‹ Les armes et le duelChapitre 122 sur 219 · LB COUP DROIT · texte numérisé non relu

LB COUP DROIT

— La géométrie nous prouve que c’est le plus court chcinin d’un point à un autre. La négligence dans la garde ou l’ignorance de l’escrime déterminent contre vous le succès de l’adversaire qui emploie le coup droit, car il a pu prendre sur vous une position que vous n’avez pas su défendre.

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rAHADEâ.

Non-seulement il faut enseignera faire toutes les parades, mais encore les contres de ces mêmes parades, afin déformer la main de l’écolier.

Lorsque l’on pare seconde, on ne doit pas avoir le poignet plus en dehors que l’épée, car la ligue ne serait plus directe el l’égalité dans la parade serait impossible.

faNQUlÈME l’AUADE.

Quinte. — I.a parade de quinte, que l’on appelle quarte croisée, est bonne dans certains cas; par exemple, sur les coups cavés. Si l’on parc tierce après la parade de quinte, on peut ramener l’t’pée devant la figure ; prime est beaucoup mieux.

Ils est très-bon d’exercer seconde et tierce, de même que seconde et ([uarlc, pourcouper l’Unc-Deux-Troisen seconde, c’est-à-dire feinte seconde, feinte dessus pour tirer dessous.

des OKUttÉS DE l'ABADPS.

Il est utile de faire comprendre à l’élève déjà avancé les nuances qu’il peut mettre dans ses parades. Exemple : Avec l’intention de riposter du tac au tac, la parade doit être un coup sec pour s’ouvrir un passage dans la ligne droite. Veutil riposter dessous, il élèvera un peu la main pour être plus

IVLtLKXIOAS bim Ltâ AHMEIs,

libre dans sa riposlc. Parant ponr dégager, il observera rigoureusement la tenue d’opposition, sentant bien l’épée pour faciliter son dégagement à la moindre pression de l'adversaire.

Vis-à-vis d’une attaque en deux temps, sa première parade sera très-légère. Par ce moyen, il ne se décomposera pas, et réservera son énergie pour obvier au coup porté à fond.

11 est essentiel, lorsque l’on fait exécuter plusieurs parades de suite à l’élève, de le ramener toujours à n’en faire (prune seule, parce que la main babiluée à cette série de parades ne ferait plus (pi’imparfaitemcnt la première.

Après la parade de tierce, il est aussi utile de savoir riposter la main de tierce que la main de quarte sur les armes, à moins qu’on ne soit d’une très-grande taille : dans ce cas, la dernière manière snflirait.

Un élève est-il fort, cnseignc/.-lui à faire des feintes, pour se faire prendre des coups de temps.

Ainsi, sur Une-Deux-Trois, faites exécuter chacune de ces feintes doucement, en donnant un peu de place pour que l’on puisse prendre le temps ; alors il pourra parer et riposter de pied ferme. Cette élude est une des plus complètes, car elle oblige à feinter, à attendre avec sang-froid, à parer et riposter, ce qui exige prudence, savoir et retenue de corps.

CONIRKS.

Les contres ont cela d’avantageux (pie l’on trouve l’épée dans plus de lignes et que l'on reprend le fer de l’adversaire

KÉFLEMOMS Sim LKS AIIMKS.

dans celle où il esl le plus découvert. Un seul exemple : Vous dégagez dessus; si je pare le contre do quarte, je trouve votre épée dans une ligne découverte ; il n’en est pas de môme si je pare tierce.

Ol’POSmON DE LA MAIN UACCUK.

11 serait bien temps de supprimer l’opposition de la main gauche, car elle est inutile et peut faire naître des discussions.

Après avoir paré prime, on peut riposter en ramenant l'épée et la main dans la ligne de quarte sans battre ou eu battant le fer de rennemi, position qui vous couvre.

Ou peut encore après prime, sans quitter l’épée, ramener celle-ci dans la ligne de tierce en la liant, et riposter tierce sur tierce, ce qui n’est pas encore en usage.

KIPOSTE DE PIED FEKME.

Non-seulement il ne faut pas négliger d’enseigner les ripostes de pied ferme, mais encore après elles il faut faire travailler les retraites; car il arrive souvent dans un assaut que non-seulement on se jette sur vous d’une manière violente, mais encore ipie l’on s’obstine à ne pas vouloir se iidever et à gêner beaucoup votre développement en fermant la ligue droite qui conduit au corps ; c'est alors, dans ce cas, qu’après votre riposte il est bien de rompre un pas pour éviter le danger et déjouer ainsi les desseins de celui qui fuit des armes hors de tout principe.

IlÉI LKXIONS SUR LES ARMES.

lUOMPER l'épée.

Il t'auf beaucoup enseigner à tromper l'épée, soit en attaque, soit eu riposte, soit même contre des parades fausses. Savoir tromper seconde lorsque l’adversaire prend cette parade à partir de son engagement de quarte, ou demi-cercle à partir de celui de tierce, et encore seconde et demi-cercle, à partir de toutes les positions.

Dans toutes les gardes, à partir de tous les engagements ou sur tous les changements d’épée de l’adversaire, savoir tromperies hauteurs.

On doit toujours enseigner à tromper l’épée de deux manières : la première, qui est la plus essentielle, s’exécute en trompant temps par temps : a mesure que l’adversaire fait un mouvement de parade, l’autre s’exécute rapidement et d’un seul jet, mais, pour réussir, il faut deviner juste ce que pare l’adversaire.

11 ne faut pas, à la leçon, tenir les élèves trop longtemps sur chaque mouvement ([u’on fait exécuter même avec soin ; cela n’est bon qu’à produire de jolis tableaux bien froids, c’est le moyen d’ôter la vitesse si nécessaire dans cet art.

D’autres veulent donner trop de vitesse et négligent la régularité :

Souvent la peur d’un mal nous conduit dans un pire.

(Bon. EAU )

On pourrait concilier ces deux extrémités : faire travailler un coup en y mettant tout le temps, toute la régularité pos-

RÉFLEXIONS SUR LES ARMES

sibles ; ensuite faire tirer quelques coups extrêmement vite, afin lie rendre à la main toute sa vivacité ; c’est sans doute dans cette intention que le maître de Saint-Georges faisait passer très-souvent dans sa leçon des dégagements de toute vitesse.

Dans l’enseignement do l’escrime, j’ai toujours vu donner aux élèves les moyens de tromper les engagements, les croisés etc. Je préférerais beaucoup conseiller do tirer droit sur ces mouvements. I.e coup droit me semble plus beau, plus certain, et surtout parfaitement applicable dans l’hypothèse d’un assaut sérieux ou d’un duel, et ce n'est qu’ après que l’on doit tromper les engagements.

RETIIAITES.

I.orsque l’on est certain que l’écolier prend bien toutes ses positions, on doit exiger absolument qu'après tous les coups qu’il porto il se relève avec la jiliis grande vitesse, que le coup de bouton produise en touchant l’elTet d’une balle qui frapperait sur un mur.

Un maître d’armes doit craindre, en tirant avec ses écoliers, de perdre cette bonne habitude do se relever.

11 faut, aux hommes de petite taille, donner fréquemment la leçon en leur faisant serrer le pied gauche; c’est pour eux un moyen indispensable.

Us doivent serrer le pied gauche, étant en mesure pour pouvoir atteindre ceux qui font une légère retraite de corps, lorsqu’on développe sur eux un coup d’armes quelconque.

300 lll-FLEVIONS Stn LKS AnMKS.

Ils doivent serrer le pied gauche él uit fendus, lorsque l’adversaire se sauve pour éviter l'attaque.

On comprend la nécessité première qui est do les rendre pareurs en étudiant ce mouvement.

Il faut enseigner beaucoup les faux temps pour faire tirer sur soi, parer et riposter ; il faut bien faire comprendre aux élèves qu’il est de rigueur de se rendre très-forts en ce genre d’escrime, (pii peut les empêcher de s’enferrer mutuellement car si l’on a m-gligé de donner souvent cette leron, il peut arriver que deux hommes se tuent. Il est assez malheureux que la vie d’un homme soit exposée dans un duel, il faut donc faire ses efforts pour ([ue, par l’emploi utile de ces faux temps ils ne SC tuent pas tous deux.

Il ne faut pas cpie le maître ait le bras trop tendu en donnant sa Ie(;on, cela gi'norait les mouvements d’un élève qui n’est pas d’une grande force.

Il no faut pas non plus qu’il ait le bras trop ployé, c’est donner une facilité trop grande, cpi’il ne faut pas présumer être assez heureux pour rencontrer au jour du danger.

Il faut qu’un élève soit fort sur les parades d’oiipositiou avant de lui enseigner les parades en frappant, car l’emploi de la force tend toujours à faire perdre la régularité.

Il faut toujours faire exécuter à l’élève les coups à la distance voulue par la mesure ; cependant il est très-bon quelquefois de les exiger d’un peu plus près; car, dans l’assaut, il ne dépend pas toujours de soi de se maintenir dans des limites raisonnables.

Faire toujours gagner la mesure à l’homme de petite taille, avec intention do (larer et lorstpi’il est à distance d’attaque.

RÉFLEXIONS SLR LES ARMES

qu’il soit assez certain ilo sa parade pour ne ]ias reculer, sans cela il aurait l’air d’ètre sur des roulettes.

Pour doigter couvenaldemcut et retenir 1e corps , il est très-bien de travailler les feintes les plus compliquées ; mais il faut (lire en même temps à l’élève que le jeu simple est toujours préférable.

N’enseiguer les remises, les redoublemciils, les coups de temps qu’aux élèves les plus forts, et en leur expliquant le danger réel de ces coups.

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