ARMES ANTÉDILUVIENNES ET ANTÉHISTORIQUES
haches, on en trouve qui sont visiblement faites pour être mises au bout d'un manche, d'autres, au contraire, pour être maniées directement. Celles-ci ont subi un polissage afin de ne pas blesser la main, du côté où elles devaient être prises. Parfois même elles présentent un trou pour passer le pouce. Les autres s'emmanchaient comme on peut le voir p. 7, n 08 2 et 10, 8 et 9. Peut-être les hommes antédiluviens connaissaient-ils déjà les divers moyens ingénieux dont on se servit plus tard, et dont se servent encore les sauvages, pour obtenir une adhérence 9olide des deux parties de l'arme (voir page 14).
Les hommes de ce temps -là ont-ils su polir leurs pierres? Oui, c'est à peu près certain. Une connaissance si simple ne passait pas l'intelligence de ces ouvriers qui exécutaient chaque jour des opérations bien plus délicates. Cependant, on ne trouve pas pour cette époque les haches lisses, qu'on rencontre plus tard parmi les armes des premiers Celtes et. d'autres peuples postérieurs; d'où vient cela? L'explication du fait, ce qui étonnera peut-être le lecteur, est toute à l'avantage de l'homme antédiluvien. Il avait reconnu, paraît-il, ce qui est vrai, que la hache lisse est inférieure, pour les divers usages qu'on peut demander à cette arme, à la hache irrégulière et hérissée d'esquilles, si grossière que celle-ci puisse paraître au premier abord.
En deçà de la dernière révolution géologique, et par conséquent dans cette période de l'histoire terrestre où nous sommes encore, mais avant les temps qu'on nomme historiques, c'est-à-dire avant le point assez indéterminé où la tradition humaine commence, on retrouve l'homme armé de la même manière qu'il Tétait avant la révolution en question. Il ne connaît pas plus qu'auparavant l'usage des métaux; il continue de faire la chasse ou la guerre avec des couteaux, des haches et des flèches en silex.
Ces armes présentent-elles quelque différence de forme, qui permette de les distinguer sûrement des armes analogues de l'âge antérieur? M. Boucher de Perthes, la principale autorité en cette matière, l'affirme positivement. Selon lui , on peut reconnaître les produits de l'art antédiluvien à ce qu'ils offrent des éclats relativement petits et de toutes formes, tandis que ceux de l'art antéhistorique se présentent comme façonnés par des éclats plus considérables et de forme allongée.
On pourrait ajouter, ce me semble, que les armes du second âge se profilent avec beaucoup plus de netteté, et que déjà elles dessinent vaguement les contours qu'auront plus tard les armes en bronze; contours typiques que tout le monde connaît. 11 n'y a qu'à jeter les yeux sur des objets comme ceuxci (n° 12), pour reconnaître de suite que ce sont