de serrage au tenon de bayonnette, qui sert de base pour le guidon.

PROJECTILE DE BUHOLZER.

PI. f •, fig. 124.

Poids 19 grammes ; charge de poudre 4", le projectile et la poudre placés dans la même enveloppe de papier ; le papier entourant la balle est graissé.

Longueur de Parme sans bayonnette 1380*".

Poids id. id. 4*» 650".

La fourniture de 80,000 fusils de ce modèle fut adjugée à huit entrepveneurs suisses et livrable dans trois années, au prix de 78 fr. par pièc^, y compris la bayonnette et les accessoires (tourne-vis, tire-balle et lavoir). Mais avant l'expiration du terme fixé, on arrêta la fabrication à 58,507 pièces, pour passer au système du chargement par la culasse.

Les barres brutes pour canons, en acier fondu au creuset, se tiraient de la fabrique Berger et €'• à Witten.

Les épreuves de la résistance du canon au tir, Pexamen de toutes les pièces de Parme séparément et de Parme achevée et montée, de même que Pessai de celle-ci pour le tir étaient confiés à des contrôleurs fédéraux.

Jusqu'alors la Suisse avait tiré toute sa provision d'armes des pays étrangers et les cantons choisissaient eux-mêmes leurs fournisseurs.

Par l'introduction d'une plus grande quantité de fusils de petit calibre, cette industrie nouvelle put cependant prendre pied dans le pays. D'un côté un certain nombre d'armuriers expérimentés se réunirent en association ; d'un autre côté quelques fabriques d'armes privées se fondèrent, parmi lesquelles celle de Neuhausen est la plus importante et la plus active.

C'est ici le moment de revenir en quelques mots, comme nous Pavions annoncé auparavant, sur ces questions posées par Charrin, page 68 de son ouvrage (voir page 69 du présent recueil) :

l"" La Suisse a-t-elle fait usage des armes à feu avant la Belgique?

2* A-t-elle précédé la Belgique dans les inventions ou les progrès relatifs à ces armes?

3** Les tireurs suisses sont-ils supérieurs aux tireurs belges V

DIX-NEUVIÈHE SIÈCL£. 83

4*" Enfin leurs armes sont-elles supérieures aux armes belges en ce qui touche la fabrication ou le tir, etc. ?

Notre ouvrage répond aux deux premiers points en ce seiis qu'il démontre que les Suisses sont restés longtemps en arrière des autres peuples dans la question des armes à feu, que c'est avec peine qu'ils sont parvenus à se familiariser avec ces annes et surtout avec les armes à feu portatives ; eniin qu'ils leur ont préféré pendant longtemps leurs annes à mains et armes de jet, auxquelles ils étaient très-habitués et très-exercés (voir 1499). Personne ne songera jamais à prétendre que l'arme à feu soit une invention € suisse, > ou que la Suisse à cet égard ait précédé la Belgique.

Quant à la troisième question, on peut répondre que certainement la Suisse possède beaucoup de tireurs et de bons tireurs. Gela tient à la nature même du pays et à l'esprit du peuple qui, d^à dans les temps anciens, s'adonnait avec prédilection à l'exercice de l'arbalète. Cette habitude nationale, cet usage établi se sont étendus plus tard aux armes à feu portatives, au maniement desquelles on s'est exercé et on s'exerce encore d'une façon tantôt plus, tantôt moins pratiquement utile au point de vue militaire.

Ainsi donc, il serait aussi ridicule de dire que tout Suisse soit un tireur que de prétendre que la Belgique ne possède point de bons tii-eurs. Mais personne ne contestera le droit de douter que la Belgique, proportionnellement à sa population, compte un aussi grand nombre de tireurs expérimentés que la Suisse, à quiconque connaît les exercices dans l'art du tir qui se font en l'un et l'autre pays; on ne saurait, à cet égard, négliger le fait important qu'en Suisse ce zèle a sa racina dans un sentiment patriotique, qui porte le citoyen à chercher dans la précision du tir une compensation à la situation désavantageuse où des troupes de milices doivent, à maint autre point de vue, se trouver vis-à-vis de troupes permanentes.

En ce qui concerne la quatrième question, nous dirons que jusqu'à l'année 1863 la Suisse a tiré, à très-peu d'exceptions près, toutes ses armes à feu portatives de l'étranger, et il est probable que Gharrin lui-même n'ignore pas le très-fréquent emploi de la dénomination < d'armes pour la Suisse > donnée aux produits de la fabrique de Liège < qualité n"" 5. > Quant à nous, nous ne pouvons en aucun cas nous vanter d'avoir été servis par la Belgique mieux que la Belgique ne l'a été par elle-même. Mais à côté de ces armes de gros calibre, il était fabriqué en Suisse par des armuriers suisses des carabines à gros calibre, et depuis 1844 il y a été fabriqué de même beaucoup de carabines à petit calibre ; or la précision de rayure de ces armes, la construction exacte et soignée de leurs autres parties ne sont certainement pas restées sans influence sur les progrès que la Suisse a faits dans la science du tir. Des tireurs et des armuriers, pour la plupart tireurs habiles eux-mêmes, ont discuté ensemble les combinaisons nouvelles, les perfectionnements possibles, ont fait des essais, etc., d'oU résultèrent, il est vrai, souvent trop de bonnes choses qui, militairement, n'étaient point pratiques (voir 1842, carabine de 1838), mais souvent aussi des inventions utiles et avantageuses à tous égards. Les efforts, qui ont été faits pour améliorer autant que possible nos armes à feu portatives, ne sont pas pour une faible part dans ce fait que la fabrication d'une plus grande quantité de fusils rayés de petit calibre a pu être acquise à l'industrie indigène, et que, dans l'exécution, tous les soins furent concentrés sur les éléments dont dépend spécialement

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la précision d'une arme rayée. Ainsi, avant que la Suisse n'entrepilt elle-même la fabrication de ses annes militaires, elle ne pouvait, dans la technique armurière, au point de vue des inventions et des progrès, ni atteindre le point auquel on n^arrive qu'àTaide d'une pratique joumaliëre, ni même soutenir ces inventions et ces progrès.

Lorsque Gharrin dit (page 73) : < Nous ne connaissons aucune arme portative & feu inventée par les Suisses, > nous le renverrons simplement, par exemple, à cette vieille invention de 1584, qu'on appelle la < carabine ou le fusil-revolver. > ^

En outre, si les premières carabines de petit calibre ne sont pas une invention suisse, puisqu'elles procèdent d'armes de luxe américaines, la Suisse sut cependant la première en déduire les avantages du petit calibre, pour les appliquer à un but militaire.

Partout aujourd'hui les qualités utiles du petit calibre sont reconnues et admises, et l'on peut en dire autant des armes à répétition introduites plus tard en Suisse ; or, celle-ci a précédé les autres nations par les innovations qu'elle a appliquées à ces armes, et l'expérimentation consciencieuse, le perfectionnement opiniâtre, la véritable utilisation pratique d'une innovation doivent en bien des cas être appréciés & la même valeur que l'invention elle-même.

Le fusil rayé, calibre 14"" avec projectile à expansion, que Gharrin cite (page 79) comme étant de sa propre invention, ne nous est pas connu.

D'ailleurs, comme nous l'avons déjà fait remarquer, il airive fréquemment qu'une invention surgisse en plusieurs endroits simultanément, mais sans connexion aucune entre les inventeurs. G'est surtout le cas lorsqu'il s'agit de la réalisation d'une idée, à la recherche de laquelle les esprits tendent à la fois en divers lieux.

Enfin nous n'aspirons certes pas à l'honneur d'avoir atteint en Suisse ce point oii l'on n'a plus besoin de rien apprendre, car nous savons très-bien qu'une telle présomption est une folie et qu'elle ne peut conduire qu'à une suffisance fatale.

1864. L'introduction du fusil suisse d'infanterie, modèle 1863, fut suivie le 10 décembre de cette année de l'adoption de la carabine suisse de campagne, modèle 1864, qui ne diffère du modèle de 1851 que par la réduction des rayures de 8 à 4, avec 1 tour sur 750"* au lieu de 900"". Platine, mire et munition semblables à celles du fusil d'infanterie, modèle 1863.

La bayonnette est remplacée par un

YATAGAN (SABRE-BAYONNETTE) POUR LA CARABINE SUISSE, mod. 1864.

PI. i», fig. 70.

Il s'adapte sur le côté du canon par une embase fixée à la garde et est maintenu solidement àl'anneau du haut par un crochet. Mais ce type devait céder bientôt le pas aux nouveaux modèles se chargeant par la culasse.

W. V. Plœnnies résume comme suit dans ses < Nouvelles études sur les armes à feu portatives rayées > (vol. 2) les expériences faites sur les angles d'élévation pour différentes espèces d'armes à une distance normale de 1000 pas à 0^,75, soit 750 mètres :

DIX-NKUVIÈME SIÈCLE. 85

Projectile. Charge ÉléTation

Diamètre. Poids. de poudre. pour 750 m.

mm. gr. gr.

îusil de rAllemagne du Sud . . . 13,5 28 à 29 4 2^,42'

> russe à obturateur .... 13,96 33,4 4,26 2%55'

> à aiguille prussien .... 13,3 31 4,8 3^,19'

> suisse d'infanterie, luod. 1863. 10,2 18,25 4,1 2*,15'

On peut conclure de ce tableau le rang de ces quatre espèces d'ai'uies relativement à la tension de la trajectoire du projectile.

Avant de passer aux armes se chargeant par la culasse, il faut encore mentionner les objets suivants :

MIHE HESSOISE A FOURCHETTE du lieutenant colonel mulleh.

PL «I, fig. 168.

La construction de la feuille de mire elle-même i-emplace tout ressort ou tout autre appareil de serrage de la feuille. La mire se compose donc de trois parties : le pied, la feuille et la vis de charnière. —

MIRE AUTRICHIENNE ARQUÉE (d'après minié, 1855).

PL tf , iig. 169.

La feuille est recourbée en arc de cercle, mobile et à glissière ; elle se fixe par le moyen d'une vis d'arrêt. Elle s'encrasse et se rouille facilement, et on peut à peine la placer exactement sans se servir des deux mains. —

MIRE-GHEVALET DANOISE.

La feuille bombée est reliée au pied de mire par une articulation. Elle embrasse par une sorte de fourchette l'échelle divisée soudée avec le pied, et peut glisser sur elle; elle est fixée au moyen d'une vis d'airêt.

Cette mire est insensible à l'encrassement; lorsqu'elle est baissée, elle se trouve bien garantie contre la poussière, etc. Elle n'est pas gênante et facile à manier, quoiqu'elle paraisse un peu compliquée. —

86 ABMXS A FEU.

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