‹ Les armes et le duelChapitre 105 sur 219 · MARCHES · texte numérisé non relu

MARCHES

L’élève doit frapper avec le pied en marchant, pour témoigner de sa sécurité.

Celui qui rompt peut avoir le projet d’attaquer dans la marche ou de se retirer parce qu’il a peur.

Veut-il tendre un piège, il n’osera pas tirer avec confiance vis-à-vis d’une marche ferme et imposante. Redoute-t-il, au contraire, une attaque, sa crainte redouble eu voyant marcher d’après les préceptes que je viens de signaler.

11 ne faut marcher qu’au moment où la plus absolue nécessité le commande.

Dans les marches, le corps doit être ferme et la garde bien assurée. La pensée précède et indique la parade qu’il faut prendre en cas d’attaque.

Les marches et les retraites irrégulières, les attaques hors de portée ont leur origine dans rinohservation des distances, faute grave chez ceux qui préteudeut à quelques connaissances eu escrime.

RÉFLEXIONS SUR LES ARXF^

Malgré l’espoir d’une réussite complète avec les grandes marches, j’ai toujours insisté auprès d’un élève pour qu’il suivit la route opposée.

Marcher c’est entrer dans le danger. On comprend donc la réserve avec laquelle on doit procéder, et la nécessité d’avoir toujours présente l’idée de la retraite lorsque les combinaisons viennent à vous faire défaut.

TROMPER L’ÉPEE.

On appelle feinte un mouvement d’épée qui a pour objet de détourner l’esprit de l’adversaire de l’idée du coup que l’on veut lui porter. Par exemple : deux combattants sont engagés en quarte, et dans un état d’immobilité qui, nécessairement doit être rompu, afin d’atteindre le but que l’uu et l’autre se proposent.

Après avoir tiré un coup droit, une quarte basse ou un dégagement, sans avoir touché, il est indispensable dans ce cas de tenter d’autres moyens, et l’on passe du simple au composé, tel qu’un menacé dedans ou dessus les aimes pour tirer de l’autre côté (L'ne, Deux). On essaye ensuite le double menacé ou démonstration de la pointe en quarte dessus, quarte dedans pour tirer dessus ; ce double menacé est vulgairement nommé Unc-Deux-Trois. Mais ces deux expressions de Une-Deux et Une-Deux-Trois, consacrées aujourd’hui, m’ont, toujours semblé d’une justesse équivoque.

En effet, Une-Deux, n’est autre chose qu’un menacé dans une ligue pour tirer dans celle opposée, et Une-Deux-

HÉFLEXIOMS SUR LES ARMES. 337

Trois, n’est autre chose que la feinte Utie-Deux, pour tirer dans une ligne opposée à celle où Une-Deux a été parée.

11 faut en feintant avancer la main et toujours soutenir la pointe de l’épée. Il y a bien des nuances dans la manière de feinter ; ordinairement on suit une marche progressive dans les feintes en raison des distances à parcourir et du nombre do feintes à exécuter, en gardant assez d'élasticité pour déterminer vite sur le dernier temps. Quelquefois on fait de suite la première feinte très-étendue, très-menaçante, pour inquiéter fortement l’adversaire.

Il faut plus de retenue de corps, pour tromper l’épée, en ripostant qu’en attaquant ; car en avançant démesurément le corps, l’épée est trop engagée.

Lorsque l’adversaire est fendu, on ne doit pas chercher à le tromper par des feintes ; on tomberait dans une faute grossière. S’il ne se relève pas assez vite, on riposte du tac au tac, plus souvent droit que dessous, et plutôt dessous que par des dégagements ou coupés.

Si l’on engage l’épée, on cherche le moyen d’éviter l'engagement; mais si l’on engage dans le dessein de se faire tromper, on fera précéder l'attaque d’un petit battement, lors môme do l’engagement.

Les feintes doivent être faites très-près de l’épée ; plus elles ont de rectitude, moins elles embrassent d’étendue et donnent ainsi peu de prise au coup de temps.

Les coups simples sont de plus facile exécution et moins aventureux que les coups composés. La raison en est que plus les feintes sont multipliées, plus elles exigent de temps pour les former, et dans ce cas, il est possible qu’un homme

RÉFLEVIO>S SUR LES ARMES

habile alteignc son adversaire pendant que celui-ci marque ses feintes, et même plus d’un ferrailleur a obtenu, le hasard s’eu mêlant, un succès peu honorable sans doute, mais enriu un snccès.

Une suite de feintes tentée sur un tireur qui ne prend pas le temps, doit réussir; on l’ébranle cl l’on prolllc du désordre. Mais la difficulté est de s’assurer que l’adversaire ne pari point sur les mouvements, et ceci est le sujet d'uuc élude grave dont nous avons donné l’analyse aux faux temps.

ABRÉVLVnON DANS LES FEINTES.

Nous ne saurions trop recommander d’abréger les temps dans les feintes, lorscpie l'on a la certitude, avec ces abréviations, d'atteindre le même but qu’avec les feintes compliquées.

Par exemple : un bomine pare le demi-cercle à tout propos, à partir de rengagement de quarte ; on fait alors Une- Deux cl l'on trompe le demi-cercle, c’est régulier ; mais cependant si fou tirait droit, on ferait mieux; ou pourrait encore, dans ce cas, faire une absence d’épée et tirer droit; ces deux modes abrègent beaucoup.

Une feinte faite après une attaque réelle à fépée, telle que battement, froissé, etc., etc., est une faute.

Je combats énergiquement l'opinion de l’auteur qui avance que la dernière feinte, dans telle circonslaiicc que ce puisse être, doit passer sous le bras.

RÉFLEXIONS SUR LES ARMES

Danet dit qu’il faut faire les feintes à deux doigts de l’i'pée ennemie ; c’est encore une erreur. Les élèves ont généralement tous le défaut d'effectuer des niouvenienls trop larges.

La qualité la plus éminente parce qu’elle tient à l'intelligence est celle de découvrir les intentions de parade de l’adversaire, et c’est lorsqu’on a rempli cette tâche qu’il faut feinter pour éviter ces mêmes parades ; de là les coups composés. Il faut bien se méOer, avant de les entreprendre, car on peut vous annoncer l’intention de faire beaucoup de parades, on peut même les accompagner d’un trouble factice pour vous engager à vous livrer à une combinaison de feintes et vous arrêter d’un coup simple sur votre premier mouvement.

Il ne faut pas de grands efforts d’imagination pour comprendre que l’on doit menacer dans une ligne découverte. 11 y a donc plus de talent à menacer droit dans une ligne que l’adveisaire veut couvrir, ipi’il couvre imparfaitement ou qu’il couvre tout à fait. Le menacé droit peut toujours se tenter par la raison que peu de gens savent se bien couvrir, qu’il est fort rare qu’une ligne fermée ne soit pas vulnérable pour un rusé et savant tireur qui saura vous prendre par la hauteur ou dans votre défaut do tenue, etc... Enfin, ceux qui peuvent se couvrir dans la plus grande perfection sont encore accessibles à une certaine crainte qui leur fait répondre à l’épée même dans la ligne où ils sont couverts.

RÉFLEXIONS SLR LES ARMES

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