‹ Les armes et armuresChapitre 2 sur 20 · ARMES ANTÉDILUVIENNES ET ANTÊHISTORIQUES · texte numérisé non relu

ARMES ANTÉDILUVIENNES ET ANTÊHISTORIQUES

homériques) ; il s'est prolongé durant l'âge de fer (on désigne par ce nom l'époque où le bronze a été généralement remplacé par le fer), et si loin prolongé qu'on retrouve encore des lances et des flèches en pierre vers le huitième siècle de notre ère, entre les mains des Normands.

Les armes de Page de pierre sont presque exclusivement faites en silex. Il fallait nécessairement une pierre de cette dureté pour obtenir de bons résultats, avec les procédés de confection dont l'homme primitif disposait.

Il choisissait probablement une pierre ayant déjà une tendance à la forme qu'il prétendait lui donner; puis avec une seconde pierre il frappait à petits coups secs sur la première, de façon à en détacher des éclats. Notez que quand il frappait sur la pierre, les éclats qui s'en détachaient partaient, non de la surface frappée, mais de la surface opposée, de la surface de dessous qu'il ne voyait pas. Il fallait donc suppléer la vue par une précision et une certitude de main vraiment extraordinaires.

Ces ouvriers, si sauvages qu'on les suppose, à d'autres égards, faisaient preuve déjà de ce génie patient et volontaire qui honore le genre humain. Déjà aussi il y avait, entre tel d'entre eux et tel autre, des différences aussi considérables relativement, que celles qui peuvent exister entre un bon et un mauvais artiste de notre temps.

A force d'étudier ces produits, qui, au premier abord , paraissaient d'une rusticité égale , on est % arrivé à distinguer sûrement les cachets propres aux divers pays, aux divers temps, exactement comme on le fait pour les œuvres de l'art le plus compliqué ; on a pu avancer que certaines conirées fournissaient d'ordinaire des ouvriers excellents, tandis que certaines autres n'en produisaient que de médiocres; on a pu diviser cet immense laps de temps qui précède le dernier déluge en époques de décadence et en époques de renaissance.

Cela dit, venons à nos armes, ou plutôt renvoyons le lecteur pour en prendre une idée à la page 7, car la forme de ces armes échappe à la description, par une complication de lignes, qui est la suite nécessaire des procédés de confection.

Comment ces haches (voir p. 7, n° 1), comment ces bouts de flèches s'emmanchaient-ils? Pour les bouts de flèches, on pense bien qu'il ne pouvait pas être question de les terminer en douille, comme sont les flèches en métal. A supposer qu'on eût pu parvenir à percer un trou dans le silex, de manière à y introduire le manche, les parois du trou auraient éclaté au premier choc. On ne put faire que ce que font encore les peuples qui arment leurs flèches avec des pierres pointues. On enfonçait les bouts de flèche dans un manche fendu et on maintenait le tout par des liens de peau (voir p. 7, n° 6). Quant aux

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