DISSIDENCE ENTRE LES DEUX ECOLFÜ
L’oisiveté, le chagrin, les caractères aigris par les tortures rendaient les mœurs de ces messieurs un peu différentes de
(1) Les maîtres d'armes des corps avaient le droit de porter le demiespadon.
ilbUX MÈTIIOUbS COMPARÉES. 44o
celles que l’on exige dans nn bon et véritable maître ; aussi les conservateurs des traditions anciennes furent-ils à l’index parmi ceux auxquels ils avaient le droit d’hésiter à donner le nom de confrères.
On conçoit facilement le peu d'harmonie qui devait régner entre les élèves et les partisans de l’école de 1789 et les sectateurs des idées nouvellement importées. L’ex-prévôt aux bras tatoués, rbonnne dont toute la littérature se bornait à savoir à peu près formuler les devises du brevet auquel manquait, et pour cause, la signature de V imiiétrant, comme on dit encore sur les diplômes universitaires, ne pouvait décemment frayer avec le professeur qui méprisait l’alcool de l’estaminet et le vin bleu des coins de rue. La jalousie, l’envie, la dénigration surgirent, et rbonnne tranquille, glorieux de la profession ((u’il exerçait avec honneur et conscience, se vit en butte aux calomnies, car la médisance à son égard était impossible.
En fait de déboires et d’injustices, rien no nous a man- (lué ; ce n’est point un vain et ridicule orgueil qui dicte les paroles que je vais tracer, c’est la conscience de la position que l’on a voulu nous faire malgré la protestation générale du public, qui nous a couverts do sa protectrice approbation.
Nous tous, élèves des La Boëssière ou des Fabien, nous avons repoussé et repoussons avec énergie toute assimilation avec ceux qui ont voulu nous ramener à l’époque des soldats aux gardes et des recruteurs du quai ; nous avons décliné et nous déclinons tout rapport avec ces bretteurs insolents, avec les enfants et les poltrons, mais qui courbent le genou
DEtX MÉTHODES COMPAHÉfô.
devant ceux qui portent la tète haute et dont le cœur bat sans haine et sans crainte. Nous croyons avec conviction, nous croyons à la pureté de nos doctrines comme le chrétien croit en Dieu ; nous conserverons, autant qu’il nous lésera permis, les traditions que nous avons reçues de ceux qui ont honoré notre profession et nous l’ont l’émisé honorable, et jamais nous ne ferons une concession au goût étrange (pii transforme en tireure et maîtres ces maladroits vigoureux, ainsi (iti’on les nommait avant nous, ainsi que nous les nommons, et auxquels la postérité conservera ce nom.
Nous allons entrer en matière ; eu regard des saines méthodes, des prescriptions judicieuses, nous placerons la leur, et en dépit du brevet d’ignorance dont on voudrait nous gratifier , en dépit de cette absence profonde de tout savoir dont on cherche à jeter le lourd manteau sur nos épaules, nous resterons tous unis, tous, comme l’homme du poète latin ; sans crainte au milieu des ruines qui viennent frapiier l’édifice que nous avons vu si noble, si grand, et ([ue nous voulons soutenir. Notre vie tout entière, nos recherches, nos voyages dans l’intéièt de notre art, notre dévouement à une belle cause : voici ce que nous apportons dans la balance ; le public fera pencher le plateau.
ciiApmuî 11
A «jui veul s’égarer la carrière esl ouverte. iPiROJC, .Wf/romtirtic.)
Ponr«iuoi <lonc soulicodrais-jc une mélliodc qu'oii ne vouiirait pas meUre en pratique dans un danger réel; rindulgeuce fait Iroj* dcm.il. (Ohisieb)
TKRMES n*ARMKS.
Lii inélhode venue des /ponlons d’Aiigldcnc su suri d’expressions mal choisies.
Ceux qui la suivent disent, par exemple :
Je n’ai pas élrenné, pour dire je n’ai pas touché. Aftseyez-vous, quand ce n’est pas «sso/ea-aous, pour dire prenez votre aplomb.
Coulez sur moi comme de l’huile, pour dire développezvous sans saccade en glissant voire cpée le long de la mienne.
Faites marcher la main signifie pour eux avancez ou développez l’avant-bras.
Frappez-moi là, c'est ça, c'est là, exprime qn’il faut tirer dans telle ligne on toucher à telle place.
J'ai reçu ma pile, pour dire qu ils ont eu le dessous dans
un assaut.
DEUX MÉTHODES COMPARÉES
J'ai donné un crâne gilet, pour dire qu’ils ont eu In-aucoup d aviiiilage sur leur adversaire.
Subtiliser la parade, dit-on, c’est une attaque que l’on fait sur la parade de l’adversaire aussitôt qu’il rencontre votre dpce.
J ai vainement cherché à me rendre compte de cette expression.
Car, si 1 on attaque après la parade, c’est une attaque ordinaire ; si 1 tm attaque dans l’action de la riposte, c’est wn coup de temps. — Je crois que subtiliser, si ce mot devait être employé, signifierait attaquer dans l’action de la parade et empêcher de l’efTectuer totalement. .Mais en réfléchissant, j ai compris que subtiliser fepée ou la parade provenait de cette littérature de pontons, qui fait prendre au mot infuser la signification du verbe renfermer : ainsi les brigadiers orateurs infusent les soldats à la salle de police, et les prévôts do certaine école subtilisent l’épée ou les parades.