‹ Les armes à feu portatives, trChapitre 9 sur 133 · DE CRÉCY · texte numérisé non relu

DE CRÉCY

PI. I, fig. i.

Elle est construite au moyen de barres de fer entourées de cercles ; chargement par la bouche; forme conique, diminuant de devant en arrière.

C'est à la suite des relations amicales qui existaient alors entre les Flamands et Edouard III que l'emploi des bouches à feu. paraît avoir passé de Belgique en Angleterre.

En France, la première apparition certaine des bouches à feu date de 1338, oîi les registres de la cour des comptes de Paris font mention d'une somme payée à Barthélémy de Drach pour des bouches à feu et de la poudre, qui furent employées devant Puy-Guillaume.

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Suivant d'autres auteurs (Schœn), l'usagé des bouches à feu aurait passé des Maures aux Espagnols (ensuite de leurs nombreuses guerres), puis d'Espagne en France et en Angleterre.

n existait cependant en AUemag^ie (d'après Upnïann) des moulins à poudre : en 1340 à Augsbourg, en 1344 à Spandau, en 1348 à Liegnitz et en 1360 àLubeck, où, par l'imprudence du fabricant de poudre, l'hôtel de ville fut incendié, tandis que — d'après Villaret, — on aurait déjà fabriqué une bouche à feu à Amberg en 1301.

En Italie, il est prouvé par un document authentique du 11 février 1326, qu'on fabriquait à cette époque à Florence des canons de métal et des boulets de fer forgé.

En Suisse, le premier exemple date de 1371, où il est prouvé que la ville de BâJe possédait des bouches à feu.

En Russie, le premier emploi des bouches à feu remonte (d'après la chronique de Golizin) à l'année 1389, et à l'année 1400 en Suè(k,

Les premières bouelies à feu étaient pour la plupart construites avec des bandes de fer soudées côte à côte et reliées par des. cercles de fer; la pièce entièrement libre ou simplement fixée sur un chevalet ou bloc de bois peu élevé, était transportée au moyen de chariots.

On pointait la pièce en l'enterrant dans le sol, en lui donnant l'inclinaison voulue ou en la plaçant sur un support, et on plantait en terre des piquets destinés à empêcher le recul.

Pour charger, on se servait d'une pelle pour la poudre ouverte qui était pesée d'avance et contenue dans des sacs, que l'on fit plus tard de la grosseur du calibre de la pièce. Après avoir chargé, on perçait le sac avec un dégorgeoir, la lumière était remplie de pulvérin et on mettait le feu, d'abord avec un charbon ardent, ensuite avec une mèche fixée à un boute-feu.

Le personnel de service se composait d'un < maître canonnier, > que plus tard on appela aussi < constable, > et d'un < servant > pour chaque pièce.

A l'époque de ces bouches à feu primitives, il en existait à chargement par la bouche comme par la culasse (chambre séparée).

Toutefois, le peu de résistance de ces dernières fit donner la préférence au mode de chargement par la bouche. On donnait à ces premières bouches à feu les noms de < tourmentes > (tormentum), boîtes à tonnerre, pierriers et bombardes, ou simplement celui < d'arquebuses. >

Les premières armes à feu portatlTee étaient analogues aut canons, lourdes et peu maniables, et il n'a pas été facile de définir dans l'origine l'époque de transition entre l'emploi des bouches à feu et celui des armes à feu portatives.

n y avait entre autres des arquebuses qui tiraient des balles d'une demi-livre et qui étaient desservies par deux hommes.

Une des armes à feu portatives les plus primitives est celle dont on s'est servi à la bataOle de Crécy ; elle était complètement en fer et la queue se plaçait sur l'épaule.

10 ABMES A FEU.

BOMBARDELLE ANGLAISE provenant de la bataille de crécy (1346).

PL i, fig. 3.

1364. On fabrique à Pérouse 500 bombardes portatives dont les projectiles percent des armuresi

D'après Venturini, c'étaient de courts cylindres en fer, à calibre resserré au tonnerre (chambre à poudra). — En

1365, le duc de Brunswick se défend à Eimbeck, contre le duc de Meissen, au moyen de bouelief* à feu qui lanfaient des balles de plomb.

C'est à cette époque qu'appartient une

BOMBARDELLE ANGLAISE AVEC CHAMBRE (chargement par la culasse)

PI. i, fig. 4.

qui se trouve à la Tour de Londres. Cette arme paraît d'ailleurs n'avoir été qu'une pièce d'essai, car on n'y remarque rien pour fixer la fenneture; l'échappement des gaz devait, du reste, rendre de telles bombardelles impropres au tir à la main. En revanche, il se trouve au Musée de Namur une

BOMft ABDEL LE A QUEUE (a chargement par la bouche)

PL t, fig. 5.

qui devait appartenir à peu près à la même époque.

Elle est en fer forgé et sa queue (levait sans doute recevoir un manche de bois.

A en juger par ses dimensions et son poids, cette arme — quoique portative — devait très-probablement reposer sur un support en forme de fourche, semblable à celui de la figure 6.

BOMBABDELLE A SUPPOBT.

• PL «, fig. 6.

Ce dessin a été tiré du Codex ms. phil. 63 de la Bibliothèque royale de l'Université de Gœttingen, auquel il a été emprunté par les < Quellen zur Geschichte der Feuerwaffen. > Il n'y a, entre cette bouche à feu et celle de Namur, qu'une seule différence, c'est que la première est construite avec des barres de fer reliées ensemble, tandis que la dernière a été percée dans un seul bloc.

1379. Dans les comptes des maîtres canonniers de Ratisbonne, il est fait mélition

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de onze armes à feu garnies en bois et pesai^t ensemble 120 livres, soit chacune 11 livres ou 5 Va Wl.

On a conservé au Musée germanique une

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